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Famille
2025
Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, c'est-à-dire l'unique Sauveur et le révélateur du visage du Père.
En Lui, Dieu, pour se faire proche et accessible aux hommes, s'est révélé à nous dans les yeux confiants d'un enfant, dans l'esprit éveillé d'un adolescent, dans les traits mûrs d'un homme (cf. Conc. Vat. II, Const. Past. Gaudium et spes, n. 22), jusqu'à apparaître aux siens, après sa résurrection, dans son corps glorieux. Il nous a ainsi montré un modèle d'humanité sainte que nous pouvons tous imiter, avec la promesse d'une destinée éternelle qui dépasse toutes nos limites et toutes nos capacités.
11 mai 2025 – Homélie du Pape Léon XIV dans les Grottes Vaticanes, au lendemain de son élection de Successeur de Saint Pierre.
Aujourd’hui, c’est la fête des Mères. Je crois qu’il n’y a qu’une seule maman présente : bonne fête des Mères ! L’une des plus belles expressions de l’amour de Dieu est l’amour que dispensent les mères, surtout à leurs enfants et petits-enfants.
11 mai 2025 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière du Regina Caeli
Aujourd’hui, en Italie et dans d’autres pays, est célébrée la fête des mères. J’envoie mes salutations chaleureuses à toutes les mamans, et une prière pour celles qui sont déjà au Ciel. Bonne fête à toutes les mamans !
16 mai 2025 – Discours de Léon XIV aux membres du Corps Diplomatiques accrédités près le Saint-Siège
Il incombe à ceux qui ont des responsabilités gouvernementales de s’efforcer à construire des sociétés civiles harmonieuses et pacifiées. Cela peut être accompli avant tout en misant sur la famille fondée sur l’union stable entre un homme et une femme, « une société très petite sans doute, mais réelle et antérieure à toute société civile » [2]. En outre, personne ne peut se dispenser de promouvoir des contextes où la dignité de chaque personne soit protégée, en particulier celle des plus fragiles et des plus vulnérables, de l'enfant à naître à la personne âgée, du malade au chômeur, que celui-ci soit citoyen ou immigrant.
… L’Église ne peut jamais se soustraire à son devoir de dire la vérité sur l’homme et sur le monde, en recourant si nécessaire à un langage franc qui peut au début susciter une certaine incompréhension. Mais la vérité n’est jamais séparée de la charité qui, à la racine, a toujours le souci de la vie et du bien de tout homme et de toute femme. D’ailleurs, dans la perspective chrétienne, la vérité n’est pas l’affirmation de principes abstraits et désincarnés, mais la rencontre avec la personne même du Christ qui vit dans la communauté des croyants.
17 mai 2025 – Discours du Pape Léon XIV aux membres de la Fondation Centesimus Annus Pro Pontifice
… Il existe aujourd’hui un besoin généralisé de justice, une demande de paternité et de maternité, un profond désir de spiritualité, surtout chez les jeunes et les marginalisés, qui ne trouvent pas toujours de moyens efficaces pour s’exprimer. Il existe une attente croissante envers la Doctrine sociale de l’Eglise à laquelle nous devons répondre.
20 mai 2005 – Discours du Pape Léon XIV lors de sa Visite au Tombeau de Saint Paul, Basilique Saint Paul Hors les Murs
À la racine de toute vocation, il y a Dieu : sa miséricorde, sa bonté généreuse comme celle d'une mère (cf. Is 66, 12-14) qui, naturellement, nourrit son enfant à travers son propre corps lorsqu'il est encore incapable de se nourrir seul (cf. S. Augustin, Commentaire du Ps 130, 9).
28 mai 2025 – Message du Pape Léon XIV aux participants au séminaire « Evangéliser les familles d’aujourd’hui et de demain : défis ecclésiologiques et pastoraux », promu par le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie.
Je suis heureux qu’au lendemain de la célébration du Jubilé des familles, des enfants, des grands-parents et des personnes âgées, un groupe d’experts se soit réuni au Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie pour réfléchir sur le thème: Evangéliser avec les familles d’aujourd’hui et de demain. Défis ecclésiologiques et pastoraux.
Ce thème exprime bien la sollicitude maternelle de l’Eglise à l’égard des familles chrétiennes présentes dans le monde entier: membres vivants du Corps mystique du Christ et premier noyau ecclésial auquel le Seigneur confie la transmission de la foi et de l’Evangile, en particulier aux nouvelles générations.
La recherche profonde d’infini inscrite dans le cœur de tout homme donne aux pères et aux mères la mission de rendre leurs enfants conscients de la Paternité de Dieu, selon ce qu’écrivait saint Augustin: «La source de la vie est auprès de toi, comme c’est dans ta lumière que nous verrons la lumière» (Confessions, XIII, 16).
Notre époque est caractérisée par une recherche croissante de spiritualité, perceptible surtout chez les jeunes, désireux de relations authentiques et de maîtres de vie. C’est pourquoi il est important que la communauté chrétienne sache porter son regard au loin, devenant gardienne, face aux défis du monde, de cet élan de foi qui habite le cœur de chacun.
Il est particulièrement urgent, dans cet effort, de prêter une attention spéciale aux familles qui, pour diverses raisons, sont spirituellement plus éloignées: celles qui ne se sentent pas concernées, qui se disent désintéressées, ou encore qui se sentent exclues des parcours ordinaires mais qui aimeraient malgré tout faire partie d’une communauté dans laquelle grandir et avec laquelle marcher. Combien de personnes aujourd’hui ignorent l’invitation à rencontrer Dieu!
Malheureusement, face à ce besoin, une «privatisation» de plus en plus répandue de la foi empêche souvent ces frères et sœurs de découvrir la richesse et les dons de l’Eglise, lieu de grâce, de fraternité et d’amour!
Ainsi, bien qu’habités par des désirs sains et saints, tout en cherchant véritablement des appuis pour gravir les beaux sentiers de la vie et de la pleine joie, beaucoup finissent par s’en remettre à de faux soutiens qui, ne supportant pas le poids de leurs aspirations les plus profondes, les laissent retomber vers le bas, les éloignant de Dieu et en faisant d’eux des naufragés dans un océan de sollicitations mondaines.
Parmi eux se trouvent des pères et des mères, des enfants, des jeunes et des adolescents, parfois éloignés par des modèles de vie illusoires où il n’y a pas de place pour la foi, et à la diffusion desquels contribue dans une large mesure l’usage déformé de moyens en eux-mêmes potentiellement bons — comme les réseaux sociaux — mais qui deviennent nuisibles lorsqu’ils véhiculent des messages trompeurs.
C’est précisément ce désir d’aller «pêcher» cette humanité qui pousse l’Eglise dans son effort pastoral et missionnaire, pour la sauver des eaux du mal et de la mort à travers la rencontre avec le Christ.
Il se peut que de nombreux jeunes, qui aujourd’hui préfèrent le concubinage au mariage chrétien, ont en réalité besoin de quelqu’un qui leur montre, de manière concrète et compréhensible, surtout par l’exemple de la vie, ce qu’est le don de la grâce sacramentelle et quelle force en découle; qui les aide à comprendre «la beauté et la grandeur de la vocation à l’amour et au service de la vie» que Dieu confie aux époux (saint Jean-Paul II, Exhort. apost. Familiaris consortio, n. 1).
De même, de nombreux parents, dans l’éducation à la foi de leurs enfants, ont besoin de communautés qui les soutiennent pour créer les conditions permettant à leurs enfants de rencontrer Jésus, «des lieux où se réalise cette communion d’amour qui trouve sa source ultime en Dieu lui-même» (François, Audience générale, 9 septembre 2015).
La foi est avant tout une réponse à un regard d’amour, et la plus grande erreur que nous puissions commettre en tant que chrétiens est, selon les paroles de saint Augustin, «de prétendre faire consister la grâce du Christ dans son exemple, et non dans le don de sa personne» (Contra Iulianum opus imperfectum, II, 146). Combien de fois, dans un passé sans doute pas si lointain, avons-nous oublié cette vérité, et présenté la vie chrétienne principalement comme un ensemble de préceptes à observer, remplaçant ainsi l’expérience merveilleuse de la rencontre avec Jésus, Dieu qui se donne à nous, par une religion moralisante, lourde, peu attirante, et par certains aspects irréalisables dans la vie quotidienne concrète.
Dans ce contexte, il revient d’abord aux évêques, successeurs des apôtres et pasteurs du troupeau du Christ, de jeter les filets en mer et de devenir «pêcheurs de familles». Mais les laïcs sont eux aussi appelés à s’impliquer dans cette mission, devenant, aux côtés des ministres ordonnés, des «pêcheurs» de couples, de jeunes, d’enfants, de femmes et d’hommes de tout âge et de toute condition, afin que tous puissent rencontrer Celui qui seul peut sauver. En effet, chacun de nous, dans le baptême, est constitué Prêtre, Roi et Prophète pour ses frères, et devient «pierre vivante» (cf. 1 P 2, 4-5) pour la construction de l’édifice de Dieu «dans la communion fraternelle, dans l’harmonie de l’Esprit, dans la coexistence des diversités» (Homélie, 18 mai 2025).
Je vous demande donc de vous unir aux efforts par lesquels toute l’Eglise part à la recherche de ces familles qui, seules, ne s’approchent plus; afin de comprendre comment marcher avec elles et comment les aider à rencontrer la foi, pour qu’elles deviennent à leur tour «pêcheuses» d’autres familles.
Ne vous laissez pas décourager par les situations difficiles que vous rencontrerez. Il est vrai qu’aujourd’hui, les foyers familiaux sont blessés de nombreuses manières, mais «l’Evangile de la famille nourrit également ces germes qui attendent encore de mûrir et doit prendre soin des arbres qui se sont desséchés et qui ont besoin de ne pas être négligés» (François, Exhort. apost. Amoris laetitia, n. 76).
C’est pourquoi il est urgent de promouvoir la rencontre avec la tendresse de Dieu, qui valorise et aime l’histoire de chacun. Il ne s’agit pas d’apporter des réponses hâtées à des questions difficiles, mais de se faire proches des personnes, de les écouter, en cherchant à comprendre avec elles comment affronter les difficultés, prêts aussi à nous ouvrir, si nécessaire, à de nouveaux critères d’évaluation et à différentes modalités d’action, car chaque génération est différente des précédentes et présente des défis, des rêves et des interrogations propres. Mais, au milieu de tant de changements, Jésus Christ demeure «le même hier, aujourd’hui et à jamais» (He 13, 8 ). C’est pourquoi, si nous voulons aider les familles à vivre des chemins joyeux de communion et à être les unes pour les autres des semences de foi, il est nécessaire, avant tout, que nous cultivions et renouvelions notre propre identité de croyants.
Chers frères et sœurs, je vous remercie pour ce que vous faites! Que l’Esprit Saint vous guide dans le discernement de critères et de modalités d’engagement ecclésial capables de soutenir et de promouvoir la pastorale familiale. Aidons les familles à écouter avec courage la proposition du Christ et les appels de l’Eglise! Je vous porte dans ma prière et je vous donne de tout cœur à tous la Bénédiction apostolique.
Du Vatican, le 28 mai 2025
31 mai 2025 – Homélie du pape Léon XIV lors de la Messe d’ordination de 11 nouveaux prêtres, en la Basilique Saint-Pierre
Aujourd’hui est un jour de grande joie pour l’Eglise et pour chacun de vous, ordinands au sacerdoce, ainsi que pour vos familles, vos amis et vos compagnons de route pendant vos années de formation. Comme le souligne le rite de l’ordination à plusieurs reprises, le lien entre ce que nous célébrons aujourd’hui et le Peuple de Dieu est fondamental. La profondeur, l’ampleur et même la durée de la joie divine que nous partageons aujourd’hui est directement proportionnelle aux liens qui existent et qui grandiront entre vous, ordinands, et le peuple dont vous êtes issus, auquel vous appartenez et vers lequel vous êtes envoyés. Je m’arrêterai sur cet aspect, en gardant toujours à l’esprit que l’identité du prêtre découle de son union avec le Christ, souverain et éternel prêtre.
Nous sommes le peuple de Dieu. Le Concile Vatican II a ravivé cette conscience, anticipant presque une époque où les appartenances s’affaibliraient et où le sens de Dieu se ferait plus rare. Vous êtes le témoignage que Dieu ne se lasse pas de rassembler ses enfants, si différents soient-ils, et de les constituer en une unité vivante. Il ne s’agit pas d’une action impétueuse, mais de cette «brise légère» qui redonna espoir au prophète Elie lors de son découragement (cf. 1 R 19, 12). La joie de Dieu n’est pas bruyante, mais elle transforme réellement l’histoire et nous rapproche les uns des autres. Le mystère de la Visitation en est l’icône, que l’Eglise contemple en ce dernier jour du mois de mai. De la rencontre entre la Vierge Marie et sa cousine Elisabeth jaillit le Magnificat, chant d’un peuple visité par la grâce.
Les lectures que nous venons d’entendre nous aident à interpréter ce qui se passe aussi parmi nous. Jésus, avant tout, dans l’Evangile, n’apparaît pas écrasé par la mort imminente, ni par la désillusion des liens humains brisés ou inachevés. L’Esprit Saint, au contraire, intensifie ces liens menacés. Dans la prière, ils deviennent plus forts que la mort. Au lieu de penser à son propre destin, Jésus remet entre les mains du Père les relations qu’il a bâties ici-bas. Et nous en faisons partie! L’Evangile, en effet, est arrivé jusqu’à nous à travers des liens que le monde peut user, mais non détruire.
Chers ordinands, concevez-vous donc à la manière de Jésus! Etre de Dieu — serviteurs de Dieu, Peuple de Dieu — nous lie à la terre: non à un monde idéalisé, mais au monde réel. Comme Jésus, ce sont des personnes en chair et en os que le Père mettra sur votre chemin. Consacrez-vous à elles, sans vous en séparer, sans vous isoler, sans transformer le don reçu en une sorte de privilège. Le Pape François nous a souvent mis en garde contre cela, car l’autoréférentialité étouffe le feu de l’esprit missionnaire.
L’Eglise est fondamentalement tournée vers l’extérieur, comme le sont la vie, la passion, la mort et la résurrection de Jésus. Vous ferez vôtres ses paroles à chaque Eucharistie: ceci est «pour vous et pour la multitude». Personne n’a jamais vu Dieu. Et pourtant, il s’est tourné vers nous, il est sorti de lui-même. Le Fils en est devenu l’exégèse, le récit incarné. Et il nous a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu. Ne cherchez, ne cherchons pas un autre pouvoir!
Que le geste de l’imposition des mains, par lequel Jésus bénissait les enfants et guérissait les malades, renouvelle en vous la puissance libératrice de son ministère messianique. Dans les Actes des Apôtres, ce geste, que nous allons bientôt reproduire, est transmission de l’Esprit créateur. Ainsi, le Royaume de Dieu met en communion vos libertés personnelles, prêtes à sortir d’elles-mêmes, en greffant vos intelligences et vos jeunes forces dans la mission jubilaire que Jésus a confiée à son Eglise.
Dans son discours d’adieu aux anciens d’Ephèse, dont nous avons entendu un extrait dans la première Lecture, Paul leur livre le secret de toute mission: «L’Esprit Saint vous a établis gardiens» (Ac 20, 28). Non comme maîtres, mais comme gardiens. La mission est celle de Jésus. Il est ressuscité, donc vivant, et il nous précède. Aucun de nous n’est appelé à le remplacer. Le jour de l’Ascension nous éduque à sa présence invisible. Il nous fait confiance, il nous fait de la place; il a même dit: «C’est votre intérêt que je parte» (Jn 16, 7). Nous aussi, les évêques, chers ordinands, en vous intégrant aujourd’hui à la mission, nous vous faisons de la place. Et vous, faites de la place aux fidèles et à toute créature dont le Ressuscité est proche et en qui il aime nous visiter et nous surprendre. Le Peuple de Dieu est plus vaste que ce que nous voyons. Ne lui imposons pas de limites.
De ce discours poignant de saint Paul, je voudrais souligner un second mot. Il le prononce d’ailleurs en premier: «Vous savez vous-mêmes de quelle façon je n’ai cessé de me comporter avec vous» (Ac 20, 18). Gravons cette expression dans nos cœurs et nos esprits! «Vous savez vous-mêmes de quelle façon je n’ai cessé de me comporter avec vous»: la transparence de la vie. Des vies connues, des vies lisibles, des vies crédibles! Vivons au cœur du Peuple de Dieu pour pouvoir, un jour, nous tenir devant lui avec un témoignage crédible.
Ensemble, alors, nous reconstruirons la crédibilité d’une Eglise blessée, envoyée à une humanité blessée, au sein d’une création blessée. Nous ne sommes pas encore parfaits, mais il nous faut être crédibles.
Le Christ ressuscité nous montre ses plaies; bien qu’elles soient le signe du rejet de l’humanité, il nous pardonne et nous envoie. Ne l’oublions pas! Il souffle encore aujourd’hui sur nous (cf. Jn 20, 22) et fait de nous des ministres de l’espérance. «Ainsi donc, désormais nous ne connaissons personne selon la chair» (2 Co 5, 16): ce qui, à nos yeux, semble brisé et perdu apparaît désormais sous le signe de la réconciliation.
«Car l’amour du Christ nous possède», chers frères et sœurs! C’est une possession qui libère et qui nous permet de ne posséder personne. Libérer, ne pas posséder. Nous appartenons à Dieu: il n’est pas de plus grande richesse à estimer et à partager. C’est la seule richesse qui, partagée, se multiplie. Et nous voulons la porter ensemble dans ce monde que Dieu a tant aimé qu’il a donné son Fils unique (cf. Jn 3, 16).
Ainsi, la vie offerte par ces frères qui vont être ordonnés prêtres prend tout son sens. Nous les remercions et nous rendons grâce à Dieu qui les a appelés au service d’un peuple entièrement sacerdotal. Ensemble, en effet, nous unissons le ciel et la terre. En Marie, Mère de l’Eglise, resplendit ce sacerdoce commun qui élève les humbles, relie les générations et nous fait appeler bienheureux (cf. Lc 1, 48.52). Que la Vierge de la Confiance et Mère de l’Espérance intercède pour nous.
1er juin 2025 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe du Jubilé des familles.
L’Évangile qui vient d’être proclamé nous montre Jésus qui, lors de la dernière Cène, prie pour nous (cf. Jn 17, 20) : le Verbe de Dieu fait homme, désormais proche de la fin de sa vie terrestre, pense à nous, ses frères, se faisant bénédiction, supplication et louange au Père, avec la force de l’Esprit Saint. Et nous aussi, alors que nous entrons, remplis d’émerveillement et de confiance, dans la prière de Jésus, nous sommes impliqués par son amour dans un grand projet qui concerne toute l’humanité.
Le Christ demande en effet que nous soyons tous « un » (v. 21). Il s’agit là du plus grand bien que l’on puisse désirer, car cette union universelle réalise entre les créatures la communion éternelle d’amour dans laquelle s’identifie Dieu lui-même, comme le Père qui donne la vie, le Fils qui la reçoit et l’Esprit qui la partage.
Le Seigneur ne veut pas que nous nous unissions pour former une masse indistincte, comme un bloc anonyme, mais il souhaite que nous soyons un : « Comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi » (v. 21). L’unité pour laquelle Jésus prie est donc une communion fondée sur l’amour même dont Dieu aime, d’où viennent la vie et le salut. En tant que telle, elle est avant tout un don que Jésus vient apporter. C’est en effet, du fond de son cœur d’homme que le Fils de Dieu s’adresse au Père en disant : « moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé » (v. 23).
Écoutons avec admiration ces paroles : Jésus nous révèle que Dieu nous aime comme Il s’aime Lui-même. Le Père ne nous aime pas moins qu’Il n’aime son Fils unique, c’est-à-dire infiniment. Dieu n’aime pas moins, parce qu’Il aime d’abord, Il aime le premier ! Le Christ Lui-même en témoigne lorsqu’Il dit au Père : « Tu m’as aimé avant la fondation du monde » (v. 24). Et il en est ainsi : dans sa miséricorde, Dieu veut depuis toujours rassembler tous les hommes auprès de lui, et c’est sa vie, donnée pour nous dans le Christ, qui nous rend un, qui nous unit entre nous.
Écouter aujourd’hui cet Évangile, pendant le Jubilé des familles et des enfants, des grands-parents et des personnes âgées, nous comble de joie.
Très chers amis, nous avons reçu la vie avant même de la vouloir. Comme l’enseignait le pape François, « tous les hommes sont des enfants, mais aucun de nous n’a choisi de naître » (Angelus, 1er janvier 2025). Mais ce n’est pas tout. Dès notre naissance, nous avons eu besoin des autres pour vivre, seuls nous n’y serions pas y arriver : c’est quelqu’un d’autre qui nous a sauvés, en prenant soin de nous, de notre corps comme de notre esprit. Nous vivons donc tous grâce à une relation, c’est-à-dire à un lien libre et libérateur d’humanité et de soin mutuel.
Il est vrai que parfois cette humanité est trahie. Par exemple, chaque fois que l’on invoque la liberté non pour donner la vie, mais pour la retirer, non pour secourir, mais pour offenser. Cependant, même face au mal qui s’oppose et tue, Jésus continue de prier le Père pour nous, et sa prière agit comme un baume sur nos blessures, devenant pour tous une annonce de pardon et de réconciliation. Cette prière du Seigneur donne pleinement un sens aux moments lumineux de notre amour les uns pour les autres, en tant que parents, grands-parents, fils et filles. Et c’est cela que nous voulons annoncer au monde : nous sommes ici pour être “un” comme le Seigneur veut que nous soyons “un”, dans nos familles et là où nous vivons, travaillons et étudions : différents, mais un, nombreux, mais un, toujours, en toutes circonstances et à tous les âges de la vie.
Mes très chers amis, si nous nous aimons ainsi, sur le fondement du Christ, qui est « l’alpha et l’oméga », « le commencement et la fin » (cf. Ap 22, 13), nous serons un signe de paix pour tous, dans la société et dans le monde. Et n’oublions pas : c’est dans les familles que se construit l’avenir des peuples.
Au cours des dernières décennies, nous avons reçu un signe qui nous remplit de joie et qui nous fait réfléchir : je veux parler du fait que des couples mariés ont été proclamés bienheureux et saints, non pas séparément, mais ensemble, en tant que couples mariés. Je pense à Louis et Zélie Martin, les parents de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ; et j’aime rappeler les bienheureux Luigi et Maria Beltrame Quattrocchi, dont la vie familiale s’est déroulée à Rome au siècle dernier. Et n’oublions pas la famille polonaise Ulma : parents et enfants unis dans l’amour et dans me martyre. Je disais que c’est un signe qui fait réfléchir. Oui : en désignant comme témoins exemplaires des époux, l’Église nous dit que le monde d’aujourd’hui a besoin de l’alliance conjugale pour connaître et accueillir l’amour de Dieu et surmonter, par sa force qui unifie et réconcilie, les forces qui désagrègent les relations et les sociétés.
C’est pourquoi, le cœur plein de reconnaissance et d’espérance, je vous dis, à vous les époux : le mariage n’est pas un idéal, mais la norme du véritable amour entre l’homme et la femme : un amour total, fidèle, fécond (cf. Saint Paul VI, Lettre encyclique Humanae vitae, 9). Tout en vous transformant en une seule chair, cet amour vous rend capables, à l’image de Dieu, de donner la vie.
C’est pourquoi je vous encourage à être, pour vos enfants, des exemples de cohérence, en vous comportant comme vous voulez qu’ils se comportent, en les éduquant à la liberté par l’obéissance, en recherchant toujours en eux le bien et les moyens de le faire grandir. Et vous, enfants, soyez reconnaissants envers vos parents : dire “merci” pour le don de la vie et pour tout ce qui nous est donné chaque jour avec elle, c’est la première manière d’honorer son père et sa mère (cf. Ex 20, 12). Enfin, à vous, chers grands-parents et personnes âgées, je recommande de veiller sur ceux que vous aimez, avec sagesse et compassion, avec l’humilité et la patience que les années enseignent.
Dans la famille, la foi se transmet avec la vie, de génération en génération : elle est partagée comme la nourriture sur la table et les affections du cœur. Cela en fait un lieu privilégié pour rencontrer Jésus, qui nous aime et veut notre bien, toujours.
Et j’aimerais ajouter une dernière chose. La prière du Fils de Dieu, qui nous donne l’espérance tout au long du chemin, nous rappelle aussi qu’un jour nous serons tous unum (cf. saint Augustin, Sermo super Ps. 127) : une seule chose dans l’unique Sauveur, étreints par l’amour éternel de Dieu. Non seulement nous, mais aussi nos pères et nos mères, nos grands-mères et nos grands-pères, nos frères, nos sœurs et nos enfants qui nous ont déjà précédés dans la lumière de sa Pâque éternelle, et que nous sentons présents ici, avec nous, en ce moment de fête.
1er juin 2025 – Méditation du Pape Léon lors de la prière Mariale du Regina Caeli
Je salue toutes les familles, petites églises domestiques, où l'Évangile est accueilli et transmis. La famille – disait saint Jean-Paul II – trouve son origine dans l'amour avec lequel le Créateur embrasse le monde créé (Lett. Gratissimam sane, n. 2). Que la foi, l'espérance et la charité grandissent toujours dans nos familles. Je salue tout particulièrement les grands-parents et les personnes âgées Vous êtes un modèle authentique de foi et une source d'inspiration pour les jeunes générations. Merci d'être venus !
Je rappelle également la Journée Mondiale des Communications Sociales qui a lieu aujourd'hui et je remercie les professionnels des médias qui, en veillant à la qualité éthique des messages, aident les familles dans leur devoir éducatif.
4 juin 2025 – Paroles du Pape Léon XIV, aux pèlerins francophones venus à l’Audience Générale.
Notre monde peine à trouver une valeur à la vie humaine, même en sa dernière heure : que l’Esprit du Seigneur éclaire nos intelligences, pour que nous sachions défendre la dignité intrinsèque de toute personne humaine.
4 juin 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins italiens venus à l’Audience Générale
« Ne cessez jamais de vous confier au Christ et de l’annoncer à travers votre vie en famille, en tout lieu. C’est ce qu’attendent de l’Eglise, les gens d’aujourd’hui.
11 juin 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux francophones, à l’issue de l’Audience Générale
Que Dieu vous bénisse avec vos familles.
11 juin 2025 – Paroles du Pape Léon au terme de l’Audience, aux jeunes, malades et nouveaux époux.
Je souhaite que la contemplation du Mystère trinitaire vous introduise toujours plus dans l’Amour divin, pour réaliser en chaque circonstance la volonté du Seigneur.
17 juin 2025 – Message du Pape Léon XIV aux participants à le 2ème Conférence annuelle sur l’IA, éthique et gouvernance d’entreprise les 19 et 20 juin
A l’occasion de cette deuxième conférence annuelle de Rome sur l’Intelligence artificielle, j’exprime mes meilleurs vœux dans la prière à tous les participants. Votre présence témoigne du besoin urgent d’une réflexion sérieuse et d’un débat constant sur la dimension intrinsèquement éthique de l’IA, ainsi que sur sa gouvernance responsable. A cet égard, je suis heureux que le deuxième jour de la Conférence se déroule au Palais apostolique, ce qui manifeste clairement la volonté de l’Eglise de participer à ces débats qui touchent directement le présent et l’avenir de notre famille humaine.
A côté de son extraordinaire potentiel au bénéfice de la famille humaine, le développement rapide de l’IA soulève également des questions plus profondes concernant l’utilisation appropriée de cette technologie pour édifier une société mondiale plus authentiquement juste et humaine. Dans ce sens, tout en étant sans aucun doute un produit exceptionnel du génie humain, l’IA est «avant tout un outil» (Pape François, Discours à la session du G7 sur l’Intelligence artificielle, 14 juin 2024). Par définition, les outils renvoient à l’intelligence humaine qui les a conçus et tirent une grande partie de leur force éthique des intentions des personnes qui les manipulent. Dans certains cas, l’IA a été utilisée de façon positive et même noble pour promouvoir une plus grande égalité, mais il existe également la possibilité qu’elle soit détournée à des fins égoïstes au détriment des autres, ou pire, pour fomenter les conflits et les agressions.
Pour sa part, l’Eglise désire contribuer à un débat serein et éclairé sur ces questions urgentes en soulignant avant tout le besoin de mesurer les ramifications de l’IA à la lumière du «développement intégral de la personne et de la société» (Note Antiqua et Nova, n. 6). Cela implique de prendre en compte le bien-être de la personne humaine, non seulement du point de vue matériel, mais également intellectuel et spirituel; cela signifie sauvegarder la dignité inviolable de chaque personne humaine et respecter la richesse culturelle et spirituelle des peuples du monde. En définitive, les bénéfices ou les risques de l’IA doivent être évalués précisément en fonction de ce critère éthique supérieur.
Malheureusement, comme le regretté Pape François l’a souligné, nos sociétés assistent aujourd’hui à une certaine «disparition ou du moins à une éclipse du sens de l’humain» et cela nous exhorte tous à réfléchir plus profondément sur la véritable nature et l’unicité de notre dignité humaine commune (Discours à la session du G7 sur l’Intelligence artificielle, 14 juin 2024). L’IA, en particulier l’IA générative, a ouvert de nouveaux horizons à différents et multiples niveaux, notamment en améliorant la recherche en matière de santé et de découverte scientifique, mais elle soulève également des questions préoccupantes sur ses possibles répercussions sur l’ouverture de l’humanité à la vérité et à la beauté, sur notre capacité distinctive à saisir et à interpréter la réalité. Reconnaître et respecter ce qui caractérise de façon unique la personne humaine est essentiel au débat de tout cadre éthique adéquat pour la gouvernance de l’IA.
Nous sommes tous, j’en suis certain, préoccupés pour les enfants et les jeunes, et les possibles conséquences de l’utilisation de l’IA sur le développement intellectuel et neurologique. Il faut aider nos jeunes, et non pas les entraver, dans leur parcours vers la maturité et la véritable responsabilité. Ils sont notre espérance pour l’avenir, et le bien-être de la société dépend de la capacité qu’ils pourront avoir de développer les dons et les aptitudes que Dieu leur a donnés, et de répondre aux défis de notre époque et aux besoins des autres avec un esprit libre et généreux. Aucune génération n’a jamais eu un tel accès rapide à la masse d’information désormais disponible grâce à l’IA. Mais une fois encore, l’accès à des données — bien qu’extensives — ne doit pas être confondue avec l’intelligence, qui implique nécessairement «l’ouverture de la personne aux questions ultimes de la vie et reflète une orientation vers le Vrai et le Bien» (Antiqua et Nova, n. 29). A la fin, la sagesse authentique est davantage liée à la reconnaissance de la véritable signification de la vie, qu’à la disponibilité de données.
Chers amis, dans cette perspective, je forme le vœu que vos débats considéreront également l’IA dans le contexte de l’apprentissage intergénérationnel nécessaire qui permettra aux jeunes d’intégrer la vérité dans leur vie morale et spirituelle, éclairant ainsi leurs décisions mûres et ouvrant la voie à un monde de plus grande solidarité et unité (cf. ibid., n. 28). La tâche qui s’ouvre à vous n’est pas aisée, mais elle est d’une importance vitale. En vous remerciant pour vos efforts présents et futurs, j’invoque cordialement sur vous et vos familles les bénédictions divines de sagesse, de joie et de paix.
Du Vatican, le 17 juin 2025
Léon PP. XIV
21 juin 2025 – Discours du Pape Léon XIV lors du Jubilé des Pouvoirs Publics, et Parlementaires
Madame la présidente du Conseil et Monsieur le président de la Chambre des députés de la République italienne,
Madame la présidente et Monsieur le secrétaire général de l’Union interparlementaire,
Représentants des institutions académiques et responsables religieux,
C’est avec plaisir que je vous accueille à l’occasion de la rencontre de l’Union interparlementaire internationale, dans le cadre du Jubilé des pouvoirs publics. Je salue les membres des délégations de soixante-huit pays. Parmi eux, j’adresse une pensée particulière aux présidents des institutions parlementaires respectives.
L’action politique a été définie, à juste titre, par Pie XI comme «la forme la plus élevée de la charité» (Pie XI, Discours à la Fédération universitaire catholique italienne, 18 décembre 1927). Et, en effet, si l’on considère le service qu’elle rend à la société et au bien commun, elle apparaît véritablement comme l’œuvre de cet amour chrétien qui n’est jamais une simple théorie, mais toujours un signe et un témoignage concret de l’action de Dieu en faveur de l’homme (cf. François, encyclique Fratelli tutti, nn. 176-192).
A ce sujet, je voudrais partager avec vous ce matin trois considérations que je juge importantes dans le contexte culturel actuel.
La première concerne la mission qui vous est confiée de promouvoir et de protéger, au-delà de tout intérêt particulier, le bien de la communauté, le bien commun, en particulier en défense des plus faibles et des marginalisés. Il s’agit, par exemple, de s’engager à surmonter l’inacceptable disproportion entre la richesse concentrée entre les mains de quelques-uns et la pauvreté d’une multitude (cf. Léon XIII, encyclique Rerum novarum, 15 mai 1891, n. 1). Ceux qui vivent dans des conditions extrêmes crient pour faire entendre leur voix, mais souvent, ils ne trouvent pas d’oreilles attentives. Ce déséquilibre engendre des situations d’injustice permanente qui débouchent facilement sur la violence et, tôt ou tard, sur le drame de la guerre. En revanche, une bonne politique, en favorisant une répartition équitable des ressources, peut offrir un service efficace à l’harmonie et à la paix, tant au niveau social qu’international.
La deuxième réflexion porte sur la liberté religieuse et le dialogue interreligieux. Dans ce domaine également, aujourd’hui toujours plus actuel, l’action politique peut faire beaucoup, en promouvant les conditions favorables à une liberté religieuse effective et à au développement d’un dialogue respectueux et constructif entre les diverses communautés religieuses. Croire en Dieu, avec les valeurs positives qui en découlent, constitue une immense source de bien et de vérité dans la vie des personnes et des communautés. Saint Augustin, à ce propos, évoquait le passage chez l’homme de l’amor sui — l’amour égoïste de soi, fermé et destructeur — à l’amor Dei — l’amour gratuit, enraciné en Dieu et conduisant au don de soi —, comme élément fondamental de la construction de la civitas Dei, c’est-à-dire d’une société dans laquelle la loi fondamentale est la charité (cf. De civitate Dei, XIV, 28).
Pour avoir alors un point de référence unitaire dans l’action politique, au lieu d’exclure a priori, dans les processus décisionnels, la référence au transcendant, il convient d’y rechercher ce qui unit chacun. A cet égard, un point de référence incontournable est celui de la loi naturelle: non pas écrite de la main de l’homme, mais reconnue comme valide universellement et en tout temps, qui trouve dans la nature même sa forme la plus plausible et convaincante. Dans l’Antiquité, Cicéron en était déjà un éminent interprète, en écrivant dans De re publica: «Il est une loi véritable, la droite raison conforme à la nature, immuable, éternelle, qui appelle l’homme au bien par ses commandements, et le détourne du mal par ses menaces […]. On ne peut ni l’infirmer par d’autres lois, ni déroger à quelqu’un de ses préceptes, ni l’abroger tout entière; ni le sénat ni le peuple ne peuvent nous dégager de son empire; elle n’a pas besoin d’interprète qui l’explique; il n’y en aura pas une à Rome, une autre à Athènes, une aujourd’hui, une autre dans un siècle; mais une seule et même loi éternelle et inaltérable régit à la fois tous les peuples, dans tous les temps» (Cicéron, La République, III, 22).
La loi naturelle, universellement valide au-delà d’autres opinions pouvant être discutées, constitue la boussole pour légiférer et agir, notamment face aux délicates questions éthiques qui, aujourd’hui plus que par le passé, touchent le domaine de la vie personnelle et de la vie privée.
La Déclaration universelle des droits de l’homme, approuvée et proclamée par les Nations unies le 10 décembre 1948, appartient désormais au patrimoine culturel de l’humanité. Ce texte, toujours actuel, peut contribuer de manière décisive à replacer la personne humaine, dans son intégrité inviolable, à la base de la recherche de vérité, afin de rendre sa dignité à ceux qui ne se sentent pas respectés dans leur for intérieur et dans les exigences de leur conscience.
Venons-en à la troisième considération. Le degré de civilisation atteint dans notre monde, et les objectifs auxquels vous êtes appelés à répondre, trouvent aujourd’hui un grand défi dans l’intelligence artificielle. Il s’agit d’un développement qui apportera sans aucun doute une aide utile à la société, dans la mesure où, toutefois, son utilisation ne compromet pas l’identité et la dignité de la personne humaine, ni ses libertés fondamentales. En particulier, il ne faut pas oublier que le rôle de l’intelligence artificielle est d’être un instrument au service du bien de l’être humain, et non pour le diminuer ou en provoquer la perte. Le défi qui se profile est donc important, et exige une grande attention, une vision clairvoyante de l’avenir, afin de concevoir, dans un monde en rapide mutation, des styles de vie sains, justes et sûrs, en particulier pour les jeunes générations.
La vie personnelle vaut beaucoup plus qu’un algorithme et les relations sociales ont besoin d’espaces humains bien plus riches que les schémas limités que peut préfabriquer une quelconque machine sans âme. N’oublions pas que bien qu’étant en mesure d’emmagasiner des millions de données et d’offrir en quelques secondes des réponses à de nombreuses questions, l’intelligence artificielle demeure dotée d’une «mémoire» statique, sans comparaison possible avec celle de l’homme et de la femme, qui est au contraire créative, dynamique, générative, capable d’unir passé, présent et avenir dans une recherche vivante et féconde de sens, avec toutes les implications éthiques et existentielles qui en découlent (cf. François, Discours à la session du G7 sur l’intelligence artificielle, 14 juin 2024).
La politique ne peut ignorer un tel défi. Elle est, au contraire, appelée à répondre aux nombreux citoyens qui regardent à juste titre les défis liés à cette nouvelle culture numérique avec confiance mais aussi préoccupation.
Saint Jean-Paul II, lors du Jubilé de l’an 2000, a indiqué aux hommes politiques saint Thomas More comme témoin à admirer et intercesseur sous la protection duquel placer leur engagement. En effet, Thomas More fut un homme fidèle à ses responsabilités civiles, précisément en vertu de sa foi, qui le conduisit à interpréter la politique non pas comme une profession, mais comme une mission pour la promotion de la vérité et du bien. Il «mit son activité publique au service de la personne, surtout quand elle est faible ou pauvre; il géra les controverses sociales avec un grand sens de l’équité; il protégea la famille et la défendit avec une détermination inlassable; il promut l’éducation intégrale de la jeunesse» (Lett. Ap. M.P. E Sancti Thomae Mori, 31 octobre 2000, n. 4). Le courage avec lequel il n’hésita pas à sacrifier sa vie pour ne pas trahir la vérité en fait pour nous, aujourd’hui encore, un martyr de la liberté et de la primauté de la conscience. Puisse son exemple être pour chacun de vous une source d’inspiration et d’orientation.
Mesdames et Messieurs, je vous remercie pour votre visite. Je forme mes meilleurs vœux pour votre mission et j’invoque sur vous et sur vos proches les bénédictions du Ciel.
Je vous remercie tous. Que Dieu vous bénisse, ainsi que votre travail. Merci.
25 juin 2025 – Méditation du Pape Léon XIV lors du Jubilé des Evêques
L’évêque est un homme d’espérance, car « la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas » (He 11,1). Surtout lorsque le chemin du peuple devient plus difficile, le pasteur, par vertu théologale, aide à ne pas désespérer : non pas par des paroles, mais par sa proximité. Lorsque les familles portent des fardeaux excessifs et que les institutions publiques ne les soutiennent pas suffisamment ; lorsque les jeunes sont déçus et écœurés par des messages illusoires ; lorsque les personnes âgées et les personnes gravement handicapées se sentent abandonnées, l’évêque est proche et n’offre pas de recettes, mais l’expérience de communautés qui cherchent à vivre l’Évangile dans la simplicité et dans le partage.
6 juillet 2025 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus.
L’Évangile d’aujourd’hui (Lc 10, 1-12.17-20) nous rappelle l’importance de la mission à laquelle nous sommes tous appelés, chacun selon sa vocation et dans les situations concrètes où le Seigneur l’a placé.
Jésus envoie soixante-douze disciples (Lc 10, 1-12.17-20). Ce nombre symbolique indique comment l’espérance de l’Évangile est destinée à tous les peuples : telle est la largeur du cœur de Dieu, telle est son abondante moisson, c’est-à-dire l’œuvre qu’Il accomplit dans le monde afin que tous ses enfants soient touchés par son amour et soient sauvés.
En même temps, Jésus dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson » (v.2).
D’un côté, Dieu, tel un semeur, est sorti généreusement dans le monde pour semer et a mis dans le cœur de l’homme et dans l’histoire le désir de l’infini, d’une vie pleine, d’un salut qui le libère. C’est pourquoi la moisson est abondante, le Royaume de Dieu germe comme une graine dans la terre, et les femmes et les hommes d’aujourd’hui, même lorsqu’ils semblent submergés par tant d’autres choses, attendent une vérité plus grande, sont à la recherche d’un sens plus profond à leur vie, désirent la justice, portent en eux une aspiration à la vie éternelle.
D’autre part, cependant, rares sont les ouvriers qui vont travailler dans le champ semé par le Seigneur et qui, avant même cela, sont capables de reconnaître, avec les yeux de Jésus, le bon grain prêt pour la moisson (cf. Jn 4, 35-38). Le Seigneur veut faire quelque chose de grand dans notre vie et dans l’histoire de l’humanité, pourtant, peu de personnes s’en rendent compte, s’arrêtent pour accueillir ce don, l’annoncent et le portent aux autres.
Chers frères et sœurs, l’Église et le monde n’ont pas besoin de personnes qui accomplissent leurs devoirs religieux en affichant leur foi comme un signe extérieur ; ils ont plutôt besoin d’ouvriers désireux de travailler dans le champ de la mission, de disciples amoureux qui témoignent du Royaume de Dieu partout où ils se trouvent. Il y a peut-être des “chrétiens occasionnels” qui laissent parfois place à quelques bons sentiments religieux ou participent à certains événements ; mais rares sont ceux qui sont prêts à travailler chaque jour dans le champ de Dieu, en cultivant dans leur cœur la semence de l’Évangile pour ensuite la porter dans la vie quotidienne, en famille, sur les lieux de travail et d’étude, dans les différents milieux sociaux et auprès de ceux qui sont dans le besoin.
Pour cela, il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’idées théoriques sur des concepts pastoraux ; il faut surtout prier le maître de la moisson. La relation avec le Seigneur, cultiver le dialogue avec Lui, est donc primordiale. Il fera alors de nous ses ouvriers et nous enverra dans le champ du monde comme témoins de son Royaume.
Demandons à la Vierge Marie, qui a généreusement offert son “me voici” en participant à l’œuvre du salut, d’intercéder pour nous et de nous accompagner sur le chemin à la suite du Seigneur, afin que nous puissions nous aussi devenir des ouvriers joyeux du Royaume de Dieu.
26 juin 2025 – Message du Pape Léon XIV pour la Vème Journée Mondiale des Grands Parents et Personnes âgées
“Heureux celui qui n’a pas perdu l’espérance” (cf. Si 14, 2)
Chers frères et sœurs,
le Jubilé que nous vivons nous aide à découvrir que l’espérance est toujours source de joie, à tout âge. Et quand elle est aguerrie par le feu d’une longue existence, elle devient source de béatitude parfaite.
La Sainte Écriture présente divers cas d’hommes et de femmes déjà avancés en âge que le Seigneur implique dans ses plans de salut. Pensons à Abraham et Sara : désormais âgés, ils restent incrédules devant la parole de Dieu qui leur promet un fils. L’impossibilité d’engendrer semble avoir fermé leur regard d’espérance sur l’avenir.
La réaction de Zacharie à l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste n’est pas différente : « A quoi connaîtrai-je cela ? Car moi je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge » (Lc 1, 18). La vieillesse, la stérilité, le déclin semblent éteindre les espérances de vie et de fécondité de tous ces hommes et femmes. Et même la question que Nicodème pose à Jésus, lorsque le Maître lui parle d’une “nouvelle naissance”, semble purement rhétorique : « Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? » (Jn 3, 4). Et pourtant, chaque fois, face à une réponse apparemment évidente, le Seigneur surprend ses interlocuteurs par une intervention salvatrice.
Les personnes âgées, signes d’espérance
Dans la Bible, Dieu montre à plusieurs reprises sa providence en s’adressant à des personnes âgées. C’est le cas non seulement d’Abraham, de Sara, de Zacharie et d’Élisabeth, mais aussi de Moïse, appelé à libérer son peuple alors qu’il avait quatre-vingts ans (cf. Ex 7, 7). Par ces choix, il nous enseigne que, à ses yeux, la vieillesse est un temps de bénédiction et de grâce et que les personnes âgées sont pour lui les premiers témoins de l’espérance. « Qu’est-ce donc que ce temps de la vieillesse ? – se demande saint Augustin – Dieu te répond : “Oh, que ta force disparaisse complètement, afin que ma force demeure en toi et que tu puisses dire avec l’Apôtre : Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort” » (Super Ps 70, 11). Le fait que le nombre de personnes âgées soit aujourd’hui en augmentation devient alors pour nous un signe des temps que nous sommes appelés à discerner, afin de bien lire l’histoire que nous vivons.
La vie de l’Église et du monde ne s’appréhende en effet que dans la succession des générations, et embrasser une personne âgée nous aide à comprendre que l’histoire ne s’épuise pas dans le présent, ni ne se consume dans des rencontres fugaces et des relations fragmentaires, mais qu’elle se déroule vers l’avenir. Dans le livre de la Genèse, nous trouvons l’épisode émouvant de la bénédiction donnée par Jacob, désormais âgé, à ses petits-enfants, les fils de Joseph : ses paroles les encouragent à regarder l’avenir avec espérance, comme au temps des promesses de Dieu (cf. Gn 48, 8-20). S’il est vrai que la fragilité des personnes âgées a besoin de la vigueur des jeunes, il est tout aussi vrai que l’inexpérience des jeunes a besoin du témoignage des personnes âgées pour projeter l’avenir avec sagesse. Combien de fois nos grands-parents ont-ils été pour nous un exemple de foi et de dévotion, de vertus civiques et d’engagement social, de mémoire et de persévérance dans les épreuves ! Ce bel héritage, qu’ils nous ont remis avec espérance et amour, ne serait jamais assez, pour nous, motif de gratitude et de cohérence.
Signes d’espérance pour les personnes âgées
Depuis ses origines bibliques, le Jubilé a toujours été un temps de libération : les esclaves étaient affranchis, les dettes effacées, les terres rendues à leurs propriétaires d’origine. C’était un moment de restauration de l’ordre social voulu par Dieu, où les inégalités et les oppressions accumulées au fil des ans étaient réparées. Jésus renouvelle ces événements de libération lorsqu’il proclame, dans la synagogue de Nazareth, la bonne nouvelle aux pauvres, la vue aux aveugles, la libération des prisonniers et le retour à la liberté pour les opprimés (cf. Lc 4, 16-21).
En regardant les personnes âgées dans cette perspective jubilaire, nous sommes nous aussi appelés à vivre avec elles une libération, surtout de la solitude et de l’abandon. Cette année est le moment propice pour y parvenir : la fidélité de Dieu à ses promesses nous enseigne qu’il y a une béatitude dans la vieillesse, une joie authentiquement évangélique, qui nous demande d’abattre les murs de l’indifférence dans lesquels les personnes âgées sont souvent enfermées. Nos sociétés, sous toutes les latitudes, s’habituent trop souvent à laisser une partie si importante et si riche de leur tissu social être mise à l’écart et oubliée.
Face à cette situation, un changement d’attitude s’impose, qui témoigne d’une prise de responsabilité de la part de toute l’Église. Chaque paroisse, chaque association, chaque groupe ecclésial est appelé à devenir protagoniste d’une “révolution” de la gratitude et d’attention, à réaliser en rendant fréquemment visite aux personnes âgées, en créant pour elles et avec elles des réseaux de soutien et de prière, en tissant des relations qui puissent donner espoir et dignité à ceux qui se sentent oubliés. L’espérance chrétienne nous pousse toujours à oser davantage, à voir grand, à ne pas nous contenter du status quo. Dans le cas présent, à œuvrer pour un changement qui redonne aux personnes âgées estime et affection.
C’est pourquoi le Pape François a souhaité que la Journée Mondiale des Grands-Parents et des Personnes Agées soit célébrée avant tout en rencontrant ceux qui sont seuls. Et pour la même raison, il a été décidé que les personnes qui ne pourront pas venir en pèlerinage à Rome cette année pourront « bénéficier de l’Indulgence jubilaire en visitant durant un temps suffisant […] les vieillards isolés accomplissant ainsi un pèlerinage auprès du Christ présent en eux (cf. Mt 25, 34-36) » (Pénitencerie Apostolique, Note sur L’indulgence Plénière, n. 3). Rendre visite à une personne âgée est une manière de rencontrer Jésus qui nous libère de l’indifférence et de la solitude.
En tant que personne âgée, on peut espérer
Le livre du Siracide affirme que la béatitude appartient à ceux qui n’ont pas perdu l’espérance (cf. 14, 2), laissant entendre que dans notre vie – surtout si elle est longue – il peut y avoir de nombreuses raisons de regarder en arrière plutôt que vers l’avenir. Pourtant, comme l’a écrit le Pape François lors de sa dernière hospitalisation, « nos corps sont faibles, mais rien ne nous empêche d’aimer, de prier, de donner de nous-mêmes, d’être les uns pour les autres, dans la foi, des signes lumineux d’espérance » (Angélus, 16 mars 2025). Nous avons une liberté qu’aucune difficulté ne peut nous enlever : celle d’aimer et de prier. Tous, toujours, nous pouvons aimer et prier.
Le bien que nous voulons pour nos proches – notre conjoint avec qui nous avons passé une grande partie de notre vie, nos enfants, nos petits-enfants qui égayent nos journées – ne s’éteint pas lorsque nos forces déclinent. Au contraire, c’est souvent leur affection qui réveille nos énergies, nous apportant espoir et réconfort.
Ces signes de vitalité de l’amour, qui ont leur racine en Dieu lui-même, nous donnent du courage et nous rappellent que « même si en nous l’homme extérieur va vers sa ruine, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour » (2 Co 4, 16). C’est pourquoi, surtout en tant que personnes âgées, persévérons avec confiance dans le Seigneur. Laissons-nous renouveler chaque jour par la rencontre avec Lui, dans la prière et dans la sainte messe. Transmettons avec amour la foi que nous avons vécue pendant tant d’années, dans notre famille et dans nos rencontres quotidiennes : louons toujours Dieu pour sa bienveillance, cultivons l’unité avec nos proches, ouvrons notre cœur à ceux qui sont plus éloignés et, en particulier, à ceux qui sont dans le besoin. Nous serons des signes d’espérance, à tout âge.
Du Vatican, le 26 juin 2025
LÉON PP. XIV
20 juillet 2025 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe célébrée dans la cathédrale d’Albano
(cf. Gn 18, 1-10).
Dieu rend visite à Abraham en la personne de “trois hommes” qui viennent à sa tente “à l’heure la plus chaude du jour” (cf. Gn 18, 1-2). Nous pouvons imaginer la scène : le soleil brûlant, le calme immobile du désert, la chaleur intense et les trois inconnus qui cherchent un abri. Abraham, assis “à l’entrée de la tente”, est dans la position de maître de maison, et il est très beau de voir comment il exerce son rôle : ayant reconnu la présence de Dieu dans les visiteurs, il se lève, court à leur rencontre, se prosterne jusqu’à terre, les prie de s’arrêter. Ainsi, toute la scène s’anime. L’immobilité de l’après-midi se remplit de gestes d’amour qui impliquent non seulement le Patriarche, mais aussi Sara, sa femme et les serviteurs. Abraham n’est plus assis, mais « il se tenait debout près d’eux, sous l’arbre » (Gn 18, 8), et là, Dieu lui annonce la plus belle nouvelle qu’il pouvait espérer : « Sara, ta femme, aura un fils » (Gn 18, 10).
La dynamique de cette rencontre peut nous faire réfléchir : Dieu choisit la voie de l’hospitalité pour rencontrer Sara et Abraham et leur donner l’annonce de leur fécondité, qu’ils désiraient tant et auquel ils ne croyaient plus. Après tant de moments de grâce où il leur avait déjà rendu visite, il revient frapper à leur porte, demandant accueil et confiance. Et les deux époux âgés répondent positivement, sans savoir encore ce qui va se passer. Ils reconnaissent dans ces visiteurs mystérieux sa bénédiction, sa présence même. Ils leur offrent ce qu’ils ont : la nourriture, la compagnie, le service, l’ombre d’un arbre. Ils reçoivent la promesse d’une vie nouvelle et d’une descendance.
27 juillet 2025 – Paroles du Pape Léon XIV au terme de la prière de l’Angelus
Aujourd’hui, nous célébrons la 5ème Journée Mondiale des Grands-parents et des Personnes âgées, dont le thème est : « Heureux celui qui n’a pas perdu l’espérance ». Regardons nos grands-parents et les personnes âgées comme des témoins d’espérance, capables d’éclairer le chemin des nouvelles générations. Ne les laissons pas seuls, mais nouons avec eux une alliance d’amour et de prière.
2 août 2025 – Discours du Pape Léon XIV lors de la Veillée de Prière pour le Jubilé des Jeunes. – 1ère partie
Chers jeunes, les relations humaines, nos relations avec les autres sont indispensables à chacun d’entre nous, à commencer par le fait que tous les hommes et toutes les femmes dans le monde naissent enfants de quelqu’un. Notre vie commence par un lien et c’est par les liens que nous grandissons. Dans ce processus, la culture joue un rôle fondamental : c’est le code avec lequel nous nous comprenons nous-mêmes et interprétons le monde. Comme un dictionnaire, chaque culture contient à la fois des mots nobles et des mots vulgaires, des valeurs et des erreurs qu’il faut apprendre à reconnaître. En recherchant passionnément la vérité, nous ne recevons pas seulement une culture, mais nous la transformons par nos choix de vie. La vérité, en effet, est un lien qui relie les mots aux choses, les noms aux visages. Le mensonge, en revanche, sépare ces aspects, générant confusion et malentendus.
Aujourd’hui, parmi les nombreuses connexions culturelles qui caractérisent notre vie, Internet et les réseaux sociaux sont devenus « une extraordinaire opportunité de dialogue, de rencontre et d’échange entre les personnes, et donnent accès à l’information et à la connaissance » (Pape François, Christus vivit, n. 87). Cependant, ces instruments s’avèrent ambigus lorsqu’ils sont dominés par des logiques commerciales et des intérêts qui brisent nos relations en mille morceaux. À cet égard, le Pape François rappelait que parfois les « mécanismes de la communication, de la publicité et des réseaux sociaux peuvent être utilisés pour faire de nous des êtres endormis, dépendants de la consommation » (Christus vivit, n. 105). Nos relations deviennent alors confuses, anxieuses ou instables. De plus, comme vous le savez, il existe aujourd’hui des algorithmes qui nous disent ce que nous devons voir, ce que nous devons penser et qui devraient être nos amis. Nos relations deviennent alors confuses, parfois angoissantes. Car l’homme qui se laisse dominer par l’instrument devient lui-même un instrument : oui, un instrument du marché et, à son tour, une marchandise. Seules des relations sincères et des liens stables permettent à des histoires de vie heureuses de s’épanouir.
Chers jeunes, tout personne désire naturellement cette vie bonne, comme les poumons aspirent à l’air, mais combien il est difficile de la trouver ! Comme il est difficile de trouver une authentique amitié. Il y a plusieurs siècles, saint Augustin a saisi le désir profond de notre cœur, qui est celui de tout cœur humain, même sans connaître le développement technologique actuel d’aujourd’hui. Lui aussi a connu une jeunesse tumultueuse, mais il ne s’est pas contenté de cela, il n’a pas réduit au silence le cri de son cœur. Augustin cherchait la vérité, la vérité qui ne déçoit pas, la beauté qui ne passe pas. Et comment l’a-t-il trouvée ? Comment a-t-il trouvé une amitié sincère, un amour capable de donner l’espérance ? En rencontrant celui qui le cherchait déjà, en rencontrant Jésus-Christ. Comment a-t-il construit son avenir ? En le suivant, Lui son ami de toujours. Selon ses propres mots : “Aucune amitié n’est fidèle si ce n’est en Christ. - Saint Augustin nous dit : “Il n’y a pas d’amitié authentique si elle n’est pas en Christ. Et la véritable amitié est toujours en Jésus-Christ, avec vérité, amour et respect” - Et ce n’est qu’en Lui qu’elle peut être heureuse et éternelle” (cf. Réfutation De deux lettres des Pélagiens, I, I, 1) ; « c’est l’aimer véritablement un ami, que d’aimer Dieu en lui » (Sermon 336, 2), nous dit Augustin. L’amitié avec le Christ, qui est à la base de la foi, n’est pas seulement une aide parmi tant d’autres pour construire l’avenir, elle est notre étoile polaire. Comme l’écrivait le bienheureux Pier Giorgio Frassati, « vivre sans foi, sans un patrimoine à défendre, sans lutter pour la Vérité, ce n’est pas vivre, c’est simplement exister » (cf. Lettres, 27 février 1925). Lorsque nos amitiés reflètent ce lien intense avec Jésus, elles deviennent assurément sincères, généreuses et authentiques.
Chers jeunes, aimez-vous les uns les autres ! Aimez-vous dans le Christ ! Sachez voir Jésus dans les autres. L’amitié peut vraiment changer le monde. L’amitié est un chemin vers la paix. L’amitié est le chemin vers la paix.
6 août 2025 – Paroles du Pape Léon XIV au terme de l’Audience Générales en différentes langues
Chers jeunes mariés, nous célébrons aujourd’hui la fête de la Transfiguration du Christ. Le visage lumineux du Seigneur soit pour vous motif d’Espérance et de réconfort.
10 août 2025 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière de l’Angelus
Une mère qui serre ses enfants dans ses bras : n'est-elle pas la personne la plus belle et la plus riche du monde ? Ou à deux fiancés, lorsqu'ils sont ensemble : ne se sentent-ils pas comme un roi et une reine ?
Dans la famille, dans la paroisse, à l'école et sur le lieu de travail, où que nous soyons, essayons de ne perdre aucune occasion d'aimer. C'est la vigilance que Jésus nous demande : nous habituer à être attentifs, prêts, sensibles les uns aux autres comme Il l'est pour nous à chaque instant.
13 août 2025 – Paroles du Pape Léon XIV, aux pèlerins italiens, au terme de l’Audience Générale
Chers jeunes époux, à l’approche de la Solennité de l’Assomption, je suis heureux de vous exhorter à vous adresser avec constance par la prière, à la Vierge Marie, suivant son exemple en accueillant de manière totale la vocation à l’amitié avec Dieu et à la sollicitude vers chaque personne.
17 août 2025 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe célébrée dans le sanctuaire marial Santa Maria della Rotonda (Albano) – extraits
Nous recherchons la paix mais nous avons entendu : « Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division » (Lc 12, 51). Et nous lui répondrions presque : “Comment cela, Seigneur ? Toi aussi ? Nous avons déjà trop de divisions. N'est-ce pas toi qui as dit lors de la dernière Cène : “Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ? ” “Oui - pourrait nous répondre le Seigneur - c'est moi. Mais souvenez-vous que ce soir-là, mon dernier soir, j'ai immédiatement ajouté au sujet de la paix : « ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé » (cf. Jn 14, 27)”.
Chers amis, le monde nous habitue à confondre la paix avec le confort, le bien avec la tranquillité. C'est pourquoi, afin que sa paix, le shalom de Dieu, vienne parmi nous, Jésus doit nous dire : « Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé ! » (Lc 12, 49). Peut-être que nos propres familles, comme l'annonce l'Évangile, et même nos amis, seront divisés à ce sujet. Et certains nous recommanderont de ne pas prendre de risques, de nous ménager, car il est important d'être tranquilles, et les autres ne méritent pas d'être aimés. Jésus, au contraire, s'est plongé courageusement dans notre humanité. C'est le “baptême” dont il parle (v. 50) : le baptême de la croix, une immersion totale aux risques que comporte l'amour. Et lorsque, selon l'expression, “ nous communions”, nous nous nourrissons de son don audacieux. La Messe nourrit cette décision. C'est la décision de ne plus vivre pour nous-mêmes, d'apporter le feu dans le monde. Non pas le feu des armes, ni celui des paroles qui réduisent les autres en cendres. Cela non. Mais le feu de l'amour, qui s'abaisse et sert, qui oppose à l'indifférence le soin et à l'arrogance la douceur ; le feu de la bonté, qui ne coûte pas comme les armes, mais qui renouvelle gratuitement le monde. Cela peut coûter l'incompréhension, la moquerie, voire la persécution, mais il n'y a pas de plus grande paix que d'avoir en soi sa flamme.
Ne laissons pas le Seigneur hors de nos églises, de nos maisons et de notre vie. Dans les pauvres, au contraire, laissons-le entrer et alors nous ferons aussi la paix avec notre pauvreté, celle que nous craignons et que nous refusons lorsque nous recherchons à tout prix la tranquillité et la sécurité.
17 août 2025 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière de l’Angelus
Aujourd'hui, l'Évangile nous présente un texte exigeant (cf. Lc 12, 49-53), dans lequel Jésus, avec des images fortes et une grande franchise, dit à ses disciples que sa mission, et aussi celle de ceux qui le suivent, n'est pas toute “rose”, mais qu'elle est signe de contradiction (cf. Lc 2, 34).
En disant cela, le Seigneur anticipe ce qu'il devra affronter lorsqu'il sera persécuté, arrêté, insulté, battu et crucifié à Jérusalem ; lorsque son message, bien qu'il parle d'amour et de justice, sera refusé ; lorsque les chefs du peuple réagiront avec férocité à sa prédication. D'ailleurs, beaucoup des communautés auxquelles l'évangéliste Luc adresse ses écrits font la même expérience. Elles sont, comme nous le disent les Actes des Apôtres, des communautés pacifiques qui, malgré leurs limites, cherchent à vivre au mieux le message de charité du Maître (cf. Ac 4, 32-33). Et pourtant, elles sont persécutées.
Tout cela nous rappelle que le bien ne trouve pas toujours une réponse positive autour de lui. Au contraire, parfois, précisément parce que sa beauté dérange ceux qui ne l'accueillent pas, ceux qui le pratiquent finissent par rencontrer de dures oppositions, jusqu'à subir des brimades et des abus. Agir dans la vérité coûte, parce que dans le monde il y a ceux qui choisissent le mensonge, et parce que le diable, profitant de cela, cherche souvent à entraver l'action des bons.
Jésus, cependant, nous invite, avec son aide, à ne pas abandonner et à ne pas nous conformer à cette mentalité, mais à continuer à agir pour notre bien et celui de tous, y compris de ceux qui nous font souffrir. Il nous invite à ne pas répondre à la violence par la vengeance, mais à rester fidèles à la vérité dans la charité. Les martyrs en témoignent en versant leur sang pour la foi, mais nous aussi, dans diverses circonstances et de différentes manières, nous pouvons les imiter.
Pensons, par exemple, au prix que doivent payer de bons parents qui veulent éduquer correctement leurs enfants selon des principes sains : tôt ou tard, ils devront savoir dire « non », corriger, et cela leur causera de la souffrance. Il en va de même pour un enseignant qui souhaite former correctement ses élèves, pour un professionnel, un religieux, un homme politique qui se proposent d'accomplir honnêtement leur mission, et pour quiconque s'efforce d'exercer avec cohérence, selon les enseignements de l'Évangile, ses propres responsabilités.
À propos de cela, saint Ignace d'Antioche, alors qu'il était en voyage vers Rome, où il allait subir le martyre, écrivait aux chrétiens de cette ville : « Je ne veux pas que vous soyez appréciés des hommes, mais de Dieu » (Lettre aux Romains, 2, 1), et il ajoutait : « Il est beau pour moi de mourir en Jésus-Christ plutôt que de régner jusqu'aux extrémités de la terre » (ibid., 6, 1).
Frères et sœurs, demandons ensemble à Marie, Reine des Martyrs, de nous aider à être, en toutes circonstances, des témoins fidèles et courageux de son Fils, et de soutenir nos frères et sœurs qui souffrent aujourd'hui pour la foi.
17 août 2025 – Paroles du Pape Léon XIV avant le déjeuner avec des pauvres, à Albano
La créature la plus belle est celle créée dans la ressemblance, à l’image de Dieu, c’est-à-dire nous tous. Et chacun de nous représente en ce sens cette image de Dieu et combien il est important de toujours nous rappeler que nous trouvons précisément cette présence de Dieu en chacun.
Demandons la bénédiction du Seigneur sur les dons que nous recevrons, sur tous ceux qui ont travaillé pour nous apporter ce repas, les dons que nous partageons
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Bénis-nous, Seigneur, ainsi que ces dons que nous recevons de Ta Providence. Aide-nous à vivre toujours unis dans Ton amour, toi qui vis et règnes pour les siècles des siècles. Amen.
Bon appétit à tous !
Au terme du repas, le Saint-Père a prononcé la prière suivante :
Seigneur, nous te rendons grâce pour les dons reçus de ta Providence. Aide-nous à vivre toujours la véritable charité, unis dans ton amour, nous aidant les uns les autres et en cherchant toujours ceux qui sont peut-être les plus éloignés de notre famille. Bénis-nous ainsi que nos familles.
20 août 2025 – Paroles du Pape Léon XIV au terme de l’Audience Générale
Ma pensée va vers vous, chers jeunes, malades et jeunes époux. Aujourd’hui nous célébrons la fête de Saint Bernard de Clairvaux, grand Docteur de l’Eglise et chantre éminent de la Sainte Vierge. C’est un homme qui a suscité autour de lui la paix, montrant comment vivre l’Evangile. Que son exemple vous guide sur cotre chemin de chaque jour.
23 août 2025 – Discours du Pape Léon XIV, à 4 Chapitres Généraux : Missionnaires Filles de la Sainte Famille de Nazareth ; Institut des Apôtres de la Sainte-Famille ; Sœurs de la Sainte Famille de Nazareth ; Sœurs de la Charité de Sainte-Marie
Saint Paul VI, lors de son voyage en Terre Sainte, parlant aux fidèles dans la Basilique de l’Annonciation, exprimait le souhait qu’en regardant Jésus, Marie et Joseph, on comprenne toujours plus l’importance de la famille : sa communion d’amour, sa beauté simple et austère, son caractère sacré et inviolable, sa pédagogie douce et sa fonction naturelle et irremplaçable dans la société (cf. Discours dans la Basilique de l’Annonciation à Nazareth, 5 janvier 1964).
Aujourd’hui encore, tout cela est vraiment nécessaire. La famille, de nos jours, a besoin d’être soutenue, promue, encouragée : par la prière, par l’exemple, et par une action sociale attentive, prête à secourir ses besoins. Votre témoignage charismatique et votre travail de consacrées peuvent beaucoup dans ce sens. Je vous invite donc à réfléchir à ce que vos Instituts ont accompli, au fil du temps, en faveur de nombreuses familles — enfants, mères, pères, personnes âgées, jeunes — et à renouveler votre engagement pour que, comme dit la liturgie, « les mêmes vertus et le même amour que la Sainte Famille » fleurissent dans nos maisons (cf. Missel romain, Messe pour la famille). Poursuivez les œuvres qui vous ont été confiées en « faisant famille » et en demeurant proches des personnes que vous assistez, par la prière, l’écoute, le conseil, l’aide, afin de cultiver et de répandre, dans les divers contextes où vous œuvrez, l’esprit de la maison de Nazareth.
23 Aout 2025 – Discours du Pape Léon XIV aux membres du « International Catholic Legislators Network
Pour trouver notre équilibre dans les circonstances actuelles — spécialement vous, en tant que législateurs et responsables politiques catholiques — je suggère de nous tourner vers le passé, vers l’éminente figure de saint Augustin d’Hippone. Voix importante de l’Eglise à la fin de l’époque romaine, il fut témoin d’immenses bouleversements et désagrégation sociale. En réponse, il écrivit La Cité de Dieu, une œuvre qui propose une vision d’espérance, une vision de sens qui nous parle encore aujourd’hui.
Ce Père de l’Eglise a enseigné que, dans l’histoire humaine, deux «cités» se mêlent: la cité de l’homme et la cité de Dieu. Elles symbolisent des réalités spirituelles — deux orientations du cœur humain et, par conséquent, de la civilisation humaine. La cité de l’homme, bâtie sur l’orgueil et l’amour de soi, se caractérise par la recherche du pouvoir, du prestige et du plaisir; la cité de Dieu, bâtie sur l’amour de Dieu jusqu’à l’altruisme, se caractérise par la justice, la charité et l’humilité. En ces termes, Augustin a encouragé les chrétiens à imprégner la société terrestre des valeurs du Royaume de Dieu, orientant ainsi l’histoire vers son accomplissement ultime en Dieu, en permettant toutefois également une authentique prospérité humaine dans cette vie. Une telle vision théologique peut offrir un point de référence face aux courants actuels changeants : l’émergence de nouveaux centres de gravité, l’instabilité d’anciennes alliances et l’influence sans précédent des multinationales et des technologies, sans parler des nombreux conflits violents. La question cruciale pour nous croyants est donc: comment accomplir ce devoir ?
Pour répondre à cette question, nous devons clarifier le sens de la prospérité humaine. Aujourd’hui, la vie prospère est souvent confondue avec une existence riche matériellement ou avec une vie d’autonomie individuelle sans restrictions et riche de plaisir. Le prétendu avenir idéal qui nous est présenté est souvent marqué par le confort technologique et la satisfaction du consommateur. Mais nous savons que cela ne suffit pas. Nous le voyons dans les sociétés riches, où de nombreuses personnes luttent contre la solitude, le désespoir et un sentiment de manque de sens.
La véritable prospérité humaine découle de ce que l’Eglise définit le développement humain intégral, c’est-à-dire la pleine croissance de la personne dans toutes ses dimensions : physique, sociale, culturelle, morale et spirituelle. Cette vision de la personne humaine est enracinée dans la loi naturelle, l’ordre moral que Dieu a inscrit au cœur de l’homme et dont les vérités profondes sont illuminées par l’Evangile du Christ. A ce propos, l’authentique prospérité humaine se manifeste lorsque les personnes vivent de façon vertueuse, dans des communautés saines, en jouissant non seulement de ce qu’elles possèdent, mais aussi de ce qu’elles sont comme enfants de Dieu. Elle assure la liberté de chercher la vérité, d’adorer Dieu et de fonder une famille dans la paix. Elle inclut également l’harmonie avec la création et un sens de solidarité à travers les classes sociales et les nations. En effet, le Seigneur est venu afin que nous «ayons la vie, et que nous l’ayons en abondance» (cf. Jn 10, 10).
L’avenir de la prospérité humaine dépend de cet «amour» que nous choisissons comme principe d’organisation de notre société: un amour égoïste, l’amour de soi, ou l’amour de Dieu et du prochain. Nous connaissons déjà naturellement la réponse. Dans votre vocation de législateurs et de responsables publics catholiques, vous êtes appelés à être des bâtisseurs de ponts entre la cité de Dieu et la cité de l’homme. Ce matin, je voudrais vous exhorter à continuer de travailler pour un monde où le pouvoir est contrôlé par la conscience et où la loi est au service de la dignité humaine. Je vous encourage en outre à rejeter la mentalité dangereuse et contreproductive selon laquelle rien ne changera jamais.
Je sais que les défis sont immenses, mais la grâce de Dieu qui agit dans les cœurs humains est plus puissante encore. Mon vénérable prédécesseur a souligné la nécessité de ce qu’il a appelé une «diplomatie de l’espérance» (Discours aux membres du Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège, 9 janvier 2025). J’ajouterais que nous avons aussi besoin d’une «politique de l’espérance» et d’une «économie de l’espérance», enracinées dans la conviction que, dès maintenant, par la grâce du Christ, nous pouvons refléter sa lumière dans la cité terrestre.
27 août 2025 – Paroles du Pape Léon XIV au terme de l’Audience Générale
Ma pensée va vers vous chers nouveaux époux. Regardez avec confiance inébranlable vers le Christ, lumière dans les difficultés, soutient dans les épreuves et guide en chaque moment de l’existence humaine
28 août 2025 – Discours du Pape Léon XIV à des élus et membres de la Société Civile du Val de Marne
Je suis heureux de vous accueillir dans votre démarche de foi : vous retournerez à vos engagements quotidiens fortifiés dans l’espérance, mieux affermis pour œuvrer à la construction d’un monde plus juste, plus humain, plus fraternel, qui ne peut être rien d’autre qu’un monde davantage imprégné de l’Évangile. Devant les dérives de toutes sortes que connaissent nos sociétés occidentales, nous ne pouvons pas mieux faire, en tant que chrétiens, que de nous tourner vers le Christ et demander son secours dans l’exercice de nos responsabilités.
C’est pourquoi votre démarche, plus qu’un simple enrichissement personnel, est d’une grande importance et d’une grande utilité pour les hommes et les femmes que vous servez. Et elle est d’autant plus méritoire qu’il n’est pas facile en France, pour un élu, en raison d’une laïcité parfois mal comprise, d’agir et de décider en cohérence avec sa foi dans l’exercice de responsabilités publiques.
Le salut que Jésus a obtenu par sa mort et sa résurrection englobe toutes les dimensions de la vie humaine telles que la culture, l’économie et le travail, la famille et le mariage, le respect de la dignité humaine et de la vie, la santé, en passant par la communication, l’éducation et la politique. Le christianisme ne peut se réduire à une simple dévotion privée, car il implique une manière de vivre en société empreinte d’amour de Dieu et du prochain qui, dans le Christ, n’est plus un ennemi mais un frère.
Votre région, lieu de vos engagements, est affrontée à de grandes questions de société comme la violence dans certains quartiers, l’insécurité, la précarité, les réseaux de drogue, le chômage, la disparition de la convivialité… Pour y faire face, le responsable chrétien est fort de la vertu de Charité qui l’habite depuis son baptême. Celle-ci est un don de Dieu, une « force capable de susciter de nouvelles voies pour affronter les problèmes du monde d’aujourd'hui et pour renouveler profondément de l’intérieur les structures, les organisations sociales, les normes juridiques. Dans cette perspective, la charité devient charité sociale et politique : elle nous fait aimer le bien commun et conduit à chercher efficacement le bien de tous » (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 207). Voilà pourquoi le responsable chrétien est mieux préparé pour affronter les défis du monde présent, dans la mesure, bien sûr, où il vit et témoigne de sa foi agissante en lui, de sa relation personnelle au Christ qui l’éclaire et lui donne cette force. Jésus l’a affirmé avec vigueur : « En dehors de moi vous ne pourrez rien faire ! » (Jn 15, 5) ; il ne faut donc pas s’étonner que la promotion de “valeurs”, pour évangéliques qu’elles soient, mais “vidées” du Christ qui en est l’auteur, soient impuissantes à changer le monde.
Alors, Monseigneur Blanchet me demandait des conseils à vous adresser. Le premier – et le seul – que je vous donnerai est celui de vous unir de plus en plus à Jésus, d’en vivre et d’en témoigner. Il n’y a pas de séparation dans la personnalité d’une personne publique : il n’y a pas d’un côté l’homme politique, de l’autre le chrétien. Mais il y a l’homme politique qui, sous le regard de Dieu et de sa conscience, vit chrétiennement ses engagements et ses responsabilités !
Vous êtes donc appelés à vous fortifier dans la foi, à approfondir la doctrine – en particulier la doctrine sociale – que Jésus a enseignée au monde, et à la mettre en œuvre dans l’exercice de vos charges et dans la rédaction des lois. Ses fondements sont foncièrement en accord avec la nature humaine, la loi naturelle que tous peuvent reconnaître, même les non chrétiens, même les non croyants. Il ne faut donc pas craindre de la proposer et de la défendre avec conviction : elle est une doctrine de salut qui vise le bien de tout être humain, l’édification de sociétés pacifiques, harmonieuses, prospères et réconciliées.
J’ai bien conscience que l’engagement ouvertement chrétien d’un responsable public n’est pas facile, particulièrement dans certaines sociétés occidentales où le Christ et son Église sont marginalisés, souvent ignorés, parfois ridiculisés. Je n’ignore pas non plus les pressions, les consignes de parti, les “colonisations idéologiques” – pour reprendre une heureuse expression du Pape François –, auxquelles les hommes politiques sont soumis. Il leur faut du courage : le courage de dire parfois “non, je ne peux pas !”, lorsque la vérité est en jeu. Là encore, seule l’union avec Jésus – Jésus crucifié ! – vous donnera ce courage de souffrir pour son nom. Il l’a dit à ses disciples :« Dans le monde, vous aurez à souffrir, mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).
3 septembre 2025 – Paroles du Pape au terme de l’Audience Générale, aux jeunes, malades et nouveaux époux.
Aujourd’hui nous célébrons la mémoire liturgique de Saint Grégoire le Grand. Son corps repose dans la Basilique Saint Pierre. Ce Pape est appelé « grand » pour son activité exceptionnelle de pasteur et de maître de la foi en des temps particulièrement difficiles pour la société et l’Eglise. Une grandeur dont il puisait la force dans la confiance au Christ. Je souhaite à chacun de vous de reconnaître dans Seigneur l’unique vraie force de l’existence.
10 septembre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et jeunes époux, au terme de l’Audience Générale
Je vous assure de ma prière pour chacun de vous. Pour vous, chers nouveaux époux, je demande au Seigneur le don d’une foi plus profonde.
17 septembre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, personnes malades et jeunes époux, au terme de l’Audience Générale
Soyez toujours fidèles à l’idéal de l’Evangile, en le réalisant dans vos activités quotidiennes
19 septembre 2025 – Discours du Pape Léon XIV aux participants à la rencontre promue par le Conseil Episcopal Latino-Américin (CELAM) l’Académie Pontificale pour la Vie et l’Institut Jean Paul II
Jubilé, dans l’Ancien Testament, évoque le retour: le retour à la terre, à la condition originaire d’hommes libres, aux origines de la justice et de la miséricorde de Dieu (cf. Lv 25). Aujourd’hui, nous devons lire ce retour comme un appel à retourner au centre de notre vie, à Dieu même, au Dieu de Jésus Christ. Le Jubilé nous invite aussi à penser à nos racines: à la foi reçue par nos parents, à la prière persévérante de nos grands-mères qui égrainaient le chapelet, à leur vie simple, humble et honnête qui, comme le levain, a soutenu de nombreuses familles et de communautés. En elles, nous avons appris que Jésus est la Vie, la Vérité et la Vie (cf. Jn 14, 6). En lui, nous trouvons notre joie: le jubilé de nous savoir à la maison, là où nous devons être.
Nous sommes conscients du fait que, de nos jours, il existe de véritables menaces à la dignité de la famille.
Il est fondamental de promouvoir la co-responsabilité et le caractère central des familles dans la vie sociale, politique et culturelle, en promouvant leur précieuse contribution à la communauté. Dans chaque fils, dans chaque épouse ou époux, Dieu nous confie à son Fils, à sa Mère, comme il le fit avec saint Joseph, pour être, à leurs côtés, base, levain et témoignage de l’amour de Dieu parmi les hommes. Pour être Eglise domestique et foyer où brûle le feu de l’Esprit Saint, il diffuse à tous sa chaleur et les invite à cette espérance.
Saint Paul VI, dans sa célèbre homélie à Nazareth, a exhorté à suivre l’exemple de la Saint Famille, accompagnant, soutenant l’autre dans le silence, dans le travail et dans la prière, afin que Dieu réalise en lui le projet d’amour qui lui est réservé. Tel est l’amour qui s’incarne dans chaque vie née à la foi du baptême et ointe «pour proclamer l’année de grâce» à tous, qui rencontrera Jésus dans l’Eucharistie et dans le sacrement du pardon, qui le suivra dans la mission en tant que prêtre chrétien et comme consacré, jusqu’à la rencontre définitive, jusqu’au but de notre espérance.
Que nos familles soient ce chant silencieux d’espérance, capable de diffuser avec leur vie la lumière du Christ, pour que la joie de parvienne jusqu’aux confins de la terre
24 septembre 2025 – Annonce du Pape Léon au terme lors de l’Audience Générale
Chers frères et sœurs, le mois d'octobre, désormais proche, est particulièrement dédié au Saint Rosaire dans l'Église. C'est pourquoi je vous invite tous, chaque jour du prochain mois, à prier le Rosaire pour la paix, personnellement, en famille et en communauté.
J'invite également tous ceux qui travaillent au Vatican à vivre cette prière dans la Basilique de Saint-Pierre, chaque jour, à 19 heures. En particulier, le samedi 11 octobre, à 18 heures, nous le ferons ensemble sur la Place Saint-Pierre, lors de la veillée du Jubilé de la Spiritualité Mariale, en commémorant également l'anniversaire de l'ouverture du Concile Vatican II.
27 septembre 2025 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Jubilaire.
Au début, Ambroise refuse, il va même jusqu’à fuir. Puis il comprend qu’il s’agit d’un appel de Dieu ; il se laisse alors baptiser et ordonner évêque. Et il devient chrétien en devenant évêque ! Voyez-vous quel grand don les petits ont fait à l’Eglise ? Aujourd’hui encore, c’est une grâce à demander : devenir chrétien en vivant l’appel reçu. Tu es maman, tu es papa ? Deviens chrétien comme maman et papa. Tu es entrepreneur, ouvrier, enseignant, prêtre, religieuse ? Deviens chrétien sur ton chemin. Le peuple a ce « flair » : il comprend si nous devenons chrétiens ou non. Et il peut nous corriger, il peut nous indiquer la direction de Jésus.
28 septembre 2025 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe du Jubilé des Catéchistes
Les premiers catéchistes sont nos parents, ceux qui nous ont parlé les premiers et nous ont appris à parler. Tout comme nous avons appris notre langue maternelle, de la même manière l’annonce de la foi ne peut être déléguée à d’autres, mais se fait là où nous vivons. Tout d’abord dans nos foyers, autour de la table : lorsqu’il y a une voix, un geste, un visage qui conduit au Christ, la famille fait l’expérience de la beauté de l’Évangile.
Nous avons tous été éduqués à croire grâce au témoignage de ceux qui ont cru avant nous. Enfants, adolescents, jeunes, puis adultes et même personnes âgées, les catéchistes nous accompagnent dans la foi en partageant un cheminement constant, comme vous l’avez fait ces jours-ci, à travers ce pèlerinage jubilaire. Cette dynamique concerne toute l’Église : en effet, tandis que le Peuple de Dieu engendre des hommes et des femmes à la foi, « la perception des réalités aussi bien que des paroles transmises s’accroît, soit par la contemplation et l’étude des croyants qui les méditent en leur cœur (cf. Lc 2, 19.51), soit par l’intelligence intérieure qu’ils éprouvent des réalités spirituelles, soit par la prédication de ceux qui, avec la succession épiscopale, ont reçu un charisme certain de vérité » (Const. dogm. Dei Verbum, n. 8). Dans cette communion, le Catéchisme est le “guide de voyage” qui nous préserve de l’individualisme et des discordes, parce qu’il atteste la foi de toute l’Église catholique. Chaque fidèle collabore à son œuvre pastorale en écoutant les questions, en partageant les épreuves, en servant le désir de justice et de vérité qui habite la conscience humaine.
1er octobre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale
Nous fêtons aujourd’hui Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, Docteur de l’Eglise et patronne des missions. Que son exemple encourage chacun de nous à suivre Jésus sur le chemin de la vie, en donnant partout un joyeux témoignage évangélique
1er octobre 2025 – Message du Pape Léon XIV à l’occasion du 10ème anniversaire de la canonisation de Louis et Zélie Martin
Je suis heureux de vous rejoindre par la pensée et la prière, ainsi que tout le clergé et le peuple fidèle réuni, alors que vous célébrez le 10ème anniversaire de la Canonisation de Louis et Zélie Martin, sur les lieux mêmes où ils se sont sanctifiés dans leur vie conjugale. Premier couple en tant que tel à avoir été canonisé, cet évènement revêt une particulière importance puisqu’il met en relief le mariage comme chemin de sainteté. Parmi les vocations auxquelles les hommes et les femmes sont appelés par Dieu, le mariage est des plus nobles et des plus élevées. « Louis et Zélie ont compris qu’ils pouvaient se sanctifier non pas malgré le mariage mais à travers, dans et par le mariage, et que leurs épousailles devaient être considérées comme le point de départ d’une montée à deux » (Card. Martins, Homélie de Béatification). Le Saint Couple d’Alençon est donc un lumineux et enthousiasmant modèle pour les âmes généreuses qui se sont engagées dans cette voie, ou qui ont le projet de le faire, avec le désir sincère de mener une vie belle et bonne sous le regard du Seigneur, dans la joie comme dans l’épreuve.
Je forme ainsi le vœu que cet anniversaire soit une occasion de faire mieux connaître la vie et les mérites de ces époux et parents incomparables, afin que les familles, si chères au cœur de Dieu mais aussi parfois si fragiles et éprouvées, puissent trouver auprès d’eux, en toutes circonstances, le soutien et les grâces nécessaires pour continuer la route.
Louis et Zélie n’ont pas mis en œuvre leur volonté de devenir des saints et d’éduquer leurs enfants à la sainteté en se retirant du monde. Ils ont assumé leur devoir d’état dans l’ordinaire de la vie de tous les jours ; ils font partie de cette foule immense des saints de la porte d’à côté dont a souvent parlé le Pape François. Il n’est pas difficile aux pèlerins se rendant à Alençon – qui en conserve l’émouvante mémoire – de saisir le cadre concret et quotidien dans lequel les parents Martin ont vécu, engagés qu’ils étaient dans la société normande de leur époque à travers leur paroisse, leurs activités professionnelles, leurs œuvres caritatives, leurs cercles de relations amicales et, bien sûr, leur vie en famille. Cependant il ne faut pas s’y tromper : cette vie “ordinaire” en apparence était habitée d’une présence pour le moins “extraordinaire” de Dieu qui en était le centre absolu. “Dieu premier servi” est la devise sur laquelle ils ont bâti toute leur existence.
Voici donc le modèle de couple que la Sainte Église présente aux jeunes qui souhaitent – peut-être avec hésitation – se lancer dans une si belle aventure : modèle de fidélité et d’attention à l’autre, modèle de ferveur et de persévérance dans la foi, d’éducation chrétienne des enfants, de générosité dans l’exercice de la charité et de justice sociale ; modèle aussi de confiance dans l’épreuve… Mais surtout, ce couple exemplaire témoigne du bonheur ineffable et de la joie profonde que Dieu accorde, dès ici-bas et pour l’éternité, à ceux qui s’engagent sur ce chemin de fidélité et de fécondité. En ces temps troublés et désorientés, où tant de contre-modèles d’unions, souvent passagères, individualistes et égoïstes, aux fruits amers et décevants, sont présentés aux jeunes, la famille telle que le Créateur l’a voulue pourrait sembler périmée et ennuyeuse. Louis et Zélie Martin témoignent qu’il n’en est rien : ils ont été heureux – profondément heureux ! – en donnant la vie, en rayonnant et transmettant la foi, en voyant leurs filles grandir et s’épanouir sous le regard du Seigneur. Quel bonheur que celui de se réunir le dimanche après la messe, autour de la table où Jésus est le premier invité et partage les joies, les peines, les projets et les espérances de chacun ! Quel bonheur que celui de ces moments de prières en commun, de ces jours de fête, de ces événements familiaux qui marquent le temps ! Mais aussi quel réconfort d’être ensemble dans l’épreuve, unis à la Croix du Christ lorsqu’elle se présente ; et enfin quelle espérance de se retrouver un jour réunis dans la gloire du ciel !
Chers couples, je vous invite à persévérer courageusement sur la voie, parfois difficile et laborieuse, mais lumineuse, que vous avez entreprise. Avant tout, mettez Jésus au centre de vos familles, de vos activités et de vos choix. Faites découvrir à vos enfants son amour et sa tendresse sans limites, et efforcez-vous de Le faire aimer en retour comme Il le mérite : voilà la grande leçon que Louis et Zélie nous donnent pour aujourd’hui, et dont l’Église et le monde ont tellement besoin. Comment Thérèse aurait-elle pu tant aimer Jésus et Marie – et ensuite nous transmettre une si belle doctrine – si elle ne l’avait appris de ses saints parents dès son plus jeune âge ?
Je vous confie toutes, chères familles, à la protection de Louis et Zélie Martin et de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. Implorant pour vous l’intercession de la Vierge Marie, je vous accorde, de grand cœur, ainsi qu’à vous, Excellence, et à toutes les personnes présentes, la Bénédiction Apostolique.
Du Vatican, le 1er octobre 2025,
mémoire de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face
3 octobre 2025 – Discours du Pape Léon XIV au IIème Congrès International de la Pastorale des Personnes âgées.
Le thème du congrès — « Vos anciens auront des songes ! » (Jl 3, 1) — rappelle les paroles du prophète Joël si chères au Pape François, qui a souvent parlé de la nécessité d’une alliance entre les jeunes et les personnes âgées, inspirée par les «rêves» de ceux qui ont vécu longtemps et fécondée par les «visions» de ceux qui commencent la grande aventure de la vie [1]. Dans le passage cité, le prophète annonce l’effusion universelle de l’Esprit Saint, qui crée une unité entre les générations et distribue à chacun des dons différents.
A notre époque, malheureusement, les relations entre les générations sont souvent marquées par des fractures et des oppositions, qui opposent les uns aux autres. Par exemple, il est reproché aux personnes âgées de ne pas laisser de place aux jeunes dans le monde du travail, ou alors d’absorber trop de ressources économiques et sociales aux dépens des autres générations, comme si la longévité était une faute.
Il s’agit de façons de penser qui révèlent des visions très pessimistes et conflictuelles de l’existence. Les personnes âgées sont un don, une bénédiction à accueillir, et l’allongement de la vie est une chose positive, c’est même l’un des signes d’espérance de notre époque, partout dans le monde. Il s’agit certainement d’un défi, car le nombre croissant de personnes âgées est un phénomène historique inédit, qui nous appelle à un nouvel exercice de discernement et de compréhension.
La vieillesse est avant tout un rappel bénéfique à la dynamique universelle de la vie. La mentalité qui prévaut aujourd’hui tend à donner une valeur à l’existence si elle produit de la richesse ou du succès, si elle exerce du pouvoir ou de l’autorité, en oubliant que l’être humain est une créature toujours limitée et nécessiteuse. La fragilité qui apparaît chez les personnes âgées nous rappelle cette évidence commune : c’est pourquoi elle est cachée ou éloignée de ceux qui cultivent des illusions mondaines, pour ne pas avoir devant les yeux l’image de ce que nous serons, inévitablement. Il est au contraire salutaire de se rendre compte que le vieillissement fait « partie de la merveille que nous sommes » [2]. Cette fragilité, «si nous avons le courage de la reconnaître », de l’embrasser et d’en prendre soin, est « un pont vers le ciel » [3]. Au lieu d’avoir honte de la faiblesse humaine, nous serons amenés en effet à demander de l’aide à nos frères et à Dieu, qui veille comme Père sur toutes les créatures. Les personnes âgées nous enseignent que le «salut ne réside pas dans l’autonomie, mais consiste à reconnaître humblement son propre besoin et à savoir l’exprimer librement», si bien que «la mesure de notre humanité n’est pas donnée par ce que nous pouvons conquérir, mais par notre capacité à nous laisser aimer et, quand cela est nécessaire, aussi aider» [4].
Aussi étrange que cela puisse paraître, la vieillesse devient malheureusement toujours plus souvent quelque chose qui arrive soudainement et qui nous prend au dépourvu. En puisant dans les Ecritures, dans la sagesse des Pères et dans l’expérience des saints, l’Eglise est appelée à offrir des moments et des instruments pour la déchiffrer, afin de la vivre de façon chrétienne, sans prétendre rester toujours jeunes, sans se laisser gagner par le découragement. Dans ce sens, les catéchèses que le Pape François a consacrées à ce thème en 2022, développant une véritable spiritualité des personnes âgées, sont précieuses : on peut s’en servir pour réaliser un travail pastoral utile.
De nos jours, de nombreuses personnes, une fois leur carrière professionnelle terminée, ont la possibilité de vivre une période toujours plus longue de bonne santé, de bien-être économique et de temps libre accru. On les appelle « les jeunes du troisième âge »: ce sont souvent eux qui témoignent d’une fréquence assidue à la liturgie et qui conduisent des activités paroissiales, comme le catéchisme et différentes formes de service pastoral. Il est important de définir pour eux un langage et des propositions adéquats, en les impliquant non pas comme des destinataires passifs de l’évangélisation, mais comme des sujets actifs, et pour répondre ensemble, et non à leur place, aux questions que la vie et l’Evangile nous posent.
Les situations que l’on peut rencontrer sont variées : certaines personnes reçoivent à un âge avancé la première annonce de la foi ; d’autres ont fait l’expérience de Dieu et de l’Eglise dans leur jeunesse mais s’en sont par la suite éloignées ; d’autres encore ont persévéré dans la vie chrétienne. Pour tous, la pastorale des personnes âgées doit être évangélisatrice et missionnaire, car l’Eglise est toujours appelée à annoncer Jésus, le Christ sauveur, à chaque homme et chaque femme, à tout âge et toute période de la vie.
Là où les personnes âgées sont seules et rejetées, cela signifiera leur apporter l’annonce joyeuse de la tendresse du Seigneur, pour vaincre, avec elles, les ténèbres de la solitude, grand ennemi de la vie des personnes âgées. Que personne ne soit abandonné ! Que personne ne se sente inutile ! Même une simple prière, récitée avec foi à la maison, contribue au bien du Peuple de Dieu et nous unit dans la communion spirituelle. Ce devoir missionnaire nous interpelle tous, nos paroisses et en particulier les jeunes, qui peuvent devenir des témoins de proximité et d’écoute, d’écoute réciproque avec ceux qui sont plus âgés.
Dans d’autres cas, l’évangélisation missionnaire aidera les personnes âgées à rencontrer le Seigneur et sa Parole. En effet, avec l’âge, la question du sens de la vie refait surface chez beaucoup, créant l’occasion de rechercher une relation authentique avec Dieu et d’approfondir leur vocation à la sainteté.
Rappelons-nous toujours que l’annonce de l’Evangile est l’engagement premier de notre pastorale : en impliquant les personnes âgées dans cette dynamique missionnaire, elles aussi seront des témoins d’espérance, notamment par leur sagesse, leur dévouement et leur expérience. Je prie pour cela, en invoquant l’intercession maternelle de la Vierge Marie, et je vous accompagne de ma bénédiction. Merci !
________________
[1] Cf. François , La saggezza del tempo, Rome 2018, 9.
[2]Homélie lors de la Messe pour le Jubilé des jeunes (3 août 2025)
[3]Catéchèse sur Jésus-Christ notre espérance. III. La Pâque de Jésus. 5. La crucifixion. «J’ai soif» (Jn 19, 28) (3 septembre 2025).
[4]Ibid.
4 octobre 2025 – Paroles du Pale Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale
Aujourd’hui, nous célébrons la fête de Saint François d’Assise. Pour vous, jeunes, qu’il soit un modèle de vie évangélique. Pour vous, malades, un exemple d’amour de la Croix de Jésus. Pour vous, jeunes mariés, une invitation à avoir toujours confiance dans la Providence Divine
7 octobre 2025 – Message du Pape Léon XIV pour la 40ème Journée Mondiale de la Jeunesse, solennité du Christ Roi, le 23 novembre 2025
DEUXIEME PARTIE
Témoins, donc missionnaires
Ainsi, vous, les jeunes, avec l’aide du Saint-Esprit, vous pouvez devenir des missionnaires du Christ dans le monde. Beaucoup de vos pairs sont exposés à la violence, contraints d’utiliser des armes, obligés de se séparer de leurs proches, de migrer et de fuir. Beaucoup manquent d’instruction et d’autres biens essentiels. Tous partagent avec vous la recherche de sens et l’insécurité qui l’accompagne, le malaise face aux pressions sociales ou professionnelles croissantes, la difficulté à faire face aux crises familiales, le sentiment douloureux du manque d’opportunités, le remords pour les erreurs commises. Vous pouvez vous-mêmes vous mettre aux côtés d’autres jeunes, marcher avec eux et leur montrer que Dieu, en Jésus, s’est fait proche de chaque personne.
7 octobre 2025 – Discours du Pape Léon XIV à des pèlerins croates
N’oubliez pas que la foi grandit et se renforce lorsqu’elle est partagée : c’est pourquoi je vous invite à transmettre avec joie à vos enfants et aux nouvelles générations les valeurs chrétiennes qui ont façonné votre longue histoire et votre culture.
8 octobre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, à l’issue de l’Audience Générale
Je vous invite tous à vous tourner vers Notre-Dame, invoquée en ce mois du Rosaire comme Reine du Saint Rosaire. Regardez vers Elle et soyez prêts à correspondre au dessein d’Amour que Dieu a pour chacun de vous.
Le 18 octobre 2025 – Discours du Pape aux 130 membres du conseil italien anti-usure, organisation luttant contre ces dérives financières depuis 1991,
Le phénomène de l’usure renvoie à la question de la corruption du cœur humain. C’est une histoire ancienne et douloureuse, déjà attestée dans la Bible. Les prophètes ont en effet dénoncé l’usure, ainsi que l’exploitation et toute forme d’injustice envers les pauvres. Le prophète Isaïe, au nom du Seigneur, pose cette question : « N’est-ce pas plutôt ceci, le jeûne que je veux : faire tomber les chaînes injustes, délier les liens du joug, renvoyer libres les opprimés et briser toute espèce de joug ? » (Is 58,6). Comme est éloignée de Dieu l’attitude de celui qui écrase les autres jusqu’à les réduire en esclavage ! Il s’agit d’un péché grave, parfois très grave, car il ne se réduit pas à une simple question de comptabilité ; l’usure peut détruire des familles, miner le corps et l’esprit au point d’amener certains à penser que le suicide est la seule issue possible.
La dynamique négative de l’usure se manifeste à plusieurs niveaux. Il existe une forme d’usure qui, en apparence, semble vouloir aider ceux qui traversent des difficultés économiques, mais qui se révèle bien vite pour ce qu’elle est : un fardeau qui étouffe. Les premières victimes en sont les plus fragiles, comme ceux qui sont pris dans la dépendance du jeu. Mais elle touche aussi ceux qui doivent affronter des épreuves graves, comme des soins médicaux coûteux ou des dépenses imprévues dépassant leurs capacités et celles de leur famille. Ce qui se présente d’abord comme une aide devient, à long terme, un supplice.
Et cela se produit aussi à l’échelle des nations. Malheureusement, des systèmes financiers usuraires peuvent mettre à genoux des peuples entiers. Il ne faut pas non plus oublier « ceux qui, dans les échanges commerciaux, utilisent des pratiques usuraires et mercantiles provoquant la faim et la mort de leurs frères en humanité » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2269). Leurs responsabilités sont graves, car elles nourrissent des structures de péché profondément injustes.
« La question qui revient toujours est la même : les moins favorisés ne sont-ils pas des êtres humains ? Les faibles n’ont-ils pas la même dignité que nous ? Ceux qui sont nés avec moins de moyens valent-ils moins comme personnes ? Doivent-ils seulement se contenter de survivre ? De la réponse que nous donnons à ces questions dépend la valeur de nos sociétés, et d’elle dépend aussi notre avenir. Ou bien nous retrouvons notre dignité morale et spirituelle, ou bien nous tombons comme dans un puits de souillure » (Exhortation apostolique Dilexi te, n° 95).
C’est pourquoi votre action est si précieuse : vous œuvrez pour décourager l’usure et pour mettre fin à cette pratique. Votre travail est particulièrement en harmonie avec l’esprit et la pratique du Jubilé, et il peut être compté parmi les signes d’espérance qui caractérisent cette Année Sainte.
En pensant aux racines évangéliques de votre mission, je voudrais vous inviter à méditer sur l’attitude de Jésus envers Zachée, le chef des publicains de Jéricho (cf. Lc 19,1-10). Il était habitué aux abus, aux injustices et aux violences. Il lui semblait normal, à lui et à ceux de son milieu, de profiter de leur position pour exploiter les autres et s’enrichir aux dépens des plus faibles. Et voici que Jésus cherche précisément cet homme, Zachée : il l’appelle et lui dit qu’il veut venir demeurer chez lui. Alors, l’impensable se produit : la gratuité de Jésus bouleverse complètement cet homme et le met face à lui-même. Revenant à la vérité de son cœur, Zachée comprend sa faute et décide de réparer, et même « avec les intérêts » ! « Voici, Seigneur, je donne la moitié de mes biens aux pauvres, et si j’ai fait tort à quelqu’un, je lui rends le quadruple » (Lc 19,8 ). Personne ne lui demandait autant, pas même la Loi mosaïque. Mais le fait est que la rencontre avec le Christ a transformé son cœur — et alors tout change.
Seule la gratuité possède une telle force de transformation, capable de nous révéler à nous-mêmes le sens véritable de notre humanité. Quand la recherche du profit devient prioritaire, les autres cessent d’être des personnes : ils n’ont plus de visage, ils deviennent des objets à exploiter ; et ainsi, on finit par se perdre soi-même, jusqu’à perdre son âme. La conversion de ceux qui pratiquent l’usure est donc aussi importante que la proximité envers ceux qui en sont victimes.
Très chers frères et sœurs, je vous encourage à poursuivre votre mission, d’autant plus précieuse qu’elle s’exprime comme un engagement communautaire, soutenu par les pasteurs de l’Église. Je prie pour vous, en vous confiant à l’intercession de saint Matthieu Apôtre, et de tout cœur je vous bénis.
22 octobre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux malades, jeunes époux et jeunes, au terme de l’Audience Générale
Avec le potentiel de la vie conjugale, et avec les fraiches énergies de la jeunesse, sachez être missionnaires de l’Evangile, en offrant votre soutien concret à ceux qui consacrent leur existence à l’évangélisation des peuples.
24 octobre 2025 – Discours du Pape Léon XIV aux Jésuites
Beaucoup aujourd’hui souffrent d’un système économique fondé sur le profit plutôt que sur la personne. Dans mon exhortation Dilexi Te, j’ai dénoncé la « dictature d’une économie qui tue », où la richesse de quelques-uns croît de manière exponentielle tandis que la majorité est laissée pour compte (§92). Ce déséquilibre mondial pousse d’innombrables personnes à migrer pour survivre, quittant maison, culture et famille, souvent au prix du rejet et de l’hostilité. Le vrai disciple doit à la fois dénoncer l’injustice et proposer de nouveaux modèles fondés sur la solidarité et le bien commun.
Mon souhait pour la Compagnie de Jésus est que vous lisiez les signes des temps avec profondeur spirituelle, que vous accueilliez ce qui élève la dignité humaine et rejetiez ce qui la diminue.
Dans les divers contextes sociaux, économiques et culturels, les défis diffèrent, mais partout et toujours, nous sommes appelés à soutenir, défendre et promouvoir la famille, d’abord par un style de vie cohérent avec l’Évangile. Ses fragilités et sa valeur, considérées à la lumière de la foi et de la droite raison, nourrissent vos recherches, menées pour le bien des fiancés qui deviennent époux, des époux qui deviennent parents, et de leurs enfants, promesse pour tous d’une humanité renouvelée par l’amour.
La vocation de votre Institut, né de la vision prophétique de saint Jean-Paul II à la suite du Synode de 1980 sur la famille, apparaît ainsi plus claire encore : constituer un seul corps académique réparti sur plusieurs continents, afin de répondre aux besoins de formation au plus près des couples et des familles. De cette manière, peuvent se développer des dynamiques pastorales adaptées aux réalités locales, inspirées par la tradition vivante de l’Église et sa doctrine sociale.
En participant à la mission et au chemin de toute l’Église, votre Institut contribue à l’intelligence du magistère pontifical et au renouvellement du dialogue entre vie familiale, monde du travail et justice sociale. Il aborde des questions d’actualité pressante : la paix, le soin de la vie et de la santé, le développement humain intégral, l’emploi des jeunes, la durabilité économique, l’égalité entre hommes et femmes — autant de facteurs qui influencent le choix de se marier et d’engendrer des enfants.
Votre mission spécifique concerne la recherche et le témoignage commun de la vérité. En accomplissant cette tâche, la théologie doit dialoguer avec les diverses disciplines qui étudient le mariage et la famille, non en se contentant d’en parler, mais en vivant cette vérité dans la grâce de l’Esprit Saint et à l’exemple du Christ, qui nous a révélé le Père par ses actes et ses paroles.
L’annonce de l’Évangile, qui transforme la vie et la société, nous engage à promouvoir des actions coordonnées en faveur de la famille. La qualité de la vie sociale et politique d’un pays se mesure particulièrement à la manière dont elle permet aux familles de bien vivre, de disposer de temps pour elles-mêmes, et de cultiver les liens qui les unissent. Dans une société qui exalte souvent la productivité et la vitesse au détriment des relations, il devient urgent de rendre du temps et de l’espace à l’amour que l’on apprend en famille, là où s’entrelacent les premières expériences de confiance, de don et de pardon, qui constituent le tissu de la vie sociale.
Je me souviens avec émotion des paroles de mon prédécesseur, le pape François, lorsqu’il s’adressa avec tendresse aux femmes enceintes, les invitant à garder la joie d’accueillir une nouvelle vie (cf. Amoris laetitia, 171). Ces paroles expriment une vérité simple et profonde : la vie humaine est un don, toujours à accueillir avec respect, soin et gratitude. C’est pourquoi, face à tant de mères vivant leur grossesse dans la solitude ou la précarité, je rappelle que la communauté civile et la communauté ecclésiale doivent s’engager constamment à redonner à la maternité sa pleine dignité.
Cela exige des initiatives concrètes :
– des politiques garantissant des conditions de vie et de travail justes ;
– des programmes de formation et de culture reconnaissant la beauté d’engendrer ensemble ;
– une pastorale accompagnant femmes et hommes avec proximité et écoute.
Ainsi protégées, la maternité et la paternité ne sont pas des poids pour la société, mais une espérance qui la fortifie et la renouvelle.
Chers professeurs et étudiants, votre contribution au développement de la doctrine sociale sur la famille correspond à la mission confiée à votre Institut par le pape François dans la lettre Summa familiae cura, où il écrivait :
« La centralité de la famille dans les parcours de conversion pastorale de nos communautés et dans la transformation missionnaire de l’Église exige que — même dans la formation académique — la réflexion sur le mariage et la famille ne perde jamais de vue la perspective pastorale et l’attention aux blessures de l’humanité. »
Ces dernières années, votre Institut a suivi les orientations de la Constitution apostolique Veritatis gaudium, pour une théologie qui cultive une pensée ouverte et dialogale, une culture de la rencontre entre toutes les véritables cultures vivantes, dans l’échange réciproque des dons à la lumière de l’amour de Dieu pour toutes ses créatures (n. 4b). C’est pourquoi vous cherchez à exercer, à la lumière de la Révélation, une méthode interdisciplinaire et transdisciplinaire (cf. ibid., 4c). Cette perspective a enrichi votre solide base philosophique et théologique, permettant d’explorer de nouveaux domaines de recherche.
Parmi eux, j’évoque particulièrement l’approfondissement du lien entre la famille et la doctrine sociale de l’Église. Ce travail pourrait suivre deux directions complémentaires :
– insérer l’étude de la famille comme chapitre essentiel du patrimoine de sagesse que l’Église offre sur la vie sociale ;
– enrichir ce patrimoine des expériences et dynamiques familiales pour mieux comprendre les principes mêmes de l’enseignement social de l’Église.
Une telle approche permet de développer l’intuition, rappelée par le Concile Vatican II et réaffirmée par mes prédécesseurs, selon laquelle la famille est la première cellule de la société, école originelle et fondamentale d’humanité.
Sur le plan pastoral, nous ne pouvons ignorer la tendance, dans bien des régions du monde, à dévaluer ou refuser le mariage. Je vous invite à être attentifs, dans votre réflexion sur la préparation au sacrement du mariage, à l’action de la grâce de Dieu dans le cœur de chaque homme et de chaque femme. Même lorsque les jeunes font des choix qui ne correspondent pas à la voie proposée par l’Église selon l’enseignement de Jésus, le Seigneur continue de frapper à la porte de leur cœur, les préparant à recevoir un nouvel appel intérieur.
Si votre recherche théologique et pastorale s’enracine dans le dialogue orant avec le Seigneur, vous trouverez le courage d’inventer de nouvelles paroles capables de toucher profondément la conscience des jeunes. Car notre époque, marquée par des tensions et des idéologies qui troublent les cœurs, est aussi animée d’une quête croissante de spiritualité, de vérité et de justice, surtout parmi les jeunes. Accueillir et accompagner ce désir est pour nous tous une tâche belle et urgente.
Je vous encourage enfin à poursuivre le chemin synodal comme partie intégrante de votre formation. Dans une université internationale, l’écoute réciproque est essentielle pour discerner comment grandir ensemble au service du mariage et de la famille. Puisez toujours « à la vocation baptismale, en centrant la relation sur le Christ et l’accueil des frères, à commencer par les plus pauvres » (Discours à la Diocèse de Rome, 19 septembre 2025). Ainsi, vous ferez comme dans toute bonne famille, apprenant de la réalité même que vous désirez servir.
Comme l’affirme le Document final de la dernière Assemblée du Synode des évêques :
« Les familles représentent un lieu privilégié pour apprendre et expérimenter les pratiques essentielles d’une Église synodale. Malgré les fractures et les souffrances qu’elles connaissent, elles demeurent des lieux où l’on apprend à s’échanger le don de l’amour, de la confiance, du pardon, de la réconciliation et de la compréhension » (n. 35).
Il y a là beaucoup à apprendre : la transmission de la foi, l’écoute et la prière quotidiennes, l’éducation à l’amour et à la paix, la fraternité avec le migrant et l’étranger, le soin de la planète. Dans toutes ces dimensions, la vie familiale précède notre étude et l’instruit, notamment à travers des témoignages de dévouement et de sainteté.
Chers étudiants, chers professeurs, commencez donc avec espérance cette nouvelle année académique, certains que le Seigneur Jésus vous soutient toujours par la grâce de son Esprit de vérité et de vie.
Je vous accorde de tout cœur la bénédiction apostolique.
25 octobre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, aux malades et aux nouveaux époux, au terme de l’Audience Jubilaire
Puisse l’expérience jubilaire de ce jour être un encouragement efficace de charité, de justice et de paix, de manière à contribuer au renouvellement en Jésus de chaque lieu de vie
Que l’exemple des Saints Apôtres Simon et Jude, vous aide chers nouveaux époux, à faire de votre famille le lieu de la rencontre avec l’Amour de Dieu et des frères.
5 novembre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux malades, jeunes et jeunes époux, au terme de l’Audience Générale
La récente fête de la Toussaint me suggère une réflexion sur la commune vocation à la sainteté. Tous, nous sommes appelés à être des saints. Je vous invite donc à adhérer toujours plus au Christ, suivant les critères de l’authenticité dont les saints nous ont donné l’exemple.
8 novembre 2025 - Message vidéo Pape Léon XIV, aux jeunes rassemblés devant la cathédrale de Košice
Jésus vous appelle à être des témoins de la communion, des bâtisseurs de ponts et des semeurs de confiance dans un monde souvent marqué par la division et la méfiance.
N’ayez donc pas peur de montrer que vous êtes chrétiens, de vivre l’Évangile avec enthousiasme et de partager la joie qui jaillit de la rencontre avec le Seigneur.
Souvenez-vous toujours de ces paroles et ayez le courage d’en transmettre le sens à d’autres :
« Dans chaque situation de notre vie, nous ferons l’expérience que nous ne sommes jamais seuls, car en tant qu’enfants, nous sommes toujours aimés, pardonnés et encouragés par Dieu. » (Message de Sa Sainteté le Pape Léon XIV pour la 40ᵉ Journée mondiale de la jeunesse)
C’est en effet cette certitude qui vous rend libres, vous élève au-dessus de l’indifférence et vous pousse à aimer d’un cœur ouvert et généreux.
Soyez des témoins de cette joie ! Apportez la lumière du Christ dans vos familles, vos écoles, vos universités, vos lieux de travail et vos communautés.
Ainsi, le visage jeune de l’Église continuera de rayonner au cœur de l’Europe centrale, où la foi de vos ancêtres demeure aujourd’hui encore une source de vie nouvelle.
Avec affection, je vous accorde ma bénédiction apostolique et je confie chacun de vous à la protection de la Vierge Marie, Mère de l’Église et Reine de la paix.
Et que la bénédiction de Dieu tout-puissant, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, descende sur vous et y demeure toujours.
16 novembre 2025 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe du Jubilé des Pauvres
Combien de pauvretés oppriment notre monde ! Il s’agit avant tout de pauvretés matérielles, mais il existe également de nombreuses situations morales et spirituelles, qui souvent touchent surtout les plus jeunes. Et le drame qui les traverse toutes de manière transversale est la solitude. Celle-ci nous met au défi de considérer la pauvreté de manière globale, car il est certes parfois nécessaire de répondre à des besoins urgents mais, plus généralement, nous devons développer une culture de l’attention, précisément pour briser le mur de la solitude. C’est pourquoi nous voulons être attentifs à l’autre, à chacun, là où nous sommes, là où nous vivons, en transmettant cette attitude déjà de la famille, pour la vivre concrètement sur les lieux de travail et d’étude, dans les différentes communautés, dans le monde numérique, partout, jusqu’aux périphéries, en devenant témoins de la tendresse de Dieu.
21 novembre 2025 – Discours du Pape Léon XIV à la Rote Romaine
Je vous adresse à chacun mon salut cordial. Je remercie le Doyen de la Rote romaine et tous ceux qui ont collaboré à ces journées d’étude et de réflexion destinées à diffuser une solide culture juridique au sein de l’Église. Je me réjouis de votre présence nombreuse et qualifiée, signe de la générosité avec laquelle tout bon opérateur du droit de l’Église se met au service du bien des âmes.
Le fil conducteur qui nous accompagne aujourd’hui est le dixième anniversaire de la réforme du procès de nullité matrimoniale, menée par le pape François. Dans son dernier discours à la Rote, le 31 janvier dernier, il a exposé les intentions et les principales nouveautés de cette réforme. En renvoyant à ses paroles, je voudrais, à l’occasion de votre cours, vous proposer quelques réflexions inspirées par son titre : « Dix ans après la réforme du procès matrimonial canonique. Dimension ecclésiologique, juridique et pastorale ».
Il me semble utile d’examiner la relation entre ces trois approches. Cette relation est souvent oubliée, tant on tend à concevoir la théologie, le droit et la pastorale comme des compartiments séparés. Il est même fréquent qu’on les oppose implicitement, comme si « plus théologique ou plus pastoral » signifiait « moins juridique », et inversement « plus juridique » impliquait une perte des deux autres dimensions. Ainsi se trouve obscurcie l’harmonie qui apparaît pourtant lorsque ces trois dimensions sont perçues comme parties d’une même réalité.
La faible perception de cet enchevêtrement provient principalement d’une compréhension réductrice de la réalité juridique des procès de nullité matrimoniale, considérée comme un domaine purement technique, réservé aux spécialistes, ou comme un moyen visant seulement à obtenir l’état libre des personnes. Il s’agit d’une vision superficielle, qui ignore à la fois les présupposés ecclésiologiques de ces procès et leur portée pastorale.
Parmi ces présupposés ecclésiologiques, je voudrais en rappeler deux en particulier : d’abord la sacra potestas exercée dans les procès judiciaires ecclésiaux au service de la vérité ; ensuite l’objet même du procès en déclaration de nullité matrimoniale, c’est-à-dire le mystère de l’alliance conjugale.
La fonction judiciaire, comme modalité d’exercice de la potesté de gouvernement ou juridiction, appartient pleinement à la réalité globale de la sacra potestas des pasteurs dans l’Église. Le concile Vatican II conçoit cette réalité comme un service. On lit dans Lumen gentium : « L’office que le Seigneur a confié aux pasteurs de son peuple est un véritable service, que l’Écriture appelle significativement diaconie, c’est-à-dire ministère (cf. Ac 1,17.25 ; 21,19 ; Rm 11,13 ; 1 Tm 1,12) » (n° 24). Dans la potesté judiciaire se déploie un aspect fondamental du service pastoral : la diaconie de la vérité. Chaque fidèle, chaque famille, chaque communauté a besoin de vérité sur sa situation ecclésiale afin de cheminer justement dans la foi et la charité. C’est dans ce cadre que s’inscrit la vérité sur les droits personnels et communautaires : la vérité juridique déclarée dans les procès ecclésiastiques est un aspect de la vérité existentielle dans l’Église.
La sacra potestas est participation à la puissance du Christ, et son service de la vérité conduit à connaître et à embrasser la Vérité ultime, qui est le Christ lui-même (cf. Jn 14,6). Ce n’est pas un hasard si les premières paroles des deux Motu proprio par lesquels la réforme a été engagée concernaient Jésus, Juge et Pasteur : « Mitis Iudex Dominus Iesus, Pastor animarum nostrarum » dans le texte latin, et « Mitis et Misericors Iesus, Pastor et Iudex animarum nostrarum » dans le texte oriental.
On peut se demander pourquoi Jésus comme Juge est présenté dans ces documents comme doux et miséricordieux. Une telle affirmation pourrait sembler, au premier regard, contraire aux exigences incontournables de la justice, qui ne peut être compromise par une compassion mal comprise. Certes, dans le jugement de Dieu sur le salut, son pardon est toujours offert au pécheur repentant, mais le jugement humain sur la nullité matrimoniale ne doit jamais être manipulé par une fausse miséricorde. Toute activité contraire au service de la vérité dans le procès doit être tenue pour injuste. Cependant, c’est précisément dans l’exercice droit de la potesté judiciaire que doit se déployer la vraie miséricorde. Saint Augustin l’exprime ainsi dans La Cité de Dieu : « Qu’est-ce que la miséricorde, sinon une certaine compassion de notre cœur devant la misère d’autrui, par laquelle, si cela est possible, nous sommes poussés à l’alléger ? Et ce mouvement profite à la raison lorsque la miséricorde s’offre de manière à conserver la justice, tant dans l’aide au nécessiteux que dans le pardon au repentant. » [1] À cette lumière, le procès de nullité matrimoniale apparaît comme une contribution des opérateurs du droit pour répondre au besoin de justice profondément inscrit dans la conscience des fidèles, et ainsi accomplir une œuvre juste, inspirée par la vraie miséricorde. Le but de la réforme — favoriser l’accès et la rapidité des procès sans jamais sacrifier la vérité — se manifeste ainsi comme une œuvre de justice et de miséricorde.
Un autre présupposé théologique, propre au procès de nullité du mariage, est le mariage lui-même, fondé par le Créateur (cf. Gaudium et spes, 48). Dans le Jubilé des familles, j’ai rappelé que « le mariage n’est pas un idéal, mais la norme du véritable amour entre l’homme et la femme : un amour total, fidèle, fécond ». [2] Comme l’a souligné le pape François, le mariage « est une réalité dotée d’une consistance précise », « un don de Dieu aux époux ». [3] Le Préambule de Mitis Iudex réaffirme, dans le contexte de la réforme processuelle, « le principe de l’indissolubilité du lien matrimonial ». [4] Dans le traitement des causes de nullité, ce réalisme est décisif : la conscience de travailler au service de la vérité d’une union concrète, en discernant devant le Seigneur si, en elle, est présent le mystère de l’« una caro », qui subsiste pour toujours dans la vie terrestre des époux, malgré tout échec relationnel. Quelle grande responsabilité vous incombe ! Comme nous le rappelait Benoît XVI : « Le procès canonique de nullité du mariage constitue essentiellement un instrument destiné à vérifier la vérité sur le lien conjugal. Sa finalité constitutive (…) est donc de rendre un service à la vérité. » [5]
C’est pourquoi, dans le Préambule du Motu proprio, le pape François, en précisant le sens de la réforme, a voulu réaffirmer l’importance de recourir au procès judiciaire en matière de nullité : « J’ai fait cela en suivant les traces de mes prédécesseurs, qui ont voulu que les causes de nullité matrimoniale soient traitées par voie judiciaire, non administrative, non par nécessité intrinsèque, mais parce que l’exige la nécessité de sauvegarder de manière maximale la vérité du lien sacré : et cela est précisément garanti par les garanties de l’ordre judiciaire. » [6]
Il faut donc valoriser l’institution du procès judiciaire, non comme un ensemble compliqué de formalités, mais comme un outil de justice. Assurer que les parties, y compris le défenseur du lien, puissent présenter preuves et arguments, connaître et évaluer ceux de l’autre partie, dans un débat conduit par un juge impartial, est un grand bien pour tous et pour l’Église elle-même. Certes, dans l’Église comme dans la société civile, il convient de favoriser les accords qui, garantissant la justice, permettent la résolution des conflits par la médiation ou la conciliation. Très important aussi est l’effort pour favoriser la réconciliation des époux, y compris par la convalidation du mariage lorsqu’elle est possible. Néanmoins, certains cas exigent le procès, parce que la matière ne dépend pas de la volonté des parties. C’est ce qui se produit dans la déclaration de nullité matrimoniale, qui concerne un bien ecclésial public. Elle exprime le service rendu par les pasteurs à la vérité du lien conjugal indissoluble, fondement de la famille, Église domestique. Derrière la technique processuelle et l’application fidèle de la norme, se jouent donc les présupposés ecclésiologiques du procès matrimonial : la recherche de la vérité et le salut des âmes. La déontologie des acteurs judiciaires, centrée sur la vérité de ce qui est juste, doit inspirer chacun dans son rôle pour participer à cette œuvre de justice et de paix véritable vers laquelle tend le procès.
Les dimensions ecclésiologique et juridique, lorsqu’elles sont réellement vécues, révèlent la dimension pastorale. On reconnaît désormais davantage l’intégration de l’activité judiciaire de l’Église dans la pastorale familiale. Une telle pastorale ne peut ignorer le travail des tribunaux, qui ne doivent pas oublier que leur contribution spécifique à la justice est un élément de la promotion du bien des familles, particulièrement celles en difficulté. Cette œuvre est celle de toute l’Église, pasteurs et fidèles, et de manière particulière des opérateurs du droit. La synergie entre l’attention pastorale aux situations critiques et le domaine judiciaire s’est concrètement manifestée dans la mise en œuvre de l’enquête préliminaire visant aussi à vérifier l’existence de motifs ouvrant un éventuel procès de nullité.
Par ailleurs, le procès lui-même possède une valeur pastorale. Saint Jean-Paul II l’avait mis en lumière : « L’activité juridico-canonique est par nature pastorale. Elle constitue une participation particulière à la mission du Christ Pasteur, et consiste à actualiser l’ordre de justice intra-ecclésial voulu par le Christ lui-même. À son tour, l’activité pastorale, bien qu’elle dépasse largement les seuls aspects juridiques, comporte toujours une dimension de justice. Il ne serait en effet pas possible de conduire les âmes vers le Royaume des Cieux si l’on négligeait le minimum de charité et de prudence consistant à faire observer fidèlement la loi et les droits de tous dans l’Église. » [7]
En définitive, les trois dimensions évoquées conduisent à réaffirmer la salus animarum comme loi suprême et finalité des procès matrimoniaux dans l’Église. Ainsi, votre service comme opérateurs de justice au sein de l’Église, service que j’ai moi-même exercé jadis, révèle sa grande importance ecclésiologique, juridique et pastorale.
En souhaitant que la vérité de la justice resplendisse toujours davantage dans l’Église et dans votre vie, je vous accorde de tout cœur ma bénédiction.
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[1] De civitate Dei, IX, 5 : PL 41, 261.
[2] Homélie au Jubilé des familles, des grands-parents et des personnes âgées, 1er juin 2025.
[3] François, Discours à la Rote romaine, 27 janvier 2023.
[4] François, Motu proprio Mitis Iudex, Préambule.
[5] Benoît XVI, Discours à la Rote romaine, 28 janvier 2006, AAS 98 (2006), p. 136.
[6] François, Motu proprio Mitis Iudex, Préambule.
[7] Saint Jean-Paul II, Discours à la Rote romaine, 18 janvier 1990, n° 4.
22 novembre 2025 – Message du Pape Léon XIV aux participants à la Rencontre « Sin identidad no hay educación » [Colegio Nuestra Señora del Buen Consejo, Madrid]
Chers éducateurs,
Je m’adresse à vous avec des sentiments de profonde joie et de gratitude. Votre engagement quotidien n’a rien de simple face à une transformation constante des processus éducatifs, alourdie encore par l’extrême numérisation et la fragmentation culturelle. Il m’arrive souvent de réfléchir à tout le bien que vous faites dans des conditions réellement complexes. Votre mission au service de l’Église est un ferment vivant non seulement pour les nouvelles générations, mais aussi pour les communautés qui trouvent en elle un point de référence solide (cf. Mt 13,33).
Par votre histoire et vos différentes approches pédagogiques, vous représentez une richesse de charismes qui composent la constellation de la paideia chrétienne. Devant une constellation si colorée, il ne faut pas perdre de vue la centralité du Christ, qui irradie sa lumière à toutes les étoiles. Ce kaléidoscope aux couleurs si belles m’amène à réfléchir au thème de votre rencontre : « Sans identité, il n’y a pas d’éducation ». L’identité chrétienne n’est pas un sceau décoratif ou un ornement, mais le noyau même qui donne sens, méthode et finalité au processus éducatif.
Comme pour les navigateurs, si l’on perd de vue l’étoile polaire, il n’est pas rare que le navire dérive. Pour l’éducation chrétienne, la boussole, c’est le Christ. Sans sa lumière, la mission éducative elle-même se vide de signification et devient un automatisme dépourvu de cette capacité de transformation que nous offre l’Évangile (cf. Rm 12,2). Il s’agit donc de répondre pleinement à une vocation et à un projet totalement original, qui s’incarne dans les pratiques, dans le curriculum et dans la communauté éducative elle-même. [1]
L’identité n’est pas non plus un accessoire ou un maquillage qui se rend visible à travers quelques rites isolés ou des mécanismes répétitifs dénués de vitalité. L’identité est le fondement qui articule la mission éducative, définit son horizon de sens et oriente ses pratiques quotidiennes, tant dans la manière d’enseigner que dans celle d’évaluer et d’agir. Quand l’identité ne nourrit pas les décisions pédagogiques, elle risque de devenir un ornement superficiel incapable de soutenir le travail éducatif face aux nombreuses tensions culturelles, éthiques et sociales qui marquent notre époque de polarisation et de violence.
Me viennent à l’esprit les paroles de María Zambrano qui, en réfléchissant aux défis et tensions du monde contemporain avec sa sensibilité poétique propre, est convaincue que le lien entre le présent et l’avenir ne peut se passer de l’héritage du passé, parce que « notre âme est traversée par les sédiments des siècles ; les racines sont plus grandes que les branches qui voient la lumière ». [2] Je vous invite à méditer ces paroles, orientés vers l’avenir avec espérance, sans oublier notre histoire dont nous devons apprendre avec sagesse.
Une éducation authentique promeut donc l’intégration entre foi et raison. Ce ne sont pas des pôles opposés, mais des chemins complémentaires pour comprendre la réalité, former le caractère et cultiver l’intelligence. Par conséquent, il est fondamental que l’expérience éducative favorise des méthodes impliquant les sciences et l’histoire, ainsi que l’éthique et la spiritualité. Cela se réalise pleinement dans une communauté éducative qui est comme un foyer. Une véritable collaboration entre la famille, la paroisse, l’école et les réalités locales accompagne concrètement chaque élève dans son chemin de foi et d’apprentissage.
En y regardant de plus près, comme l’avaient déjà indiqué les vénérés Pères du Concile œcuménique Vatican II, l’Église redécouvre dans sa mission éducative sa fonction maternelle. Elle est la mère qui engendre les croyants, car elle est l’Épouse du Christ. Presque tous les documents conciliaires recourent à la maternité de l’Église pour révéler son mystère et son action pastorale, ainsi que pour étendre son amour dans une étreinte œcuménique aux « enfants qui se sont séparés d’elle », aux croyants d’autres religions et jusqu’à tous les hommes de bonne volonté. Cela se produit chaque jour dans vos écoles, ouvertes au dialogue et à la rencontre des différences. En elles, l’éducation devient un instrument de paix et de soin de la création. [3]
Récemment, lors du Jubilé du Monde de l’Éducation, nous avons célébré le 60ᵉ anniversaire de la Déclaration conciliaire Gravissimum educationis, que je vous invite à relire attentivement, en appréciant son actualité et sa vision d’avenir malgré les nombreuses années écoulées. En effet, il a été demandé à l’Église de « s’occuper de toute la vie de l’homme, même de la vie terrestre, dans la mesure où elle est liée à la vocation surnaturelle ; elle a donc une tâche spécifique en ce qui concerne le progrès et le développement de l’éducation ». [4]
Ainsi, l’icône de l’Église Mère se présente devant nous non seulement comme une expression de tendresse et de charité, mais aussi comme celle qui sauvegarde cette capacité — qui lui est intrinsèquement liée — d’être guide et maîtresse, puisque « son très saint Fondateur […] lui a confié une double tâche : engendrer des enfants, les éduquer et les soutenir, guidant par une providentielle maternité la vie des individus et des peuples, dont elle a toujours respecté et protégé la grande dignité avec sollicitude ». [5]
En concluant ce message, il apparaît clairement que l’action éducative de l’Église — réalisée à travers les écoles et les activités de formation — n’est pas simplement une œuvre philanthropique destinée à répondre à un besoin social, mais fait partie essentielle de son identité et de sa mission. Je vous encourage donc à vous engager avec courage et à regarder en avant avec cette espérance vivante qui se renouvelle chaque jour dans votre passion éducative.
En vous remerciant pour tout votre effort, chers éducateurs, je vous salue et je vous bénis.
[1] Congrégation pour l’Éducation catholique, L’identité de l’école catholique pour une culture du dialogue (25 janvier 2022).
[2] M. Zambrano, Las palabras del regreso, Madrid 2009, p. 67.
[3] François, Discours aux étudiants et professeurs du « Réseau national des Écoles de la Paix » (28 novembre 2022).
[4] Concile Vatican II, Déclaration Gravissimum educationis sur l’éducation chrétienne (28 octobre 1965), Proème.
[5] Saint Jean XXIII, Encyclique Mater et magistra (15 mai 1961), n° 1.
26 novembre 2025 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générame
La Pâque du Christ éclaire le mystère de la vie et nous permet de le regarder avec espérance. Cela n'est pas toujours facile ni évident. Partout dans le monde, beaucoup de vies semblent difficiles, douloureuses, pleines de problèmes et d'obstacles à surmonter. Et pourtant, l'être humain reçoit la vie comme un don : il ne la demande pas, il ne la choisit pas, il en fait l'expérience dans son mystère, du premier jour jusqu'au dernier. La vie a une spécificité extraordinaire : elle nous est offerte, nous ne pouvons pas nous la donner nous-mêmes, mais elle doit être nourrie constamment : il faut un soin qui la maintienne, la dynamise, la préserve, la relance.
On peut dire que la question de la vie est l'une des questions abyssales du cœur humain. Nous sommes entrés dans l'existence sans avoir rien fait pour le décider. De cette évidence jaillissent comme un fleuve en crue les questions de tous les temps : qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Quel est le sens ultime de tout ce voyage ?
Vivre, en effet, implique un sens, une direction, une espérance. Et l'espérance agit comme une force profonde qui nous fait avancer dans les difficultés, qui nous empêche d'abandonner dans la fatigue du voyage, qui nous rend certains que le pèlerinage de l'existence nous conduit à la maison. Sans l'espérance, la vie risque d'apparaître comme une parenthèse entre deux nuits éternelles, une brève pause entre l'avant et l'après de notre passage sur terre. Espérer dans la vie, c'est plutôt anticiper le but, croire comme certain ce que nous ne voyons ni ne touchons encore, faire confiance et nous en remettre à l'amour d'un Père qui nous a créés parce qu'il nous a voulus avec amour et qu'il nous veut heureux.
Très chers amis, il existe dans le monde une maladie répandue : le manque de confiance dans la vie. Comme si l'on s'était résigné à une fatalité négative, à un renoncement. La vie risque de ne plus représenter une opportunité reçue en don, mais une inconnue, presque une menace dont il faut se préserver pour ne pas être déçu. C'est pourquoi le courage de vivre et de générer la vie, de témoigner que Dieu est par excellence « l'amant de la vie », comme l'affirme le Livre de la Sagesse (11, 26), est aujourd'hui un appel plus que jamais urgent.
Dans l'Évangile, Jésus confirme constamment sa diligence à guérir les malades, à soigner les corps et les esprits blessés, à redonner vie aux morts. Ce faisant, le Fils incarné révèle le Père : il restitue leur dignité aux pécheurs, accorde la rémission des péchés et inclut tout le monde, spécialement les désespérés, les exclus, les éloignés, dans sa promesse de salut.
Engendré par le Père, Christ est la vie et il a engendré la vie sans compter jusqu'à nous donner la sienne, et il nous invite également à donner notre vie. Engendrer signifie donner la vie à quelqu'un d'autre. L'univers des vivants s'est étendu grâce à cette loi qui, dans la symphonie des créatures, connaît un admirable “crescendo” culminant dans le duo de l'homme et de la femme : Dieu les a créés à son image et leur a confié la mission de donner la vie à son image, c'est-à-dire par amour et dans l'amour.
Dès le début, l'Écriture Sainte nous révèle que la vie, dans sa forme la plus élevée, celle de l'être humain, reçoit le don de la liberté et devient un drame. Ainsi, les relations humaines sont également marquées par la contradiction, jusqu'au fratricide. Caïn perçoit son frère Abel comme un concurrent, une menace, et dans sa frustration, il ne se sent pas capable de l'aimer et de l'estimer. Et voilà la jalousie, l'envie, le sang (Gn 4, 1-16). La logique de Dieu, en revanche, est tout autre. Dieu reste fidèle pour toujours à son dessein d'amour et de vie ; il ne se lasse pas de soutenir l'humanité même lorsque, à l'instar de Caïn, elle obéit à l'instinct aveugle de la violence dans les guerres, les discriminations, les racismes, les multiples formes d'esclavage.
Donner la vie signifie donc faire confiance au Dieu de la vie et promouvoir l'humain dans toutes ses expressions : tout d'abord dans la merveilleuse aventure de la maternité et de la paternité, même dans des contextes sociaux où les familles ont du mal à supporter le poids du quotidien, souvent freinées dans leurs projets et leurs rêves. Dans cette même logique, donner la vie signifie s'engager pour une économie solidaire, rechercher le bien commun dont tous puissent profiter équitablement, respecter et prendre soin de la création, offrir du réconfort par l'écoute, la présence, l'aide concrète et désintéressée.
Frères et sœurs, la Résurrection de Jésus-Christ est la force qui nous soutient dans cette épreuve, même lorsque les ténèbres du mal obscurcissent notre cœur et notre esprit. Lorsque la vie semble s'être éteinte, bloquée, voici que le Seigneur Ressuscité passe encore, jusqu'à la fin des temps, et marche avec nous et pour nous. Il est notre espérance.
26 novembre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins francophones, au terme de l’Audience Générale
Que le Seigneur guide vos engagements au sein de la famille et de la société afin de faire de vous des serviteurs de cette vie à laquelle Dieu nous a engendrés par amour et dans l’amour.
Dieu vous bénisse avec vos familles !
27 novembre 2025 – Discours du Pape Léon XIV aux Corps Diplomatique à Ankara.
En se révélant, Dieu a établi un pont entre le ciel et la terre : il l’a fait pour que notre cœur change, devenant semblable au sien. C’est un pont suspendu, grandiose, qui défie presque les lois de la physique : tel est l’amour qui, outre sa dimension intime et privée, a aussi une dimension visible et publique.
La justice et la miséricorde défient la loi de la force et osent demander que la compassion et la solidarité soient considérées comme des critères de développement. C’est pourquoi, dans une société comme celle de la Türkiye où la religion joue un rôle visible, il est fondamental d’honorer la dignité et la liberté de tous les enfants de Dieu : hommes et femmes, compatriotes et étrangers, pauvres et riches. Nous sommes tous enfants de Dieu, ce qui a des conséquences personnelles, sociales et politiques. Ceux qui ont un cœur docile à la volonté de Dieu promouvront toujours le bien commun et le respect de tous. Aujourd’hui, cela représente un défi de taille, qui doit remodeler les politiques locales et les relations internationales, en particulier face à une évolution technologique qui pourrait autrement accentuer les injustices au lieu de contribuer à les dissoudre. En effet, même les intelligences artificielles reproduisent nos préférences et accélèrent les processus qui, à y regarder de plus près, ne sont pas le fait des machines, mais de l’humanité. Travaillons donc ensemble pour modifier la trajectoire du développement et réparer les dommages déjà causés à l’unité de la famille humaine.
Mesdames et Messieurs, j’ai parlé de « famille humaine ». Il s’agit d’une métaphore qui nous invite à établir un lien – encore une fois un pont – entre le destin de tous et l’expérience de chacun. Pour chacun d’entre nous, en effet, la famille a été le premier noyau de la vie sociale, où se vérifie l’expérience que sans l’autre, il n’y a pas de « je ». Plus que dans d’autres pays, la famille conserve une grande importance dans la culture turque et les initiatives visant à soutenir son rôle central ne manquent pas. En son sein, en effet, mûrissent des attitudes essentielles à la coexistence civile et une première sensibilité fondamentale au bien commun. Certes, chaque famille peut aussi se refermer sur elle-même, cultiver des inimitiés ou empêcher certains de ses membres de s’exprimer, au point d’entraver le développement de leurs talents. Cependant, ce n’est pas dans une culture individualiste, ni dans le mépris du mariage et de la fécondité, que les personnes peuvent obtenir de meilleures chances dans la vie et le bonheur.
À cette tromperie des économies consuméristes, où la solitude devient un business, il convient de répondre par une culture qui apprécie les affections et les liens. Ce n’est qu’ensemble que nous devenons authentiquement nous-mêmes. Ce n’est que dans l’amour que notre intériorité devient profonde et notre identité forte. Ceux qui méprisent les liens fondamentaux et n’apprennent pas à en supporter les limites et les fragilités deviennent plus facilement intolérants et incapables d’interagir avec un monde complexe. En effet, dans la vie familiale, la valeur de l’amour conjugal et la contribution féminine ressortent de manière tout à fait spécifique. Les femmes, en particulier, grâce également à leurs études et à leur participation active à la vie professionnelle, culturelle et politique, se mettent de plus en plus au service du pays et de son influence positive sur la scène internationale. Il convient donc d’apprécier les importantes initiatives prises en ce sens, en faveur de la famille et de la contribution des femmes à l’épanouissement de la vie sociale.
1er décembre 2025 – Discours du Pape Léon XIV lors de la rencontre avec les jeunes du Liban, sur la place devant le Patriarcat d'Antioche des Maronites (Bkerké)
Même chez les plus jeunes, quelques fois l’intérêt individuel s’oppose à la confiance dans le prochain, le profit personnel est préféré au dévouement envers l’autre. Ces attitudes rendent superficielles même les paroles aussi belles que celles de l’amitié et de l’amour qui, souvent, sont confondues avec un sentiment de satisfaction égoïste. Si au centre d’une relation d’amitié ou d’amour se trouve le moi, cette relation ne peut être féconde. De même, on n’aime pas vraiment si l’on aime à terme, tant que dure un sentiment. Un amour à durée déterminée est un amour de piètre qualité. Au contraire, l’amitié est véritable lorsqu’elle dit “toi” avant “moi”. Ce regard respectueux et accueillant envers l’autre nous permet de construire un “nous” plus grand, ouvert à la société tout entière, à toute l’humanité. Et l’amour n’est authentique et ne peut durer pour toujours que lorsqu’il reflète la splendeur éternelle de Dieu, Dieu qui est amour (cf. 1 Jn 4, 8). Des relations solides et fécondes se construisent ensemble sur la confiance réciproque, sur ce “pour toujours” qui palpite en toute vocation à la vie familiale et à la consécration religieuse.
6 décembre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins de langue portugaise , au terme de l’Audience Jubilaire
Demandez-vous toujours si votre espérance est active, c’est-à-dire si vous mettez les dons et les capacités que Dieu vous a accordés au service de ceux qui en ont besoin. Par l’intercession de l’Immaculée Conception, que la bénédiction de Dieu descende sur vous et sur vos familles.
6 décembre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins de langue italienne, au terme de l’Audience Jubilaire
Que cet événement jubilaire soit pour chacun une expérience renouvelée de foi, afin d’être témoins d’espérance dans la famille et dans la société.
Je vous invite à tourner votre regard vers Marie, si présente en cette période de l’Avent. Que la Vierge Immaculée, qui par son « oui » à l’ange Gabriel a adhéré totalement à la volonté de Dieu, vous soutienne dans votre intention de rendre fructueuse la grâce du Jubilé.
10 décembre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, aux malades et aux jeunes époux, au terme de l’Audience Générale
Aujourd’hui nous célébrons la Bienheureuse Vierge Marie de Lorette. Chers nouveaux époux, confiez-vous à la Mère de Jésus, votre chemin conjugal.
12 décembre 2025 - Message du Saint-Père aux participants à la rencontre de prêtres, religieuses, religieux et séminaristes latino-américains qui étudient à Rome
Au milieu des joies comme au milieu des difficultés, notre mot d’ordre doit être : si le Christ est passé par là, il nous revient aussi de vivre ce qu’il a vécu. Nous ne devons pas nous attacher aux applaudissements, car leur écho dure peu ; il n’est pas non plus sain de demeurer uniquement dans le souvenir du jour de la crise ou des temps d’amère déception. Regardons plutôt que tout cela fait partie de notre formation et disons : si Dieu l’a voulu pour moi, moi aussi je le veux (cf. Ps 40,8 ). Le lien profond qui nous unit au Christ, que nous soyons prêtres, consacrés ou séminaristes, ressemble à ce qui est dit aux époux chrétiens le jour même de leur mariage : « dans la santé et dans la maladie ; dans la pauvreté et dans la richesse » (Rituel du mariage, 66).
12 décembre 2025 – Homélie du Pape Léon XIV, lors de la Messe de la fête de Notre-Dame de Guadalupe
En tant qu’enfants, nous nous tournerons vers elle pour lui demander : « Mère, que devons-nous faire pour être les enfants que ton cœur désire ? » Elle, fidèle à sa mission, nous dira tendrement : « Faites tout ce qu’il vous dira » (Jn 2, 5). Oui, Mère, nous voulons être tes enfants authentiques : dis-nous comment avancer dans la foi quand nos forces nous abandonnent et que les ombres s’allongent. Aide-nous à comprendre qu’avec toi, même l’hiver devient un temps de roses.
Et comme ton enfant, je te demande : Mère, enseigne aux nations qui veulent être tes enfants à ne pas diviser le monde en factions irréconciliables, à ne pas laisser la haine marquer leur histoire ou les mensonges écrire leur mémoire. Montre-leur que l’autorité doit être exercée comme un service et non comme une domination. Enseigne à leurs dirigeants leur devoir de sauvegarder la dignité de chaque personne à chaque étape de la vie. Fais de ces peuples, tes enfants, des lieux où chaque personne peut se sentir accueillie.
Accompagne, Mère, les plus jeunes, afin qu’ils obtiennent du Christ la force de choisir le bien et le courage de rester fermes dans la foi, même lorsque le monde les pousse dans une autre direction. Montre-leur que ton Fils marche à leurs côtés. Que rien n’afflige leur cœur, afin qu’ils puissent accueillir sans crainte les plans de Dieu. Protège-les des menaces de la criminalité, de la toxicomanie et du danger d’une vie sans sens.
Cherche, Mère, ceux qui se sont éloignés de la sainte Église : que ton regard les atteigne là où le nôtre ne peut les atteindre, abats les murs qui nous séparent et ramène-les à la maison avec la puissance de ton amour. Mère, je vous supplie d’incliner le cœur de ceux qui sèment la discorde vers le désir de votre Fils que « tous soient un » (Jn 17, 21) et de les ramener à la charité qui rend la communion possible, car au sein de l’Église, Mère, vos enfants ne peuvent être divisés.
Renforcez les familles : à votre exemple, que les parents éduquent avec tendresse et fermeté, afin que chaque foyer soit une école de foi. Inspire, ô Mère, ceux qui forment les esprits et les cœurs à transmettre la vérité avec la douceur, la précision et la clarté qui viennent de l’Évangile. Encourage ceux que ton Fils a appelés à le suivre de plus près : soutiens le clergé et la vie consacrée dans leur fidélité quotidienne et renouvelle leur premier amour. Garde leur intériorité dans la prière, protège-les dans la tentation, encourage-les dans la fatigue et aide ceux qui sont abattus.
Sainte Vierge, puissions-nous, comme toi, garder l’Évangile dans nos cœurs (cf. Lc 2, 51). Aide-nous à comprendre que, bien que nous soyons les destinataires, nous ne sommes pas les propriétaires de ce message, mais, comme saint Juan Diego, nous en sommes de simples serviteurs. Puissions-nous vivre avec la conviction que partout où la Bonne Nouvelle parvient, tout devient beau, tout retrouve la santé, tout est renouvelé. « Ceux qui se laissent guider par toi ne pèchent pas » (cf. Siracide 24, 22) ; aide-nous à ne pas ternir par notre péché et notre misère la sainteté de l’Église qui, comme toi, est mère.
Mère « du vrai Dieu par qui nous vivons », viens en aide au Successeur de Pierre, afin qu’il confirme dans la seule voie qui mène au Fruit béni de ton sein tous ceux qui m’ont été confiés. Souviens-toi de ce fils qui est le tien, « à qui le Christ a confié les clés du Royaume des Cieux pour le bien de tous », afin que ces clés servent « à lier et à délier, et à racheter toute la misère humaine » (Saint Jean-Paul II, Homélie à Syracuse, 6 novembre 1994). Et accorde-nous, confiants en ta protection, d’avancer toujours plus unis, avec Jésus et entre nous, vers la demeure éternelle qu’Il a préparée pour nous et où tu nous attends. Amen.
12 décembre 2025 – Homélie du Pape Léon XIV, lors de la Messe de la fête de Notre-Dame de Guadalupe
Et comme ton enfant, je te demande : Mère, enseigne aux nations qui veulent être tes enfants à ne pas diviser le monde en factions irréconciliables, à ne pas laisser la haine marquer leur histoire ou les mensonges écrire leur mémoire. Montre-leur que l’autorité doit être exercée comme un service et non comme une domination. Enseigne à leurs dirigeants leur devoir de sauvegarder la dignité de chaque personne à chaque étape de la vie. Fais de ces peuples, tes enfants, des lieux où chaque personne peut se sentir accueillie.
Accompagne, Mère, les plus jeunes, afin qu’ils obtiennent du Christ la force de choisir le bien et le courage de rester fermes dans la foi, même lorsque le monde les pousse dans une autre direction. Montre-leur que ton Fils marche à leurs côtés. Que rien n’afflige leur cœur, afin qu’ils puissent accueillir sans crainte les plans de Dieu. Protège-les des menaces de la criminalité, de la toxicomanie et du danger d’une vie sans sens.
Cherche, Mère, ceux qui se sont éloignés de la sainte Église : que ton regard les atteigne là où le nôtre ne peut les atteindre, abats les murs qui nous séparent et ramène-les à la maison avec la puissance de ton amour. Mère, je vous supplie d’incliner le cœur de ceux qui sèment la discorde vers le désir de votre Fils que « tous soient un » (Jn 17, 21) et de les ramener à la charité qui rend la communion possible, car au sein de l’Église, Mère, vos enfants ne peuvent être divisés.
Renforcez les familles : à votre exemple, que les parents éduquent avec tendresse et fermeté, afin que chaque foyer soit une école de foi. Inspire, ô Mère, ceux qui forment les esprits et les cœurs à transmettre la vérité avec la douceur, la précision et la clarté qui viennent de l’Évangile. Encourage ceux que ton Fils a appelés à le suivre de plus près : soutiens le clergé et la vie consacrée dans leur fidélité quotidienne et renouvelle leur premier amour. Garde leur intériorité dans la prière, protège-les dans la tentation, encourage-les dans la fatigue et aide ceux qui sont abattus.
13 décembre 2025 – Discours du Pape Léon XIV aux participants au Jubilé de la Diplomatie Italienne
Ce n’est pas par hasard que nous appelons « langue maternelle » notre langue d’origine, celle qui exprime la culture de notre patrie en unissant le peuple comme une famille
Lorsque nous avons été baptisés, le signe de la Croix a été tracé sur nos oreilles en disant : « Effatà », c’est-à-dire « Ouvre-toi ». Dans ce geste, qui rappelle la guérison accomplie par Jésus, est béni le sens par lequel nous recevons les premières paroles d’affection et les éléments culturels indispensables qui soutiennent notre vie, en famille et dans la société.
15 décembre 2025 – Discours du Pape Léon XIV aux délégations qui ont fait don de la crèche et de l'arbre de Noël de la Salle Paul VI et de la crèche de la Place Saint-Pierre
La représentation de la Nativité, qui restera dans cette Salle pendant toute la période de Noël, provient du Costa Rica et s’intitule Nacimiento Gaudium. Chacun des vingt-huit mille rubans colorés qui décorent la scène représente une vie préservée de l’avortement grâce à la prière et au soutien fournis par des organisations catholiques à de nombreuses mères en difficulté.
18 décembre 2025 - Discours du Pape Léon XIV, aux représentants de l’Ordre des conseillers du travail, au Vatican
Au centre de toute dynamique de travail, il ne faut pas placer le capital, ni les lois du marché, ni le profit, mais la personne, la famille et leur bien, par rapport auxquels tout le reste est fonctionnel. Cette centralité, constamment affirmée par la doctrine sociale de l’Église (cf. Saint Jean-Paul II, Lettre encyclique Centesimus annus, 3 ; 5), doit être prise en compte dans toute programmation et planification d’entreprise, afin que les travailleurs et les travailleuses soient reconnus dans leur dignité et reçoivent des réponses concrètes à leurs besoins réels.
Je pense, par exemple, à la nécessité de répondre aux besoins des jeunes familles, des parents qui ont des enfants en bas âge, ainsi qu’à l’importance d’aider ceux qui, tout en travaillant, doivent s’occuper de parents âgés ou malades. Il s’agit là de besoins qu’aucune société véritablement civilisée ne peut se permettre d’oublier ou de négliger, et vous avez les moyens de soutenir ceux qui ont du mal à y faire face.
21 décembre 2025 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière de l’Angelus
Aujourd’hui, quatrième dimanche de l’Avent, la liturgie nous invite à méditer sur la figure de saint Joseph. Elle nous le présente, en particulier, au moment où Dieu lui révèle, dans un songe, sa mission (cf. Mt 1, 18-24). Elle nous propose ainsi une très belle page de l’histoire du salut, dont le protagoniste est un homme fragile et faillible, comme nous, mais en même temps courageux et fort dans la foi.
L’évangéliste Matthieu l’appelle “homme juste” (cf. Mt 1, 19), ce qui le caractérise comme un pieux Israélite observant la Loi et fréquentant la synagogue. Mais outre cela, Joseph de Nazareth nous apparaît aussi comme une personne extrêmement sensible et humaine.
Nous le voyons lorsque, avant même que l’Ange ne lui révèle le mystère qui s’accomplit en Marie, face à une situation difficile à comprendre et à accepter, il ne choisit pas, à l’égard de sa future épouse, la voie du scandale et de la condamnation publique, mais celle, discrète et bienveillante, du la répudiation secrète (cf. Mt 1, 19). Il montre ainsi qu’il saisit le sens le plus profond de sa propre observance religieuse : celui de la miséricorde.
La pureté et la noblesse de ses sentiments deviennent cependant encore plus évidentes lorsque le Seigneur, dans un songe, lui révèle son plan de salut, lui indiquant le rôle inattendu qu'il devra y assumer : devenir l’époux de la Vierge, Mère du Messie. Ici, en effet, Joseph, dans un grand acte de foi, abandonne le dernier bastion de ses certitudes et s’engage vers un avenir qui est désormais totalement entre les mains de Dieu. Saint Augustin décrit ainsi son consentement : « Par la piété et la charité de Joseph naît un fils de la Vierge Marie, qui est en même temps le Fils de Dieu » (Sermon 51, 20.30).
Pitié et charité, miséricorde et abandon : telles sont les vertus de l’homme de Nazareth que la liturgie nous propose aujourd’hui, afin qu’elles nous accompagnent durant ces derniers jours de l’Avent, vers la Sainte-Noël. Ce sont des attitudes importantes qui éduquent le cœur à la rencontre avec le Christ et avec nos frères, et qui peuvent nous aider à devenir, les uns pour les autres, une crèche accueillante, une maison hospitalière, un signe de la présence de Dieu. En ce temps de grâce, ne manquons pas l’occasion de les mettre en pratique : en pardonnant, en encourageant, en apportant un peu d’espérance aux personnes avec lesquelles nous vivons et à celles que nous rencontrons ; et en renouvelant dans la prière notre abandon filial au Seigneur et à sa Providence, en Lui confiant tout avec confiance.
Que la Vierge Marie et saint Joseph, qui ont été les premiers, avec une grande foi et un grand amour, à accueillir Jésus, le Sauveur du monde, nous y aident.
22 décembre 2025 – Vœux aux employés de la Curie Romaine et du Gouvernatorat de l’Etat
Mais aujourd’hui, je suis content de ce moment familial presque à la veille de Noël. Nous le vivons devant la crèche, qui est également présente ici, dans cette scène de la Nativité offerte par le Costa Rica. Dans la crèche, l’imagination populaire a souvent inséré de nombreux personnages tirés de la vie quotidienne, qui peuplent l’espace autour de la grotte. Ainsi, outre les incontournables bergers, protagonistes de l'événement selon l’Evangile, on trouve des figurines représentant différents métiers: le forgeron, le tavernier, l'aubergiste, la lavandière, le rémouleur, etc. Il s’agit bien sûr de métiers d’autrefois: certains ont disparu ou ont été totalement transformés. Cependant, ils conservent leur signification au sein de la crèche. Ils nous rappellent que toutes nos activités, nos occupations quotidiennes, prennent tout leur sens dans le dessein de Dieu, qui a son centre en Jésus-Christ.
C’est comme si l’Enfant Jésus, depuis la mangeoire où il est couché, bénissait tout et tout le monde. Sa présence douce et humble répand partout la tendresse de Dieu. Tandis que Marie et Joseph adorent l’Enfant et que les bergers s’approchent, émerveillés, les autres personnages vaquent à leurs occupations quotidiennes. Ils semblent détachés de l’événement central, mais ce n’est pas le cas: en réalité, chacun y participe tel qu’il est, en restant à sa place et en faisant ce qu’il doit faire, son métier. J’aime penser qu’il peut en être de même pour nous, dans nos journées de travail: chacun de nous accomplit sa tâche et nous louons Dieu précisément en la faisant bien, avec application. Parfois, nous sommes tellement pris par nos occupations que nous ne pensons pas au Seigneur ou à l’Eglise, mais le fait même de travailler avec dévouement, en essayant de faire de son mieux, et aussi — pour vous, laïcs — avec amour pour votre famille, pour vos enfants, cela rend gloire au Seigneur.
Très chers amis, apprenons du Noël de Jésus le style de la simplicité, de l’humilité, et faisons en sorte, tous ensemble, que ce soit toujours plus le style de l’Eglise, dans toute son expression. Je vous prie de transmettre mes salutations à vos proches à la maison; dites surtout aux personnes âgées ou malades que le Pape prie pour elles.
Je vous souhaite un saint Noël, dans la joie et la sérénité que Jésus nous donne.
NOEL 2025 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de la Nuit de Noël
Pendant des millénaires, partout sur terre, les peuples ont scruté le ciel, donnant des noms et des formes à des étoiles muettes : dans leur imagination, ils y lisaient les événements futurs, cherchant là-haut, dans les astres, la vérité qui manquait ici-bas, chez eux. Comme à tâtons, dans cette obscurité, ils restaient cependant déroutés par leurs propres oracles. Cette nuit-là, cependant, « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi » (Is 9, 1).
Voici l’astre qui surprend le monde, une flamme à peine allumée et ardente de vie : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur » (Lc 2, 11). Dans le temps et dans l’espace, là où nous sommes, vient Celui sans qui nous n’aurions jamais été. Celui qui donne sa vie pour nous vit avec nous, illuminant notre nuit de son salut. Aucune ténèbres que cette étoile n’éclaire, car à sa lumière, l’humanité tout entière voit l’aurore d’une existence nouvelle et éternelle.
C’est la naissance de Jésus, l’Emmanuel. En son Fils fait homme, Dieu ne nous donne pas quelque chose, mais lui-même, « afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple » (Tt 2, 14). Celui qui nous rachète de la nuit naît dans la nuit : la trace du jour qui se lève n’est plus à chercher loin, dans les espaces sidéraux, mais en baissant la tête, dans l’étable voisine.
Le signe clair donné au monde obscure est, en effet, « un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire » (Lc 2, 12). Pour trouver le Sauveur, il ne faut pas regarder vers le haut, mais contempler vers le bas : la toute-puissance de Dieu resplendit dans l’impuissance d’un nouveau-né ; l’éloquence du Verbe éternel résonne dans le premier cri d’un nourrisson ; la sainteté de l’Esprit brille dans ce petit corps à peine lavé et emmailloté. Le besoin d’attentions et de chaleur, que le Fils du Père partage dans l’histoire avec tous ses frères, est divin. La lumière divine qui rayonne de cet Enfant nous aide à voir l’homme dans toute vie naissante.
Pour éclairer notre aveuglement, le Seigneur a voulu se révéler à l’homme comme un homme, son image véritable, selon un projet d’amour commencé avec la création du monde. Tant que la nuit de l’erreur obscurcit cette vérité providentielle, alors « il n’y a pas d’espace non plus pour les autres, pour les enfants, pour les pauvres, pour les étrangers » (Benoît XVI, Homélie dans la nuit de Noël, 24 décembre 2012). Les paroles du Pape Benoît XVI, tellement actuelles, nous rappellent qu’il n’y a pas de place pour Dieu sur terre s’il n’y a pas de place pour l’homme : ne pas accueillir l’un signifie ne pas accueillir l’autre. En revanche, là où il y a de la place pour l’homme, il y a de la place pour Dieu : alors une étable peut devenir plus sacrée qu’un temple et le sein de la Vierge Marie est l’arche de la nouvelle alliance.
Admirons, chers amis, la sagesse de Noël. Par l’enfant Jésus, Dieu donne au monde une vie nouvelle : la sienne, pour tous. Ce n’est pas une solution à tous les problèmes, mais une histoire d’amour qui nous implique tous. Face aux attentes des peuples, Il envoie un enfant, afin qu’il soit parole d’espérance ; face à la souffrance des misérables, Il envoie un être sans défense, afin qu’il soit la force pour se relever ; face à la violence et à l’oppression, Il allume une douce lumière qui éclaire de salut tous les enfants de ce monde. Comme le remarquait saint Augustin, « l’orgueil humain t’a tellement écrasé que seule l’humilité divine pouvait te relever » (Sermo in Natale Domini 188, III, 3). Oui, alors qu’une économie faussée conduit à traiter les hommes comme de la marchandise, Dieu se fait semblable à nous, révélant la dignité infinie de toute personne. Alors que l’homme veut devenir Dieu pour dominer son prochain, Dieu veut devenir homme pour nous libérer de toute esclavage. Cet amour nous suffira-t-il pour changer notre histoire ?
La réponse vient alors que nous nous réveillons à peine, comme les bergers, d’une nuit mortelle à la lumière de la vie naissante, en contemplant l’enfant Jésus. Au-dessus de l’étable de Bethléem, où Marie et Joseph, émerveillés, veillent sur le nouveau-né, le ciel étoilé devient « une troupe céleste innombrable » (Lc 2, 13). Ce sont des armées désarmées et désarmantes, car elles chantent la gloire de Dieu, dont la paix est la manifestation sur terre (cf. v. 14) : dans le cœur du Christ, en effet, palpite le lien qui unit dans l’amour le ciel et la terre, le Créateur et les créatures.
Ainsi, il y a exactement un an, le Pape François affirmait que la naissance de Jésus ravive en nous « le don et l’engagement de porter l’espérance là où elle a été perdue », car « avec Lui, la joie fleurit, avec Lui la vie change, avec Lui l’espérance ne déçoit pas » (Homélie dans la nuit de Noël, 24 décembre 2024). C’est par ces mots que débutait l’Année Sainte. Maintenant que le Jubilé touche à sa fin, Noël est pour nous un temps de gratitude et de mission. Gratitude pour le don reçu, mission pour en témoigner au monde. Comme le chante le psalmiste : « De jour en jour, proclamez son salut, racontez à tous les peuples sa gloire, à toutes les nations ses merveilles ! » (Ps 95, 2-3).
Sœurs et frères, la contemplation du Verbe fait chair suscite dans toute l’Église une parole nouvelle et véridique : proclamons donc la joie de Noël, qui est la fête de la foi, de la charité et de l’espérance. C’est la fête de la foi, car Dieu devient homme, naissant de la Vierge. C’est la fête de la charité, car le don du Fils rédempteur se réalise dans le dévouement fraternel. C’est la fête de l’espérance, car l’Enfant Jésus l’allume en nous, faisant de nous des messagers de paix. Avec ces vertus dans le cœur, sans craindre la nuit, nous pouvons aller à la rencontre de l’aube du jour nouveau.
NOEL 2025 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe du Jour de Noël
« Éclatez en cris de joie » (Is 52, 9), crie le messager de paix à ceux qui se trouvent parmi les ruines d’une ville à reconstruire entièrement. Même s’ils sont poussiéreux et blessés, ses pieds sont beaux – écrit le prophète (cf. Is 52, 7) – car, à travers des routes longues et accidentées, ils ont apporté une joyeuse nouvelle, dans laquelle tout renaît désormais. C’est un jour nouveau ! Nous participons nous aussi à ce tournant, auquel personne ne semble encore croire : la paix existe et elle est déjà parmi nous.
« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne » (Jn 14, 27). C’est ce que Jésus a dit à ses disciples, auxquels il venait de laver les pieds, messagers de paix qui, à partir de ce moment-là, devraient courir de par le monde, sans se lasser, pour révéler à tous « de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 12).
Aujourd’hui, donc, non seulement nous sommes surpris par la paix qui est déjà là, mais nous célébrons comment ce don nous a été fait. En effet, c’est dans le comment que brille la différence divine qui nous fait éclater en chants de joie. Ainsi, dans le monde entier, Noël est par excellence une fête de musique et de chants.
Le prologue du quatrième Évangile est également un hymne qui a pour protagoniste le Verbe de Dieu. Le “verbe” est un mot qui agit. C’est une caractéristique de la Parole de Dieu : elle n’est jamais sans effet. À bien y regarder, beaucoup de nos paroles produisent elles aussi des effets, parfois indésirables. Oui, les mots agissent. Mais voici la surprise que nous réserve la liturgie de Noël : le Verbe de Dieu apparaît et ne sait pas parler, il vient à nous comme un nouveau-né qui ne fait que pleurer et vagir. Il « s’est fait chair » (Jn 1, 14) et, même s'il grandira et apprendra un jour la langue de son peuple, pour l'instant, seule sa présence simple et fragile parle. La « chair », c’est la nudité radicale qui, à Bethléem et au Calvaire, manque aussi de mots ; tout comme n’ont pas non plus de paroles beaucoup de nos frères et sœurs dépouillés de leur dignité et réduits au silence. La chair humaine demande des soins, invoque l’accueil et la reconnaissance, recherche des mains capables de tendresse et des esprits disposés à l’écoute, désire de bonnes paroles.
« Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu » (Jn 1, 11). Voici la manière paradoxale dont la paix est déjà parmi nous : le don de Dieu nous engage, il cherche à être accueilli et suscite le dévouement. Il nous surprend parce qu’il s’expose au rejet, il nous enchante parce qu’il nous arrache à l’indifférence. Devenir enfants de Dieu est un véritable pouvoir : un pouvoir qui reste enfoui tant que nous restons détachés des pleurs des enfants et de la fragilité des personnes âgées, du silence impuissant des victimes et de la mélancolie résignée de ceux qui font le mal qu’ils ne veulent pas.
Comme l’a écrit le bien-aimé Pape François, pour nous ramener à la joie de l’Évangile : « Parfois, nous sommes tentés d’être des chrétiens qui se maintiennent à une prudente distance des plaies du Seigneur. Pourtant, Jésus veut que nous touchions la misère humaine, la chair souffrante des autres. Il attend que nous renoncions à chercher ces abris personnels ou communautaires qui nous permettent de nous garder distants du cœur des drames humains, afin d’accepter vraiment d’entrer en contact avec l’existence concrète des autres et de connaître la force de la tendresse » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 270).
Chers frères et sœurs, puisque le Verbe s’est fait chair, c’est désormais la chair qui parle, qui crie le désir divin de nous rencontrer. Le Verbe a établi parmi nous sa fragile tente. Et comment ne pas penser aux tentes de Gaza, exposées depuis des semaines à la pluie, au vent et au froid, et à celles de tant d’autres réfugiés et déplacés sur chaque continent, ou aux abris de fortune de milliers de personnes sans-abri dans nos villes ? Fragile est la chair des populations vulnérables, éprouvées par tant de guerres en cours ou terminées, laissant derrière elles des ruines et des blessures ouvertes. Fragiles sont les esprits et les vies des jeunes contraints de prendre les armes, qui, sur le front, ressentent l’absurdité de ce qui leur est demandé et le mensonge dont sont imprégnés les discours grandiloquents de ceux qui les envoient mourir.
Lorsque la fragilité d’autrui pénètre notre cœur, lorsque la douleur d’autrui brise nos certitudes granitiques, alors la paix commence déjà. La paix de Dieu naît d’un vagissement accueilli, d’un pleur entendu : elle naît parmi les ruines qui appellent une nouvelle solidarité, elle naît de rêves et de visions qui, comme des prophéties, inversent le cours de l’histoire. Oui, tout cela existe, car Jésus est le Logos, le sens à partir duquel tout a pris forme. « C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui » (Jn 1, 3). Ce mystère nous interpelle depuis les crèches que nous avons construites, il nous ouvre les yeux sur un monde où la Parole résonne encore, “à maintes reprises et de bien des manières” (cf. He 1, 1), et nous appelle encore à la conversion.
Certes, l’Évangile ne cache pas la résistance des ténèbres à la lumière, il décrit le chemin de la Parole de Dieu comme une route impraticable, semée d’embûches. Jusqu’à aujourd’hui, les authentiques messagers de paix suivent le Verbe sur cette voie, qui finit par atteindre les cœurs : des cœurs inquiets, qui désirent souvent précisément ce à quoi ils résistent. Ainsi, Noël motive de nouveau une Église missionnaire, la poussant sur les chemins que la Parole de Dieu lui a tracés. Nous ne servons pas une parole autoritaire – elles résonnent déjà partout – mais une présence qui suscite le bien, en connaît l’efficacité, n’en revendique pas le monopole.
Voici le chemin de la mission : un chemin vers l’autre. En Dieu, chaque parole est une parole adressée, une invitation à la conversation, une parole qui n’est jamais la même. C’est le renouveau que le Concile Vatican II a promu et que nous ne verrons fleurir qu’en marchant ensemble avec l’humanité tout entière, sans jamais nous en séparer. Le contraire est mondain : avoir soi-même pour centre. Le mouvement de l’Incarnation est un dynamisme de conversation. Il y aura la paix lorsque nos monologues s’interrompront et que, fécondés par l’écoute, nous tomberons à genoux devant la chair nue de l’autre. La Vierge Marie est précisément en cela la Mère de l’Église, l’Étoile de l’évangélisation, la Reine de la paix. En elle, nous comprenons que rien ne naît de la démonstration de la force et que tout renaît de la puissance silencieuse de la vie accueillie.
28 décembre 2025 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière de l’Angelus
Aujourd’hui, nous célébrons la Fête de la Sainte Famille et la liturgie nous propose le récit de la “fuite en Égypte” (cf. Mt 2, 13-15.19-23).
C’est un moment d’épreuve pour Jésus, Marie et Joseph. En effet, sur le tableau lumineux de Noël se projette, presque soudainement, l’ombre inquiétante d’une menace mortelle, qui trouve son origine dans la vie tourmentée d’Hérode, un homme cruel et sanguinaire, redouté pour sa cruauté, mais précisément pour cette raison profondément seul et obsédé par la peur d’être détrôné. Quand il apprend par les mages que le “roi des Juifs” est né (cf. Mt 2, 2), se sentant menacé dans son pouvoir, il décrète la mise à mort de tous les enfants de l’âge correspondant à celui de Jésus. Dans son royaume, Dieu accomplit le plus grand miracle de l’histoire, dans lequel s’accomplissent toutes les anciennes promesses de salut, mais il ne parvient pas à le voir, aveuglé par la crainte de perdre son trône, ses richesses, ses privilèges.
À Bethléem, il y a de la lumière, il y a de la joie : certains bergers ont reçu l’annonce céleste et, devant la crèche, ils ont glorifié Dieu (cf. Lc 2, 8-20), mais rien de tout cela ne parvient à pénétrer les défenses blindées du palais royal, si ce n’est comme l’écho déformé d’une menace, à étouffer dans une violence aveugle.
Mais c’est précisément cette dureté de cœur qui met encore plus en évidence la valeur de la présence et de la mission de la Sainte Famille qui, dans le monde despotique et avide que représente le tyran, est le nid et le berceau de la seule réponse de salut possible : celle de Dieu qui, dans une gratuité totale, se donne aux hommes sans réserve et sans prétention. Et le geste de Joseph qui, obéissant à la voix du Seigneur, met en sécurité l’Épouse et l’Enfant, se manifeste ici dans toute sa signification rédemptrice. En Égypte, en effet, la flamme de l’amour domestique à laquelle le Seigneur a confié sa présence dans le monde grandit et prend de la vigueur pour apporter la lumière au monde entier.
Alors que nous contemplons ce mystère avec émerveillement et gratitude, pensons à nos familles et à la lumière qu’elles peuvent apporter à la société dans laquelle nous vivons. Malheureusement, le monde a toujours ses “Hérodes”, ses mythes du succès à tout prix, du pouvoir sans scrupules, du bien-être vide et superficiel, et il en paie souvent les conséquences dans la solitude, le désespoir, les divisions et les conflits. Ne laissons pas ces mirages étouffer la flamme de l’amour dans les familles chrétiennes. Au contraire, gardons en elles les valeurs de l’Évangile : la prière, la fréquentation des sacrements – en particulier la confession et la communion –, les affections saines, le dialogue sincère, la fidélité, la simplicité et la beauté des paroles et des gestes bons de chaque jour. Cela les rendra lumière d’espérance pour les milieux dans lesquels nous vivons, école d’amour et instrument de salut entre les mains de Dieu (cf. François, Homélie lors de la messe pour la Xe Rencontre mondiale des familles, 25 juin 2022).
Demandons donc au Père céleste, par l’intercession de Marie et de saint Joseph, de bénir nos familles et toutes les familles du monde, afin qu’elles grandissent à l’image de celle de son Fils fait homme et soient pour tous un signe efficace de sa présence et de son infinie charité.
29 décembre 2025 – Discours du Pape Léon XIV, aux pèlerins de la paroisse Santo Tomás de Villanueva d'Alcalá de Henares (Espagne)
Votre paroisse a pour patron saint Thomas de Villanova, religieux augustin espagnol, ouvert à l’action de Dieu dans sa vie, et dont la disponibilité l’a conduit à faire beaucoup de bien à l’Église et à la société de son temps. Vous connaissez bien sa biographie, et la ville d’Alcalá de Henares, où vous vivez, conserve des traces significatives de son passage sur cette terre.
En rendant grâce pour le témoignage de dévouement et de fidélité de ce saint évêque, je voudrais partager avec vous certaines de ses caractéristiques distinctives, qui peuvent nous aider à réfléchir sur les plans personnel, familial et communautaire. Dans sa vie et dans ses écrits, il nous révèle une recherche incessante de la prière continue, c’est-à-dire une sainte inquiétude d’être en présence de Dieu à chaque instant. Cela implique une profonde intériorité et un dépouillement de soi pour écouter et pour laisser agir le Seigneur.
29 décembre 2025 – Discours du Pape aux membres de l'Association nationale des communes italiennes (ANCI)
L’Incarnation du Fils de Dieu nous fait rencontrer un enfant, dont la douce fragilité se heurte à l’arrogance du roi Hérode. En particulier, le massacre des innocents qu’il a ordonné ne signifie pas seulement une perte d’avenir pour la société, mais il est la manifestation d’un pouvoir inhumain, qui ne connaît pas la beauté de l’amour parce qu’il ignore la dignité de la vie humaine.
À l’inverse, la naissance du Seigneur révèle l’aspect le plus authentique de tout pouvoir, qui est d’abord responsabilité et service. Pour que toute autorité puisse exprimer ces caractéristiques, il est nécessaire d’incarner les vertus de l’humilité, de l’honnêteté et du partage. Dans votre engagement public, en particulier, vous êtes conscients de l’importance de l’écoute, comme dynamique sociale qui active ces vertus. Il s’agit en effet de prêter attention aux besoins des familles et des personnes, en ayant un soin particulier pour les plus fragiles, pour le bien de tous.
La crise démographique et les difficultés des familles et des jeunes, la solitude des personnes âgées et le cri silencieux des pauvres, la pollution de l’environnement et les conflits sociaux sont des réalités qui ne vous laissent pas indifférents. Tandis que vous cherchez à y apporter des réponses, vous savez bien que nos villes ne sont pas des lieux anonymes, mais des visages et des histoires à préserver comme des trésors précieux. Dans ce travail, on devient maire jour après jour, en grandissant comme administrateurs justes et dignes de confiance.
À ce propos, que le vénérable Giorgio La Pira vous serve d’exemple. Dans un discours aux conseillers municipaux de Florence, il affirmait :
« Vous n’avez à mon égard qu’un seul droit : celui de me retirer votre confiance ! Mais vous n’avez pas le droit de me dire : Monsieur le Maire, ne vous occupez pas des personnes sans travail (licenciées ou au chômage), sans maison (les expulsés), sans assistance (les personnes âgées, les malades, les enfants). C’est mon devoir fondamental. S’il y a quelqu’un qui souffre, j’ai un devoir précis : intervenir de toutes les manières, avec tous les moyens que l’amour suggère et que la loi fournit, afin que cette souffrance soit soit diminuée, soit soulagée. Il n’existe pas d’autre règle de conduite pour un maire en général, et pour un maire chrétien en particulier » (Écrits, VI, p. 83).
La cohésion sociale et l’harmonie civique requièrent avant tout l’écoute des plus petits et des pauvres : sans cet engagement, « la démocratie s’atrophie, devient un nominalisme, une formalité, perd sa représentativité, se désincarne, parce qu’elle laisse de côté le peuple dans sa lutte quotidienne pour la dignité, dans la construction de son destin » (François, Discours, 5 novembre 2016). Face aux difficultés comme aux opportunités de développement, je vous exhorte à devenir des maîtres de dévouement au bien commun, en favorisant une alliance sociale pour l’espérance.
Au terme du Jubilé, je partage volontiers avec vous ce thème important, que mon cher prédécesseur, le pape François, avait indiqué dans la Bulle d’indiction. Tous, écrivait-il, « ont besoin de retrouver la joie de vivre, car l’être humain, créé à l’image et à la ressemblance de Dieu (cf. Gn 1,26), ne peut se contenter de survivre ou de vivoter, de s’adapter au présent en se laissant satisfaire par des réalités uniquement matérielles. Cela enferme dans l’individualisme et ronge l’espérance, engendrant une tristesse qui s’installe dans le cœur, rendant aigres et intolérants » (Spes non confundit, 9).
Nos villes connaissent malheureusement des formes de marginalisation, de violence et de solitude qui demandent à être affrontées. Je voudrais attirer l’attention en particulier sur le fléau du jeu d’argent, qui ruine de nombreuses familles. Les statistiques en enregistrent en Italie une forte augmentation ces dernières années. Comme le souligne Caritas Italiana dans son dernier Rapport sur la pauvreté et l’exclusion sociale, il s’agit d’un grave problème éducatif, de santé mentale et de confiance sociale. Nous ne pouvons pas non plus oublier d’autres formes de solitude dont souffrent de nombreuses personnes : troubles psychiques, dépressions, pauvreté culturelle et spirituelle, abandon social. Ce sont des signes qui indiquent combien il y a besoin d’espérance. Pour en témoigner efficacement, la politique est appelée à tisser des relations authentiquement humaines entre les citoyens, en promouvant la paix sociale.
Don Primo Mazzolari, prêtre attentif à la vie de son peuple, écrivait que « le pays n’a pas seulement besoin d’égouts, de maisons, de routes, d’aqueducs, de trottoirs. Le pays a aussi besoin d’une manière de sentir, de vivre, une manière de se regarder, une manière de se considérer comme frères » (Discours, Bologne 2006, p. 470). L’activité administrative trouve ainsi sa pleine réalisation, car elle fait croître les talents des personnes, en donnant une épaisseur culturelle et spirituelle aux villes.
Très chers, ayez donc le courage d’offrir l’espérance aux personnes, en projetant ensemble le meilleur avenir pour vos territoires, dans la logique d’une promotion humaine intégrale. En vous remerciant pour votre disponibilité à servir la communauté, je vous accompagne dans la prière, afin qu’avec l’aide de Dieu vous puissiez affronter efficacement vos responsabilités, en partageant l’engagement avec vos collaborateurs et vos concitoyens. À vous et à vos familles, j’accorde de tout cœur la bénédiction apostolique et j’adresse mes meilleurs vœux pour la nouvelle année. Merci !
31 décembre 2025 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et jeunes mariés, au terme de l’Audience Générale
J’encourage chacun de nous à cheminer toujours sur la voie de l’humilité, de l’unité, que le Fils de Dieu a choisi pour Lui, en venant dans le monde
31 décembre 2025 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la prière des Vêpres et du Te Deum concluant l’année 2025
Que pouvons-nous souhaiter à Rome ? D’être à la hauteur de ses petits. Des enfants, des personnes âgées seules et fragiles, des familles qui ont plus de mal à avancer, des hommes et des femmes venus de loin dans l’espoir d’une vie digne.