8 octobre 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe d'inauguration de l'année académique des universités pontificales
L’Apôtre Paul invite les Galates à se souvenir d’où ils avaient commencé. Il écrit : « Comment pouvez-vous être aussi fous ? Après avoir commencé par l’Esprit, allez-vous, maintenant, finir par la chair ? Auriez-vous vécu de si grandes choses en vain ? Si encore ce n’était qu’en vain ! » (Ga 3,3-4). L’intelligence doit donc se faire mémoire : non pas simplement en juxtaposant des données, comme un algorithme le fait désormais plus rapidement que nous, mais en se souvenant des expériences vécues, avec les résonances que seul l’âme humaine peut ressentir, et en entrant plus intensément en contact avec leur bonté. Tout ce qui est bon commence « sous l’influence de l’Esprit Saint » et possède donc un souffle, un dynamisme, un sens de la communion qui, une fois expérimentés, s’impriment dans le cœur. La routine, les ambitions, les rivalités et d’autres facteurs négatifs peuvent, avec le temps, détourner l’attention et l’énergie, nous laissant desséchés et apathiques, querelleurs et tristes. Il faut donc revenir au cœur. C’est là que tout a commencé, c’est là que se trouve le commencement qui reste en nous. Très chers amis, prenez soin de votre cœur ! Que vous soyez étudiants, chercheurs ou enseignants, prenez soin de votre cœur, afin que chaque âge et chaque responsabilité soient vécus « sous le signe de l’Esprit ».
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Comme je l’ai suggéré dans ma première Encyclique, nous sommes aujourd’hui appelés à adopter l’attitude du peuple au temps de Néhémie, afin de construire la cité dans laquelle Dieu désire habiter avec l’humanité tout entière dans la paix (cf. Lettre encyclique Magnifica humanitas, 8). Chacun a son rôle à jouer dans ce chantier, auquel il est important de travailler ensemble. Par exemple, ceux qui sont confrontés à la fragmentation du savoir et à l’impact des nouvelles technologies sur l’esprit humain se rendent compte qu’« il faut promouvoir une véritable hygiène de l’attention : des rythmes qui prévoient le silence, l’étude approfondie, la lecture, la confrontation mesurée ; sans ces éléments, la liberté intérieure risque d’être compromise » (ibid., 146).
L’étude de la théologie n’est pas étrangère à ces défis, mais dans le chantier de la « Cité de Dieu », sa recherche contribue à éclairer le travail de tous, en se posant comme carrefour des différents savoirs. En particulier, la communauté ecclésiale de Rome, par sa vocation à servir l’ensemble de la catholicité, est un lieu de rencontre, d’échange et d’enrichissement mutuel entre des sensibilités, des cultures et des traditions diverses, au sein desquelles l’Évangile dévoile ses trésors inépuisables.
