28 mars 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la prière du bréviaire, en la Cathédrale de l’Immaculée Conception, à Monaco
Jésus-Christ, le Juste, en intercédant pour l’humanité auprès du Père, nous réconcilie avec Lui et entre nous. Il ne vient pas prononcer un jugement de condamnation, mais offrir à chacun sa miséricorde qui purifie, guérit, transforme et fait entrer dans l’unique famille de Dieu. Sa nature compatissante et miséricordieuse Le fait “avocat” des pauvres et des pécheurs, non pas pour encourager le mal, mais pour les libérer de l’oppression et de l’esclavage afin de les faire devenir enfants de Dieu et frères les uns des autres. Ce n’est pas un hasard si les gestes accomplis par Jésus ne se limitent pas à la guérison physique ou spirituelle de la personne, mais comportent également une dimension sociale et politique importante : la personne guérie est réintégrée, avec toute sa dignité, dans la communauté humaine et religieuse dont elle avait été exclue, souvent à cause de sa maladie ou de son péché.
Il me semble toutefois nécessaire de souligner : l’annonce de l’Évangile comme défense de l’homme. En souhaitant que tout le monde accueille la bonne nouvelle de l’amour du Père, Jésus se pose en “avocat”, afin surtout de défendre ceux qui sont considérés comme abandonnés par Dieu, qui sont jugés, oubliés et marginalisés. Il se fait la voix et le visage du Dieu miséricordieux qui « défend le droit de tous les opprimés » (Ps 103, 6).
Je pense alors à une Église appelée à se faire “avocate”, c’est-à-dire à défendre l’homme : tout l’homme et tous les êtres humains. Il s’agit d’un chemin de discernement critique et prophétique visant à promouvoir « un développement intégral de l’humanité, qui respecte sa dignité et son identité authentique, ainsi que sa fin ultime qui renvoie au mystère de pleine communion avec le Dieu Trinité et entre nous » (Commission théologique internationale, Quo vadis, humanitas n. 22).
C’est là le premier service que doit rendre l’annonce de l’Évangile : éclairer la personne humaine et la société afin que, à la lumière du Christ et de sa Parole, elles découvrent leur identité, le sens de la vie humaine, la valeur des relations et de la solidarité sociale, le but ultime de l’existence et le destin de l’histoire.
À cet égard, je tiens à vous encourager à accomplir un service passionné et généreux dans l’évangélisation. Annoncez l’Évangile de la vie, de l’espérance et de l’amour ; apportez à tout le monde la lumière de l’Évangile afin que la vie de chaque homme et de chaque femme soit défendue et promue, de sa conception à sa fin naturelle ; offrez de nouveaux repères capables d’endiguer ces poussées de sécularisme qui risquent de réduire l’homme à l’individualisme et de fonder la vie sociale sur la production de richesses.
