19 juin 2026 - Message vidéo du Pape Léon XIV à l'occasion du 50e anniversaire des « Steubenville Summer Youth Conferences » (19 juin 2026)
Si vous aviez rencontré saint François dans les rues d’Assise au XIIIe siècle, il vous aurait peut-être regardés avec un sourire serein et bienveillant en disant : « Pace e bene », c’est-à-dire « Paix et tout bien ». C’était la manière dont saint François saluait souvent les personnes, et cette expression traduisait l’un des plus profonds désirs de son cœur. Nous aussi, nous pouvons nous interroger : est-ce que je désire une véritable paix pour ceux que je rencontre ? Est-ce que je traite les autres d’une manière qui leur apporte la paix ?
Vous pourriez répondre que cela n’est pas toujours facile. Parfois, notre comportement, même envers ceux que nous aimons le plus, engendre davantage de frustration et de conflit que de paix. Nous devons cependant nous rappeler que saint François a pu semer la paix non pas grâce à ses propres forces, mais parce qu’il portait en lui la source même de la vraie paix.
J’ai souvent répété que la paix est un don de Dieu, un don que nous recevons lorsque nous invitons le Seigneur dans notre cœur. Nous sommes alors appelés à devenir des instruments de sa paix, en la répandant dans nos familles, nos communautés, nos pays et dans le monde entier.
Saint François était également connu pour être un homme particulièrement joyeux. Il se réjouissait de la beauté de la création, de l’infinie bonté et miséricorde de Dieu, ainsi que de la conversion des pécheurs. Pourtant, vous pourriez être surpris par la manière dont il expliquait ce qu’est la joie parfaite.
Un soir d’hiver, alors qu’il revenait à Assise avec frère Léon, l’un des premiers membres de l’ordre franciscain, saint François commença à énumérer une longue liste de choses apparemment bonnes qui ne conduisent pourtant pas à la joie parfaite. À un moment donné, frère Léon s’écria : « Père François, je vous prie de m’enseigner ce qu’est la joie parfaite ! »
Dans sa réponse, le saint décrivit une situation tragique faite de froid, de faim et de rejet — tout le contraire de ce que l’on pourrait attendre — puis ajouta que si de telles épreuves sont accueillies avec patience, sans plainte et par amour de Dieu, alors « voilà la joie parfaite ».
Est-il vraiment possible d’éprouver de la joie dans de telles circonstances ? Pourrions-nous nous demander. Cela n’est possible que si notre vie est fondée sur une relation avec Dieu comme Père aimant.
En effet, la joie de saint François — celle dont il parlait — ne peut être trouvée dans les appareils électroniques, dans les longues heures passées devant un écran ou dans le défilement incessant des réseaux sociaux. Ces activités font souvent perdre un temps précieux qui pourrait être consacré à la prière silencieuse, au développement d’amitiés authentiques, au temps partagé avec la famille, à l’approfondissement de la foi, à l’étude ou au sport.
La joie ne doit jamais être recherchée dans la drogue, l’abus d’alcool, la promiscuité, les relations superficielles, l’obsession de son image ou toute autre conduite destructrice. Plus étonnant encore, elle ne se trouve pas non plus dans la richesse, la beauté, la célébrité ou même la santé, car un jour nous laisserons tout cela derrière nous.
Seul l’amour de Dieu peut nous donner une joie véritable et parfaite.
Si nous avons la conviction profonde que Dieu prend soin de nous comme de ses enfants bien-aimés, nous ne serons ni déstabilisés ni découragés, même dans les situations difficiles. Beaucoup d’entre vous entendent depuis leur enfance que Dieu les aime. Mais le croyez-vous vraiment ?
Vous êtes précieux aux yeux de Dieu ! (cf. Is 43, 4)
Vous êtes aimés de lui sans aucune condition. En êtes-vous convaincus ?
Si vous cultivez une relation de confiance avec lui, par la prière régulière, par la réception des sacrements et par l’abandon confiant entre ses mains, alors l’anxiété, la tristesse et la solitude s’effaceront peu à peu tandis que sa grâce vous remplira et que son amour embrasera votre cœur.
Voilà le secret qui permet d’affronter les épreuves avec le sourire.
Ouvrez vos cœurs afin de découvrir cette réalité.
Ainsi, le message de saint François, comme le mien, est simple : la paix véritable et la joie parfaite sont des dons de Dieu qui nous sont accordés lorsque nous nous ouvrons à lui et que nous faisons confiance à sa puissance de transformation.
Que pouvons-nous lui offrir en retour d’un si grand amour et de dons si généreux ?
Rien d’autre que nous-mêmes.
Aujourd’hui, le Seigneur a besoin de missionnaires pour annoncer son nom à ceux qui ne le connaissent pas ; d’hommes et de femmes saints pour fonder des familles catholiques aimantes ; de prêtres pour être des pères spirituels et des ministres des sacrements ; de religieux et religieuses pour témoigner de la véritable joie de son Royaume.
Si vous avez le sentiment que le Seigneur vous appelle à l’une de ces vocations, ne vous fermez pas à cet appel et ne détournez pas le regard par peur. Faites un pas en avant et dites au Seigneur :
« Me voici, envoie-moi ! » (Is 6, 8 )
N’ayez pas peur non plus d’en parler à quelqu’un : un ami de confiance, un prêtre ou une religieuse.
