Lorsque l’être humain est réduit à un rendement, à une consommation ou à une donnée statistique, une profonde souffrance intérieure émerge inévitablement.

Lorsque l’être humain est réduit à un rendement, à une consommation ou à une donnée statistique, une profonde souffrance intérieure émerge inévitablement.

Publié le 30 mai 2026

30 mai 2026 – Discours du Pape Léon XIV Aux participants à la Rencontre internationale sur « Educación sobre salud mental »

     Une géographie aux richesses spirituelles et humaines extraordinaires. Nous trouvons une image éloquente de cette sagesse, par exemple, dans les tissus artisanaux qui, avec leurs multiples fils et leurs couleurs intenses, nous enseignent qu’aucun fil ne suffit à lui seul à créer le motif. Seul l’entrelacement patient engendre beauté et résistance. Chaque fil conserve sa couleur, mais prend tout son sens au sein d’une trame plus large.

     L’éducation est elle aussi appelée aujourd’hui à se redécouvrir ainsi: non pas comme la construction d’individualismes isolés, ni comme une simple transmission de compétences, mais comme l’art de tisser la communion.

     Les peuples anciens levaient le regard vers le ciel pour observer les constellations. Ils y cherchaient une orientation ; ils apprenaient à reconnaître le rythme des saisons, le moment des semailles et celui des récoltes. Ils n’observaient pas les étoiles uniquement par curiosité abstraite, mais aussi parce qu’elles aidaient à comprendre quel était le moment opportun pour agir, en préservant l’harmonie entre l’homme, la nature et le temps.

     Aujourd’hui, nous devons à nouveau lever les yeux (cf. Jn 4, 35). Dans la Lettre apostolique Dessiner de nouvelles cartes d’espérance, j’ai invité à construire une constellation éducative mondiale, au sein de laquelle chaque institution, chaque culture et chaque peuple puisse apporter sa contribution originale pour éclairer le chemin de l’humanité. Chaque culture trouve un sens dans l’observation des constellations. Chaque culture est appelée à collaborer à l’élaboration d’un itinéraire commun, en prenant conscience d’appartenir à une seule et même famille humaine.

     Faire face à l’une des plus grandes formes de pauvreté de notre temps : la perte des repères intérieur

     De nombreux jeunes possèdent des outils technologiques de plus en plus sophistiqués, mais peinent à trouver un sens à leur vie, à l’espoir, à l’amour et même à la souffrance. Derrière tant de difficultés, de solitudes et de fragilités psychologiques se cache souvent une question silencieuse : « Ma vie a-t-elle un sens ? Y a-t-il un espoir fiable pour l’avenir ?».

     Lorsque l’être humain est réduit à un rendement, à une consommation ou à une donnée statistique, une profonde souffrance intérieure émerge inévitablement. De nombreux jeunes vivent aujourd’hui sous le joug des attentes et du rendement, plongés dans une compétitivité exacerbée qui génère l’anxiété, la peur de ne pas être à la hauteur et la désorientation.

     Nous ne pouvons pas aborder la question de la santé mentale uniquement comme un problème clinique ou technique. Les contributions de la science, de la psychologie, de la médecine et des neurosciences sont sans aucun doute indispensables. Mais nous croyons aussi que l’homme peut vivre de manière authentique — et surmonter bien des fragilités intérieures — dans un horizon de sens. Lorsque cet horizon s’assombrit, le vide intérieur, l’isolement et le désespoir s’intensifient. En revanche, lorsqu’une personne découvre que sa vie a de la valeur, qu’elle est aimée, attendue et appelée à accomplir une mission dans le monde, alors naît l’espoir. Et l’espoir n’est pas une illusion naïve : c’est une force spirituelle qui soutient la vie, même dans les moments les plus difficiles.

     j’ai voulu ajouter, parmi les objectifs du Pacte éducatif mondial, celui de cultiver la vie intérieure. En effet, il ne suffit pas de connecter les jeunes aux réseaux numériques s’ils restent ensuite déconnectés d’eux-mêmes, des autres et de leur propre vie intérieure. Cultiver la vie intérieure signifie aider les nouvelles générations à redécouvrir le silence, la réflexion, la capacité de se poser des questions, la profondeur des relations et l’ouverture à la transcendance. Pour écouter l’âme, il faut affiner son ouïe, car sa voix n’est pas un cri, mais un murmure (cf. 1 R 19, 9-16).

    Si la technologie nous connecte, l’éducation nous forme. Éduquer, c’est aider les jeunes à découvrir non seulement comment vivre, mais aussi pourquoi vivre.

     En cette ère de transition numérique, nous sommes appelés à être une lumière pour de nombreuses personnes, surtout pour les jeunes, qui cherchent des repères fiables et des cartes capables d’orienter le chemin de la vie.

     Nous avons besoin de visions capables de construire de nouvelles synthèses culturelles, qui aient le courage de conjuguer pensée et vie, contemplation et action, attention aux pauvres et recherche de sens, en préservant le patrimoine profondément humain de l’éducation.

 

 

 

 

 

 

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