Léon XIV et la famille - 2026

Publié le 2026-09-16

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Famille

 

 

 

 

 

2026

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1er janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière de l’Angelus

     Prions tous ensemble pour la paix : d’abord entre les nations ensanglantées par les conflits et la misère, mais aussi dans nos foyers, dans les familles blessées par la violence et la souffrance. Certains que le Christ, notre espérance, est le soleil de justice qui ne s’éteint jamais, demandons avec confiance l’intercession de Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Église.

 

 

 

 

 

2 janvier 2026 – Message vidéo du Pape Léon XIV aux jeunes, à l'occasion du SEEK26 [Columbus (Ohio), Denver (Colorado) et Fort Worth (Texas), 1-5 janvier 2026]

     Vers la fin du premier chapitre de l’Evangile selon Saint Jean, il nous est dit quelque chose sur les deux premiers disciples de Jésus, dont l’un était André. Ils étaient disciples de Jean le Baptiste, et lorsque Jean, parlant de Jésus, l’appela l’Agneau de Dieu, ils commencèrent aussitôt à suivre Jésus (cf. v. 36). Quand Jésus les vit, il se retourna et prononça les premières paroles rapportées dans l’Évangile selon saint Jean : « Que cherchez-vous ? » (v. 38).
     Jésus adresse cette question aux disciples parce qu’il connaît leurs cœurs. Ils étaient inquiets, au bon sens du terme. Ils ne voulaient pas se contenter de la routine ordinaire de la vie. Ils étaient ouverts à Dieu et désiraient ardemment trouver un sens. Aujourd’hui, Jésus pose la même question à chacun de vous. Chers jeunes, que cherchez-vous ? Pourquoi êtes-vous ici à cette conférence ? Peut-être que vos cœurs aussi sont inquiets, en quête de sens et d’accomplissement, d’une orientation pour votre vie. La réponse se trouve dans une personne. Seul le Seigneur Jésus nous apporte la vraie paix et la vraie joie, et comble chacun de nos désirs les plus profonds.
     Les disciples lui répondent en lui demandant où il demeure. Il ne leur suffisait pas que quelqu’un d’autre leur dise que Jésus était l’Agneau de Dieu ; ils voulaient le connaître personnellement en passant du temps avec lui. Durant cette conférence, vous aussi aurez l’occasion de passer du temps avec le Seigneur. Comme pour André, peut-être que pour certains d’entre vous ce sera la première véritable rencontre avec le Christ. Pour d’autres, ce week-end sera l’occasion d’approfondir votre relation avec lui, ainsi que votre compréhension de la foi catholique. Soyez ouverts à ce que le Seigneur a préparé pour vous !
     Les deux disciples restèrent d’abord avec Jésus seulement quelques heures, mais cette rencontre changea leur vie pour toujours. La première chose qu’André fit fut d’aller dire à son frère Simon : « Nous avons trouvé le Messie » (v. 41), autrement dit : « Nous avons trouvé celui que nous cherchions ! ». C’est la réponse que nous pouvons tous donner lorsque nous apprenons à connaître le Seigneur. Ce passage nous dit donc ce que signifie être missionnaire. Après avoir rencontré Jésus, André ne put s’empêcher de partager avec son frère ce qu’il avait trouvé. En effet, le zèle missionnaire naît d’une rencontre avec le Christ. Nous désirons partager avec les autres ce que nous avons reçu, afin qu’eux aussi puissent connaître la plénitude d’amour et de vérité que l’on trouve uniquement en lui. Je prie pour qu’au moment de quitter cette conférence, vous soyez tous animés de ce même zèle missionnaire, pour partager avec les personnes qui vous entourent la joie reçue d’une rencontre authentique avec le Seigneur.
     Chers jeunes, alors que vous vous approchez de Jésus au cours de ce week-end, à travers l’amitié, les sacrements et l’Adoration eucharistique, n’ayez pas peur de lui demander à quoi il vous appelle. Certains d’entre vous, comme André et Simon Pierre, pourraient être appelés au sacerdoce, pour servir le peuple de Dieu par la célébration des sacrements, par la prédication de la Parole de Dieu, en marchant avec le peuple de Dieu. D’autres pourraient être appelés à la vie religieuse, à se donner entièrement à Dieu ; d’autres encore peuvent être appelés au mariage et à la vie familiale. Si vous sentez que le Seigneur vous appelle, n’ayez pas peur. Permettez-moi de souligner une fois encore que lui seul connaît les désirs les plus profonds, peut-être cachés, de votre cœur, et le chemin qui vous conduira à la vraie plénitude. Laissez-vous conduire et guider par lui ! 

     Demandons à Marie, Mère de Dieu de nous conduire vers Jésus Christ, son Fils, afin que nous puissions vraiment le connaître, connaître son amour pour nous et le merveilleux dessein qu’il a pour chacune de nos vies. Ainsi, nos cœurs trouveront véritablement la paix en celui que nous cherchons.
 

 

 

7 janvier 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins polonais, au terme de l’Audience Générale

     Je m’unis dans la prière aux prêtres qui portent la bénédiction de Dieu dans vos maisons, dans vos familles, aux malades et aux personnes seules.

 

 

 

 

7 janvier 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale

     Jésus que nous contemplons dans le Mystère de Noël soit pour vous tous un guide sur pour l’année nouvelle.

 

 

 

 

9 janvier 2026 – Discours du pape Léon XIV aux membres du Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège à l’occasion des vœux de la nouvelle année

        De nos jours, le sens des mots est de plus en plus flou et les concepts qu’ils représentent de plus en plus ambigus. Le langage n’est plus le moyen privilégié de la nature humaine pour connaître et rencontrer, mais, dans les replis de l’ambiguïté sémantique, il devient de plus en plus une arme pour tromper ou frapper et offenser ses adversaires. Nous avons besoin que les mots recommencent à exprimer sans équivoque des réalités certaines. C’est seulement ainsi qu’un dialogue authentique et sans malentendus pourra reprendre. Cela doit se produire dans nos foyers et sur nos places, en politique, dans les moyens de communication et sur les réseaux sociaux, ainsi que dans le contexte des relations internationales et du multilatéralisme, afin que ce dernier puisse retrouver la force nécessaire pour jouer son rôle de rencontre et de médiation, indispensable pour prévenir les conflits, et que personne ne soit tenté de dominer l’autre par la logique de la force, qu’elle soit verbale, physique ou militaire.

     Il convient également de noter que le paradoxe de cet affaiblissement de la parole est souvent revendiqué au nom de la liberté d’expression elle-même. Mais à y regarder de plus près, c’est le contraire qui est vrai : la liberté de parole et d’expression est garantie précisément par la certitude du langage et par le fait que chaque terme est ancré dans la vérité. Il est douloureux de constater, en revanche, que, surtout en Occident, les espaces de véritable liberté d’expression se réduisent de plus en plus, tandis que se développe un nouveau langage à la saveur orwellienne qui, dans sa tentative d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’animent.

     Malheureusement, cette dérive en entraîne d’autres qui finissent par restreindre les droits fondamentaux de la personne, à commencer par la liberté de conscience. Dans ce contexte, l’objection de conscience autorise l’individu à refuser des obligations légales ou professionnelles qui sont en contradiction avec des principes moraux, éthiques ou religieux profondément ancrés dans sa sphère personnelle : qu’il s’agisse du refus du service militaire au nom de la non-violence ou du refus de pratiques telles que l’avortement ou l’euthanasie pour des médecins et des professionnels de santé. L’objection de conscience n’est pas une rébellion, mais un acte de fidélité à soi-même. En ce moment particulier de l’histoire, la liberté de conscience semble faire l’objet d’une remise en question accrue de la part des États, y compris ceux qui se déclarent fondés sur la démocratie et les droits de l’homme. Cette liberté établit au contraire un équilibre entre l’intérêt collectif et la dignité individuelle, soulignant qu’une société authentiquement libre n’impose pas l’uniformité, mais protège la diversité des consciences, en prévenant les dérives autoritaires et en favorisant un dialogue éthique qui enrichit le tissu social.

    

     La vocation à l’amour et à la vie, qui se manifeste de manière éminente dans l’union exclusive et indissoluble entre la femme et l’homme, impose un impératif éthique fondamental : mettre les familles en mesure d’accueillir et de prendre pleinement soin de la vie naissante. Cela est plus que jamais prioritaire, en particulier dans les pays qui connaissent une baisse dramatique du taux de natalité. La vie est en effet un don inestimable qui se développe dans le cadre d’un projet relationnel fondé sur la réciprocité et le service.

     C’est à la lumière de cette vision profonde de la vie comme un don à protéger et de la famille comme sa gardienne responsable qu’il faut rejeter catégoriquement les pratiques qui nient ou instrumentalisent l’origine de la vie et son développement. Parmi celles-ci, il y a l’avortement, qui interrompt une vie naissante et refuse d’accueillir le don de la vie. À cet égard, le Saint-Siège exprime sa profonde préoccupation face aux projets visant à financer la mobilité transfrontalière visant à accéder au soi-disant « droit à l’avortement sûr » et estime déplorable que des ressources publiques soient consacrées à la suppression de la vie, au lieu d’être investies dans le soutien aux mères et aux familles. L’objectif premier doit rester la protection de chaque enfant à naître et le soutien effectif et concret de chaque femme afin qu’elle puisse accueillir la vie.

     De même, la maternité de substitution, qui transforme la gestation en un service négociable, viole la dignité tant de l’enfant, réduit à un “produit”, que de la mère, en instrumentalisant son corps et le processus de génération et en altérant le projet relationnel originel de la famille.

     De semblables considérations peuvent être étendues aux malades et aux personnes âgées et seules, qui ont parfois du mal à trouver une raison de continuer à vivre. Il incombe également à la société civile et aux États de répondre concrètement aux situations de fragilité, en proposant des solutions à la souffrance humaine, comme les soins palliatifs, et en promouvant des politiques de solidarité authentique, plutôt que d’encourager des formes de compassion illusoires comme l’euthanasie.

     Une réflexion similaire peut être faite à propos de beaucoup de jeunes confrontés à de nombreuses difficultés, parmi lesquelles la dépendance aux drogues. Un effort conjoint de tous est nécessaire pour éradiquer ce fléau de l'humanité et le trafic de drogue qui l'alimente, afin d'éviter que des millions de jeunes à travers le monde ne finissent victimes de la consommation de drogues. Conjointement à cet effort, il devra y avoir des politiques adéquates de désintoxication et des investissements plus importants dans la promotion humaine, l'éducation et la création d'emplois.

     À la lumière de ces défis, il faut réaffirmer avec force que la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain. Une société n'est saine et avancée que lorsqu'elle protège le caractère sacré de la vie humaine et s'efforce activement de la promouvoir.

          Il ne faut toutefois pas oublier une forme subtile de discrimination religieuse à l’égard des chrétiens qui se répand également dans des pays où ils sont majoritaires, comme en Europe ou en Amérique, où ils voient parfois leur possibilité d’annoncer les vérités évangéliques limitée pour des raisons politiques ou idéologiques, en particulier lorsqu’ils défendent la dignité des plus faibles, des enfants à naître, des réfugiés et des migrants, ou lorsqu’ils promeuvent la famille.

 

 

11 janvier 2026 – homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe dans la Chapelle Sixtine en la fête du Baptême de Jésus. Le Pape y célébrant des Baptêmes

     Lorsque le Seigneur entre dans l’histoire, il vient à la rencontre de la vie de chacun avec un cœur ouvert et humble. Il cherche notre regard avec le sien, plein d’amour, et dialogue avec nous en nous révélant la Parole du salut. Fait homme, le Fils de Dieu réalise pour tous une possibilité surprenante, qui inaugure un temps nouveau et inattendu, même pour les prophètes.

     Jean-Baptiste s’en rend immédiatement compte et demande à Jésus : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et tu viens à moi ? » (Mt 3, 14). Comme une lumière dans les ténèbres, le Seigneur se trouve là où nous ne l’attendons pas : il est le Saint parmi les pécheurs, qui veut habiter parmi nous sans garder ses distances, mais en assumant pleinement tout ce qui est humain. « Laisse faire », répond Jésus à Jean, « car il convient que nous accomplissions toute justice » (v. 15). Quelle justice ? Celle de Dieu, qui dans le baptême de Jésus opère notre justification : dans son infinie miséricorde, le Père nous rend justes par son Christ, l’unique Sauveur de tous. Comment cela se produit-il ? Celui qui est baptisé par Jean dans le Jourdain fait de ce geste un signe nouveau de mort et de résurrection, de pardon et de communion. Voici le sacrement que nous célébrons aujourd’hui pour vos enfants : parce que Dieu les aime, ils deviennent chrétiens, nos frères et sœurs.

     Les enfants que vous tenez maintenant dans vos bras sont transformés en créatures nouvelles. Tout comme ils ont reçu la vie de vous, leurs parents, ils reçoivent maintenant le sens de cette vie : la foi. Lorsque nous savons qu’un bien est essentiel, nous le recherchons immédiatement pour ceux que nous aimons. Qui d’entre nous, en effet, laisserait les nouveau-nés sans vêtements ni nourriture, en attendant qu’ils choisissent eux-mêmes, une fois grands, comment s’habiller et quoi manger ? Très chers amis, si la nourriture et les vêtements sont nécessaires pour vivre, la foi est plus que nécessaire, car avec Dieu, la vie trouve le salut.

     Son amour providentiel se manifeste sur terre à travers vous, mères et pères qui demandez la foi pour vos enfants. Bien sûr, le jour viendra où ils deviendront trop lourds à porter dans vos bras ; et le jour viendra aussi où ce sera eux qui vous soutiendront. Que le baptême, qui nous unit dans l’unique famille de l’Église, sanctifie à tout moment toutes vos familles, en donnant force et constance à l’affection qui vous unit.
     Les gestes que nous allons accomplir dans un instant en sont de magnifiques témoignages : l’eau du baptistère est le lavage dans l’Esprit, qui purifie de tout péché ; la robe blanche est le vêtement neuf que Dieu le Père nous donne pour la fête éternelle de son Royaume ; la bougie allumée à la flamme pascale est la lumière du Christ ressuscité, qui illumine notre chemin. Je vous souhaite de le poursuivre avec joie tout au long de l’année qui vient de commencer et tout au long de votre vie, certain que le Seigneur accompagnera toujours vos pas.


 

11 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus

     La fête du Baptême de Jésus, que nous célébrons aujourd’hui, marque le début du temps ordinaire : ce temps de l’année liturgique nous invite à suivre ensemble le Seigneur, à écouter sa Parole et à imiter ses gestes d’amour envers le prochain. C’est ainsi, en effet, que nous confirmons et renouvelons notre baptême, ce sacrement qui fait de nous des chrétiens, nous libérant du péché et nous transformant en enfants de Dieu, par la puissance de son Esprit de vie.

     L’Évangile que nous entendons aujourd’hui raconte comment naît ce signe efficace de la grâce. Lorsqu’il se fait baptiser par Jean dans le Jourdain, Jésus voit « l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui » (Mt 3, 16). Au même moment, du ciel ouvert, on entend la voix du Père qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé » (v. 17). Alors toute la Trinité se rend présente dans l’histoire : comme le Fils descend dans les eaux du Jourdain, ainsi le Saint-Esprit descend sur lui et, à travers lui, nous est donné comme force de salut.

     Très chers amis, Dieu ne regarde pas le monde de loin, sans toucher notre vie, nos maux et nos attentes ! Il vient parmi nous avec la sagesse de son Verbe fait chair, nous impliquant dans un projet d’amour surprenant pour toute l’humanité.

      C’est pourquoi Jean-Baptiste, émerveillé, demande à Jésus : « Toi, tu viens à moi ? » (v. 14). Oui, dans sa sainteté, le Seigneur se fait baptiser comme tous les pécheurs pour révéler l’infinie miséricorde de Dieu. Le Fils unique, en qui nous sommes frères et sœurs, vient en effet pour servir et non pour dominer, pour sauver et non pour condamner. Il est le Christ rédempteur : il prend sur lui ce qui est nôtre, y compris le péché, et nous donne ce qui est sien, c’est-à-dire la grâce d’une vie nouvelle et éternelle.

     Le sacrement du baptême réalise cet événement en tout temps et en tout lieu, en introduisant chacun de nous dans l’Église, qui est le peuple de Dieu, formé d’hommes et de femmes de toutes nations et de toutes cultures, régénérés par son Esprit. Consacrons donc cette journée à nous souvenir du grand don reçu, en nous engageant à en témoigner avec joie et cohérence. Aujourd’hui même, j'ai baptisé quelques nouveau-nés, qui sont devenus nos nouveaux frères et sœurs dans la foi : comme il est beau de célébrer comme une seule famille l’amour de Dieu qui nous appelle par notre nom et nous libère du mal ! Le premier des sacrements est un signe sacré qui nous accompagne pour toujours. Dans les heures sombres, le baptême est lumière ; dans les conflits de la vie, le baptême est réconciliation ; à l’heure de la mort, le baptême est la porte du ciel.

     Prions ensemble la Vierge Marie, en lui demandant de soutenir chaque jour notre foi et la mission de l’Église.

 

 

11 janvier 2026 – Paroles du Pape Léon XIV au terme de la prière mariale de l’Angelus

     Comme je l’ai déjà dit, ce matin, selon la coutume de la fête du Baptême de Jésus, j'ai baptisé quelques nouveau-nés, enfants d’employés du Saint-Siège. Je voudrais maintenant étendre ma bénédiction à tous les enfants qui ont reçu ou recevront le baptême ces jours-ci, à Rome et dans le monde entier, en les confiant à la protection maternelle de la Vierge Marie. Je prie tout particulièrement pour les enfants nés dans des conditions difficiles, tant sur le plan de la santé que des dangers extérieurs. Que la grâce du baptême, qui les unit au mystère pascal du Christ, agisse efficacement en eux et dans leurs familles.

 

14 janvier 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de de l’Audience Générale

   La fête du Baptême de Jésus que nous avons célébré dimanche dernier, réveille en tous le souvenir de notre Baptême. Il constitue pour chacun un encouragement à témoigner toujours la joie de l’adhésion au Christ, Fils préféré du Père et notre Frère qui illumine le chemin de la vie

 

 

15 janvier 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux familles des jeunes décédés à Crans-Montana (Suisse) :

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Que la paix soit avec vous.

Bonjour à tous, bienvenue.

     Je vous avoue très sincèrement que je suis très ému de vous rencontrer. Quand j’ai appris que certains d’entre vous avaient demandé cette audience, j’ai immédiatement répondu : « Oui, nous trouverons le temps ». Je voulais au moins avoir l’occasion de partager un moment qui, pour vous, au milieu de tant de douleur et de souffrance, est vraiment une mise à l’épreuve de notre foi, une mise à l’épreuve de ce en quoi nous croyons. On se demande souvent : « Pourquoi, Seigneur ? ». Quelqu’un m’a rappelé un moment similaire, précisément lors de la messe des funérailles où, au lieu de faire un sermon, le prêtre parlait comme dans un dialogue entre la personne et Dieu lui-même, avec cette question qui nous accompagne toujours : « Pourquoi, Seigneur, pourquoi ? ».

     Ce sont des moments de grande peine et de grande souffrance. L’un de vos êtres le plus aimé, le plus cher, a perdu la vie dans une catastrophe d’une extrême violence, ou bien se trouve pour longtemps hospitalisé, le corps défiguré des conséquences d’un terrible incendie qui a frappé l’imagination du monde entier. Et cela au moment le plus imprévu, en un jour où tout le monde se réjouissait et faisait la fête pour s’échanger des vœux de joie et de bonheur.

Que dire en pareille circonstance ? Quel sens donner à de tels événements ? Où trouver une consolation à la hauteur de ce que vous éprouvez ?... une consolation qui ne soit pas de vaines paroles superficielles mais qui touche en profondeur et ranime l’espérance ? Il n’y a qu’une parole, frères et sœurs, qui convienne : celle du Fils de Dieu sur la Croix – dont vous êtes si proches aujourd’hui – et qui, du profond de son abandon et de sa peine cria vers le Père : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46).

      La réponse du Père à la supplique de son Fils se fait attendre trois jours, dans le silence. Mais quelle réponse ! Jésus ressuscite glorieux, vivant pour toujours dans la joie et la lumière éternelle de Pâques.

     Je ne peux pas vous expliquer, frères et sœurs, pourquoi il vous est demandé, à vos proches comme à vous-mêmes, de traverser une telle épreuve. L’affection et les paroles humaines de compassion que je vous adresse aujourd’hui paraissent bien limitées et impuissantes.  En revanche, le Successeur de Pierre que vous êtes venus rencontrer aujourd’hui vous l’affirme avec force et conviction : votre espérance n’est pas vaine car le Christ est vraiment ressuscité ! La Sainte Église en est témoin et l’annonce avec certitude.   Saint Paul, qui l’avait vu vivant, le disait au chrétiens de Corinthe : « Si nous avons mis notre espérance dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis » (1 Co 15, 19.20).

     Chers frères et sœurs, rien ne pourra jamais vous séparer de l’amour du Christ (cf. Rm 8, 35), de même vos proches qui souffrent ou que vous avez perdu. La foi qui nous habite éclaire les moments les plus sombres et les plus douloureux de nos vies d’une lumière irremplaçable, qui nous aide à continuer courageusement la route vers le but. Jésus nous précède sur ce chemin de mort et de résurrection qui demande patience et persévérance. Soyez assurés de sa proximité et de sa tendresse, Il n’est pas loin de ce que vous vivez, au contraire, Il le partage et le porte avec vous. De même l’Église tout entière le porte avec vous. Soyez assurés de sa prière – et de ma prière personnelle – pour le repos de vos défunts, pour le soulagement de ceux que vous aimez et qui souffrent, et pour vous-mêmes qui les accompagnez de votre tendresse et de votre amour.

     Votre cœur est aujourd’hui transpercé, comme le fut celui de Marie au pied de la Croix, Marie qui voyait son Fils. Notre Dame des Douleurs est toute proche de vous en ces jours, et c’est à elle que je vous confie. Adressez-lui sans retenue vos larmes et cherchez auprès d’elle le réconfort maternel qu’elle pourra vous donner. Comme Marie, vous saurez attendre avec patience, dans la nuit de la souffrance mais la certitude de la foi, que se lève un jour nouveau ; et vous retrouverez la joie.

     En signe de réconfort, je vous donne à chacun, ainsi qu’à tous vos proches qui souffrent, la Bénédiction Apostolique.

 

Prions ensemble : Notre Père

Et à Notre Mère, Notre Dame des Douleurs, disons : Je vous salue Marie…

Que la paix et la consolation de la foi vous accompagnent toujours. Amen.

 

17 janvier 2026 - Message du Pape Léon XIV aux participants à la ‘‘Marche pour la vie’’ de Washington D.C. le 23 janvier 2026. Message publié sur le site du Vatican, le 22 janvier 2026

      J’adresse de cordiales salutations à tous ceux d’entre vous qui participent à la March for Life 2026. J’exprime également ma profonde reconnaissance et je vous assure de ma proximité spirituelle tandis que vous vous rassemblez pour ce témoignage public éloquent, afin d’affirmer que « la protection du droit à la vie constitue le fondement indispensable de tout autre droit humain » (Discours aux membres du Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, 9 janvier 2026).
     En effet, « une société est saine et progresse seulement lorsqu’elle protège la sacralité de la vie humaine et s’emploie activement à la promouvoir » (ibid.). À ce propos, je voudrais vous encourager, en particulier vous les jeunes, à continuer de veiller à ce que la vie soit respectée à toutes ses étapes, par des efforts appropriés à chaque niveau de la société, y compris par le dialogue avec les responsables civils et politiques.
     Que Jésus, qui a promis d’être avec nous toujours (cf. Mt 28,20), vous accompagne aujourd’hui tandis que vous marchez avec courage et pacifiquement au nom des enfants à naître. En les défendant, sachez que vous accomplissez le commandement du Seigneur de le servir dans les plus petits de nos frères et de nos sœurs (cf. Mt 25,31-46).
     Dans ces sentiments, je vous confie tous, ainsi que ceux qui vous soutiennent par leurs prières et leurs sacrifices, à l’intercession de Marie Immaculée, Patronne des États-Unis d’Amérique, et je vous accorde bien volontiers ma Bénédiction apostolique, en gage d’abondantes grâces célestes.

Du Vatican, le 17 janvier 2026

Léon PP. XIV

 

 

24 Janvier 2026 - Message du Pape Léon XIV pour la 60e Journée Mondiale des Communications Sociales 2026
Garder les voix et les visages humains
Chers frères et sœurs !
     Le visage et la voix sont des traits uniques, distinctifs, de chaque personne ; ils manifestent son identité irréductible et constituent l’élément fondamental de toute rencontre. Les anciens le savaient bien. Ainsi, pour définir la personne humaine, les anciens Grecs ont utilisé le mot « visage » (prósōpon), qui, étymologiquement, indique ce qui se tient devant le regard, le lieu de la présence et de la relation. Le terme latin persona (de per-sonare) inclut, quant à lui, le son : non pas n’importe quel son, mais la voix inimitable de quelqu’un.
     Le visage et la voix sont sacrés. Ils nous ont été donnés par Dieu, qui nous a créés à son image et à sa ressemblance, nous appelant à la vie par la Parole qu’Il nous a adressée ; Parole qui a d’abord résonné à travers les siècles dans les voix des prophètes, puis qui s’est faite chair dans la plénitude des temps. Cette Parole – cette communication que Dieu fait de Lui-même – nous avons aussi pu l’entendre et la voir directement (cf. 1 Jn 1,1-3), car elle s’est manifestée dans la voix et dans le Visage de Jésus, Fils de Dieu.
     Dès le moment de la création, Dieu a voulu l’homme comme son interlocuteur et, comme le dit saint Grégoire de Nysse, il a imprimé sur son visage un reflet de l’amour divin, afin qu’il puisse vivre pleinement son humanité par l’amour. Garder les visages et les voix humaines signifie donc garder ce sceau, ce reflet indélébile de l’amour de Dieu. Nous ne sommes pas une espèce faite d’algorithmes biochimiques définis à l’avance. Chacun de nous a une vocation irremplaçable et inimitable, qui émerge de la vie et se manifeste précisément dans la communication avec les autres.
     La technologie numérique, si nous manquons à cette garde, risque au contraire de modifier radicalement certains des piliers fondamentaux de la civilisation humaine, que nous tenons parfois pour acquis. En simulant des voix et des visages humains, la sagesse et la connaissance, la conscience et la responsabilité, l’empathie et l’amitié, les systèmes connus sous le nom d’intelligence artificielle n’interfèrent pas seulement dans les écosystèmes de l’information, mais envahissent aussi le niveau le plus profond de la communication, celui de la relation entre personnes humaines.
     Le défi n’est donc pas technologique, mais anthropologique. Garder les visages et les voix signifie, en dernière analyse, nous garder nous-mêmes. Accueillir avec courage, détermination et discernement les opportunités offertes par la technologie numérique et l’intelligence artificielle ne signifie pas nous cacher les points critiques, les zones d’ombre, les risques.

Ne pas renoncer à sa propre pensée
     Depuis longtemps, de multiples preuves montrent que des algorithmes conçus pour maximiser l’engagement sur les réseaux sociaux – profitable pour les plateformes – favorisent les émotions rapides et pénalisent, au contraire, les expressions humaines qui demandent plus de temps, comme l’effort de compréhension et la réflexion. En enfermant des groupes de personnes dans des bulles de consensus facile et d’indignation facile, ces algorithmes affaiblissent la capacité d’écoute et de pensée critique et augmentent la polarisation sociale.
     À cela s’est ajoutée une confiance naïve et acritique dans l’intelligence artificielle comme « amie » omnisciente, dispensatrice de toute information, archive de toute mémoire, « oracle » de tout conseil. Tout cela peut éroder davantage notre capacité de penser de manière analytique et créative, de comprendre les significations, de distinguer entre syntaxe et sémantique.
     Bien que l’IA puisse fournir un soutien et une assistance dans la gestion de tâches communicatives, se soustraire à l’effort de sa propre pensée, en se contentant d’une compilation statistique artificielle, risque à long terme d’affaiblir nos capacités cognitives, émotionnelles et communicatives.
     Ces dernières années, les systèmes d’intelligence artificielle assument de plus en plus aussi le contrôle de la production de textes, de musique et de vidéos. Une grande partie de l’industrie créative humaine risque ainsi d’être démantelée et remplacée par l’étiquette « Powered by AI », transformant les personnes en simples consommateurs passifs de pensées non pensées, de produits anonymes, sans paternité, sans amour, tandis que les chefs-d’œuvre du génie humain dans les domaines de la musique, de l’art et de la littérature sont réduits à un simple champ d’entraînement pour les machines.
     La question qui nous importe, cependant, n’est pas ce que la machine peut ou pourra faire, mais ce que nous pouvons et pourrons faire, en grandissant en humanité et en connaissance, grâce à un usage sage d’outils aussi puissants à notre service. Depuis toujours, l’homme est tenté de s’approprier le fruit de la connaissance sans la fatigue de l’engagement, de la recherche et de la responsabilité personnelle. Renoncer au processus créatif et céder aux machines ses propres fonctions mentales et son imagination signifie pourtant ensevelir les talents que nous avons reçus afin de grandir comme personnes en relation avec Dieu et avec les autres. Cela signifie cacher notre visage et réduire notre voix au silence.

Être ou feindre : simulation des relations et de la réalité
     Lorsque nous parcourons nos flux d’informations (feeds), il devient de plus en plus difficile de comprendre si nous interagissons avec d’autres êtres humains ou avec des « bots » ou des « influenceurs virtuels ». Les interventions non transparentes de ces agents automatisés influencent les débats publics et les choix des personnes. En particulier, les chatbots fondés sur de grands modèles linguistiques (LLM) se révèlent étonnamment efficaces dans la persuasion occulte, grâce à une optimisation continue de l’interaction personnalisée. La structure dialogique, adaptative et mimétique de ces modèles linguistiques est capable d’imiter les sentiments humains et de simuler ainsi une relation. Cette anthropomorphisation, qui peut même paraître amusante, est en même temps trompeuse, surtout pour les personnes les plus vulnérables. Car les chatbots rendus excessivement « affectueux », en plus d’être toujours présents et disponibles, peuvent devenir les architectes cachés de nos états émotionnels et envahir ainsi la sphère de l’intimité des personnes.
     La technologie qui exploite notre besoin de relation peut non seulement avoir des conséquences douloureuses sur le destin des individus, mais aussi porter atteinte au tissu social, culturel et politique des sociétés. Cela se produit lorsque nous substituons aux relations avec les autres celles avec des IA entraînées à cataloguer nos pensées et à construire autour de nous un monde de miroirs, où tout est fait « à notre image et à notre ressemblance ». De cette manière, nous nous laissons voler la possibilité de rencontrer l’autre, toujours différent de nous, avec lequel nous pouvons et devons apprendre à dialoguer. Sans l’accueil de l’altérité, il ne peut y avoir ni relation ni amitié.
     Un autre grand défi posé par ces systèmes émergents est celui de la distorsion (bias), qui conduit à acquérir et à transmettre une perception altérée de la réalité. Les modèles d’IA sont façonnés par la vision du monde de ceux qui les construisent et peuvent à leur tour imposer des modes de pensée en reproduisant les stéréotypes et les préjugés présents dans les données auxquelles ils puisent. Le manque de transparence dans la conception des algorithmes, joint à une représentation sociale insuffisante des données, tend à nous maintenir prisonniers de réseaux qui manipulent nos pensées et perpétuent, voire approfondissent, les inégalités et les injustices sociales existantes.
     Le risque est grand. Le pouvoir de la simulation est tel que l’IA peut aussi nous illusionner en fabriquant des « réalités » parallèles, en s’appropriant nos visages et nos voix. Nous sommes plongés dans une multidimensionnalité où il devient de plus en plus difficile de distinguer la réalité de la fiction.
     À cela s’ajoute le problème de l’inexactitude. Des systèmes qui présentent une probabilité statistique comme une connaissance nous offrent en réalité, au mieux, des approximations de la vérité, qui sont parfois de véritables « hallucinations ». L’absence de vérification des sources, conjuguée à la crise du journalisme de terrain, qui exige un travail continu de collecte et de vérification des informations sur les lieux mêmes où se produisent les événements, peut favoriser un terrain encore plus fertile pour la désinformation, provoquant un sentiment croissant de méfiance, de désorientation et d’insécurité.

Une alliance possible
     Derrière cette immense force invisible qui nous concerne tous, il n’y a qu’une poignée d’entreprises, celles dont les fondateurs ont récemment été présentés comme les créateurs de la « personnalité de l’année 2025 », c’est-à-dire les architectes de l’intelligence artificielle. Cela suscite une inquiétude importante concernant le contrôle oligopolistique des systèmes algorithmiques et d’intelligence artificielle capables d’orienter subtilement les comportements, et même de réécrire l’histoire humaine – y compris l’histoire de l’Église – souvent sans que l’on puisse réellement s’en rendre compte.
     Le défi qui nous attend ne consiste pas à arrêter l’innovation numérique, mais à la guider, en étant conscients de son caractère ambivalent. Il appartient à chacun de nous d’élever la voix en défense des personnes humaines, afin que ces outils puissent réellement être intégrés par nous comme des alliés.
     Cette alliance est possible, mais elle doit se fonder sur trois piliers : la responsabilité, la coopération et l’éducation.
     D’abord la responsabilité. Celle-ci peut se décliner, selon les rôles, en honnêteté, transparence, courage, capacité de vision, devoir de partager la connaissance, droit à l’information. Mais, de manière générale, personne ne peut se soustraire à sa propre responsabilité face à l’avenir que nous construisons.
     Pour ceux qui sont à la tête des plateformes en ligne, cela signifie veiller à ce que leurs stratégies d’entreprise ne soient pas guidées par le seul critère de la maximisation du profit, mais aussi par une vision à long terme qui tienne compte du bien commun, de la même manière que chacun d’eux a à cœur le bien de ses propres enfants.
     Aux créateurs et aux développeurs de modèles d’IA sont demandées transparence et responsabilité sociale quant aux principes de conception et aux systèmes de modération qui sous-tendent leurs algorithmes et les modèles développés, afin de favoriser un consentement éclairé de la part des utilisateurs.
     La même responsabilité est demandée aux législateurs nationaux et aux régulateurs supranationaux, auxquels il revient de veiller au respect de la dignité humaine. Une réglementation adéquate peut protéger les personnes d’un lien émotionnel avec les chatbots et contenir la diffusion de contenus faux, manipulatoires ou trompeurs, en préservant l’intégrité de l’information face à sa simulation mensongère.
     Les entreprises de médias et de communication ne peuvent à leur tour permettre que des algorithmes orientés vers la conquête à tout prix de quelques secondes d’attention supplémentaires l’emportent sur la fidélité à leurs valeurs professionnelles, orientées vers la recherche de la vérité. La confiance du public se conquiert par la précision et la transparence, non par la course à un engagement quelconque. Les contenus générés ou manipulés par l’IA doivent être signalés et clairement distingués des contenus créés par les personnes. Il faut protéger la paternité et la propriété souveraine du travail des journalistes et des autres créateurs de contenu. L’information est un bien public. Un service public constructif et significatif ne se fonde pas sur l’opacité, mais sur la transparence des sources, l’inclusion des sujets concernés et un niveau élevé de qualité.
     Nous sommes tous appelés à coopérer. Aucun secteur ne peut affronter seul le défi de guider l’innovation numérique et la gouvernance de l’IA. Il est donc nécessaire de créer des mécanismes de sauvegarde. Toutes les parties prenantes – de l’industrie technologique aux législateurs, des entreprises créatives au monde académique, des artistes aux journalistes, aux éducateurs – doivent être impliquées dans la construction et la mise en œuvre d’une citoyenneté numérique consciente et responsable.
     C’est précisément à cela que vise l’éducation : accroître nos capacités personnelles de réflexion critique, évaluer la fiabilité des sources et les intérêts possibles qui se cachent derrière la sélection des informations qui nous parviennent, comprendre les mécanismes psychologiques qu’elles activent, permettre à nos familles, communautés et associations d’élaborer des critères pratiques pour une culture de la communication plus saine et plus responsable.
     C’est pourquoi il est de plus en plus urgent d’introduire dans les systèmes éducatifs à tous les niveaux une alphabétisation aux médias, à l’information et à l’IA, que certaines institutions civiles promeuvent déjà. Comme catholiques, nous pouvons et devons apporter notre contribution, afin que les personnes – surtout les jeunes – acquièrent une capacité de pensée critique et grandissent dans la liberté de l’esprit. Cette alphabétisation devrait en outre être intégrée dans des initiatives plus larges d’éducation permanente, atteignant également les personnes âgées et les membres marginalisés de la société, qui se sentent souvent exclus et impuissants face aux rapides changements technologiques.
     L’alphabétisation aux médias, à l’information et à l’IA aidera tous à ne pas se conformer à la dérive anthropomorphisante de ces systèmes, mais à les traiter comme des instruments, à utiliser toujours une validation externe des sources – qui pourraient être imprécises ou erronées – fournies par les systèmes d’IA, à protéger leur vie privée et leurs données en connaissant les paramètres de sécurité et les options de contestation. Il est important d’éduquer et de s’éduquer à utiliser l’IA de manière intentionnelle et, dans ce contexte, de protéger sa propre image (photos et audio), son visage et sa voix, afin d’éviter qu’ils soient utilisés dans la création de contenus et de comportements nuisibles, tels que les fraudes numériques, le cyberharcèlement, les deepfakes qui violent la vie privée et l’intimité des personnes sans leur consentement. De même que la révolution industrielle exigeait une alphabétisation de base pour permettre aux personnes de réagir à la nouveauté, la révolution numérique exige aussi une alphabétisation digitale (avec une formation humaniste et culturelle) pour comprendre comment les algorithmes modèlent notre perception de la réalité, comment fonctionnent les biais de l’IA, quels sont les mécanismes qui déterminent l’apparition de certains contenus dans nos flux d’informations (feeds), quels sont et comment peuvent évoluer les présupposés et les modèles économiques de l’économie de l’IA.
     Nous avons besoin que le visage et la voix redeviennent l’expression de la personne. Nous avons besoin de préserver le don de la communication comme la vérité la plus profonde de l’homme, vers laquelle doit s’orienter toute innovation technologique.
     En proposant ces réflexions, je remercie ceux qui œuvrent pour les objectifs ici envisagés et je bénis de tout cœur tous ceux qui travaillent pour le bien commun à travers les moyens de communication.

Du Vatican, le 24 janvier 2026, mémoire de saint François de Sales.

LÉON PP. XIV

[1] « Être créé à l’image de Dieu signifie que, dès le moment de sa création, l’homme a reçu un caractère royal […]. Dieu est amour et source d’amour : le divin Créateur a également inscrit ce trait sur notre visage, afin que, par l’amour – reflet de l’amour divin –, l’être humain reconnaisse et manifeste la dignité de sa nature et la ressemblance avec son Créateur » (cf. saint Grégoire de Nysse, La création de l’homme : PG 44, 137).

 

 

26 janvier 2026 – Discours du Pape Léon XIV à la Rote Romaine, à l’occasion de l’inauguration de 97ème année judiciaire

     Je voudrais aujourd’hui revenir sur un thème fondamental qui a dominé les discours adressés au Tribunal de la Rote romaine, de Pie XII jusqu’au Pape François. Il s’agit du rapport entre votre activité et la vérité inhérente à la justice. A cette occasion, je voudrais vous proposer quelques réflexions sur le lien étroit qui existe entre la vérité de la justice et la vertu de la charité. Il ne s’agit pas de deux principes opposés, ni de valeurs à équilibrer selon des critères purement pragmatiques, mais de deux dimensions intrinsèquement liées, qui trouvent leur harmonie la plus profonde dans le mystère même de Dieu, qui est Amour et Vérité.

     Cette corrélation suppose une exégèse critique constante et précise, car, dans l’exercice de l’activité juridictionnelle, une tension dialectique apparaît souvent entre les exigences de la vérité objective et les préoccupations de la charité. Il existe parfois le risque qu’une identification excessive avec les vicissitudes — souvent tourmentées — des fidèles puisse conduire à une relativisation dangereuse de la vérité. En effet, une compassion mal comprise, bien qu’apparemment motivée par le zèle pastoral, risque d’occulter la dimension nécessaire de l’établissement de la vérité propre à la fonction judiciaire. Cela peut se produire non seulement dans le domaine des causes de nullité matrimoniale — où cela pourrait conduire à des décisions pastorales dépourvues de fondement objectif solide — mais aussi dans tout type de procédure, en compromettant leur rigueur et leur équité.

     D’autre part, il peut parfois y avoir une affirmation froide et détachée de la vérité qui ne tient pas compte de tout ce qu’exige l’amour des personnes, omettant les préoccupations dictées par le respect et la miséricorde, qui doivent être présentes à toutes les étapes d’un procès.

     En considérant la relation entre la vérité et la charité, une orientation claire nous est donnée par l’enseignement de l’apôtre Paul qui nous exhorte : «Vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toutes manières vers Celui qui est la Tête, le Christ» (Ep 4, 15). Veritatem facientes in caritate : il ne s’agit pas simplement de se conformer à une vérité spéculative, mais de «rendre la vérité», c’est-à-dire une vérité qui doit éclairer toute l’action.    Et cela doit être fait «dans la charité», qui est la grande force motrice qui conduit accomplir la véritable justice. Avec une autre phrase biblique, cette fois de saint Jean, vous êtes appelés à être «des collaborateurs de la vérité» (3 Jn 8). Benoît XVI, qui avait choisi ces mots comme devise épiscopale, a souligné dans son Encyclique Caritas in veritate la «nécessité de conjuguer l’amour avec la vérité non seulement selon la direction indiquée par saint Paul: celle de la “veritas in caritate” (Ep 4, 15), mais aussi, dans celle inverse et complémentaire, de la “caritas in veritate”. La vérité doit être cherchée, découverte et exprimée dans l’“économie” de l’amour, mais l’amour à son tour doit être compris, vérifié et pratiqué à la lumière de la vérité» (n. 2).

     Votre action doit donc toujours être motivée par ce véritable amour du prochain qui recherche avant tout son salut éternel dans le Christ et dans l’Eglise, ce qui implique l’adhésion à la vérité de l’Evangile. Nous trouvons ainsi l’horizon dans lequel doit se situer toute activité juridique ecclésiale : la salus animarum comme loi suprême dans l’Eglise [1]. De cette manière, votre service à la vérité de la justice est une contribution bienveillante au salut des âmes

     Tous les aspects des procès canoniques pourraient être replacés dans le contexte de la vérité dans la charité. Tout d’abord, les actions des différents protagonistes du procès doivent être entièrement caractérisés par un désir sincère de contribuer à faire la lumière sur la sentence juste à prononcer, avec une honnêteté intellectuelle rigoureuse, une compétence technique et une conscience droite. La tension permanente de tous vers la vérité est ce qui rend toute l’activité des tribunaux profondément harmonieuse, selon une conception institutionnelle du procès, magistralement décrite par le vénérable Pie XII dans son discours à la Rote de 1944 [2]. L’objectif qui unit tous les participants aux procès, chacun dans la fidélité à son propre rôle, est la recherche de la vérité, qui ne se réduit pas à l’accomplissement professionnel, mais qui doit être comprise comme l’expression directe de la responsabilité morale. Cela est motivé principalement par la charité, en sachant toutefois aller au-delà des seules exigences de la justice, pour servir autant que possible le bien intégral des personnes, sans dénaturer sa fonction mais en l’exerçant avec un plein sens ecclésial.

     Le service de la vérité dans la charité doit resplendir dans tout le travail des tribunaux ecclésiaux. Il faut que cela puisse être apprécié par toute la communauté ecclésiale et en particulier par les fidèles concernés : par ceux qui demandent un jugement sur leur union matrimoniale, ceux qui sont accusés d’avoir commis un crime canonique, ceux qui se considèrent victimes d’une grave injustice et ceux qui revendiquent un droit. Les procès canoniques doivent inspirer la confiance qui découle du sérieux professionnel, du travail intense et attentif, du dévouement convaincu à ce qui peut et doit être perçu comme une véritable vocation professionnelle. Les fidèles et toute la communauté ecclésiale ont droit à l’exercice correct et opportun des fonctions procédurales, car il s’agit d’un parcours qui touche les consciences et les vies.

     C’est à cette lumière que doit être soulignée la vérité, et donc le bien et la beauté, de toutes les fonctions et de tous les services liés aux procès. Veritatem facientes in caritate: tous les opérateurs de justice doivent agir selon une déontologie qui doit être étudiée et pratiquée avec soin dans le domaine canonique, en veillant à ce qu’il devienne véritablement exemplaire. En ce sens, un style inspiré par la déontologie doit également imprégner le travail des avocats lorsqu’ils assistent les fidèles dans la défense de leurs droits, en protégeant les intérêts des parties sans jamais dépasser ce qui, en conscience, est considéré comme juste et conforme à la loi. Les promoteurs de la justice et les défenseurs du lien sont essentiels à l’administration de la justice, appelés par leur mission à protéger le bien public.   Une approche purement bureaucratique dans un rôle aussi important porterait un préjudice évident à la recherche de la vérité.

     Les juges, appelés à la grave responsabilité de déterminer ce qui est juste, ce qui est vrai, ne peuvent manquer de se rappeler que «La justice marche avec la paix. Elle est en relation constante et dynamique avec elle. La justice et la paix tendent au bien de tous et de chacun, c’est pourquoi elles exigent ordre et vérité. Quand l’une est menacée, toutes deux vacillent ; quand on offense la justice, la paix est elle-même mise en péril» [3]. Considéré sous cet angle, le juge devient un artisan de paix qui contribue à consolider l’unité de l’Eglise dans le Christ.

     Le procès n’est pas en soi une tension entre des intérêts opposés, comme on le croit parfois à tort, mais l’instrument indispensable pour discerner la vérité et la justice dans le cas. Le processus contradictoire dans le procès est donc une méthode dialogique pour établir la vérité. La nature concrète du cas exige en effet toujours que les faits soient établis et que les raisons et les preuves en faveur des différentes positions soient comparées, sur la base des présomptions de validité du mariage et d’innocence de la personne mise en examen, jusqu’à preuve du contraire. L’expérience juridique acquise témoigne du rôle essentiel de la procédure contradictoire et de l’importance décisive de la phase d’instruction préliminaire.  Le juge, en conservant son indépendance et son impartialité, doit trancher le litige en fonction des éléments et des arguments apparus lors du procès. Le non-respect de ces principes fondamentaux de justice — et le fait de favoriser une disparité injustifiée dans le traitement de situations similaires — constitue une violation notable du profil juridique de la communion ecclésiale.

     Ces considérations pourraient s’appliquer à chaque phase du procès et à chaque type de cause judiciaire. A titre d’exemple, dans le procès plus bref de nullité du mariage devant l’évêque diocésain, la nature à première vue évidente du motif de nullité qui la rend possible doit être jugée avec beaucoup d’attention, sans oublier que c’est le processus lui-même, dûment mis en œuvre, qui confirmera l’existence de nullité ou déterminera la nécessité de recourir au procès ordinaire. Il est donc fondamental de continuer à étudier et à appliquer le droit canonique sur le mariage avec rigueur scientifique et fidélité au Magistère.  Cette science est indispensable pour résoudre les causes selon les critères établis par la loi et par la jurisprudence de la Rote romaine, qui, dans la majorité des cas, ne font que déclarer les exigences du droit naturel.

     Chers amis, votre mission est noble et exigeante. Vous êtes appelés à préserver la vérité avec rigueur mais sans rigidité, et à exercer la charité sans omission. Dans cet équilibre, qui est en réalité une profonde unité, il faut manifester une véritable sagesse juridique chrétienne. Je voudrais conclure ces réflexions en confiant votre travail à l’intercession de la Vierge Marie Speculum iustitiae, modèle parfait de vérité dans la charité. Merci !

____________________________

[1] Cf. C. de D.C., can. 1752.

[2] 2 octobre 1944.

[3] Saint Jean-Paul II, Message pour la XXXI e Journée mondiale de la paix, 1 er janvier 1998, n. 1.

 

 

 

28 janvier 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes époux, au terme de l’Audience Générale

     Que l’intercession de Saint Thomas d’Aquin, Docteur de l’Eglise, vous obtienne à vous, chers nouveaux époux, la sagesse du cœur afin de vous puissiez réaliser généreusement votre mission dans la société

 

28 janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV à l’occasion de la Messe pour les victimes de l’incendie à Crans-Montana. Message publié le 1er février 2026

      C’est avec émotion que je m’adresse à vous tous qui êtes réunis dans la peine et la douleur, un mois après le tragique incendie de Crans-Montana qui a causé de nombreuses victimes. Vous avez perdu un être cher, ou bien l’un de vos proches souffre encore – peut-être pour longtemps – de ses blessures qui le marqueront pour la vie.

     Je désire simplement vous manifester ma proximité et ma tendresse, avec celles de toute l’Église qui, par sa présence maternelle désire – autant qu’il est possible – porter avec vous le fardeau, et qui prie le Seigneur Jésus de soutenir votre foi dans l’épreuve. Je forme le vœu que vous trouviez auprès de vos prêtres et de vos Communautés chrétiennes les secours fraternels et spirituels que vous cherchez pour surmonter la peine et garder courage.

     En ces heures où vos âmes sont traversées, non seulement par la souffrance, mais aussi par l’incompréhension et le sentiment d’abandon, je ne peux que vous confiez à la Vierge Marie, Notre-Dame-des-Douleurs, qui vous serre sur son cœur et vous invite à regarder avec elle la Croix, sur laquelle son Jésus bien-aimé a souffert Lui aussi, et a donné sa vie. Sur la Croix, le Fils de Dieu – Dieu en personne – a voulu partager ce que vous vivez aujourd’hui. Il partagera aussi avec vous sa glorieuse et bienheureuse résurrection. Car Jésus est vraiment ressuscité ! Telle est la douce certitude que la Sainte Église annonce avec assurance et sérénité, et sur laquelle est fondée notre immense espérance. L’espérance de revoir un jour ceux que vous avez perdus, l’espérance aussi que, dès ici-bas, se lèvera pour vous un jour nouveau, et que la joie reviendra dans vos cœurs.

     Soyez-en absolument certains, comme l’affirme saint Paul : ni la mort, ni la vie, ni le présent, ni l’avenir, ni les épreuves, ni la séparation, ni la souffrance… rien ne pourra, vous et vos êtres chers, vous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ (cf.  Rm 8, 38). Et rien de ce que vous avez vécu de beau et d’heureux avec eux n’est perdu pour toujours ; rien n’est fini !

     C’est pourquoi, si Marie vous invite, en ces jours tristes et sombres, à regarder la Croix, elle vous invite aussi à regarder le Ciel, toujours lumineux. En saisissant fermement l’ancre de l’espérance qui s’y trouve solidement fixée et que Jésus vous tend (cf. He 6, 19), vous recevrez la force et le courage de persévérer, et de continuer votre route.

     Portant cette intention dans ma prière, et demandant au Seigneur le repos de vos défunts et le soulagement de ceux que vous aimez, je vous donne de grand cœur une affectueuse Bénédiction Apostolique.

Du Vatican, le 28 janvier 2026

LÉON XIV

 

28 janvier 2026 - Lettre du Pape Léon XIV au presbyterium de l’archidiocèse de Madrid à l’occasion de l’Assemblée presbytérale « Convivium ». Publiée sur le site du Vatican le 9 février 2026

      Le temps que vit l’Église nous invite à nous arrêter ensemble pour une réflexion sereine et honnête. Non pas tant pour nous en tenir à des diagnostics immédiats ou à la gestion des urgences, mais pour apprendre à lire en profondeur le moment que nous vivons, en reconnaissant, à la lumière de la foi, les défis et aussi les possibilités que le Seigneur ouvre devant nous. Sur ce chemin, il devient de plus en plus nécessaire d’éduquer notre regard et de nous exercer au discernement, afin de pouvoir percevoir plus clairement ce que Dieu est déjà en train d’accomplir, souvent de manière silencieuse et discrète, au milieu de nous et de nos communautés.

     Cette lecture du présent ne peut faire abstraction du cadre culturel et social dans lequel la foi est aujourd’hui vécue et exprimée. Dans de nombreux milieux, nous constatons des processus avancés de sécularisation, une polarisation croissante du discours public et une tendance à réduire la complexité de la personne humaine, en l’interprétant à partir d’idéologies ou de catégories partielles et insuffisantes. Dans ce contexte, la foi risque d’être instrumentalisée, banalisée ou reléguée au rang de l’insignifiant, tandis que s’affirment des formes de coexistence qui font abstraction de toute référence transcendante.
     À cela s’ajoute un changement culturel profond qui ne peut être ignoré : la disparition progressive des références communes. Pendant longtemps, la graine chrétienne a trouvé un terrain largement préparé, car le langage moral, les grandes questions sur le sens de la vie et certaines notions fondamentales étaient, au moins en partie, partagés. Aujourd’hui, ce substrat commun s’est considérablement affaibli. Bon nombre des présupposés conceptuels qui, pendant des siècles, ont facilité la transmission du message chrétien, ne sont plus évidents et, dans bien des cas, ne sont même plus compréhensibles. L’Évangile ne se heurte pas seulement à l’indifférence, mais aussi à un horizon culturel différent, où les mots n’ont plus le même sens et où la première annonce ne peut être considérée comme acquise.
     Cependant, cette description n’épuise pas ce qui se passe réellement. Je suis convaincu – et je sais que beaucoup d’entre vous le perçoivent dans l’exercice quotidien de votre ministère – qu’au cœur de nombreuses personnes, en particulier des jeunes, s’ouvre aujourd’hui une nouvelle inquiétude. L’absolutisation du bien-être n’a pas apporté le bonheur escompté ; une liberté détachée de la vérité n’a pas généré la plénitude promise ; et le progrès matériel, à lui seul, n’a pas réussi à combler le désir profond du cœur humain.
     En effet, les propositions dominantes, ainsi que certaines lectures herméneutiques et philosophiques qui ont voulu interpréter la destinée de l’homme, loin d’offrir une réponse suffisante, ont souvent laissé un sentiment accru de lassitude et de vide. C’est précisément pour cette raison que nous constatons que de nombreuses personnes commencent à s’ouvrir à une recherche plus honnête et plus authentique, une recherche qui, accompagnée de patience et de respect, les conduit à nouveau à la rencontre du Christ. Cela nous rappelle que pour le prêtre, ce n’est pas le moment de se replier sur soi-même ou de se résigner, mais d’être fidèle et généreusement disponible. Tout cela naît de la reconnaissance que l’initiative vient toujours du Seigneur, qui est déjà à l’œuvre et nous précède par sa grâce.

 

29 janvier 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux participants à l'Assemblée plénière du Dicastère pour la Doctrine de la Foi

    En vérité, nombreux sont les jeunes qui vivent désormais sans aucune référence à Dieu et à l’Eglise; et si, d’une part, cela provoque en nous croyants une profonde douleur, d’autre part, cela doit nous conduire à redécouvrir «la douce et réconfortante joie d’évangéliser» , qui est au cœur même de la vie et de la mission de l’Epouse du Christ.

 

 

31 janvier 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux participants à la Rencontre « Political Innovation Hackathon: one humanity, one planet »

     Il n’y aura pas de paix sans mettre fin à la guerre que l’humanité se fait à elle-même lorsqu’elle écarte les plus faibles, lorsqu’elle exclut les pauvres, lorsqu’elle demeure indifférente face au réfugié et à l’opprimé. Seul celui qui prend soin des plus petits peut accomplir des choses vraiment grandes. Mère Teresa de Calcutta, sainte des derniers et prix Nobel de la paix, affirmait à ce sujet que « le plus grand destructeur de la paix est l’avortement » (cf. Discours au National Prayer Breakfast, 3 février 1994). Sa voix demeure prophétique : aucune politique ne peut en effet se mettre au service des peuples si elle exclut de la vie ceux qui sont sur le point de venir au monde, si elle ne secourt pas ceux qui sont dans la misère matérielle et spirituelle.
 

4 février 2026 – Paroles du Pape Léon XIV,  aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale

     Saint Agathe, martyre en Catagne, signifie « bonne ». La source de chaque bonté est Dieu, notre plus grand bien. Je souhaite à chacun de vous d’être « bons », c’est-à-dire de fidèles témoins de l’amour du Père céleste, qui nous comble de tant de ses dons et nous appelle à participer à sa propre joie.

 

 

5 Février 2026 – Discours du Pape Léon XIV au Comité de direction de l'Organisation
« From Crisis to Care: Catholic Action for Children »

     Alors que vous vous réunissez pour poursuivre les engagements issus du Sommet international sur les droits de l’enfant, convoqué par mon prédécesseur, le pape François, en cette même période l’an dernier, je vous adresse à tous un accueil cordial. Soyez assurés de mes prières tandis que vous cherchez à discerner la volonté du Seigneur et à lire les « signes des temps » concernant l’impact des crises mondiales sur les « plus petits » de Dieu.  
     Il est en effet tragique que les enfants et les jeunes de notre monde, ceux que Jésus voulait voir venir à lui, soient si souvent privés de soins et de l’accès aux biens de première nécessité. De plus, ils disposent souvent de peu d’occasions pour réaliser le potentiel que Dieu leur a donné. Malheureusement, je constate que la situation actuelle des enfants ne s’est pas améliorée au cours de l’année écoulée, et il est en outre profondément préoccupant de constater l’absence de progrès dans la protection des enfants contre les dangers. On en vient à se demander si les engagements mondiaux en faveur du développement durable n’ont pas été relégués au second plan lorsque l’on voit que, dans notre famille humaine mondiale, tant d’enfants vivent encore dans l’extrême pauvreté, subissent des abus et sont déplacés de force, sans parler du fait qu’ils n’ont pas accès à une éducation adéquate et qu’ils sont isolés ou séparés de leurs familles.
     Cela rappelle avec force l’accent mis par le pape François sur le « droit [de chaque enfant] à recevoir l’amour d’une mère et d’un père, tous deux nécessaires à son développement intégral et harmonieux » (Amoris laetitia, n. 172). Affirmons et défendons toujours la « vision profonde de la vie comme un don à accueillir et de la famille comme sa gardienne », en considérant comme « déplorable que des ressources publiques soient destinées à la suppression de la vie, au lieu d’être investies dans le soutien aux mères et aux familles » (Discours aux membres du Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, 9 janvier 2026).
     À cet égard, j’apprécie votre engagement à élaborer des moyens efficaces pour répondre aux préoccupations soulevées lors du Sommet sur les droits de l’enfant. Dans l’accomplissement de cette tâche, je souhaiterais mentionner deux points importants. Tout d’abord, vous parlez au nom de ceux qui n’ont pas de voix. C’est une mission véritablement noble. Souvenez-vous-en lorsque survient la tentation de vous décourager à cause d’initiatives qui n’ont pas abouti, de l’apparente absence d’intérêt de la part d’autrui ou du sentiment que la situation ne s’améliore pas. Que le bien que vous savez accomplir vous pousse à aller de l’avant.
     Le second point concerne la nécessité de se concentrer sur les besoins transversaux des enfants, qui peuvent facilement être négligés lorsque l’aide se limite à un seul domaine ou à un besoin particulier. À ce propos, je suis conscient que la manière spécifique dont chacun de vous répond aux besoins des enfants correspond à vos charismes propres et à vos spécialisations au sein de vos structures ecclésiales locales, de vos congrégations religieuses et de vos organisations d’inspiration catholique. Je vous exhorte cependant à trouver des moyens de travailler ensemble avec une plus grande harmonie, afin que les enfants reçoivent une assistance équilibrée, tenant compte de leur bien-être physique, psychologique et spirituel. Le Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, ainsi que l’Académie pontificale pour la Vie, l’Union des Supérieurs Généraux et l’Union Internationale des Supérieures Générales vous accompagnent dans cet effort, et j’encourage chacun de vous à élaborer des démarches concrètes et des plans d’action pour répondre aux besoins transversaux des enfants.
     Le pape François nous a souvent rappelé la nécessité d’écouter les enfants et s’est montré un maître exemplaire à cet égard. Je souhaiterais donc conclure en citant la lettre que les enfants lui ont présentée lors du Sommet de l’an dernier. Ils ont écrit : « Avec toi, nous voulons nettoyer le monde des choses mauvaises, le colorer d’amitié et de respect et t’aider à construire un avenir merveilleux pour tous ! ». En implorant l’intercession de Marie, Mère de l’Église, je prie pour que Dieu vous bénisse tous et vous donne force et courage tandis que vous aidez les enfants à transformer ces rêves en réalité.
     Merci.
     Demandons la bénédiction du Seigneur sur vous tous et souvenons-nous dans la prière, de manière particulière, des enfants, spécialement de ceux qui souffrent et qui manquent des biens essentiels pour vivre. Et prions : « Notre Père… ».

 

 

 

5 février 2026 – Message du Pape Léon XIV pour le Carême 2026. Publié sur le site du Vatican le 13 février 2026

Écouter et jeûner.
Le Carême comme temps de conversion

 

Chers frères et sœurs !

     Le Carême est le temps où l’Église, avec une sollicitude maternelle, nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie, afin que notre foi retrouve son élan et que notre cœur ne se disperse pas entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes.

     Tout cheminement de conversion commence lorsque nous nous laissons rejoindre par la Parole et que nous l’accueillons avec docilité d’esprit. Il existe donc un lien entre le don de la Parole de Dieu, l’espace d’hospitalité que nous lui offrons et la transformation qu’elle opère.    C’est pourquoi le cheminement du Carême devient une occasion propice pour prêter l’oreille à la voix du Seigneur et renouveler la décision de suivre le Christ, en parcourant avec Lui le chemin qui monte à Jérusalem où s’accomplit le mystère de sa passion, de sa mort et de sa résurrection.

Écouter

     Cette année, je voudrais attirer l’attention, en premier lieu, sur l’importance de laisser place à la Parole à travers l’écoute, car la disposition à écouter est le premier signe par lequel se manifeste le désir d’entrer en relation avec l’autre.

     Dieu Lui-même, se révélant à Moïse depuis le buisson ardent, montre que l’écoute est un trait distinctif de son être : « J’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris » (Ex 3, 7). L’écoute du cri de l’opprimé est le début d’une histoire de libération dans laquelle le Seigneur implique également Moïse, en l’envoyant ouvrir une voie de salut à ses enfants réduits en esclavage.

     Un Dieu engageant nous rejoint aujourd’hui aussi avec des pensées qui font vibrer son cœur. Pour cela, l’écoute de la Parole dans la liturgie nous éduque à une écoute plus authentique de la réalité : parmi les nombreuses voix qui traversent notre vie personnelle et sociale, les Saintes Écritures nous rendent capables de reconnaître celle qui s’élève de la souffrance et de l’injustice, afin qu’elle ne reste pas sans réponse. Entrer dans cette disposition intérieure de réceptivité c’est se laisser instruire aujourd’hui par Dieu à écouter comme Lui, jusqu’à reconnaître que « la condition des pauvres est un cri qui, dans l’histoire de l’humanité, interpelle constamment notre vie, nos sociétés, nos systèmes politiques et économiques et, enfin et surtout, l’Église ». [1]

 

Jeûner

     Si le Carême est un temps d’écoute, le jeûne constitue une pratique concrète qui dispose à l’accueil de la Parole de Dieu. L’abstinence de nourriture est, en effet, un exercice ascétique très ancien et irremplaçable dans le chemin de conversion. Précisément parce qu’il implique le corps, il rend plus évident ce dont nous avons “faim” et ce que nous considérons comme essentiel à notre subsistance. Il sert donc à discerner et à ordonner les “appétits”, à maintenir vigilant la faim et la soif de justice en les soustrayant à la résignation, en les éduquant pour qu’ils deviennent prière et responsabilité envers le prochain.

     Saint Augustin, avec finesse spirituelle, laisse entrevoir la tension entre le temps présent et l’accomplissement futur qui traverse cette garde du cœur, lorsqu’il observe que : « Au cours de la vie terrestre, il appartient aux hommes d’avoir faim et soif de justice, mais en être rassasiés appartient à l’autre vie. Les anges se rassasient de ce pain, de cette nourriture. Les hommes, en revanche, en ont faim, ils sont tous tendus vers le désir de celui-ci. Cette tension dans le désir dilate l’âme, augmente sa capacité ». [2] Le jeûne, compris dans ce sens, nous permet non seulement de discipliner le désir, de le purifier et de le rendre plus libre, mais aussi de l’élargir de manière à ce qu’il se tourne vers Dieu et s’oriente à accomplir le bien.

     Cependant, pour que le jeûne conserve sa vérité évangélique et échappe à la tentation d’enorgueillir le cœur, il doit toujours être vécu dans la foi et l’humilité. Cela exige de rester enraciné dans la communion avec le Seigneur parce que « personne ne jeûne vraiment s’il ne sait pas se nourrir de la Parole de Dieu ». [3] En tant que signe visible de notre engagement intérieur à nous soustraire, avec le soutien de la grâce, au péché et au mal, le jeûne doit également inclure d’autres formes de privation visant à nous faire acquérir un mode de vie plus sobre, car « c’est l’austérité seule qui rend authentique et forte notre vie chrétienne ». [4]

     Je voudrais donc vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens de communication, dans les communautés chrétiennes. Alors, nombre de paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix.

 

Ensemble

     Enfin, le Carême met en évidence la dimension communautaire de l’écoute de la Parole et de la pratique du jeûne. L’Écriture souligne également cet aspect de nombreuses façons. Par exemple, lorsqu’elle raconte, dans le livre de Néhémie, que le peuple se rassembla pour écouter la lecture publique du livre de la Loi et, pratiquant le jeûne, se disposa à la confession de foi et à l’adoration afin de renouveler l’alliance avec Dieu (cf. Ne 9, 1-3).

     De même, nos paroisses, les familles, les groupes ecclésiaux et les communautés religieuses sont appelés à accomplir pendant le Carême un cheminement commun dans lequel l’écoute de la Parole de Dieu, tout comme celle du cri des pauvres et de la terre, devienne une forme de vie commune et dans lequel le jeûne soutienne une authentique repentance. Dans cette perspective, la conversion concerne, outre la conscience de chacun, le style des relations, la qualité du dialogue, la capacité à se laisser interroger par la réalité et à reconnaître ce qui oriente véritablement le désir, tant dans nos communautés ecclésiales que dans l’humanité assoiffée de justice et de réconciliation.

     Biens aimés, demandons la grâce d’un Carême qui rende notre oreille plus attentive à Dieu et aux plus démunis. Demandons la force d’un jeûne qui passe aussi par la langue, afin que diminuent les paroles qui blessent et que grandisse l’espace pour la voix de l’autre. Et faisons en sorte que nos communautés deviennent des lieux où le cri de ceux qui souffrent soit accueilli et où l’écoute engendre des chemins de libération, nous rendant plus prompts et plus diligents à contribuer à l’édification de la civilisation de l’amour.

Je vous bénis de tout cœur ainsi que votre cheminement de Carême.

 

Du Vatican, le 5 février 2026, mémoire de sainte Agathe, vierge et martyre.

 

LÉON PP. XIV

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[1] Exhort. ap. Dilexi te (4 octobre 2025), 9.

[2] Saint Augustin, L’utilité du jeûne, 1, 1.

[3] Benoît XVI, Catéchèse (9 mars 2011).

[4] Saint Paul VI, Catéchèse (8 février 1978).

 

 

 

6 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux participants à l'Assemblée plénière du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie

     Je suis heureux de vous rencontrer en ces jours où vous êtes réunis pour l’Assemblée plénière du Dicastère pour les laïcs, la famille et la vie. Au centre de vos travaux se trouvent les thèmes de la formation chrétienne et des Rencontres mondiales, réalités importantes pour toute l’Église.
     Les Rencontres mondiales impliquent un grand nombre de participants et exigent un travail d’organisation complexe, à l’écoute et en collaboration avec les communautés locales et avec des personnes et des organismes qui, pour beaucoup, ont une longue et précieuse expérience de l’évangélisation.

     Je voudrais toutefois m’arrêter en particulier sur le thème de la formation chrétienne. Les paroles de saint Paul, que vous avez choisies comme titre de votre rencontre, indiquent une orientation précise à cet égard. Si nous considérons le verset dont elles sont extraites dans son intégralité, nous lisons : « Mes petits enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous ! » (Gal 4, 19). L’Apôtre s’adresse aux Galates en les appelant « mes petits enfants », faisant référence à une « douleur » par laquelle, non sans souffrance, il les a conduits à accueillir le Christ. La formation est ainsi placée dans le contexte de la « génération », du « don de la vie », de la « naissance », dans une dynamique qui, même dans la douleur, conduit le disciple à une union vitale avec la personne même du Sauveur, vivant et agissant en lui, capable de transformer « la vie dans la chair » (cf. Rom 7, 5) en « la vie du Christ en nous » (cf. 2 Co 13, 5 ; Ga 2, 20).
     C’est un thème cher à l’Apôtre et présent dans divers passages de ses lectures. Par exemple, s’adressant aux Corinthiens, il dit : « Car, bien que vous ayez d’innombrables guides dans le Christ, vous n’avez pas beaucoup de pères. Car c’est moi qui vous ai engendrés dans le Christ Jésus par l’Évangile » (1 Co 4, 15).

     Il est vrai que dans l’Église, parfois, la figure du formateur en tant que « pédagogue », engagé dans la transmission d’instructions et de compétences religieuses, a prévalu sur celle du « père » capable de générer la foi. Notre mission, cependant, est beaucoup plus noble, et nous ne pouvons donc pas nous contenter de transmettre une doctrine, une observance, une éthique, mais nous sommes appelés à partager ce que nous vivons, avec générosité, amour sincère pour les âmes, volonté de souffrir pour les autres et dévouement sans réserve, comme des parents qui se sacrifient pour le bien de leurs enfants.
     Cela nous conduit à un autre aspect de la formation : sa dimension communautaire. De même que la vie humaine se transmet grâce à l’amour d’un homme et d’une femme, la vie chrétienne se transmet à travers l’amour d’une communauté. Ce n’est pas le prêtre seul, ni le catéchiste, ni le leader charismatique qui engendre la foi, mais l’Église (cf. François, Exhortation apostolique Evangelii Gaudium, 24 novembre 2012, 111), l’Église unie et vivante, composée de familles, de jeunes, de célibataires, de personnes consacrées, inspirée par la charité et donc désireuse d’être féconde, de transmettre à tous et surtout aux nouvelles générations la joie et la plénitude de sens qu’elle vit et expérimente. Le désir des parents de donner la vie à leurs enfants ne naît pas du besoin d’avoir quelque chose, mais du désir de donner, de partager la surabondance d’amour et de joie qui habite en eux, et c’est là que toute œuvre de formation trouve également ses racines.

     Jésus, après la Résurrection, confie le mandat missionnaire aux Apôtres, leur disant de « faire de toutes les nations des disciples », de « les baptiser » et de « leur enseigner à observer tout ce que je vous ai prescrit » (cf. Mt 28, 19-20). Je rappelle ces expressions parce qu’elles résument d’autres éléments fondamentaux de la mission du formateur, que je voudrais également souligner.
     Tout d’abord, la nécessité de favoriser des parcours de vie cohérents, engageants et personnels qui conduisent au baptême et aux sacrements, ou à leur redécouverte, car sans eux il n’y a pas de vie chrétienne (cf. Benoît XVI, Exhortation apostolique Sacramentum caritatis, 22 février 2007, 6).

     Ensuite, l’importance d’aider ceux qui s’engagent dans un cheminement de foi à mûrir et à préserver un nouveau mode de vie qui englobe tous les domaines de l’existence, tant privés que publics, tels que le travail, les relations et la conduite quotidienne (cf. Saint Jean-Paul II, Discours aux participants à l’Assemblée plénière du Conseil pontifical pour la culture, 16 mars 2002, 3).
     En outre, il est essentiel de cultiver, dans nos communautés, les aspects de la formation qui visent au respect de la vie humaine à tous ses stades, en particulier ceux qui contribuent à prévenir toute forme d’abus envers les mineurs et les personnes vulnérables, ainsi qu’à accompagner et à soutenir les victimes.

     Comme nous pouvons le constater, l’art de former n’est pas facile et ne peut être improvisé : il exige de la patience, de l’écoute, de l’accompagnement et de la vérification, tant au niveau personnel que communautaire, et ne peut être séparé de l’expérience et de la compagnie de ceux qui l’ont vécu, afin d’apprendre et de suivre leur exemple. C’est ainsi qu’au fil des siècles, des géants spirituels tels que saint Ignace de Loyola, saint Philippe Néri, saint Joseph Calasanz, saint Gaspard del Bufalo et saint Jean Leonardi ont émergé. C’est dans cet esprit que saint Augustin, peu après avoir été élu évêque, a composé son traité De catechizandis rudibus, dont les lignes directrices restent utiles et précieuses aujourd’hui encore.
     C’est pourquoi, chers amis, à la lumière de ces modèles, je vous encourage dans votre engagement et je vous remercie de l’aide que vous apportez au Dicastère dans la réflexion sur ces thèmes. Les défis auxquels vous êtes confrontés peuvent parfois sembler dépasser vos forces et vos ressources, mais vous ne devez pas vous décourager. Commencez modestement, en suivant avec foi la logique évangélique du « grain de sénevé » (cf. Mt 13, 31-32), confiants que le Seigneur ne manquera jamais de vous fournir l’énergie, les personnes et les grâces nécessaires au moment opportun. Regardez Marie : en nous donnant le Christ, elle « a œuvré par charité pour que naissent dans l’Église des fidèles, membres de ce Chef » (saint Augustin, De sancta virginitate 6, 6). Imitez sa foi et confiez-vous toujours à son intercession.

     Frères et sœurs, je vous réitère mes remerciements, je vous promets de vous garder dans ma prière et je vous bénis de tout cœur.
 

 

11 février 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, terme de l’Audience Générale

    Que Notre-Dame de Lourdes que nous célébrons aujourd’hui, vous accompagne de son amour maternel, intercède pour vous auprès de Dieu et vous obtienne les grâces et vous soutienne dans sur votre route.

 

 

15 février 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus

     Aujourd’hui encore, nous entendons dans l’Évangile une partie du « Discours sur la montagne » (cf. Mt 5, 17-37). Après avoir proclamé les Béatitudes, Jésus nous invite à entrer dans la nouveauté du Royaume de Dieu et, pour nous guider dans ce cheminement, il révèle la véritable signification des préceptes de la Loi de Moïse. Ceux-ci ne servent pas à satisfaire un besoin religieux extérieur pour se sentir en règle devant Dieu, mais à nous faire entrer dans une relation d’amour avec Lui et avec nos frères. C’est pourquoi Jésus dit qu’Il n’est pas venu pour abolir la Loi, « mais pour l’accomplir » (v. 17).

     L’accomplissement de la Loi, c’est précisément l’amour qui en réalise le sens profond et le but ultime. Il s’agit d’acquérir une “justice supérieure” (cf. v. 20) à celle des scribes et des pharisiens, une justice qui ne se limite pas à observer les commandements, mais qui nous ouvre à l’amour et nous engage dans l’amour. Jésus examine en effet certains préceptes de la Loi qui se réfèrent à des situations concrètes de la vie, et il utilise une forme linguistique – les antinomies – précisément pour montrer la différence entre une justice religieuse formelle et la justice du Royaume de Dieu : d’un côté : « Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens », et de l’autre, Jésus affirme : « Mais moi, je vous dis » (cf. vv. 21-37).

     Cette approche est très importante. Elle nous dit que la Loi a été donnée à Moïse et aux prophètes comme un moyen de commencer à connaître Dieu et son projet sur nous et sur l’histoire ou, pour reprendre une expression de saint Paul, comme un pédagogue qui nous a guidés vers Lui (cf. Gal 3, 23-25). Mais maintenant, Lui-même est venu parmi nous en la personne de Jésus qui a accompli la Loi, faisant de nous des fils du Père et nous donnant la grâce d’entrer en relation avec Lui comme des fils et comme des frères entre nous.

     Frères et sœurs, Jésus nous enseigne que la vraie justice, c’est l’amour et que, dans chaque précepte de la Loi, nous devons saisir une exigence d’amour. En effet, il ne suffit pas de ne pas tuer physiquement une personne si ensuite je la tue avec des mots, ou si je ne respecte pas sa dignité (cf. vv. 21-22). De même, il ne suffit pas d’être formellement fidèle à son conjoint et de ne pas commettre d’adultère si cette relation manque de tendresse réciproque, d’écoute, de respect, de prise en charge de l’autre et de cheminement conjoint dans un projet commun (cf. vv. 27-28.31-32). À ces exemples, que Jésus lui-même nous offre, nous pourrions en ajouter d’autres encore. L’Évangile nous donne cet enseignement précieux : une justice minimale ne suffit pas, il faut un grand amour, possible grâce à la force de Dieu.

Invoquons ensemble la Vierge Marie, qui a donné au monde le Christ, Celui qui accomplit la Loi et le projet du salut : qu’elle intercède pour nous, qu’elle nous aide à entrer dans la logique du Royaume de Dieu et à vivre sa justice.

 

18 février 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale

     Au début du Carême, je vous exhorte à vivre avec un intense esprit de prière ce temps liturgique afin d’arriver, intérieurement renouvelés, à la célébration du grand Mystère de la Pâques de Jésus-Christ, révélation suprême de l’amour miséricordieux de Dieu

 

 

19 février 2026 – Questions-réponses du Pape Léon XIV au Clergé du diocèse de Rome

     Première question

      C’est la réalité des familles et les défis auxquels nous sommes confrontés, surtout avec les jeunes d’aujourd’hui, car beaucoup viennent de familles qui ont traversé de graves crises : l’absence du père, des parents divorcés ou remariés, et pour beaucoup, l’abandon. Ce sont les difficultés auxquelles les jeunes doivent faire face dans la vie d’aujourd’hui. Par conséquent, pour le prêtre, accompagner ces jeunes signifie aussi reconnaître leur réalité, être proche d’eux, les accompagner, mais pas simplement être un parmi eux. Le témoignage du prêtre est également important. Le jeune prêtre peut offrir aux jeunes un modèle de vie, en montrant qu’être ami de Jésus peut véritablement enrichir leur existence. Mais cela signifie que le prêtre lui-même, jeune ou moins jeune, vit une vie d’amitié avec Jésus, offrant à ces jeunes non seulement un exemple, mais une expérience de vie susceptible de transformer leur existence. Là aussi, je crois que l’esprit d’évangélisation dont j’ai parlé il y a quelques minutes devrait également s’appliquer aux jeunes.

     Avant, tous les jeunes venaient à la paroisse. Certes, beaucoup de vos paroisses ont un oratoire, c’est-à-dire un lieu de rencontre et de jeux pour les jeunes… Certains viennent encore, mais nous ne pouvons pas nous contenter de ceux qui fréquentent la paroisse. Il nous faut donc, même avec les jeunes eux-mêmes, nous organiser, réfléchir et chercher des initiatives qui leur permettent de sortir. Le pape François a beaucoup parlé de l’Église qui s’ouvre à l’extérieur. Nous devons aller à leur rencontre, inviter d’autres jeunes, les accompagner dans la rue, leur proposer différentes activités… Le sport peut aussi être un moyen d’attirer les jeunes. L’art, la culture… Invitez-les à venir, à apprendre à se connaître. Apprendre à se connaître est peut-être avant tout une expérience de communion. Beaucoup de jeunes vivent isolés, dans une solitude terrible, depuis la pandémie, mais cela ne date pas d’hier. Avec le fameux smartphone, que presque tout le monde a dans sa poche aujourd’hui, ils vivent seuls, même s’ils disent : « Non, mon ami est là », mais il n’y a aucun contact humain.
     Ils vivent à distance des autres, dans une froide indifférence, inconscients de la richesse et de la valeur des relations humaines authentiques. C’est pourquoi nous devons aussi trouver des moyens d’offrir aux jeunes une autre forme d’amitié, de partage et, peu à peu, de communion, et, à partir de cette expérience, les inviter à connaître Jésus, qui nous invite à être non pas ses serviteurs, mais ses amis.

 

 

2 mars 2026 - Message du Pape Léon XIV aux participants à la Rencontre internationale pour la paix et la réconciliation à l’Université Loyola University Chicago. Publié sur le site du Vatican le 8 mars 2026

     La véritable paix n’est pas simplement l’absence de conflit, mais elle est un don de Dieu. Cette paix n’est pas comme celle que le monde nous offre (cf. Jn 14, 27), laquelle, malheureusement, est souvent imposée par la violence et la tromperie. Jésus nous dit, comme il l’a dit à ses apôtres, de ne pas être bouleversés ni effrayés (cf. ibid.), car il est avec nous toujours, jusqu’à la fin du monde (cf. Mt 28, 20). Les chrétiens sont appelés aujourd’hui à être des coopérateurs de la paix avec le Christ, lui qui, encore aujourd’hui, veut partager ce don avec l’humanité. Le Seigneur marche avec nous tandis que nous travaillons à promouvoir l’harmonie dans nos familles, dans nos communautés locales, dans nos pays respectifs et dans le monde entier.
 

4 mars 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux malades, nouveaux époux et jeunes, à l’issue de l’Audience Générale

     Je vous encourage, vous chers nouveaux époux, à découvrir la valeur de la prière dans l’ »église domestique » que vous avez formée.

 

 

 

8 mars 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, lors de sa Visite dans la paroisse romaine Sainte Marie de la Présentation

      Comment trouver Dieu, Jésus, parmi nous, concerne quelque chose que nous devons tous vivre, mais en sachant chercher. Un peu par hasard, peu avant de quitter la maison cet après-midi, j’ai pris un livre intitulé « Quelqu’un frappe à ton cœur » : ton cœur est une porte, et Jésus te cherche.
     Parfois, ce n’est pas tant nous qui devons le chercher : c’est lui qui nous cherche déjà. Je dis aux enfants : vous avez parlé de la première communion, n’est-ce pas ? Combien d’entre vous ont fait leur première communion ? Voyons voir… Voilà, quel beau groupe ! Très bien ! Ce sera Jésus qui viendra chez vous, dans votre cœur, dans votre vie. Nous devons tous être prêts à ouvrir la porte pour trouver Jésus qui nous attend. Aujourd’hui encore, dans la messe, dans l’Évangile, nous entendrons parler de cette belle rencontre entre Jésus et la femme. Jésus est là, au puits, elle vient chercher de l’eau, mais Jésus lui offre l’eau de la vie. C’est le même don qu’il nous offre à tous, en particulier dans la communion, dans l’Eucharistie, mais aussi dans la communauté.
     Et comme nous sommes réunis ici cet après-midi, Jésus veut venir à nous, dans notre maison, dans notre famille, parmi nos amis, même lorsque nous sommes ensemble à la paroisse, dans des groupes, dans différentes activités – des activités caritatives – et surtout dans la prière. Et combien il est important que nous apprenions tous à prier. À écouter Dieu, mais aussi à parler avec Dieu, avec les prières que nous avons mémorisées et que nous récitons toujours, mais aussi avec nos propres mots : parler avec Jésus, apporter à Jésus nos préoccupations, nos difficultés, les souffrances que nous vivons chaque jour. Jésus est près de nous. Ouvrons les yeux. Reconnaissons que même dans la personne à côté de nous, ou dans la personne qui souffre, la personne qui n’a pas où vivre, où dormir, qui se trouve dans la rue, la personne malade… Jésus se trouve aussi dans ces circonstances, et il nous demande d’apporter ce que nous avons reçu à ces personnes qui sont dans le besoin, qui ont des besoins

 

 

 

 

8 mars 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe célébrée à la paroisse Sainte Marie de la Présentation (Rome)

     Le Seigneur nous appelle à nous convertir, tout en purifiant notre cœur par son amour et par les œuvres de charité qu’il nous propose d’accomplir. À cet égard, la rencontre entre Jésus et la Samaritaine nous touche avec une grande intensité. En effet, l’Évangile, en plus de nous parler, parle de nous et nous aide à revoir notre relation avec Dieu.
      La soif de vie et d’amour de la Samaritaine est notre soif : celle de l’Église et de l’humanité tout entière, blessée par le péché mais encore plus intimement habitée par le désir de Dieu. Nous le recherchons comme l’eau, même lorsque nous n’en sommes pas conscients, chaque fois que nous nous interrogeons sur le sens des événements, chaque fois que nous ressentons à quel point nous manque le bien que nous voulons pour nous-mêmes et pour ceux qui nous entourent.
     Dans cette recherche, nous rencontrons Jésus. Il est déjà là, au puits, où la Samaritaine le trouve seul, sous le soleil de midi, fatigué du voyage. La femme se rend au puits à cette heure inhabituelle, peut-être pour éviter les regards pleins de préjugés des autres femmes. Jésus lit dans son cœur la raison de cette marginalisation : ses mariages ratés et sa cohabitation actuelle la rendent indigne de se joindre aux filles, aux épouses et aux mères du village. Pourtant, Jésus s’assoit près du puits comme s’il l’attendait. Ce rendez-vous surprenant est l’une des façons dont, comme aimait à le répéter le pape François, le Christ révèle le Dieu des surprises : les plus belles, celles qui changent la vie, où qu’elles se rencontrent et quelle que soit la façon dont elles se présentent devant le Seigneur.
     Cet homme aime la Samaritaine comme personne ne l’avait fait auparavant. Alors qu’elle cherchait l’eau quotidienne, Il veut lui donner une eau nouvelle, vivante, capable d’étancher toute soif et d’apaiser toute inquiétude, car cette eau jaillit du cœur de Dieu, plénitude inépuisable de toute attente.
      L’initiative de Jésus inaugure ainsi la recherche d’un bien plus grand que l’eau elle-même : « Si tu connaissais le don de Dieu », dit le Seigneur à la femme. Il ne s’agit pas d’un reproche, mais d’une promesse : « Je suis ici pour te faire connaître Dieu, qui se fait don pour toi ». Oui, précisément pour toi, qui ne le connaissais pas, qui te considérais comme éloignée et condamnée. Ce don te transformera : tu deviendras toi-même une source qui jaillit pour la vie éternelle. En échange de la soif d’autrefois, pleine d’amertume et d’aridité spirituelle, le Fils de Dieu offre en cadeau une vie renouvelée par l’eau qui jaillit de la miséricorde du Père. Tout se transforme dans la rencontre avec le Seigneur : la femme assoiffée devient source, l’exclue devient confidente. La femme pleine de honte est maintenant remplie de joie ; celle qui était muette dans le village devient missionnaire pour tous ses habitants.
     Elle n’aurait jamais imaginé qu’elle, si désorientée et vaincue par la vie, pourrait un jour goûter l’eau fraîche, pur don de Dieu, devenant à son tour un don pour les autres. Comment cela se produit-il ? En rencontrant Jésus, en dialoguant avec Lui, Verbe vivant de Dieu fait homme pour notre salut.
     Le récit évangélique montre avec précision le cheminement de croissance de la femme, qui reconnaît peu à peu les caractéristiques fondamentales de l’identité de Jésus : homme, prophète, Messie et Sauveur. En restant à ses côtés et en appréciant sa compagnie, la Samaritaine devient à son tour une source de vérité. L’eau nouvelle du don de Dieu a commencé à jaillir dans son cœur, et elle se sent immédiatement poussée à retourner en courant dans son village, enfin libérée de la honte et désireuse de faire connaître à tous son Libérateur, Jésus, Celui qui a permis toute cette merveille. Elle court vers ceux qui la condamnaient auparavant, alors que Dieu l’a pardonnée, et elle raconte, annonce, témoigne. Le besoin d’eau, qui l’avait poussée à se rendre au puits, cède maintenant la place au désir de communiquer la nouveauté bouleversante qui l’a transformée.
     Par le baptême, nous avons tous reçu la grâce d’une eau nouvelle, qui lave toute faute et désaltère toute soif. Comme à la femme samaritaine, nous avons le temps de redécouvrir le don de ce sacrement qui, comme une porte, nous a introduits à la foi et à la vie chrétienne. En bon berger attentionné, le Seigneur nous attend et nous accompagne toujours, là où nous vivons et tels que nous sommes. Il guérit nos blessures avec miséricorde et se donne à nous, nous rendant capables de devenir à notre tour un don pour nos frères.

 

 

 

12 mars 2026 – discours du Pape Léon XIV aux participants à la Rencontre « Chaire de l'accueil » :

     En un temps marqué par de profondes transformations culturelles et sociales, les jeunes, qui sont naturellement l’avenir de la société et de l’Église, en constituent en réalité déjà le présent vivant et fécond. Leurs questions et leurs inquiétudes invitent en effet à renouveler le style de nos relations. Accueillir les jeunes signifie avant tout se mettre à l’écoute de leurs voix, croiser leurs regards et reconnaître que, dans leurs existences et dans leurs langages, l’Esprit continue d’agir et de nous suggérer des chemins renouvelés de présence et de sollicitude.
     Je voudrais m’arrêter précisément sur ces deux mots – présence et protection (ou garde) – qui contribuent à éclairer le sens chrétien de l’accueil.
     Chacun de nous, dès le premier instant de sa vie, grandit dans une réalité sociale. La famille, la paroisse, l’école, l’université, le travail représentent des modèles de société où se croisent différentes dimensions : psychologique, juridique, morale, pédagogique et culturelle. Ce sont des espaces privilégiés d’identité dont la mission première est justement définie par la présence. Être présent dans la vie des autres signifie partager du temps, des expériences et des significations, en offrant des repères stables dans lesquels les autres peuvent se reconnaître et grandir.
     En regardant la Sainte Famille de Nazareth – dont Fraterna Domus s’inspire – toute communauté accueillante peut redécouvrir sa propre vocation et apprendre à s’orienter dans le chemin du service. L’épisode évangélique de Marie et Joseph qui perdent Jésus et, angoissés, le retrouvent après trois jours dans le Temple (cf. Lc 2,39-52) nous enseigne que la présence de l’autre n’est pas un automatisme, mais le fruit d’une recherche constante. Il est arrivé à chacun de nous de perdre quelqu’un ou quelque chose auquel nous étions très attachés. À ce moment-là, nous nous sommes rendu compte combien cette présence était précieuse.
     Il en va de même dans la vie de foi : nous tenons pour acquise la présence de Jésus dans notre existence, jusqu’au moment où soudain il semble qu’il ne soit plus là où nous l’avions laissé. Nous ressentons alors un sentiment de perte. En réalité, ce n’est pas lui qui s’est perdu, mais nous qui nous sommes éloignés. Lorsque cela arrive, nous sommes appelés à le chercher avec confiance, avec le courage d’emprunter des chemins inexplorés, en regardant le monde avec des yeux nouveaux, remplis d’espérance. Ainsi, nous cesserons de chercher un Dieu à notre mesure pour le rencontrer là où il demeure. Chercher Jésus signifie donc passer de la sécurité de nos convictions à la responsabilité de la rencontre, en apprenant à voir et à accueillir la présence de Dieu qui est toujours « au-delà ».
     C’est précisément ce qu’a fait saint Joseph en gardant la famille que le Seigneur lui avait confiée. En lui, nous reconnaissons qu’accueillir signifie non seulement présence, mais aussi garde et protection. Garder signifie rester auprès de l’autre avec attention, respecter ses choix et prendre soin de lui. Cette attitude appartient d’abord à Dieu lui-même, que la Bible présente comme le gardien de son peuple. Nous nous souvenons du psaume qui dit :
« Il ne sommeille pas, il ne dort pas, le gardien d’Israël.
Le Seigneur est ton gardien » (Ps 121,4-5).
     Dans cette perspective, nous comprenons que la famille humaine elle aussi est appelée à préserver ce qui lui est confié : les relations, la création, la vie des frères et des sœurs, surtout de ceux qui souffrent et qui sont les plus fragiles. Ainsi, Joseph nous montre que présence et garde sont des dimensions inséparables : on ne garde pas sans être présent, et l’on n’est pas présent sans assumer la responsabilité de l’autre.
      Que la Très Sainte Vierge Marie et saint Joseph vous gardent et intercèdent pour vous.

 

 

15 mars 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de sa Visite dans la paroisse romaine isse du Sacré-Cœur de Jésus à Ponte Mammolo

    Au-delà de tout abîme dans lequel l’homme peut tomber à cause de ses péchés, le Christ vient apporter une lumière plus forte, capable de le libérer de l’aveuglement du mal, afin qu’il commence une vie nouvelle.

     La rencontre entre Jésus et l’aveugle de naissance (cf. Jn 9, 1-41) peut en effet être comparée à la scène d’un accouchement, grâce auquel celui-ci, comme un enfant qui vient au monde, découvre un monde nouveau, en se voyant lui-même, en voyant les autres et la vie avec les yeux de Dieu (cf. 1 S 16, 9).

     Demandons-nous donc : en quoi consiste ce regard ? Que révèle-t-il ? Que signifie « regarder avec les yeux de Dieu » ?

     Selon le récit de l’évangéliste Jean, cela signifie avant tout dépasser les préjugés de ceux qui, face à un homme qui souffre, ne voient qu’un paria à mépriser, ou un problème à éviter, en se repliant dans la tour d’ivoire d’un individualisme égoïste. On entend si souvent des phrases du genre : « Tant que tout allait bien, ils étaient nombreux à être mes amis ; mais au moment de l’épreuve, beaucoup sont partis, ont disparu ! ». Jésus n’agit pas ainsi : il regarde l’aveugle avec amour, non pas comme un être inférieur ou une présence gênante, mais comme une personne chère et ayant besoin d’aide. Ainsi, leur rencontre devient une occasion pour que l’œuvre de Dieu se manifeste en chacun.

     Dans le « signe », dans le miracle, Jésus révèle sa puissance divine et l’homme, comme s’il retraçait les gestes de la création – la boue, la salive –, retrouve pleinement sa beauté et sa dignité de créature faite à l’image et à la ressemblance de Dieu. Ainsi, en recouvrant la vue, il devient témoin de la lumière.

     Certes, cela implique un effort : il doit s’habituer à tant de choses qui lui étaient auparavant inconnues, apprendre à distinguer les couleurs et les formes, redéfinir ses relations, et ce n’est pas facile. Au contraire, l’hostilité qui l’entoure grandit, le provoque, et même ses parents n’ont pas le courage de le défendre (cf. Jn 9, 18-23). Il semble presque, de manière absurde, que ceux qui l’entourent veuillent effacer ce qui s’est passé. Mais ce n’est pas tout : lors de l’interrogatoire auquel est soumis l’aveugle qui voit désormais, c’est surtout Jésus qui est jugé, accusé d’avoir violé le sabbat pour le guérir.

 

16 mars 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la 63ème Journée Mondiale de prière pour les vocations, le 26 avril 2026. Publié sur le site du Vatican, le 25 mars 2026

     Chers jeunes, écoutez cette voix ! Écoutez la voix du Seigneur qui vous invite à vivre une vie pleine, épanouie, en mettant à profit vos talents (cf. Mt 25, 14-30) et en clouant à la Croix glorieuse du Christ vos limites et vos faiblesses. Arrêtez-vous donc pour l’adoration eucharistique, méditez assidûment la Parole de Dieu pour la vivre chaque jour, participez activement et pleinement à la vie sacramentelle et ecclésiale. De cette manière, vous connaîtrez le Seigneur et, dans l’intimité propre à l’amitié, vous découvrirez comment vous donner vous-mêmes, dans la voie du mariage, ou du sacerdoce, ou du diaconat permanent, ou dans la vie consacrée, religieuse ou séculière : chaque vocation est un don immense pour l’Église et pour celui qui l’accueille avec joie. Connaître le Seigneur signifie avant tout apprendre à lui faire confiance, ainsi qu’à sa Providence, qui surabonde en chaque vocation.

 

 

18 mars 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux personnes malades, nouveaux époux et jeunes au terme de l’Audience Générale

         Je confie les projets et les aspirations de chacun de vous à Saint Joseph, céleste Patron de l’Eglise Universelle.


 

19 mars 2026 – Message du Pape Léon XIV à l’occasion du 10ème anniversaire de Amoris Laetitia. Et convocation des Présidents des Conférences des Evêques du monde en octobre 2026 à Rome.

Chers frères et sœurs !

     Le 19 mars 2016, le Pape François a offert à l’Église universelle un message lumineux d’espérance concernant l’amour conjugal et familial : l’Exhortation apostolique Amoris laetitia, fruit de trois années de discernement synodal soutenues par l’Année Sainte de la Miséricorde. En ce dixième anniversaire, nous voulons rendre grâce au Seigneur pour l’élan donné à l’étude et à la conversion pastorale de l’Église et lui demander le courage de poursuivre le chemin, en accueillant toujours à nouveau l’Évangile, dans la joie de pouvoir l’annoncer à tous.

     Comme l’enseigne le Concile Vatican II, la famille est « le fondement de la société », [1] don de Dieu et « école d’enrichissement humain ». [2] Par le Sacrement du mariage, les époux chrétiens constituent une sorte d’ « Église domestique », [3] dont le rôle est essentiel pour l’éducation et la transmission de la foi. Dans le sillage de l’élan conciliaire, les deux Exhortations apostoliques Familiaris consortio – donnée par Saint Jean-Paul II en 1981 – et Amoris laetitia ( AL) ont toutes deux stimulé l’engagement doctrinal et pastoral de l’Église au service des jeunes, des conjoints et des familles.

     Prenant acte « des changements anthropologiques et culturels » ( AL, 32) qui se sont accentués au cours des trente-cinq dernières années, le Pape François a voulu engager davantage l’Église dans la voie du discernement synodal. Son discours du 17 octobre 2015, prononcé lors de la XIV e Assemblée Générale Ordinaire du Synode des évêques sur la famille, invite à une « écoute réciproque » au sein du peuple de Dieu, « tous à l’écoute de l’Esprit Saint, l’“Esprit de Vérité” ( Jn 14, 17), pour savoir ce qu’il “dit aux Églises” ( Ap 2, 7) ». Et il précise qu’il n’est « pas possible de parler de la famille sans interpeller les familles, en écoutant leurs joies et leurs espérances, leurs douleurs et leurs angoisses ». [4]

     En récoltant les fruits du discernement synodal, Amoris laetitia offre un enseignement précieux que nous devons continuer à approfondir aujourd’hui : l’espérance biblique de la présence aimante et miséricordieuse de Dieu, qui permet de vivre des « histoires d’amour » même lorsque l’on traverse des « crises familiales » (AL, 8) ; l’invitation à adopter « le regard de Jésus » (AL, 60) et à stimuler sans relâche « la croissance, la consolidation et l’approfondissement de l’amour conjugal et familial » (AL, 89) ; l’appel à découvrir que l’amour dans le mariage « donne toujours la vie » (AL, 165) et qu’il est « réel » précisément dans son caractère « imité et terrestre » (AL, 113), comme nous l’enseigne le mystère de l’Incarnation. Le pape François affirme « la nécessité de chercher de nouveaux chemins pastoraux » (AL, 199) et de « renforcer l’éducation des enfants » (AL, chap. VII), tout en invitant l’Église à « accompagner, discerner et intégrer la fragilité » (AL, chap. VIII), en dépassant une conception réductrice de la norme, et à promouvoir « la spiritualité qui jaillit de la vie familiale » (AL, 313).

     Comme j’ai eu l’occasion de le dire aux jeunes réunis à Tor Vergata pendant le Jubilé de l’Espérance, « la fragilité [...] fait partie de la merveille que nous sommes » : nous ne sommes pas faits « pour une vie où tout est acquis et immobile, mais pour une existence qui se régénère constamment dans le don, dans l’amour ». [5] Pour servir la mission d’annoncer l’Évangile de la famille aux jeunes générations, nous devons apprendre à évoquer la beauté de la vocation au mariage précisément dans la reconnaissance de la fragilité, afin de réveiller « la confiance dans la grâce » ( AL, 36) et le désir chrétien de sainteté. Nous devons également soutenir les familles, en particulier celles qui souffrent des nombreuses formes de pauvreté et de violence présentes dans la société contemporaine.

     Nous rendons grâce au Seigneur pour les familles qui, malgré les difficultés et les défis, vivent « la spiritualité de l’amour familial [...] faite de milliers de gestes réels et concrets » (AL, 315). J’exprime également ma gratitude aux Pasteurs, aux agents pastoraux, aux Associations de fidèles et aux Mouvements ecclésiaux engagés dans la pastorale familiale.

Notre époque est marquée par des transformations rapides qui, plus encore qu’il y a dix ans, rendent nécessaire une attention pastorale particulière aux familles, auxquelles le Seigneur confie la tâche de participer à la mission de l’Église d’annoncer et de témoigner l’Évangile. [6]  Il existe en effet des lieux et des circonstances où l’Église « ne peut devenir le sel de la terre » [7] que par l’intermédiaire des fidèles laïcs et, en particulier, des familles. C’est pourquoi l’engagement de l’Église dans ce domaine doit être renouvelé et approfondi, afin que ceux que le Seigneur appelle au mariage et à fonder une famille puissent vivre leur amour conjugal dans le Christ et que les jeunes se sentent attirés par l’intensité de la vocation matrimoniale dans l’Église.

     Prenant acte des changements qui continuent d’influencer les familles, j’ai décidé de convoquer en octobre 2026 les Présidents des Conférences Épiscopales du monde entier, afin de procéder, dans l’écoute réciproque, à un discernement synodal sur les mesures à prendre pour annoncer l’Évangile aux familles aujourd’hui, à la lumière d’Amoris laetitia et en tenant compte de ce qui se réalise dans les Églises locales.

     Je confie ce cheminement à l’intercession de saint Joseph, gardien de la Sainte Famille de Nazareth.

     Du Vatican, le 19 mars 2026, solennité de saint Joseph.

     LÉON PP. XIV

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[1] Conc. Œcum. Vat. II, Const. Past. Gaudium et spes, 52.

[2]Ibid.

[3] Id., Const. dogm. Lumen gentium, 11.

[4] François, Discours à l’occasion de la commémoration du 50e anniversaire de l’institution du Synode des Évêques (17 octobre 2015).

[5]Homélie lors de la messe pour le Jubilé des jeunes (3 août 2025).

[6] Cf. Exhort. ap. Familiaris consortio (22 novembre 1981), 17.

[7] Conc. Œcum. Vat. II, Const. dogm. Lumen gentium, 33.

 

25 mars 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, personnes malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale

     La solennité de l’Annonciation du Seigneur soit pour tous une invitation à suivre l’exemple de la Très Sainte Vierge Marie, pour être prêts à réaliser toujours la volonté de Dieu.

 

1er avril 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, personnes malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale

     Du Mystère pascal que nous contemplons ces jours-ci, vienne un encouragement à faire de votre vie un service joyeux au prochain, spécialement aux personnes les plus fragiles

 

 

4 avril 2026 – Homélie de Léon XIV lors de la Messe de la Nuit de Pâques

      Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre (cf. Gn 1, 1), tirant le cosmos du chaos, l’harmonie du désordre, et en confiant, à nous qui sommes faits à son image et à sa ressemblance, la tâche d’en être les gardiens. Et même lorsque, par le péché, l’homme n’a pas répondu à ce projet, le Seigneur ne l’a pas abandonné mais lui a révélé, de manière encore plus surprenante, dans le pardon, son visage miséricordieux.

     Le “saint mystère de cette nuit” plonge donc ses racines là où s’est consommé le premier échec de l’humanité, et il s’étend à travers les siècles comme un chemin de réconciliation et de grâce.

     La liturgie nous a proposé quelques étapes de ce cheminement à travers les textes sacrés que nous avons entendu. Elle nous a rappelé comment Dieu a retenu la main d’Abraham, prêt à sacrifier son fils Isaac, pour nous montrer qu’il ne voulait pas notre mort mais plutôt que nous nous consacrions à être, entre ses mains, des membres vivants d’une descendance de sauvés (cf. Gn 22, 11-12.15-18). De même, elle nous a invités à réfléchir sur la manière dont le Seigneur a libéré les Israélites de l’esclavage d’Égypte, faisant de la mer, lieu de mort et obstacle insurmontable, la porte d’entrée vers le commencement d’une vie nouvelle et libre. Et ce même message est revenu comme un écho dans les paroles des prophètes, où nous avons entendu les louanges du Seigneur en tant qu’époux qui appelle et rassemble (cf. Is 54, 5-7), source qui désaltère, eau qui féconde (cf. Is 55, 1.10), lumière qui montre le chemin de la paix (cf. Bar 3, 14), Esprit qui transforme et renouvelle le cœur (Ez 36, 26).

     À tous ces moments de l’histoire du salut, nous avons vu comment Dieu répond à la dureté du péché qui divise et tue, par la puissance de l’amour qui unit et redonne la vie. Nous les avons évoqués ensemble en entrecoupant le récit avec des psaumes et des prières pour nous rappeler que, par la Pâque du Christ, ensevelis avec lui dans la mort, nous pouvons nous aussi marcher dans une vie nouvelle ; morts au péché, mais vivants pour Dieu, en Jésus-Christ (cf. Rm 6, 4-11), consacrés dans le baptême à l’amour du Père, unis dans la communion des saints, devenus par grâce des pierres vivantes pour édifier son Royaume (cf. 1 P 2, 4-5).

     C’est dans cette lumière que nous lisons le récit de la Résurrection, que nous avons entendu dans l’Évangile selon saint Matthieu. Le matin de Pâques, les femmes, surmontant leur peine et leur peur, se sont mises en route. Elles voulaient se rendre au tombeau de Jésus. Elles s’attendaient à le trouver scellé avec une grande pierre à l’entrée et des soldats montant la garde. Voilà ce qu’est le péché : une barrière très lourde qui nous enferme et nous sépare de Dieu, et cherche à faire mourir en nous ses paroles d’espérance. Marie de Magdala et l’autre Marie, cependant, ne se sont pas laissées intimider. Elles se sont rendues au sépulcre et, grâce à leur foi et à leur amour, elles ont été les premiers témoins de la résurrection. Dans le tremblement de terre et dans l’ange assis sur le rocher renversé, elles ont vu la puissance de l’amour de Dieu, plus fort que n’importe quelle force du mal, capable de “dissiper la haine” et de “soumettre toute puissance”. L’homme peut tuer le corps, mais la vie du Dieu d’amour est une vie éternelle, qui va au-delà de la mort et qu’aucun tombeau ne peut emprisonner. Ainsi, le Crucifié règne-t-il depuis la croix. L’ange s’est assis sur la pierre et Jésus s’est présenté à elles, vivant, en disant : « Je vous salue ! » (Mt 28, 9).

     De nos jours encore, des tombeaux sont à ouvrir, et les pierres qui les scellent sont souvent si lourdes et si bien surveillées qu’elles semblent inamovibles. Certaines oppriment le cœur de l’homme, comme la méfiance, la peur, l’égoïsme, la rancœur. D’autres, conséquence de ces dernières, brisent les liens entre nous, comme la guerre, l’injustice, la fermeture entre les peuples et les nations. Ne nous laissons pas paralyser par elles ! Au fil des siècles, nombre d’hommes et de femmes, avec l’aide de Dieu, les ont fait rouler, parfois au prix de grands efforts, parfois au prix de leur vie, mais avec de bons fruits dont nous bénéficions encore aujourd’hui. Ils ne sont pas des figures inaccessibles mais des personnes comme nous qui, fortifiées par la grâce du Ressuscité, dans la charité et la vérité, ont eu le courage de parler, comme le dit l’apôtre Pierre, « avec les paroles de Dieu » (1 P 4, 11) et d’agir « avec la force que Dieu leur a donnée, afin que Dieu soit glorifié en tout » (ibid.).

     Laissons-nous inspirer par leur exemple et, en cette Nuit sainte, faisons nôtre leur engagement, afin que partout et toujours dans le monde grandissent et s’épanouissent les don pascals de la concorde et de la paix.

 

4 avril 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe du Jour de Pâques, célébrée Place Saint-Pierre

     La création tout entière resplendit aujourd’hui d’une lumière nouvelle, un chant de louange s’élève de la terre, notre cœur exulte de joie : le Christ est ressuscité d’entre les morts et, avec Lui, nous ressuscitons nous aussi à une vie nouvelle !

     Cette annonce pascale embrasse le mystère de notre vie, la destinée de l’histoire, et elle nous atteint jusque dans les abîmes de la mort, par lesquels nous nous sentons menacés et parfois submergés. Elle nous ouvre à l’espérance qui ne faiblit pas, à la lumière qui ne se couche pas, à cette plénitude de joie que rien ne peut détruire : la mort a été vaincue pour toujours, la mort n’a plus de pouvoir sur nous !

     C’est un message qui n’est pas toujours facile à accueillir, une promesse que nous avons du mal à accepter, car le pouvoir de la mort nous menace sans cesse, à l’intérieur comme à l’extérieur.

     Au plus profond de nous-mêmes, lorsque le boulet de nos péchés nous empêche de prendre notre envol, lorsque les déceptions ou la solitude que nous vivons assèchent nos espérances, lorsque les soucis ou les rancœurs étouffent la joie de vivre, lorsque nous éprouvons de la tristesse ou de la fatigue, lorsque nous nous sentons trahis ou rejetés, lorsque nous devons faire face à notre faiblesse, à la souffrance, à la fatigue de chaque jour, alors nous avons l’impression de nous trouver dans un tunnel dont nous ne voyons pas la sortie.

     Mais aussi en dehors de nous, la mort est toujours à l’affût. Nous la voyons présente dans les injustices, dans les égoïsmes partisans, dans l’oppression des pauvres, dans le manque d’attention envers les plus fragiles. Nous la voyons dans la violence, dans les blessures du monde, dans le cri de douleur qui s’élève de toutes parts face aux abus qui écrasent les plus faibles, face à l’idolâtrie du profit qui pille les ressources de la terre, face à la violence de la guerre qui tue et détruit.

     Dans cette réalité, la Pâques du Seigneur nous invite à lever les yeux et à ouvrir notre cœur. Elle continue de nourrir dans notre esprit et au fil de l’histoire la semence de la victoire promise. Elle nous met en mouvement, comme Marie de Magdala et comme les Apôtres, pour nous faire découvrir que le tombeau de Jésus est vide, et qu’ainsi, dans toute mort que nous expérimentons, se trouve aussi de la place pour une vie nouvelle qui surgit. Le Seigneur est vivant et demeure avec nous. Il ouvre notre cœur à l’espérance qui nous soutient par les fissures de résurrection qui s’ouvrent dans les ténèbres : le pouvoir de la mort n’est pas la destinée ultime de notre vie. Nous sommes orientés une fois pour toutes vers la plénitude car, dans le Christ ressuscité, nous sommes nous aussi ressuscités.

     Le Pape François nous le rappelait avec émotion dans sa première Exhortation apostolique, Evangelii gaudium, en affirmant que la résurrection du Christ « n’est pas un fait relevant du passé ; elle a une force de vie qui a pénétré le monde. Là où tout semble être mort, de partout, les germes de la résurrection réapparaissent. C’est une force sans égale. Il est vrai que souvent Dieu semble ne pas exister : nous constatons que l’injustice, la méchanceté, l’indifférence et la cruauté ne faiblissent pas. Pourtant, il est aussi certain que commence à germer quelque chose de nouveau dans l’obscurité, qui tôt ou tard produira du fruit » (n° 276).

     Frères et sœurs, la Pâque du Seigneur nous donne cette espérance, en nous rappelant que, dans le Christ ressuscité, une nouvelle création est possible chaque jour. C’est ce que nous dit l’Évangile proclamé aujourd’hui qui situe l’événement de la résurrection « le premier jour de la semaine » (Jn 20, 1). Le jour de la résurrection du Christ nous renvoie ainsi à la création, à ce premier jour où Dieu créa le monde, et il nous annonce en même temps qu’une vie nouvelle, plus forte que la mort, est en train de naître pour l’humanité.

Pâques est la nouvelle création opérée par le Seigneur ressuscité. Elle est un nouveau départ, elle est la vie enfin rendue éternelle par la victoire de Dieu sur l’ancien Adversaire.

     Nous avons besoin aujourd’hui de ce chant d’espérance. Et c’est à nous, ressuscités avec le Christ, qu’il revient de le porter dans les rues du monde. Courons donc comme Marie de Magdala, annonçons-le à chacun, portons par notre vie la joie de la résurrection afin que partout où plane encore le spectre de la mort, la lumière de la vie puisse resplendir.

Que le Christ, notre Pâques, nous bénisse et donne sa paix au monde entier !

 

5 avril 2026 – Message Urbi et Orbi du Pape Léon XIV en la Solennité de Pâques. Depuis la Loggia centrale de la Basilique Saint-Pierre

     La force par laquelle le Christ est ressuscité est totalement non violente. Elle est semblable à celle d’un grain de blé qui, décomposé dans la terre, grandit, se fraye un chemin entre les sillons, germe et devient un épi doré. Elle est plus semblable encore à celle d’un cœur humain qui, blessé par une offense, repousse l’instinct de vengeance et, rempli de pitié, prie pour celui qui l’a offensé.

     Frères et sœurs, telle est la véritable force qui apporte la paix à l’humanité, puisqu’elle produit des relations respectueuses à tous les niveaux : entre les personnes, les familles, les groupes sociaux, les nations. Elle ne vise pas un intérêt particulier, mais le bien commun ; elle ne veut pas imposer son propre projet, mais contribuer à l’élaborer et à le réaliser avec les autres.

 

 

8 avril 2026 – Paroles du Pape Léon XIV au, aux malades, nouveaux époux et jeunes, au terme de l’Audience Générale

     J’encourage chacun de vous à faire croître dans le cœur la lumière consolante de l’Annonce Pascale.

 

13 avril 2026 – Discours improvisé du Pape Léon XIV à la Grande Mosquée D'Alger

     Saint Augustin, a tant voulu enseigner au monde, surtout la recherche de la vérité, la recherche de Dieu, en reconnaissant la dignité de chaque être humain et l’importance de construire la paix.

     Chercher Dieu, c’est aussi reconnaître l’image de Dieu dans chaque créature, dans les enfants de Dieu, dans chaque homme et chaque femme créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. Pour nous, cela signifie qu’il est très important d’apprendre à vivre ensemble dans le respect de la dignité de chaque personne humaine.

     Que nous puissions découvrir combien est grande la création, combien est grand ce que Dieu nous a laissé dans toute la création et surtout dans l’être humain !

 

 

 

15 avril 2026 – Discours du Pape Léon XIV lors de sa visite à l’orphelinat Ngul Zamba, à Yaoundé, au Cameroun

     Chers enfants, chers amis,

     je suis très heureux d’entrer dans cet orphelinat qui est devenu votre maison. En ce lieu, c’est avant tout votre Père du Ciel qui vous accueille avec amour comme ses enfants. Il veut vous manifester sa tendresse et vous serrer sur son cœur ; et je désire le faire, moi aussi, en son Nom.  Vous formez une véritable famille et vous rencontrez ici des frères et des sœurs qui partagent avec vous une histoire douloureuse. Et dans cette famille, votre frère aîné c’est Jésus ! Cette fraternité rassemblée autour de Lui vous rend forts, vous aide à porter ensemble les fardeaux de la vie et vous procure une vraie joie.

     Dans un monde souvent marqué par l’indifférence et l’égoïsme, cette maison nous rappelle que nous sommes tous les gardiens de nos frères et de nos sœurs, et que, dans la grande famille de Dieu, personne n’est jamais un étranger ou un oublié, aussi petit qu’il soit.

Chers enfants, je sais que plusieurs d’entre vous ont traversé des épreuves difficiles. Certains ont connu la souffrance de l’absence à travers la perte de leurs parents ou de personnes proches. D’autres ont fait l’expérience de la peur, le rejet, l’abandon, le manque, l’incertitude.  

     Vous êtes appelés à un avenir plus grand que vos blessures. Vous êtes porteurs d’une promesse. Car là où il peut y avoir de la misère, de la souffrance ou de l’injustice, Dieu est présent, et Il connaît vos visages, Il est tout proche de vous. L’Évangile nous rappelle que Jésus manifestait une bienveillance particulière pour les enfants comme vous. Il les mettait au centre. Soyez sûrs qu’Il regarde chacun de vous avec la même affection.

     Je voudrais aussi saluer avec gratitude tous ceux qui accompagnent ces enfants : les responsables, les éducateurs, le personnel, les bénévoles et bien sûr les religieuses. Votre engagement fidèle est un beau témoignage d’amour. En prenant soin de ces enfants, vous goûtez par avance la joie promise par le Seigneur à ceux qui servent les petits (Cf. Mt 25, 40). Votre attention est le visage de la Miséricorde divine. Par elle et par votre dévouement, vous offrez bien plus qu’un soutien matériel : vous offrez à ces enfants une présence, une écoute, une famille, un avenir. La tendresse de Dieu se manifeste à travers vous, une tendresse fidèle qui ne disparait pas dans les épreuves et qui ne déçoit jamais. Je vous remercie pour tout ce que vous faites, et je vous invite à persévérer courageusement dans cette belle œuvre entreprise.

     Je vous donne de grand cœur ma bénédiction, et je confie chacun de vous à la protection de la Vierge Marie, notre Mère. Qu’elle veille toujours sur vous. Qu’elle vous console dans les moments de tristesse et qu’elle vous aide à grandir comme de vrais amis de son Fils Jésus.

 

 

17 avril 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe à Douala, au Cameroun

     l’Évangile que nous venons d’entendre (Jn 6, 1-15) est Parole de salut pour toute l’humanité. Cette Bonne Nouvelle est aujourd’hui proclamée partout. Pour l’Église du Cameroun, elle résonne comme une annonce providentielle de l’amour de Dieu et de notre communion.

     Le témoignage de l’apôtre Jean nous parle d’une grande foule (cf. vv. 2-5) ; comme nous le sommes ici maintenant. Pour toutes ces personnes, cependant, il y a très peu de nourriture : seulement « cinq pains d’orge et deux poissons » (v. 9). En observant cette disproportion, Jésus nous demande aujourd’hui, comme il demanda à ses disciples : comment allez-vous résoudre ce problème ? Voyez cette foule affamée, accablée par la fatigue. Qu’allez-vous faire ?

     Cette question est adressée à chacun d’entre nous. Elle est adressée aux pères et aux mères qui veillent sur leur famille. Elle est adressée aux pasteurs de l’Église qui veillent sur le troupeau du Seigneur. Elle est adressée à tous ceux qui ont la responsabilité sociale et politique de veiller sur le peuple et sur son bien. Le Christ pose cette question aux puissants et aux faibles, aux riches et aux pauvres, aux jeunes et aux personnes âgées, car nous avons tous faim de la même manière. Cette indigence nous rappelle que nous sommes des créatures. Nous avons besoin de manger pour vivre. Nous ne sommes pas Dieu : mais, justement, où Dieu est-il face à la faim des peuples ?

     En attendant nos réponses, Jésus donne la sienne : « Il prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient » (v. 11). Un grave problème est résolu par la bénédiction du peu de nourriture disponible, et son partage avec ceux qui ont faim. La multiplication des pains et des poissons s’opère dans le partage : voilà le miracle ! Il y a du pain pour tous s’il est donné à tous. Il y a du pain pour tous s’il est pris, non par une main qui s’empare, mais par une main qui donne. Observons bien le geste de Jésus : quand le Fils de Dieu prend le pain et les poissons, avant tout il rend grâce. Il est reconnaissant envers le Père pour un bien qui devient don et bénédiction pour tout le peuple.

     Ce faisant, la nourriture abonde : elle n’est pas rationnée pour cause d’urgence, elle n’est pas volée par ceux qui se disputent, elle n’est pas gaspillée par ceux qui mangent à leur faim alors que d’autres n’ont rien à manger. En passant des mains du Christ à celles de ses disciples, la nourriture se multiplie pour tous, et même surabonde (cf. v. 12-13). Émerveillée par ce que Jésus a fait, la foule s’exclame : « C’est vraiment lui le Prophète » (v. 14), c’est-à-dire celui qui parle au nom de Dieu, le Verbe du Tout-Puissant. Et c’est vrai. Cependant Jésus n’utilise pas ces termes en vue d’un succès personnel. Il ne veut pas devenir roi (cf. v. 15) car il est venu pour servir par amour, et non pour dominer.

     Le miracle qu’il accomplit est un signe de cet amour : il nous montre non seulement comment Dieu nourrit l’humanité du pain de la vie, mais aussi comment nous pouvons porter cette nourriture à tous les hommes et toutes les femmes qui, comme nous, ont faim de paix, de liberté et de justice. Tout geste de solidarité et de pardon, toute initiative pour le bien est une bouchée de pain pour l’humanité qui a besoin d’attention. Et pourtant, cela ne suffit pas. À la nourriture qui nourrit le corps, il faut joindre en effet, avec la même charité, la nourriture de l’âme qui nourrit notre conscience, nous soutient dans les heures sombres de la peur, dans les ténèbres de la souffrance. Cette nourriture, c’est le Christ qui sans cesse nourrit son Église en abondance et nous fortifie en chemin par son Corps.

     Sœurs et frères, l’Eucharistie que nous célébrons est la source d’une foi renouvelée, parce que Jésus est présent au milieu de nous. Le Sacrement ne ravive pas un souvenir lointain dans le temps, mais réalise une “compagnie” qui nous transforme, parce qu’il nous sanctifie. Heureux les invités au repas du Seigneur ! Autour de l’Eucharistie, cette même table devient une annonce d’espérance face aux épreuves de l’histoire et aux injustices que nous voyons autour de nous. Elle devient le signe de la charité de Dieu qui, dans le Christ, nous invite à partager ce que nous avons, pour être multiplié dans la fraternité ecclésiale.

     Le Seigneur embrasse le ciel et la terre, Il connaît notre cœur et toutes les situations, joyeuses ou tristes, que nous vivons. En se faisant homme pour nous sauver, Il a voulu partager les besoins de l’humanité, à commencer par les plus simples et les plus quotidiens. La faim révèle alors non seulement notre indigence, mais surtout son amour : nous devons nous le rappeler chaque fois que nos regards croisent ceux de nos frères et sœurs qui manquent du nécessaire. Leurs yeux nous répètent la question posée par Jésus à ses disciples : que faites-vous pour toute ces personnes ? Certes, être témoins du Christ, en imitant ses gestes d’amour, comporte souvent des difficultés et des obstacles, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nous-mêmes où l’orgueil peut corrompre le cœur. C’est alors qu’il nous faut répéter avec le psalmiste : « Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? » (Ps 27, 1). Même si parfois nous hésitons, Dieu nous encourage toujours : « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur » (v. 14).

     Chers jeunes, c’est surtout à vous que j’adresse cette invitation, car vous êtes les enfants bien-aimés de la terre d’Afrique ! Comme frères et sœurs de Jésus, multipliez vos talents par la foi, par la ténacité et par l’amitié qui vous habitent. Soyez les premiers à incarner les visages et les mains qui portent au prochain le pain de la vie : un aliment de sagesse qui libère de tout ce qui ne nourrit pas, détourne nos bons désirs et vole notre dignité.

Beaucoup connaissent la pauvreté, tant matérielle que spirituelle, dans votre pays pourtant si fertile, le Cameroun. Ne cédez pas à la méfiance et au découragement. Refusez toutes formes d’abus et de violences, qui illusionnent en promettant des gains faciles et endurcissent le cœur le rendant insensible. N’oubliez pas que votre peuple est plus riche encore que cette terre, car son trésor, ce sont ses valeurs : la foi, la famille, l’hospitalité, le travail. Soyez donc les acteurs de l’avenir, en suivant la vocation que Dieu donne à chacun, sans vous laisser acheter par des tentations qui gaspillent les énergies et ne servent pas au progrès de la société.

     Pour faire de votre noble esprit une prophétie du monde nouveau, prenez pour exemple ce que nous avons entendu dans les Actes des Apôtres. Les premiers chrétiens témoignaient courageusement du Seigneur Jésus face aux difficultés et aux menaces, et ils persévéraient au milieu des outrages (cf. Ac 5, 40-41). Ces disciples « tous les jours, au Temple et dans leurs maisons, enseignaient sans cesse et annonçaient la Bonne Nouvelle : le Christ, c’est Jésus » (v. 42), c’est-à-dire le Messie, le Libérateur du monde. Oui, le Seigneur libère du péché et de la mort. Annoncer sans relâche cet Évangile est la mission de tout chrétien : c’est la mission que je confie tout particulièrement, à vous les jeunes, et à toute l’Église qui vit au Cameroun. Devenez la bonne nouvelle pour votre pays, comme le fut, par exemple, le Bienheureux Floribert Bwana Chui pour le peuple congolais.

     Frères et sœurs, enseigner c’est laisser une trace, comme le fait le laboureur avec sa charrue dans les champs, afin que la semence porte du fruit. C’est ainsi que l’annonce chrétienne change notre histoire, en transformant les esprits et les cœurs. Annoncer Jésus ressuscité, c’est tracer des sillons de justice dans une terre souffrante et opprimée, des sillons de paix au milieu des rivalités et de la corruption, des sillons de foi qui nous libèrent de la superstition et de l’indifférence. Nous allons maintenant, avec cet Évangile dans le cœur, partager le Pain eucharistique qui nous rassasie pour la vie éternelle. Dans une foi joyeuse, demandons au Seigneur de multiplier entre nous ses bienfaits, pour le bien de tous.

 

 

 

 

 

 

 

17 avril 2026 – Discours du Pape Léon XIV à l’Université Catholique d’Afrique centrale, à Yaoundé, eu Cameroun

     l’Afrique peut contribuer de manière fondamentale à élargir les horizons trop étroits d’une humanité qui a du mal à espérer. Sur votre magnifique continent, la recherche est particulièrement mise au défi de s’ouvrir à des perspectives interdisciplinaires, internationales et interculturelles. Et aujourd’hui, nous avons un besoin urgent de repenser la foi au sein des réalités culturelles et des défis actuels, afin d’en faire ressortir la beauté et la crédibilité dans les différents contextes, en particulier ceux qui sont le plus marqués par les injustices, les inégalités, les conflits, la dégradation matérielle et spirituelle.

     La grandeur d’une nation ne peut se mesurer uniquement en fonction de l’abondance de ses ressources naturelles, ou de la richesse matérielle de ses institutions. En effet, aucune société ne peut prospérer si elle ne repose sur des consciences droites, éduquées à la vérité. En ce sens, la devise de votre Université, “Au service de la vérité et de la justice”, vous rappelle que la conscience humaine, comprise comme sanctuaire intérieur où les hommes et les femmes se découvrent interpellés par la voix de Dieu, est le terrain sur lequel il convient de poser les bases solides et durables de toute société. Former des consciences libres et saintement inquiètes est une condition pour que la foi chrétienne apparaisse comme une proposition pleinement humaine, capable de transformer la vie des individus et de la société, de susciter des changements prophétiques face aux drames et à la pauvreté de notre temps, et d’encourager une recherche de Dieu toujours plus profonde, jamais assouvie.

     C’est en effet dans la conscience que s’élabore le discernement moral, grâce auquel est librement recherché ce qui est vrai et honnête. Lorsque la conscience prend soin d’être éclairée et droite, elle devient la source d’une action cohérente, orientée vers le bien, la justice et la paix.

     Dans les sociétés contemporaines, et donc également au Cameroun, on observe une érosion des repères moraux qui guidaient autrefois la vie collective. Il en résulte que l’on a tendance aujourd’hui à approuver de manière superficielle certaines pratiques autrefois considérées comme inacceptables. Cette dynamique s’explique en partie par les changements sociaux, les contraintes économiques et les dynamiques politiques qui influencent les comportements individuels et collectifs. Les chrétiens, et tout particulièrement les jeunes catholiques africains, ne doivent pas avoir peur des “choses nouvelles”. En particulier, votre Université peut former les pionniers d’un nouvel humanisme dans le contexte de la révolution numérique dont le continent africain connaît bien, non seulement les aspects séduisants, mais aussi la face cachée des ravages environnementaux et sociaux causés par la course effrénée aux matières premières et aux terres rares. Ne détournez pas le regard : c’est un service rendu à la vérité et à l’humanité tout entière. Sans cet effort éducatif, l’adaptation passive aux logiques dominantes sera considérée comme une compétence, et la perte de liberté comme un progrès.

     Cela vaut d’autant plus face à la généralisation des systèmes d’intelligence artificielle, qui organisent de manière toujours plus omniprésente nos milieux mentaux et sociaux. Comme toute grande transformation historique, celle-ci exige non seulement des compétences techniques, mais aussi une formation humaniste capable de mettre en lumière les logiques économiques, les préjugés intégrés et les formes de pouvoir qui façonnent la perception du réel. Le défi que posent ces systèmes est plus profond qu’il n’y paraît : il ne concerne pas seulement l’utilisation de nouvelles technologies, mais le remplacement progressif de la réalité par sa simulation. Dans les environnements numériques, structurés pour persuader, l’interaction est optimisée au point de rendre la rencontre réelle superflue. L’altérité des personnes en chair et en os est neutralisée et la relation réduite à une réponse fonctionnelle. Chers amis, vous, en revanche, vous êtes des personnes réelles ! La création elle-même a un corps, un souffle, une vie qui doit être écoutée et à préserver. « Elle gémit et souffre » (cf. Rm 8, 22) comme chacun de nous.

     Lorsque la simulation devient la norme, la capacité humaine de discernement est diminuée et nos liens sociaux s’enferment dans des circuits autoréférentiels qui ne nous exposent plus au réel. Nous vivons alors comme dans des bulles imperméables les unes aux autres, nous nous sentons menacés par quiconque est différent et nous nous déshabituons à la rencontre et au dialogue. C’est ainsi que se propagent la polarisation, les conflits, les peurs et la violence. Ce n’est pas un simple risque d’erreur qui est en jeu, mais une transformation du rapport même à la vérité. Sans résistance à la persuasion de ces systèmes et sans exposition physique et spirituelle à l’autre en chair et en os, la réalité devient facultative et l’humain gouvernable par des systèmes invisibles, imperceptibles à la conscience.

      C’est précisément dans ce domaine que l’Université catholique a le devoir d’assumer une responsabilité de premier plan. En effet, elle ne se limite pas à transmettre des connaissances spécialisées, mais forme des esprits capables de discerner et des cœurs disposés à l’amour et au service. Elle prépare surtout les futurs dirigeants, les fonctionnaires publics, les professionnels et autres acteurs sociaux de demain à accomplir avec droiture les missions qui leur seront confiées ; à exercer leurs responsabilités avec probité ; à inscrire leur action dans une éthique au service du bien commun.

 

 

 

 

18 avril 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe célébrée à l’Aéroport de Yaoundé-Ville, au Cameroun

     Que la paix soit avec vous ! La paix du Christ dont la présence éclaire notre chemin et apaise les tempêtes de la vie.
     Comme nous l’avons entendu dans l’Évangile, la foi ne nous épargne pas les tumultes et les tribulations, et il peut sembler à certains moments que la peur l’emporte. Mais nous savons que, même dans ces moments là, Jésus ne nous abandonne pas, comme pour les disciples sur la mer de Galilée.

      Saint Marc (cf. 6, 45-52) présente le Seigneur qui rejoint les disciples alors qu’ils peinent à ramer, à cause du vent contraire qui s’apaise dès qu’Il monte avec eux dans la barque. Saint Matthieu (cf. 14, 22-33) ajoute un détail : Pierre veut rejoindre le Maître en marchant sur les flots. Mais une fois descendu de la barque, il se laisse submerger par la peur et commence à s’enfoncer. Le Christ le saisit par la main, le sauve et lui reproche son incrédulité.
     Dans la version de saint Jean (cf. Jn 6, 16-21), le Sauveur s’approche des disciples en marchant sur les eaux et leur dit : « C’est moi, n’ayez plus peur » (v. 20), et l’évangéliste souligne que « C’était déjà les ténèbres » (v. 17). Dans la tradition juive, les “eaux”, avec leur profondeur et leur mystère, évoquent souvent le monde des enfers, le chaos, le danger, la mort. Avec les ténèbres, elles évoquent les forces du mal que l’homme ne peut pas dominer seul. Mais en même temps, elles sont aussi perçues, dans le souvenir des prodiges de l’exode, comme un lieu de passage, un gué par lequel Dieu, avec puissance, libère son peuple de l’esclavage.
     L’Église a de nombreuses fois fait l’expérience, dans sa navigation à travers les siècles, de tempêtes et de “vents contraires” ; et nous aussi nous pouvons nous identifier aux sentiments de peur et de doute éprouvés par les disciples au cours de la traversée du lac de Tibériade. C’est ce que nous ressentons dans les moments où nous avons l’impression de nous enfoncer, submergés par des forces adverses, quand tout semble sombre et que nous nous sentons seuls et fragiles. Mais il n’en est pas ainsi. Jésus est avec nous, toujours, plus fort que toute puissance du mal.  Il nous rejoint dans chaque tempête et nous redit : “Je suis là avec toi : n’aie pas peur”. C’est pourquoi nous nous relevons après chaque chute, et nous ne nous laissons arrêter par aucune tempête. Nous allons de l’avant, avec courage et confiance, toujours. Et c’est grâce à Lui que, comme le disait le Pape François, beaucoup d’« hommes et de femmes […] honorent notre peuple, honorent notre Église […] : forts faire progresser leur vie, leur famille, leur travail, leur foi » (Catéchèse, 14 mai 2014, 2).
     Jésus se fait proche de nous : il n’apaise pas immédiatement les tempêtes mais il nous rejoint au milieu des dangers, et il nous invite, dans les joies comme dans les peines, à rester ensemble, solidaires, comme les disciples dans la même barque ; à ne pas regarder de loin ceux qui souffrent, mais à nous rapprocher d’eux, à nous serrer les uns contre les autres. Personne ne doit être laissé seul face aux épreuves de la vie. Pour cela, chaque communauté a pour tâche de créer et de soutenir des structures de solidarité et d’entraide où, face aux crises – qu’elles soient sociales, politiques, sanitaires ou économiques –, chacun puisse donner et recevoir de l’aide, selon ses capacités et ses besoins. Les paroles de Jésus, “c’est moi”, nous rappellent que, dans une société fondée sur le respect de la dignité de la personne, la contribution de tout le monde est importante et a une valeur unique, indépendamment du status ou de la position de chacun aux yeux du monde.
     L’exhortation “n’ayez pas peur” prend alors une dimension plus large, y compris sur le plan social et politique, comme un encouragement à affronter ensemble les problèmes et les défis – en particulier ceux liés à la pauvreté et à la justice –, avec un sens civique et de responsabilité civile. La foi ne sépare pas le spirituel du social. Au contraire, elle donne au chrétien la force d’interagir avec le monde, pour répondre aux besoins des autres, en particulier des plus faibles. Les efforts individuels et isolés ne suffisent pas au salut d’une communauté : une décision commune est nécessaire, qui intègre la dimension spirituelle et éthique de l’Évangile au cœur des institutions et des structures, en faisant de celui-ci des instruments pour le bien commun, et non des lieux d’intérêts, de conflits, ou le théâtre de luttes stériles.
     Dans les Actes des Apôtres, (cf. Ac 6, 1-7), nous voyons comment l’Église affronte sa première crise de croissance. L’augmentation rapide du nombre des disciples (v. 1) pose à la communauté de nouveaux défis dans l’exercice de la charité, auxquels les apôtres ne parviennent plus à répondre seuls. Certains sont négligés dans le service des repas, et c’est pourquoi les murmures s’amplifient et un sentiment d’injustice menace l’unité. Le service quotidien aux pauvres était une pratique essentielle dans l’Église primitive ; il visait à soutenir les plus fragiles, en particulier les orphelins et les veuves. Il fallait toutefois l’intégrer aux besoins de l’annonce et de l’enseignement, qui étaient eux aussi pressants, et la solution n’était pas simple. Les apôtres se sont alors réunis, ils ont partagé leurs préoccupations, ils ont échangé leurs points de vue à la lumière des enseignements de Jésus et ils ont prié ensemble, parvenant ainsi à vaincre des obstacles et des malentendus qui, à première vue, semblaient insurmontables. Ils ont ainsi fait naître quelque chose de nouveau, en choisissant des hommes « estimés de tous, remplis d’Esprit Saint et de sagesse » (v. 3), et en les destinant, par l’imposition des mains, à un service concret qui était aussi une mission spirituelle. En écoutant la voix du Saint-Esprit, et attentifs au cri des souffrants, non seulement ils ont évité une fracture au sein de la communauté, mais ils l’ont dotée, par inspiration divine, d’instruments nouveaux et adaptés à sa croissance, en transformant un moment de crise en occasion d’enrichissement et de développement pour tous.
     Parfois, la vie d’une famille et d’une société exige aussi cela : le courage de changer les habitudes et les structures, afin que la dignité de la personne reste toujours au centre et que les inégalités et les marginalisations soient surmontées. Dieu s’est identifié aux plus petits en s’incarnant, et cela fait de la sollicitude préférentielle envers les pauvres une option fondamentale de notre identité chrétienne (cf. Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 198 ; Exhort. ap. Dilexi te, nn.16-17).

 

 

22 avril 2026 – Paroles du Pape Léon XIV avant la Messe célébrée en la Basilique de l’Immaculée Conception, à Mongomo, en Guinée Equatoriale

     Bonjour. Je vous salue tous très chaleureusement. Je vous remercie d’être présents ; quel bonheur de nous retrouver tous réunis pour louer le Seigneur, pour rendre grâce pour ses dons, pour recevoir sa bénédiction !

     C’est un jour béni par le Seigneur. Maintenant, en ce moment, en présence de vous tous, nous voulons demander la bénédiction sur chacun d’entre vous et sur vos familles : nous le ferons pendant la célébration de la Sainte Messe. Mais en ce moment, nous voulons demander la bénédiction du Seigneur sur cette première pierre, apportée ici, qui servira à commencer la construction de la future cathédrale ou église de Ciudad de la Paz.

 

 

22 avril 2026 – Discours du Pape Léon XIV à l’occasion de la rencontre avec les jeunes et les familles, au stade de Bata, en Guinée Equatoriale

     Chers amis, vous êtes venus à cette rencontre avec vos familles. Elles sont le terreau fertile dans lequel l’arbre jeune et fragile de votre croissance humaine et chrétienne plonge ses racines. Pour cela je vous invite tous à remercier ensemble le Seigneur pour le don de vos proches et, comme nous l’ont dit Purificación et Jaime Antonio, à vous en remettre à Lui afin que vos familles puissent grandir dans l’union, accueillir la vie comme un don à préserver et à éduquer à la rencontre avec le Seigneur, le Seigneur qui est « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 6). Beaucoup d’entre vous sont en train de se préparer au sacrement du mariage. Être époux et parents est une mission passionnante, une alliance à vivre jour après jour, dans laquelle on se redécouvre sans cesse l’un pour l’autre, artisans, avec Dieu, du miracle de la vie, bâtisseurs de bonheur, pour vous, pour vos enfants et pour la communauté à laquelle vous appartenez. Préparez-vous à vivre cet appel comme un chemin d’amour véritable, qui grandit dans la liberté un chemin d’espoir qui naît de la certitude que Dieu ne vous abandonne pas, un chemin de sainteté qui recherche toujours le bien et le bonheur de l’autre.

     Je remercie vivement Víctor Antonio pour la sincérité et le courage avec lesquels il a partagé son histoire avec nous. Ses paroles nous aident à comprendre encore plus profondément la valeur de ce que nous avons dit. Elles tombent comme un rocher parmi nous, mais pas pour détruire. Elles sont plutôt des paroles qui doivent nous encourager à construire un monde meilleur, fondé sur le respect de la vie qui naît et qui grandit, et sur le sens des responsabilités envers les enfants et les plus petits. Víctor Antonio nous a rappelé qu’accueillir la vie exige de l’amour, de l’engagement et de l’attention, et ces mots, prononcés par un adolescent, doivent nous faire réfléchir sérieusement à quel point il est important de protéger et de préserver la famille ainsi que les valeurs qu’on y apprend. Cultivons-les, vivons-les, témoignons-en même lorsque cela demande des sacrifices, ou lorsque, comme le disaient Jaime Antonio et Purificación, les jugements, les préjugés et les stéréotypes tentent d’en minimiser la valeur. Une famille qui sait accueillir et aimer est lumière, elle est chaleur. Le Pape François nous a laissé de très belles paroles à ce sujet, il nous a dit : « Le couple, le père et la mère avec toute leur histoire d’amour […], le couple qui aime et procrée est la véritable “sculpture” vivante […], capable de manifester le Dieu créateur et sauveur » (Exhort. ap. Amoris laetitia, n.n. 9.11).

     Très chers jeunes, parents, et vous tous ici présents, laissons-nous enthousiasmer par la beauté de l’amour que Jésus nous a laissé et enseigné ! Témoignons chaque jour à quel point il est beau d’aimer, que les plus grandes joies, dans tous les domaines, proviennent de la capacité à donner et à se donner, surtout quand on se penche vers ceux qui en ont le plus besoin. La lumière de la charité, cultivée dans les foyers et vécue dans la foi, peut vraiment transformer le monde, y compris ses structures et ses institutions, afin que chaque personne y trouve le respect et que nul ne soit oublié (cf. François, Message à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, 14 octobre 2022). Chères frères et sœurs, prenons ensemble la ferme résolution, dans la joie, de nous engager afin que le Christ, le Crucifié et le Ressuscité, Lumière de la Guinée équatoriale, de l’Afrique et du monde entier, puisse nous guider tous vers un avenir plein d’espoir. Christ, lumière de la Guinée équatoriale !

 

29 avril 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale

     La liturgie célèbre aujourd’hui Sainte Catherine de Sienne, Vierge dominicaine et Docteur de l’Eglise.

     Chers nouveaux époux, avec votre amour réciproque, soyez signe de l’amour du Christ pour l’Eglise

 

 

 

2 mai 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux employés de la Conférence épiscopale italienne, avec leurs familles

     Je vous salue cordialement et vous remercie pour le précieux service que vous accomplissez au sein de la Conférence épiscopale italienne et des organismes qui lui sont liés. Je salue le Président, Son Éminence le Cardinal Matteo Zuppi, le Secrétaire général, les Directeurs des bureaux et des services, ainsi que chacun de vous.
     Le vôtre est un engagement délicat, dont l’importance est soulignée dans le Préambule des Statuts de la CEI : « La Conférence épiscopale italienne – y lit-on – […] est un signe authentique et autorisé de la communion des Églises particulières qui sont en Italie ; elle constitue une représentation légitime et qualifiée du peuple de Dieu qui vit dans le pays ; elle promeut l’action concorde de l’épiscopat italien, en particulière syntonie avec le Successeur de Pierre, Évêque de Rome et Primat d’Italie » (Statuts de la Conférence épiscopale italienne, Préambule, 3).
     Merci donc pour ce que vous faites, à tous les niveaux, des plus visibles aux plus cachés et quotidiens. Je voudrais ici rappeler combien est importante, pour toute institution, la fidélité de chacun à sa tâche, jusque dans les engagements les plus ordinaires : un dossier suivi avec attention, une réunion bien préparée, la patience d’un temps d’écoute prolongé, le soin apporté à répondre à une demande, l’ordre et l’attention portés aux lieux eux-mêmes. Ce sont des choses simples, mais utiles au bien de tous et grandes devant Dieu. Dans la vie de l’Église, rien n’est petit s’il est accompli avec foi, avec amour et avec un esprit de communion.
     À la lumière de tout cela, je voudrais m’arrêter avec vous sur quelques aspects de votre engagement que je considère importants.
     Tout d’abord, sa nature de service. Les divers bureaux dans lesquels vous travaillez ne sont pas des structures refermées sur elles-mêmes, mais des instruments par lesquels vous aidez les évêques et les Églises en Italie, afin que les liens de communion soient solides et que le tissu ecclésial soit cohérent, riche de l’Évangile et fécond en gestes de proximité. Il s’agit d’une tâche de grande responsabilité : le vôtre est en effet un « service au service », un travail qui soutient d’autres travaux, un engagement qui rend possible la contribution de nombreux acteurs, une collaboration qui aide les Églises locales à annoncer la Bonne Nouvelle, à marcher ensemble et à être une présence vivante du Seigneur dans ce pays et dans le monde. Ce que vous faites – même les activités les plus techniques, administratives ou organisationnelles – fait partie de la mission de toute la grande famille de Dieu. Dans l’Église, en effet, servir ne consiste pas simplement à remplir une fonction, mais à participer activement, comme des membres, à la vie d’un corps dont le Christ est la tête. Le centre n’est donc jamais nous-mêmes, ni nos bureaux, ni nos programmes, mais Lui ; et toute activité trouve son sens lorsqu’elle aide, même humblement et discrètement, à la rencontre et à l’union avec Lui.
      Cela nous conduit au second point de notre réflexion, qui concerne l’appartenance. L’Épouse du Christ ne peut être servie en spectateurs, mais seulement avec l’amour de ceux qui savent lui appartenir, dans un lien de foi et de communion qui est avant tout un don de grâce, un don de Dieu. Je vous invite donc à vivre vos occupations quotidiennes en vous sachant insérés dans un mystère, dans une histoire et dans un projet qui vous précèdent et vous dépassent (cf. François, Exhort. ap. Evangelii gaudium, 111). Les lieux où vous exercez vos tâches quotidiennes sont le premier espace où vous êtes appelés à donner forme à l’Évangile, en promouvant l’unité et la paix, avec patience et humilité, dans le soin et l’attention mutuels. Cette conscience doit façonner votre manière de vous percevoir, de parler, d’écouter, de corriger, de soutenir, imprégnant les milieux de travail et déterminant de véritables styles de vie évangéliques.
     Je voudrais ajouter une dernière réflexion, car service et appartenance sont inséparables d’une troisième dimension fondamentale de la vie du peuple de Dieu : la mission. L’Église existe pour annoncer le Christ, en construisant des ponts, en tissant des liens, en offrant accueil et aide à toute personne qui a besoin de soutien, d’écoute, d’amour, et vous participez à cet envoi.
     Nous vivons une époque de profonds changements, dans la famille, dans l’école, dans le travail, dans la communication, dans la participation sociale, dans la transmission de la foi, y compris en Italie. Dans ce contexte, le Seigneur nous demande de ne pas nous replier sur nous-mêmes ni d’avoir peur, mais plutôt de nous donner généreusement pour que l’Évangile puisse rejoindre et éclairer aujourd’hui encore chaque femme et chaque homme, avec leurs difficultés, leurs questions et leurs espérances (cf. Concile Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 1), afin que tous « soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2,4).
     Chers frères et sœurs, merci pour ce que vous faites ! Que le Seigneur bénisse votre travail, vos familles, les personnes qui vous sont chères, en particulier les enfants, les personnes âgées, les malades et tous ceux qui traversent des moments d’épreuve. Confions à la Vierge Marie, à saint François d’Assise et à sainte Catherine de Sienne la Conférence épiscopale italienne, les Églises en Italie et le chemin de tout le peuple de Dieu. Merci !

 

 

 

 

2 mai 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux employés de la Conférence épiscopale italienne, avec leurs familles

     L’Épouse du Christ ne peut être servie en spectateurs, mais seulement avec l’amour de ceux qui savent lui appartenir, dans un lien de foi et de communion qui est avant tout un don de grâce, un don de Dieu.

     Nous vivons une époque de profonds changements, dans la famille, dans l’école, dans le travail, dans la communication, dans la participation sociale, dans la transmission de la foi. Dans ce contexte, le Seigneur nous demande de ne pas nous replier sur nous-mêmes ni d’avoir peur, mais plutôt de nous donner généreusement pour que l’Évangile puisse rejoindre et éclairer aujourd’hui encore chaque femme et chaque homme, avec leurs difficultés, leurs questions et leurs espérances (cf. Concile Vatican II, Const. past. Gaudium et spes, 1), afin que tous « soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tm 2,4).

 

 

 

 

2 mai 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de consécration de 4 nouveaux Evêques, Auxiliaires du diocèse de Rome ; célébrée dans la Basilique saint Jean de Latran.

     On devient des pierres rejetées par les hommes et choisies par Dieu: quand, par notre vie et notre parole, nous nous opposons aux projets qui écrasent les plus faibles, qui ne respectent pas la dignité de chaque personne, qui utilisent les conflits pour sélectionner les plus forts, tout en négligeant ceux qui restent à la traîne, ceux qui n’y parviennent pas, considérant ceux qui succombent comme des déchets de l’histoire. Jésus a marché parmi nous en tant que prophète désarmé et désarmant, et lorsqu’il a été rejeté, il n’a pas changé de style.

 

 

 

6 mai 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’audience Générale

     L’Eglise commémore aujourd’hui sait Dominique Savio, un des premiers fruits de sainteté, formés par la grâce divine à l’école de don Bosco. Que son exemple d’adhésion au Seigneur en toute circonstance, aide chacun de vous à répondre généreusement aux désirs de bien. Que l’Esprit Saint vous inspire.

 

 

 

8 mai 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de Messe et supplication à Notre-Dame du Rosaire de Pompéi

     « Mon âme exalte le Seigneur ». Ces paroles, par lesquelles nous avons répondu à la première Lecture, jaillissent du cœur de la Vierge Marie lorsqu’elle présente à Élisabeth le fruit de son sein, Jésus, le Sauveur. Après elle, Zacharie, le père de Jean-Baptiste, et le vieillard Siméon chanteront pour le Christ. Ces trois cantiques rythment chaque jour la louange de l’Église dans la Liturgie des Heures. Ils sont le regard de l’ancien Israël, qui voit s’accomplir ses promesses ; ils sont le regard de l’Église Épouse, tournée vers son Époux divin ; ils sont implicitement le regard de l’humanité entière, qui trouve une réponse à son désir ardent de salut.
     Il y a cent cinquante ans, en posant la première pierre de ce Sanctuaire, dans le lieu où l’éruption du Vésuve de l’an 79 après Jésus-Christ avait enseveli sous la cendre les signes d’une grande civilisation, les protégeant pendant des siècles, saint Bartolo Longo, avec son épouse la comtesse Marianna Farnararo De Fusco, jetait les bases non seulement d’un temple, mais d’une véritable cité mariale. Il exprimait ainsi la conscience d’un dessein de Dieu que saint Jean-Paul II, parlant en ce lieu de grâce le 7 octobre 2003, à la conclusion de l’Année du Rosaire, relançait pour le Troisième Millénaire, dans la perspective de la nouvelle évangélisation : « Aujourd’hui, disait-il, comme au temps de l’antique Pompéi, il est nécessaire d’annoncer le Christ à une société qui s’éloigne des valeurs chrétiennes et en perd même la mémoire ».
     Il y a exactement un an, lorsque le ministère de Successeur de Pierre m’a été confié, c’était précisément le jour de la Supplique à la Vierge, cette très belle journée de la Supplique à la Vierge du Saint Rosaire de Pompéi ! Je devais donc venir ici, placer mon service sous la protection de la Vierge Sainte. Le fait d’avoir ensuite choisi le nom de Léon me place sur les traces de Léon XIII, qui eut, entre autres mérites, celui d’avoir développé un vaste Magistère sur le Saint Rosaire. À tout cela s’ajoute la récente canonisation de saint Bartolo Longo, apôtre du Rosaire. Ce contexte nous donne une clé pour réfléchir à la Parole de Dieu que nous venons d’entendre.
     L’Évangile de l’Annonciation nous introduit au moment où le Verbe de Dieu se fait chair dans le sein de Marie. De ce sein rayonne la Lumière qui donne son plein sens à l’histoire et au monde. La salutation que l’ange Gabriel adresse à la Vierge est une invitation à la joie : « Réjouis-toi, comblée de grâce » (Lc 1, 28 ; cf. So 3, 14). Oui, l’Ave Maria est une invitation à la joie : il dit à Marie, et en elle à nous tous, que sur les ruines de notre humanité éprouvée par le péché, et donc toujours inclinée aux abus, aux oppressions et aux guerres, est venue la caresse de Dieu, la caresse de la miséricorde, qui prend en Jésus un visage humain.
     Marie devient ainsi Mère de la miséricorde. Disciple de la Parole et instrument de son incarnation, elle se révèle vraiment la « pleine de grâce ». Tout en elle est grâce ! En offrant au Verbe sa propre chair, elle devient aussi, comme l’enseigne le Concile Vatican II à la suite de saint Augustin, « mère des membres du Christ […] parce qu’elle a coopéré par la charité à la naissance des fidèles dans l’Église, qui sont les membres de ce Chef » (Constitution dogmatique Lumen gentium, 53 ; cf. saint Augustin, De sancta virginitate, 6). Dans le « Me voici » de Marie naît non seulement Jésus, mais aussi l’Église, et Marie devient à la fois Mère de Dieu — Theotokos — et Mère de l’Église.
     Grand mystère ! Tout se réalise dans la puissance de l’Esprit Saint, qui couvre Marie de son ombre et rend fécond son sein virginal. Ce moment de l’histoire possède une douceur et une puissance qui attirent le cœur et le portent à cette hauteur contemplative où germe la prière du Saint Rosaire. Cette prière, née et développée progressivement au cours du deuxième millénaire, plonge ses racines dans l’histoire du salut, et trouve comme son prélude dans la Salutation de l’Ange à la Vierge. « Je vous salue, Marie ! » La répétition de cette prière dans le Rosaire est comme l’écho de la salutation de Gabriel, un écho qui traverse les siècles et guide le regard du croyant vers Jésus, vu avec les yeux et le cœur de sa Mère. Jésus adoré, contemplé, assimilé dans chacun de ses mystères, afin que nous puissions dire avec saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 19).
     Précédé par la proclamation de la Parole de Dieu, enchâssé entre le Notre Père et le Gloria, l’Ave Maria qui se répète dans le Saint Rosaire est un acte d’amour. N’est-il pas propre à l’amour de répéter sans se lasser : « Je t’aime » ? C’est un acte d’amour qui, sur les grains du chapelet, comme on le voit bien dans le tableau marial de ce Sanctuaire, nous fait remonter vers Jésus et nous conduit à l’Eucharistie, « source et sommet de toute la vie chrétienne » (Lumen gentium, 11). Saint Bartolo Longo en était convaincu lorsqu’il écrivait : « L’Eucharistie est le Rosaire vivant, et tous les mystères se retrouvent dans le saint Sacrement sous une forme active et vitale » (Il Rosario e la Nuova Pompei, 1914, p. 86).
      Il avait raison. Dans l’Eucharistie, tous les mystères de la vie du Christ se retrouvent, pour ainsi dire, concentrés dans le mémorial de son sacrifice et dans sa présence réelle. Le Rosaire a une physionomie mariale, mais un cœur christologique et eucharistique (cf. Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 1). Si la Liturgie des Heures rythme les temps de la louange de l’Église, le Rosaire rythme le mouvement de notre vie en la ramenant sans cesse à Jésus et à l’Eucharistie.
     Des générations de croyants ont été formées et gardées par cette prière simple et populaire, et en même temps capable d’élévations mystiques et dépositaire de la théologie chrétienne la plus essentielle. Qu’y a-t-il en effet de plus essentiel que les mystères du Christ, que son saint Nom, prononcé avec la tendresse de la Vierge Marie ? C’est en ce Nom, et en aucun autre, que nous pouvons être sauvés (cf. Ac 4, 12). En le répétant dans chaque Ave Maria, nous faisons en quelque sorte l’expérience de la maison de Nazareth, comme si nous entendions à nouveau la voix de Marie et de Joseph durant les longues années où Jésus vécut avec eux.
     Nous faisons aussi l’expérience du Cénacle, où les Apôtres, avec Marie, attendirent l’effusion de l’Esprit Saint. C’est ce que nous a montré la première Lecture. Comment ne pas penser que, durant ce temps entre l’Ascension et la Pentecôte, Marie et les Apôtres rivalisaient pour se souvenir des différents moments de la vie de Jésus ? Aucun détail ne devait leur échapper ! Tout devait être rappelé, assimilé, imité. Ainsi naît le chemin contemplatif de l’Église, dont le Rosaire, à la manière de l’Année liturgique, offre la synthèse dans la méditation quotidienne des saints Mystères. C’est à juste titre que le Rosaire a été considéré comme un résumé de l’Évangile, que saint Jean-Paul II a voulu compléter par les Mystères lumineux. Cette dimension fut également très vive chez saint Bartolo Longo, qui offrit aux pèlerins de profondes méditations afin de soustraire le Saint Rosaire à la tentation d’une récitation mécanique et de lui assurer le souffle biblique, christologique et contemplatif qui doit le caractériser.
     Sœurs et frères, si le Rosaire est « prié » et, j’oserais dire, « célébré » de cette manière, il devient aussi, par conséquence naturelle, source de charité. Charité envers Dieu, charité envers le prochain : deux faces d’une même médaille, comme nous le rappelait la deuxième Lecture, tirée de la première Lettre de saint Jean, qui se concluait par cette exhortation : « N’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité » (1 Jn 3, 18). C’est pourquoi saint Bartolo Longo a été apôtre du Rosaire et, en même temps, apôtre de la charité. Dans cette Cité mariale, il accueillit des orphelins et des enfants de prisonniers, manifestant la force régénératrice de l’amour. Ici encore aujourd’hui, les plus petits et les plus faibles sont accueillis et pris en charge dans les Œuvres du Sanctuaire.
     Le Rosaire tourne le regard vers les besoins du monde, comme le soulignait la Lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, en proposant particulièrement deux intentions qui demeurent d’une actualité pressante : la famille, qui souffre de l’affaiblissement du lien conjugal, et la paix, mise en danger par les tensions internationales et par une économie qui préfère le commerce des armes au respect de la vie humaine.
     Lorsque saint Jean-Paul II proclama l’Année du Rosaire — l’année prochaine en marquera le vingt-cinquième anniversaire —, il voulut la placer d’une manière spéciale sous le regard de la Vierge de Pompéi. Depuis lors, les temps ne se sont pas améliorés. Les guerres qui se poursuivent encore dans tant de régions du monde exigent un engagement renouvelé, non seulement économique et politique, mais aussi spirituel et religieux. La paix naît au-dedans du cœur. Ce même Pontife, en octobre 1986, avait rassemblé à Assise les responsables des principales religions, invitant tous à prier pour la paix. À plusieurs reprises, y compris récemment, le pape François et moi-même avons demandé aux fidèles du monde entier de prier à cette intention.
     Nous ne pouvons pas nous résigner aux images de mort que l’actualité nous présente chaque jour. Depuis ce Sanctuaire, dont la façade fut conçue par saint Bartolo Longo comme un monument à la paix, nous élevons aujourd’hui avec foi notre Supplique. Jésus nous a dit que la prière faite avec foi peut tout obtenir (cf. Mt 21, 22). Et saint Bartolo Longo, pensant à la foi de Marie, la définit comme « toute-puissante par grâce ». Par son intercession, que vienne du Dieu de la paix une effusion surabondante de miséricorde, qui touche les cœurs, apaise les rancœurs et les haines fratricides, et éclaire ceux qui ont des responsabilités particulières de gouvernement.
     Frères et sœurs, aucune puissance terrestre ne sauvera le monde, mais seulement la puissance divine de l’amour, cette puissance divine de l’amour que Jésus, le Seigneur, nous a révélée et donnée. Croyons en Lui, espérons en Lui, suivons-Le !

 

13 mai 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale

     Je vous remercie de votre présence et j’invoque sur vous et sur vos proches les dons du Saint-Esprit, afin que vous puissiez vivre un engagement chrétien toujours cohérent dans les différents appels et situations que la Providence réserve à chacun.

14 mai 2026 – Discours du Pape Léon XIV à l'université Sapienza de Rome

    Vous qui êtes si peu considérés par une société qui a de moins en moins d’enfants, témoignez que l’humanité est capable d’avenir lorsqu’elle le construit avec sagesse.

 

15 mai 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux participants à la Conférence interparlementaire sur la lutte contre le crime organisé dans la région de l'OSCE

     Le Saint-Siège est fermement convaincu que l’État de droit, la prévention du crime et la justice pénale doivent progresser ensemble dans l’unité. En effet, la mise en œuvre authentique de l’État de droit demeure indispensable pour le développement humain intégral. Aucune société véritablement juste ne peut durer si la loi — et non la volonté arbitraire des personnes — ne demeure souveraine (cf. Compendium de la doctrine sociale de l’Église, n. 408), tandis qu’aucune personne ou groupe, quels que soient son pouvoir ou son statut, ne peut jamais prétendre avoir le droit de porter atteinte à la dignité et aux droits des autres ou de leurs communautés. Par conséquent, prévenir les activités criminelles et y répondre est étroitement lié au respect et à la protection des droits humains universels. Cela exige non seulement les efforts des autorités chargées de faire appliquer la loi, mais aussi l’engagement de l’ensemble de la société, aux niveaux national et international.

     À cet égard, le Saint-Siège soutient de tout cœur chaque initiative visant à établir un système de justice pénale efficace, juste, humain et crédible, capable de prévenir et de combattre la production et le trafic de drogues illicites. Reconnaissant que la vraie justice ne peut se satisfaire de la seule punition, de tels efforts doivent également intégrer des approches marquées par la persévérance et la miséricorde, visant à la rééducation et à la pleine réintégration des délinquants dans le tissu de la société. Ce même respect de la dignité inhérente à chaque personne, y compris celles qui ont commis des crimes, exclut le recours à la peine de mort, à la torture et à toute forme de châtiment cruel ou dégradant.

     Des programmes exhaustifs sont nécessaires pour atteindre les personnes esclaves de l’addiction, en leur offrant un traitement médical, un soutien psychologique et une réhabilitation durable. Une telle approche multidisciplinaire doit considérer la personne humaine dans son intégralité, en dépassant à la fois les mesures purement répressives et les solutions permissives, dont aucune ne parvient  à libérer les personnes des chaînes de la dépendance. De cette manière, elles pourront redécouvrir et vivre à nouveau la plénitude de leur dignité reçue de Dieu.

     En outre, je souhaite souligner que l’éducation est la clé de la prévention. Elle constitue le fondement du développement humain intégral et donne aux enfants et aux jeunes les moyens de reconnaître la profonde dévastation causée par les drogues. À notre époque, où les réseaux sociaux diffusent si souvent de dangereuses désinformations qui banalisent ces risques, l’éducation doit commencer au sein de la famille et être renforcée à l’école, en transmettant une connaissance scientifique exacte des effets destructeurs des stupéfiants sur le cerveau, le corps, le comportement personnel et le bien commun de la communauté.

 

 

20 mai 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale

     Je souhaite à chacun de vous de servir toujours Dieu dans la joie et d’aimer le prochain avec un esprit évangélique

 

 

23 mai 2026 – Discours du Pape Léon XIV, lors de sa rencontre avec les évêques, le clergé, les religieux et les familles des victimes de la pollution environnementale

     Éminences, Excellences,
chers frères et sœurs, bonjour et merci pour votre accueil !
      Je remercie le Seigneur de pouvoir vous rencontrer, en revenant en Campanie quelques jours après ma visite au sanctuaire de Pompéi et à la ville de Naples. Vous savez que déjà le pape François aurait désiré venir ici, dans ce lieu qui a tristement pris le nom de « Terre des feux », mais cela ne lui fut pas possible. Aujourd’hui, nous voulons réaliser son désir, en reconnaissant le grand don que l’encyclique Laudato si’ a représenté pour la mission de l’Église sur cette terre. En effet, le cri de la création et des pauvres parmi vous a été ressenti de manière plus dramatique, à cause d’un concentré mortel d’intérêts obscurs et d’indifférence au bien commun, qui a empoisonné l’environnement naturel et social. C’est un cri qui appelle à la conversion !
     Dans cette cathédrale, nous vivons un premier moment, le moment ecclésial et, je voudrais dire, le plus familial de ma visite. Ensuite, sur la place, nous rencontrerons symboliquement toute la société. Je suis venu avant tout recueillir les larmes de ceux qui ont perdu des personnes chères, tuées par la pollution environnementale provoquée par des personnes et des organisations sans scrupules, qui ont pu agir trop longtemps dans l’impunité. Mais je suis aussi ici pour remercier ceux qui ont répondu au mal par le bien, en particulier une Église qui a su oser la dénonciation et la prophétie, afin de rassembler le peuple dans l’espérance.
     Ainsi, sachant que je vous visitais à la veille de la Pentecôte, j’ai cherché dans les Saintes Écritures une page qui puisse interpréter et inspirer votre chemin. Je l’ai trouvée dans une vision grandiose du prophète Ézéchiel, conduit par le Seigneur à faire une expérience qui devait devenir, pour le peuple en exil, un puissant message de résurrection. Ézéchiel raconte : « La main du Seigneur se posa sur moi, et le Seigneur m’emporta par son esprit et me déposa au milieu d’une vallée remplie d’ossements. Il me fit circuler parmi eux ; ils étaient très nombreux à la surface de la vallée, et ils étaient complètement desséchés » (Ez 37, 1-2).
     Chers amis, Dieu avait placé l’homme et la femme dans un jardin, pour qu’ils le cultivent et le gardent. Tout était vie, beauté, fécondité. Cette terre aussi, autrefois, était appelée Campania felix, parce qu’elle était capable d’émerveiller par sa fécondité, ses produits et sa culture, comme un hymne à la vie. Et pourtant, voici la mort, celle de la terre et celle des hommes. Nous pouvons nous identifier au trouble du prophète devant cette étendue d’ossements desséchés. Nous souffrons de la dévastation qui a compromis un merveilleux écosystème, des lieux, des histoires et des mémoires. Face à cette réalité, deux attitudes sont possibles : l’indifférence ou la responsabilité. Vous avez choisi la responsabilité et, avec l’aide de Dieu, vous avez commencé un chemin d’engagement et de recherche de la justice.
     Le Seigneur pose ensuite à Ézéchiel une question : « Il me dit : “Fils d’homme, ces ossements peuvent-ils revivre ?” Je répondis : “Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais” » (Ez 37, 3). Chers amis, voici que Dieu nous adresse des questions nouvelles, qui élargissent notre horizon. Il sait que nous avons un cœur qui cherche la vie et aspire à l’éternité, mais que nous les renvoyons trop facilement à un temps indéfini et lointain, à un monde différent qui n’existe pas encore. Ézéchiel, au contraire, doit servir son peuple, celui qui existe, dans la situation où il se trouve. De la même manière, nos Églises ont pour mission de faire résonner ici et aujourd’hui la Parole de Dieu. Cette Parole nous demande si nous croyons à ses propres possibilités : elle est Parole de vie.
     Si nous nous rencontrons aujourd’hui, c’est pour répondre à cette Parole. Et nous répondons ainsi : Seigneur, la mort semble être partout, l’injustice semble avoir vaincu, la criminalité, la corruption, l’indifférence tuent encore, le bien semble rester desséché. Pourtant, si tu nous interroges : « Ces ossements peuvent-ils revivre ? », nous croyons et nous disons : « Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais ! » Tu sais que nous pouvons nous relever, parce que toi-même tu nous prends par la main. Tu sais que notre désert peut fleurir. Tu sais changer le deuil en joie.
      Sœurs et frères, tout cela est très concret : c’est une promesse qui devient déjà réalité. Le pape François, dans l’encyclique Laudato si’, tout en dénonçant un paradigme de mort, a clairement annoncé l’irruption silencieuse de la vie nouvelle. Après avoir énuméré des réalités dans lesquelles les personnes recommencent déjà ensemble et donnent une nouvelle forme à la justice sociale et environnementale, il écrit : « L’humanité authentique, qui invite à une nouvelle synthèse, semble habiter au milieu de la civilisation technologique, presque imperceptiblement […]. Sera-ce une promesse permanente, malgré tout, qui jaillit comme une résistance obstinée de ce qui est authentique ? » (Laudato si’, 112).
       Chers amis, soyez témoins de cette « résistance obstinée » qui devient renaissance, là où l’Évangile illumine et transforme la vie. C’est ce que nous a enseigné le concile Vatican II, en particulier avec la constitution Gaudium et spes. Le Seigneur nous adresse des questions nouvelles sur la manière de vivre dans nos quartiers, sur la disponibilité à travailler ensemble entre personnes et institutions, sur notre passion éducative, sur l’honnêteté dans le travail, sur la juste répartition du pouvoir et des richesses, sur le respect des personnes et de toutes les créatures. Ces terres pourront-elles revivre ? Soyez vous-mêmes la réponse : une communauté unie, dans la foi et dans l’engagement. Alors la vie se multipliera.
     Et voici l’ordre du Seigneur à son prophète : « Prophétise sur ces ossements et annonce-leur : “Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur. Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements : Voici que je fais entrer en vous l’esprit, et vous revivrez” » (Ez 37, 4-5). Ézéchiel obéit et observe : « Je prophétisai comme j’en avais reçu l’ordre ; pendant que je prophétisais, il y eut un bruit, puis un mouvement parmi les ossements, qui se rapprochaient les uns des autres, chacun de son correspondant. Je regardai : voici qu’apparaissaient sur eux des nerfs ; la chair poussait, et la peau les recouvrait, mais il n’y avait pas encore d’esprit en eux » (Ez 37, 7-8 ).
     Nous comprenons donc que le miracle ne se produit pas en une seule fois. Le prophète est certainement étonné de ce qu’il voit et entend, mais cela ne suffit pas encore, il manque encore quelque chose. Il en va de même pour nous : il faut encore faire confiance, encore écouter, encore croire. Les choix que vous avez faits, le chemin ecclésial que vous avez parcouru, les petits et grands recommencements par lesquels vous avez affronté la douleur ne sont pas encore tout. Si l’on s’arrête, on recule. En effet, le Seigneur parle de nouveau à Ézéchiel : « Prophétise à l’esprit, prophétise, fils d’homme, et annonce à l’esprit : “Ainsi parle le Seigneur Dieu : Esprit, viens des quatre vents, et souffle sur ces morts, afin qu’ils revivent.” Je prophétisai comme il me l’avait commandé, et l’esprit entra en eux ; ils revinrent à la vie et se tinrent debout : c’était une armée immense, innombrable » (Ez 37, 9-10).
     Frères et sœurs, que l’Esprit Saint vous accorde de voir une « armée » de paix se lever et guérir les blessures de cette terre et de ses communautés. Non plus un feu qui détruit, mais un feu qui ravive et réchauffe, le feu de l’Esprit qui embrase les cœurs et les intelligences de milliers et de milliers d’hommes et de femmes, d’enfants et de personnes âgées, et qui inspire soin, consolation, attention et amour véritable. En particulier vous, familles frappées par la mort, engendrez une vie nouvelle en transmettant à vos fils et filles, à vos petits-enfants et à vos voisins ce sens de la responsabilité qui a trop souvent manqué jusqu’ici. Laissez mourir le ressentiment, pratiquez les premiers la justice que vous demandez, témoignez de la vie, éduquez au soin.
     Et vous, ministres ordonnés, religieuses et religieux, soyez les membres vivants de ce peuple : manifestez chaque jour l’autorité du service, qui s’abaisse et se rend proche, qui fait le premier pas et pardonne. Il faut en effet déraciner une culture du privilège, de l’arrogance, du refus de rendre des comptes, qui a fait tant de mal à cette terre, comme à beaucoup d’autres régions d’Italie et du monde. Que l’Esprit souffle des quatre vents et inspire de nouvelles formes d’annonce, de coopération, de régénération environnementale et sociale.
     Il existe en effet une spiritualité des lieux, mais elle doit tout à la spiritualité des personnes. Le changement du monde, en effet, commence toujours par le cœur. Ézéchiel lui-même, avant cette prophétie de mort et de résurrection, annonça le renouvellement dont Dieu seul est capable : « Ainsi parle le Seigneur Dieu […] je vous donnerai un cœur nouveau, je mettrai en vous un esprit nouveau ; j’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai que vous viviez selon mes lois, que vous observiez et pratiquiez mes règles. Vous habiterez la terre que j’ai donnée à vos pères ; vous serez mon peuple, et moi je serai votre Dieu » (Ez 36, 22.27-28).
     Que Jésus ressuscité nous donne d’habiter ensemble ainsi, capables d’accueillir et de mettre en pratique la Parole de Dieu, pèlerins ici-bas et citoyens dans son éternité.

 

 

 

23 mai 2026 – Discours du Pape Léon XIV, lors de sa rencontre avec les évêques, le clergé, les religieux et les familles des victimes de la pollution environnementale

     Vous, familles frappées par la mort, engendrez une vie nouvelle en transmettant à vos fils et filles, à vos petits-enfants et à vos voisins ce sens de la responsabilité qui a trop souvent manqué jusqu’ici. Laissez mourir le ressentiment, pratiquez les premiers la justice que vous demandez, témoignez de la vie, éduquez au soin.
 

25 mai 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux membres de l'Intergroupe « Démographie » du Parlement européen

     Je suis heureux d’accueillir les membres de l’Intergroupe Démographie du Parlement européen, ainsi que le Commissaire européen pour la Méditerranée, la ministre italienne de la Famille, de la Natalité et de l’Égalité des chances, et le Représentant spécial de l’OSCE pour le changement démographique et la sécurité, à l’occasion de votre conférence sur la famille et la démographie.
     En tant que représentants de vos peuples respectifs, reflétant une pluralité d’opinions politiques au sein des États membres de l’Union européenne, votre attention portée à la question démographique du continent est certainement opportune, car cette question représente un défi urgent aux implications concrètes pour des millions de personnes et leurs familles à travers « ce qui devient le “vieux continent” — non plus à cause de sa glorieuse histoire, mais à cause de son âge avancé », comme le soulignait souvent le pape François (Discours aux États généraux de la natalité, 14 mai 2021).
     Les problèmes résultant d’une démographie à croissance nulle sont nombreux et complexes et comprennent notamment la pandémie de la solitude. De plus, les données démographiques ne sont pas de simples statistiques, mais parlent de paternité, de maternité et d’enfants. Et les enfants sont l’avenir ! Pourtant, parler de l’avenir renvoie à un développement intégral et durable, sérieusement entravé sans solidarité entre les générations (cf. Compendium de la doctrine sociale de l’Église, 195). Malheureusement, une telle solidarité exige un équilibre intergénérationnel qui fait actuellement défaut en Europe.
      En outre, au cours des dernières décennies, nous pouvons constater qu’un rejet de l’inspiration chrétienne des pères fondateurs des institutions de l’Union européenne a conduit à une période de stérilité dramatique, non seulement parce que trop de personnes ont été privées du droit de naître, mais aussi parce qu’il y a eu un échec dans la transmission des outils matériels et culturels dont les jeunes ont besoin pour affronter l’avenir (cf. pape François, Discours aux participants du dialogue « Repenser l’Europe : une contribution chrétienne à l’avenir du projet européen », 28 octobre 2017).
     Par conséquent, nous sommes souvent confrontés aux affirmations contradictoires de politiques prétendument favorables à la famille qui, simultanément, favorisent la discrimination contre la maternité, exaltent l’avortement comme un droit et sapent les fondements mêmes du désir de fonder une famille. Heureusement, il existe aujourd’hui parmi nous de merveilleuses exceptions !
     Toutes ces questions doivent donc être étudiées et affrontées de manière urgente et coordonnée par un large éventail d’acteurs académiques, politiques et sociaux. Le défi démographique constitue un tournant crucial pour l’avenir anthropologique, social et économique de l’Europe. Votre engagement, avec sa composition transpartisane, peut en effet jouer un rôle vital et constitue un cadre idéal pour explorer des voies capables de faire naître des idées innovantes, dont l’Europe et le monde ont désespérément besoin. Un tel dialogue doit inclure non seulement les différentes institutions européennes et les gouvernements, mais aussi l’ensemble de la société civile, dont les chrétiens font partie intégrante.
     Au cœur de ces défis pressants, et comme clé des solutions à apporter, se trouvent la dignité fondamentale de toute personne et le rôle de la famille dans la société. Comme le rappelait saint Jean-Paul II, la famille est « la première et irremplaçable école de vie sociale » (Familiaris Consortio, 43) et elle est fondée sur le mariage entre un homme et une femme, réalité qui unit les dimensions personnelle et publique.
     À la lumière de cela, vos discussions ont également pour mission de promouvoir la responsabilité partagée et le rôle actif des familles dans la vie sociale, politique et culturelle (cf. Discours aux participants à la rencontre promue par le CELAM, l’Académie pontificale pour la Vie et l’Institut Jean-Paul II, 19 septembre 2025). Car ce n’est qu’en respectant et en promouvant cette place centrale de la famille, et en appliquant le principe de subsidiarité, qu’il est possible d’éviter les deux extrêmes de l’intervention excessive de l’État et de l’individualisme.
     Enfin, cette approche ne consiste pas à revenir à des modèles sociaux du passé, mais à offrir aux hommes et aux femmes de notre temps les principes immuables capables de les guider pour répondre aux questions fondamentales posées à chaque époque : quel est le sens et la valeur de la vie humaine ? Qu’est-ce qu’une société humaine authentique ? Et quel type de monde voulons-nous transmettre aux générations futures ?
      À cet égard, les politiques nationales et européennes doivent être élaborées et mises en œuvre en partenariat avec la société civile. Je voudrais ici souligner que la coopération de l’Intergroupe avec la Fédération des Associations Familiales Catholiques en Europe (FAFCE) et avec la Commission des Conférences épiscopales de l’Union européenne (COMECE) offre un excellent exemple de la manière dont différentes entités — chacune avec son propre domaine de compétence — peuvent travailler ensemble afin de favoriser des changements efficaces qui amélioreront la qualité de vie de tous.
     Telle est l’impulsion que les chrétiens apportent au projet européen, afin que les politiques considèrent la personne humaine dans toute son intégralité et promeuvent toujours la dignité de l’être humain. De cette manière, un chemin véritablement humain pourra s’ouvrir pour résoudre la crise démographique, orienté vers le bien commun et le bien-être des générations futures. En effet, seul un nouveau printemps pour la famille peut transformer le froid hivernal de nos populations vieillissantes !
     Avec ces réflexions, je prie afin que vous poursuiviez vos efforts essentiels pour promouvoir les familles et la dignité de toute personne. En vous offrant à chacun mes vœux les plus sincères, j’invoque sur vous et sur vos proches l’abondance des bénédictions du Dieu Tout-Puissant.

 

 

28 mai 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux Evêques de la Conférence épiscopale italienne

    Je désire exprimer mon affection à ceux qui vivent leur foi dans la simplicité de la vie quotidienne et à ceux qui, peut-être sans le savoir, portent dans leur cœur une soif de Dieu.

     C’est ce que nous avons la grâce de constater de diverses manières, même à une époque comme la nôtre, marquée par la complexité. J’en ai fait l’expérience directe lors de mes récentes visites à Pompéi, à Naples et à Acerra. De nombreux signes nous parlent de lassitude, de fragmentation, de solitude. Dans nos communautés, nous pouvons parfois ressentir la fatigue de transmettre la foi, la difficulté d’impliquer les nouvelles générations.   

      L’Évangile nous réveille. Quand Jésus regarde les foules, il ne voit pas un problème à résoudre, il voit une moisson, il voit le champ de Dieu : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux ! Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson ! » (Lc 10, 2). Semeur infatigable, Dieu sort chaque jour dans le monde et répand généreusement dans les cœurs le désir de l’infini, d’une vie pleine, d’un salut qui libère. Oui, grâce à Dieu, la moisson est abondante. Voici notre première tâche : faire nôtre le regard du Seigneur. Ne pas nous contenter de nous plaindre des sols durcis ni de nous arrêter simplement aux données statistiques, mais savoir voir, avec les yeux du Ressuscité, la moisson que Dieu lui-même nous prépare.

    Que le Saint-Esprit nous donne des cœurs enflammés de l’élan du Christ; et qu’il suscite de nombreux et saints ouvriers pour travailler à nos côtés.

   C’est de l’Évangile que naît la foi, en tant que rencontre vivante avec le Christ, mort et ressuscité, présent dans son Église.

    Aujourd’hui, dans le contexte où nous sommes appelés à agir, confrontés à d’autres perspectives de vie et à des défis anthropologiques inédits, remettre l’Évangile au centre est le don qui donne de l’enthousiasme.

    Nous sommes donc appelés à nous demander : quel visage de Dieu laissons-nous transparaître dans la prédication, la catéchèse, la liturgie, la charité, la vie de nos communautés ?

     Comment favorisons-nous la rencontre avec le Christ et que signifie aujourd’hui, pour nous et pour nos Églises, initier d’autres personnes à la vie chrétienne ?

     Voici le regain d’intérêt pour l’initiation chrétienne, qui ne peut être envisagée uniquement comme une préparation aux sacrements. Elle est le «sein » dans lequel une communauté fait naître à la foi et introduit à la vie pascale, à la communion avec le Seigneur, à la fraternité ecclésiale. Il s’agit de redécouvrir le baptême comme une réalité vivante et existentielle; et «il n’est pas possible de comprendre pleinement le baptême si ce n’est à l’intérieur de l’initiation chrétienne, c’est-à-dire du parcours par lequel le Seigneur, à travers le ministère de l’Église et le don de l’Esprit, nous introduit dans la foi pascale et nous insère dans la communion trinitaire et ecclésiale» (Document final de la XVIe Assemblée du Synode des évêques, 24).

     La foi se transmet et grandit là où existent des communautés vivantes et accueillantes, capables de prier et d’écouter; des communautés où la Parole de Dieu n’est pas reléguée à la marge, mais éclaire les choix, où l’Eucharistie est véritablement source et sommet, où les pauvres ne sont pas de simples bénéficiaires d’un service, mais des frères et sœurs à travers lesquels le Seigneur nous parle; où les jeunes sont des visages, des voix et des histoires avec lesquels dialogue; où les familles ne sont pas laissées seules; où les blessures ne sont pas cachées, mais présentées au Seigneur avec humilité; où la foi devient un engagement concret dans la société, la politique et la culture.

     Nous, évêques, sommes appelés à une écoute profonde : écouter la Parole de Dieu, écouter le Peuple de Dieu, et donc écouter les signes des temps, écouter aussi ce qui remet en question nos habitudes pastorales. Là où l’écoute est authentique, la communauté ne se replie pas sur elle-même mais devient un lieu de discernement et de mission et, à cette fin, sait se renouveler.

     L’organisation de la Conférence épiscopale doit être repensée à la lumière des exigences de la mission et de l’évolution du contexte historique. Il ne s’agit pas d’imiter des schémas organisationnels extérieurs, ni de tout réduire à l’efficacité administrative, mais de se demander quelle organisation aide aujourd’hui les pasteurs et les Églises locales à mieux annoncer l’Évangile, à marcher ensemble, à rendre possible une participation effective, ordonnée et féconde. Lorsqu’elle est vécue dans l’Esprit, cette vérification n’affaiblit pas la communion mais la purifie

     Ayons le courage de l’essentiel ! Le courage de communautés moins soucieuses de tout conserver et plus libres d’annoncer le Christ. Le courage d’une catéchèse qui soit un chemin d’initiation et de formation permanente à la vie chrétienne. Le courage de paroisses accueillantes et missionnaires, où les familles se retrouvent et se renouvellent grâce à la sève de l’Évangile. Le courage d’organismes de participation vivants. Le courage d’écouter les jeunes sans brider leurs questions. Le courage de nous laisser évangéliser par les pauvres. Le courage d’une structure nationale toujours plus au service de la communion missionnaire des Églises en Italie. Un peuple est engendré par des mères et des pères dans la foi, par des communautés qui savent dire, par leur vie avant même que par leurs paroles : « Nous avons trouvé le Messie » (Jn 1, 41).

 

30 mai 2026 - Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière Mariale du Saint Rosaire, concluant le mois de Marie, près de la Grotte de Lourdes dans les Jardins du Vatican

     La paix n’est pas une théorie à vérifier en laboratoire, ni une illusion naïve, ni une affaire à gérer par intérêt. Lorsqu’on la recherche avec un cœur sincère, elle est plutôt un engagement quotidien de la vie : elle jaillit de la justice et de l’amour comme une harmonie qui unit les personnes, les familles, les communautés, les peuples. Même en cette période de tensions et de conflits, la paix devient possible lorsque l’on veut écouter le cri de ceux qui en sont privés : des enfants innocents, des mères et des pères angoissés, des prisonniers maltraités, des réfugiés, des personnes de tout âge qui souffrent. Tous ont sur les lèvres un seul mot : paix !

 

6 juin 2026 - Visite du Pape Léon XIV, aux opérateurs et aux bénéficiaires du projet social « Cedia 24 Horas » , à Madrid, Espagne

      Dans toutes les familles, se produisent des miracles d’amour.

 

 

 

6 juin 2026 – Discours du Pape Léon XIV lors de la Veillée avec 600 000 jeunes. plaza de Lima (Madrid) 3ème et 4ème question

     Nous pouvons parler de la manière d’écouter cette voix de Dieu, comment discerner si c’est vraiment Dieu qui nous parle ou autre chose, une autre tentation, une autre difficulté.

     Pour reconnaître la voix de Dieu, le silence peut avant tout nous aider, je pense qu’il est très important que chacun d’entre nous s’efforce de développer sa capacité à rester en silence. Souvent, nous avons nos écouteurs, nous écoutons de la musique, nous nous laissons distraire et nous ne savons pas rester en silence. Je crois que c’est souvent précisément dans cette expérience du silence que Dieu peut nous parler ou que nous pouvons discerner la voix de Dieu. Lorsque nous recherchons le silence, nous décidons de ce que nous ne voulons pas entendre et des bruits qui ne doivent pas nous distraire. En nous libérant du vacarme de mille voix, nous reconnaissons que certaines trompent nos désirs, d’autres nous achètent sans nous nourrir, d’autres encore parlent par intérêt. Dans le silence, nous comprenons que les idéologies passent, tandis que la vérité demeure. Je voudrais également souligner ici l’importance de la recherche de la vérité, car de nombreuses voix et de nombreuses informations sur les réseaux sociaux nous trompent et nous racontent des mensonges. Recherchez toujours la vérité ! Dieu est la vérité ! Si cela vous éloigne de Dieu, ce n’est pas la vérité ! Ne l’oubliez pas !

     Deuxièmement, soyez certains que Dieu connaît bien ta voix, votre voix : Il vous écoute et vous répondra. Ne craignez pas d’exprimer ce que vous ressentez dans votre cœur. Il y a un psaume qui dit : « Lui qui forma l’oreille, Il n’entendrait pas » (Ps 94, 9). Notre dialogue intérieur se transforme en prière, en louange et en supplication lorsqu’il est confié à Celui seul qui peut l’entendre. La prière est une voix libre précisément parce qu’elle ne s’exprime pas pour rendre des comptes, pour prouver que nous sommes prêts ou pour nous donner de l’importance. Lorsque nous nous faisons nous-mêmes prière, le Seigneur nous répond par son Verbe, qui s’est fait homme pour nous, en affirmant qu’Il nous aime de tout son être.

Troisièmement, pour reconnaître la voix de Dieu, il faut écouter la Parole. La Parole de Dieu est vivante parce qu’elle est le Christ, dont la voix continue de résonner dans l’Église qui est son Corps. Il accomplit toutes les Écritures, cet ancien et ce nouveau Testament donnés aux hommes comme promesse de salut. L’adoration eucharistique aussi, que nous vivons ensemble ce soir, est précisément le lieu idéal pour garder le silence, libérer notre cœur et “être” nous-mêmes devant le Seigneur, en dialoguant avec Lui, de sorte qu’Il s’exprime avec éloquence dans son amour devenu nourriture pour toute l’humanité.

     En outre, chers jeunes, pour accompagner les autres à découvrir la beauté de notre foi, rappelez-vous qu’aucun de nous n’est né maître, et que devant le Seigneur, nous sommes tous des disciples. Partagez donc votre cheminement spirituel, témoignez-en par la cohérence de votre vie : la volonté de suivre Jésus vous renouvellera constamment, surtout dans les moments de lassitude. À cet égard, il est important de comprendre que personne n’est seul à croire en Jésus. Regardez combien vous êtes nombreux ici ! Et de la même manière, au sein de la communauté, dans les groupes de jeunes, au sein de la famille, nous pouvons tous découvrir la beauté de notre foi. Car en partageant votre cheminement spirituel la volonté de suivre Jésus vous renouvellera sans cesse. Il marche à notre rythme et éclaire notre chemin. À l’exemple du Maître : c’est ainsi que je vous invite à agir, en tant que pasteurs, éducateurs et comme des amis. Si vous priez avec amour, les jeunes apprécieront l’importance de la prière. Si vous brûlez de foi, vous transmettrez son feu vivant. Cherchez tous dans vos cœurs ce feu de l’amour de Dieu ! Car c’est là que se trouve la présence de Jésus, et la présence proche de Jésus se fait sentir même dans les moments où nous tombons, car Jésus ne nous abandonne pas. C’est aussi lorsque nous devenons une main tendue, une étreinte fraternelle, lorsque nous cherchons des occasions de servir les autres et lorsque nous cherchons comment toucher la vie de l’autre à travers ses blessures, sa tristesse, ses difficultés. C’est là que la foi en Jésus-Christ prend vie, et c’est là que Jésus nous aidera à nous soutenir mutuellement sur le chemin.

 

 

 

6 juin 2026 – Discours du Pape Léon XIV lors de la Veillée avec 600 000 jeunes. plaza de Lima (Madrid) 5ème et 6ème question

     Félicitations pour ton mariage, Fernando ! J’ai vu ici d’autres couples qui vont se marier : félicitations et que Dieu vous bénisse ! Car, si j’ai dit tout à l’heure « n’ayez pas peur d’envisager une vocation », le mariage est lui aussi une vocation. N’ayez pas peur du mariage et de fonder une famille !

     Au cours des siècles d’histoire de l’Église, nous, chrétiens, avons vécu dans toutes sortes de sociétés, traversant les changements des cultures que nous avons partagées et contribué à façonner. Il y a un texte ancien, qui s’appelle la Lettre à Diognète, qui nous offre à ce sujet une belle intuition : « Les chrétiens sont au monde ce que l’âme est au corps » (VI). Telle est notre manière de vivre : les disciples de Jésus sont toujours contemporains, mais jamais prisonniers du temps qui passe. Nous sommes libres en Christ ! Et le Christ nous a libérés par son amour. Grâce à cet amour, nous sommes toujours libres face à toute contrainte et à toute tromperie. Nous sommes libres des modes, car nous sommes disciples de la vérité ; nous sommes ouverts à l’avenir, car nous savons que la mort ne nous attend pas. Au contraire, le sens de l’histoire culmine dans la communion éternelle de vie que Dieu prépare pour tous. Dans cette perspective, vous surtout, les jeunes, êtes appelés à donner une nouvelle orientation à la société, en devenant les protagonistes du changement à partir de vos liens quotidiens, de ce que vous vivez en famille, à l’université et au travail. En vous voyant, chers jeunes, pleins de cet enthousiasme motivé par la foi, je me réjouis de penser à votre capacité à témoigner du Christ dans le monde, y compris dans la réalité numérique, pour communiquer les valeurs et la beauté de l’Évangile (cf. Christus vivit, n. 105 ; Salutation lors du Jubilé des missionnaires numériques, 29 juillet 2025).

Je vous invite donc tous à être ensemble le sel de la terre et la lumière du monde (cf. Mt 5, 13). Pour vivre ainsi, il faut avant tout comprendre la société actuelle, en vivant avec sagesse, afin de pouvoir ensuite la transformer en tant que témoins de l’Évangile. Le jeune chrétien, en effet, rayonne tant dans la joie que dans l’épreuve, donnant du goût à la réalité parce qu’il l’habite comme une personne qui savoure la vie en son for intérieur, sans attendre que la richesse, le plaisir ou le pouvoir lui en donnent la saveur. Telle est notre liberté, qui trouve sa source dans la foi, capable de donner lumière et saveur à toute société, à toute expérience humaine. En revanche, quand la vie n’a plus de goût, c’est comme si elle nous était arrachée : nous ne la sentons plus comme la nôtre. Face au vide de l’indifférence et du conformisme, face à la violence de la guerre et du mensonge, soyez vous-mêmes l’étincelle d’une humanité nouvelle.

      C’est pourquoi je voudrais vous confier à tous une mission : soyez humains. Oui, soyez humains ! : des hommes et des femmes de chair et d’os. Pas des apparences mais des visages fiables. Des personnes qui recherchent la justice parce qu’elles en ont faim, comme du pain quotidien. Des personnes qui désirent une vie honnête et droite, parce qu’elles font volontiers aux autres ce qu’elles voudraient que les autres leur fassent. Soyez humains comme l’est le Christ, l’homme parfait, le Ressuscité qui partage avec nous l’histoire en tout temps. En cultivant cet engagement, regardez les Apôtres, les premiers chrétiens, habitants d’un monde païen. À leur exemple, soyez des missionnaires de l’Évangile face aux pauvretés matérielles et spirituelles de notre temps, sachant bien que notre foi est un style de vie qui s’accomplit dans la charité (cf. Ga 5, 6). Telle est, chers jeunes, la vertu qui change l’histoire plus que toute autre. Vous pouvez changer le cours de l’histoire ! Faites-le avec amour !  

 

7 juin 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe du Corpus Domini. Plaza de Cibeles (Madrid) en présence de plus d’un 1,2 million de fidèles
     Ainsi, si le Christ se donne en nourriture lors de la célébration eucharistique, la procession dit qu’Il ne reste pas enfermé dans le temple, mais qu’Il sort à notre rencontre. Jésus marche dans les rues, traverse les places, visite nos quartiers, habite les lieux de notre vie quotidienne. Il est le Dieu proche qui marche avec son peuple, le Seigneur de l’histoire, la consolation des faibles, la lumière pour les familles, l’espérance pour les malades, la paix pour ceux qui souffrent. Le Christ qui passe dans les rues dans l’ostensoir est le même qui s’identifie aux pauvres, aux opprimés, à ceux qui sont seuls et sans défense. Ce n’est pas un hasard si ici, en Espagne, l’Église a uni pendant des années la solennité du Corpus Christi à la Journée de la Charité.

 

 

 

 

 

7 juin 2026 - Message vidéo du Saint-Père à l'occasion du VIe Congrès apostolique mondial de la Miséricorde sur le thème « Construire la cité de la miséricorde » [Vilnius (Lituanie), 7-12 juin 2026]

     Unissons notre confiance dans l’infinie miséricorde de Dieu à notre engagement personnel pour bâtir une société plus accueillante et plus miséricordieuse, en commençant par nos propres familles.

 

8 juin 2026 – Discours du Pape Léon XIV lors de sa rencontre avec les membres du Parlement espagnol

     La famille revêt une importance particulière, en tant que première réalité humaine et fondement naturel de la communauté. C’est au sein du foyer que se côtoient les générations et que se transmet une mémoire vivante qui assure la continuité intérieure de la société. Là où la famille est soutenue, la stabilité spirituelle et sociale des nations s’en trouve également renforcée. La famille sera toujours la première école d’humanité où l’on apprend, avant tout autre lieu, la grammaire élémentaire de la vie en communauté : accueillir la vie, prendre soin de l’autre, pardonner, servir et appartenir.

 

9 juin 2026 – Discours du Pape Léon XIV lors de sa rencontre avec les bénévoles (Pavillon 3 de l’IFEMA Madrid)

     Je souhaite également laisser, en guise de don à toute la famille, en signe de communion au sein de l’Église, ce calice. N’oublions jamais ce que nous célébrons dans le mémorial du Christ qui nous a sauvés.

9 juin 2026 – Dialogue du Pape Léon XIV avec les jeunes à Barcelone, en Espagne, lors de la Veillée de prière, au Stade olympique Lluís Companys

3ème question

     Merci pour ton témoignage et merci également pour ta question sur le pardon. C’est vraiment un signe de la grâce de Dieu que cette question surgisse d’un passé si marqué par la souffrance et que, malgré la douleur, on ait le courage de se demander comment il est possible de pardonner à celui qui nous a fait du mal. Je voudrais également dire deux choses à ce sujet.

     La première complète ce que je disais précédemment sur la présence de Dieu dans les moments de souffrance ; au fond, toi aussi, tu poses cette question à propos de ton enfance, mais le contexte dans lequel se sont déroulés les événements de ta vie nous invite à élargir le champ de notre question : devons-nous nous demander “où était Dieu” ou devons-nous nous interroger sur l’homme et sur l’humanité, sur la façon dont nous sommes parfois prisonniers du mal au point de devenir violents envers les autres, sur notre incapacité à cultiver l’amour et à respecter les autres dans leur dignité et leur liberté ?

     Tant de faits divers, encore aujourd’hui, témoignent d’un climat malsain dans les relations familiales, marquées par les abus et l’oppression, et en particulier par la violence à l’égard des femmes, qui débouche malheureusement souvent sur des féminicides. Nous sommes tous appelés à nous attaquer à cette réalité dramatique, qui a des racines anthropologiques et culturelles, que ce soit à titre personnel ou en tant que société, car il nous appartient de l’affronter sous tous ses aspects. Nous ne pouvons pas attribuer à Dieu ce qui a été confié à notre responsabilité. Nous ne pouvons pas imaginer que Dieu, d’en haut, réponde automatiquement à nos besoins ou empêche miraculeusement le mal de se produire. Il nous a dotés d’intelligence et de volonté, Il nous a donné une conscience, Il nous a revêtus de dignité et de liberté, et surtout, Il est venu à notre rencontre pour nous indiquer, en son Fils Jésus-Christ, le chemin à suivre afin que notre vie soit pleinement humaine et que la justice, la paix et la fraternité règnent dans notre société. Il nous a donné son Esprit, précisément pour que l’amour soit la clé de toutes nos relations humaines. Si la violence existe, si l’égoïsme l’emporte, si même l’amour entre proches se transforme en haine, c’est nous-mêmes, les dynamiques de notre société, la culture de l’individualisme, la tentation de la violence que nous devons interroger, et non Dieu.

     Une deuxième réflexion concerne le pardon. Nous devons apprendre à considérer le pardon, ce remède puissant contre le mal qui guérit nos blessures intérieures, comme faisant partie d’un processus, d’un cheminement. L’Évangile lui-même, si nous le lisons comme un livre de consignes, de commandements et de devoirs, risque de nous causer beaucoup de découragement et de frustration, car Jésus nous invite au pardon et nous constatons que nous n’en sommes pas capables. Or, il n’en est rien. C’est avant tout au Seigneur que nous devons implorer le pardon ; continuer à demander – peut-être toute notre vie durant – que le Seigneur élargisse en nous l’espace de l’amour précisément là où nous avons été blessés, qu’il nous aide à nous réconcilier avec nous-mêmes et avec cette partie de notre histoire marquée par la souffrance, qu’il transforme lentement le ressentiment en miséricorde et en compassion.

     C’est un long chemin, c’est un processus qui demande beaucoup de patience, c’est un travail que nous devons accomplir sur nous-mêmes, tant sur le plan personnel qu’à travers d’autres parcours d’accompagnement et de réconciliation intérieure. Il ne faut pas se décourager : dans le pardon, on avance à petits pas. La réconciliation avec l’histoire est progressive et, surtout, nous ne devons pas penser que le pardon équivaut toujours et dans tous les cas à revenir à la situation antérieure ou à vivre une relation épanouie avec ceux qui nous ont blessés, en particulier lorsque le fait a également été marqué par la violence. On peut garder un cœur ouvert envers cette personne, rejeter toute forme de haine ou de vengeance, s’efforcer de réparer la relation dans la mesure du possible et, peut-être, prier pour elle. Tout cela nous aide à entrer de plus en plus dans la dynamique du pardon et à nous réconcilier avec Dieu et avec les autres. Nous sommes des pécheurs pardonnés, nous sommes en paix et nous sommes capables de pardonner. Nous sommes ainsi capables d’être des artisans de paix.

 

 

 

 

10 juin 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la Prière du Rosaire à l’Abbaye Notre-Dame de Montserrat

      Demandons à Marie, Reine de la paix, de nous enseigner à renoncer aux paroles blessantes, au jugement hâtif, aux médisances et aux calomnies. Et qu’elle nous apprenne à préserver et à cultiver l’amour au sein de la famille, entre amis, sur le lieu de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques et au sein des communautés chrétiennes, afin que la haine cède la place à l’espérance et à la paix.

 

10 juin 2026 – Discours du Pape Léon XIV lors de la Rencontre avec les organismes diocésains de charité et d'assistance, église de Sant Agustín (Barcelone)

     Les grands-parents jouent un rôle très important dans la vie des familles. Ils ne devraient jamais se retrouver seuls. Souvent, ce sont eux qui s’occupent de leurs petits-enfants pendant que les parents vont travailler et, avec amour et dévouement, ils aident les enfants à découvrir l’amour de Dieu et du prochain, afin que celui-ci s’enracine dans leur cœur et qu’ils deviennent un jour des hommes et des femmes de bien.  Et comment devons-nous répondre à cet amour ? Eh bien, par l’amour. C’est ce que Jésus veut que nous fassions. Prendre soin de nos grands-parents et les accompagner dans leur vieillesse, tout comme eux, en leur temps, ont pris soin de nous. Ne laissons pas la solitude et l’abandon devenir la norme dans la vie des personnes âgées. C’est une chose très triste. Ayons le cœur ouvert à chacun d’eux ; et même s’ils ne sont pas nos grands-parents, ne les laissons pas se sentir seuls ou sans protection. Car si nous ne voulons pas de la solitude pour nous-mêmes, nous ne devons pas non plus la permettre pour les autres.

 

 

14 juin 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière de l’Angelus

     Dans l’Évangile nous lisons en effet que le Christ, « voyant les foules, fut saisi de compassion envers elles parce qu’elles étaient désemparées et abattues » (Mt 9,36 - 10,8 ) (v. 36). Devenu notre frère, le Fils de Dieu regarde les personnes, il regarde l’humanité : il voit l’oppression qui écrase et la violence qui prive de toute force. Il voit les blessures des guerres et la vacuité du consumérisme. Il voit des visages figés comme des masques, des familles broyées par le mal et des jeunes séduits par de faux idéaux. Jésus voit et aime. Il aime et souffre pour nous, avec nous : sa compassion exprime non seulement une proximité fraternelle, mais aussi une volonté de rédemption.

 

 

15 juin 2026 - Message du Pape Léon XIV à l'occasion de la VIe Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées, 2026: Je ne t'oublierai jamais (Is 49, 15)

     Je ne t'oublierai jamais (Is 49, 15)

Chers frère et sœurs,

     par la bouche du prophète Isaïe, le Seigneur promet qu’Il n’oubliera jamais aucun d’entre nous. Il nous assure qu’Il a gravé nos visages dans la paume de ses mains (cf. Is 49, 16) et que son amour est plus grand que celui d’une mère pour son enfant (cf. Is 49, 15). Le prophète nous laisse entrevoir un dialogue intime et intense dans lequel Dieu s’adresse à chacun et au peuple lui-même en utilisant le “tu”. Aujourd’hui encore, nous pouvons lire ces paroles comme s’adressant à chacun de nous, et chacun peut entendre ce « Je ne t’oublierai jamais  » qui lui est destiné.

     Ce sont des paroles qui remplissent de consolation et de confiance. Elles sont la réponse à un sentiment angoissant qui agite le cœur : « Le Seigneur m’a abandonné, le Seigneur m’a oublié » (Is 49,14). Combien de fois, dans les Saintes Écritures, en particulier dans les Psaumes, la prière naît-elle du désarroi de ceux qui ont l’impression que leur vie n’intéresse personne et qu’elle est négligée ! La douloureuse sensation d’être oublié est malheureusement commune à beaucoup de personnes, et parmi elles, nombreuses sont les personnes âgées.

     L’amour de Dieu, qui n’oublie personne, se propose comme un acte de justice et une réponse à l’anonymat dans lequel la vie humaine finit trop souvent par se perdre. Un voile semble recouvrir la vie de nombre de personnes âgées, effaçant les traits de leurs visages et les enveloppant d’oubli. C’est ce qui se passe dans les foyers où règne la solitude, ainsi que dans ces lieux de soin où la singularité de chaque personne risque d’être réduite au numéro de son lit ou à sa pathologie.

     La célébration de la Journée Mondiale des Grands-parents et des Personnes âgées est l’occasion de redécouvrir que l’Église est appelée à être la mère de tous et qu’à tout âge, il est toujours possible de se découvrir fils et filles de Dieu. Que cette Journée soit donc un encouragement pour tous, en particulier pour les plus jeunes, à reprendre la belle habitude de rendre visite à leurs grands-parents, aux personnes âgées de la famille, ainsi qu’à ceux qui ne reçoivent aucune visite. Apportez-leur, par ce message et par votre présence, la proximité et l’affection du Pape. Faites en sorte que les paroles du prophète « Moi, je ne t’oublierai jamais » prennent la forme d’une rencontre tendre et affectueuse. « À une époque qui tend à tout accélérer et à tout fragmenter, la chair humaine continue de demander à être soignée et reconnue par des mains capables de tendresse, par des esprits attentifs et par de bonnes paroles. La culture numérique multiplie les connexions et offre de nouvelles possibilités de rencontre ; pourtant, le cœur humain conserve un besoin irremplaçable de proximité » (Lettre encyclique Magnifica humanitas, n. 239).

     L’Église connaît la souffrance de ses enfants les plus âgés ; elle sait bien qu’on les regarde trop souvent avec des préjugés et qu’on les considère comme un fardeau ; elle est consciente qu’une économie axée sur le profit affaiblit les liens familiaux ; elle sait que de nombreuses personnes âgées sont abandonnées par leurs enfants, contraints d’émigrer ou, dans certains cas, de partir à la guerre. Pour chacune de ces raisons, elle se réjouit d’annoncer la promesse du Seigneur : « Moi, je ne t’oublierai jamais ! ».

     Il est doux, à tout âge, mais surtout quand on n’est plus tout jeune, de découvrir, comme l’a dit le Bienheureux Jean-Paul Ier, que « nous sommes de la part de Dieu objet d'un amour sans faille. Nous le savons : Il a toujours les yeux ouverts sur nous même lorsqu'il nous semble qu'il fait nuit. Il est père ; plus encore Il est mère » (Angelus, 10 septembre 1978).  

     Même si cela ne vient pas spontanément à l’esprit, la vérité est que, même dans la vieillesse, on ne cesse pas d’être fils et fille, et c’est pourquoi l’invitation à retourner dans les bras de Dieu, dont l’amour est à la fois paternel et maternel, reste valable chaque jour.

Pour beaucoup, la découverte de la tendresse de Dieu se fait au cours de l’existence, parfois même dans la dernière phase de la vie. En effet, contrairement au passé, il est de plus en plus fréquent de vieillir sans avoir eu une véritable expérience de la foi. Dans ce cas, l’âge avancé, à partir des questions que l’on se pose avec plus d’urgence à cette période de la vie, peut devenir le moment opportun pour commencer ou reprendre une vie spirituelle. Sur ce nouveau chemin, on peut reconnaître que Dieu, comme le dit saint Augustin, « est mère parce qu’il réchauffe, parce qu’il nourrit, parce qu’il allaite, parce qu’il protège » (Commentaire sur le Psaume 26, II, 18). C’est une prise de conscience qui aide à ne pas avoir honte de la fragilité qui se manifeste et aussi à comprendre que nous avons tous, toujours, besoin les uns des autres et que nous sommes tous en quête d’attention et de soins. À Dieu, qui se fait proche et que nous apprenons à reconnaître dans sa tendresse, nous pouvons désormais nous adresser avec une confiance filiale dans la prière. Il n’est jamais trop tard pour commencer à s’adresser à Lui. Cela peut être un grand don pour chacun.

     Chers aînés, le Pape François parlait de vous comme d’un « peuple nouveau » (Catéchèse, 23 février 2022), car le nombre de personnes âgées n’a jamais été aussi élevé dans l’histoire de l’humanité. Il est donc plus important que jamais de réfléchir avec vous, « nouveau peuple », à ce que peut être notre vocation lorsque la fragilité, compagne de l’homme depuis sa naissance, semble prendre le dessus. Je voudrais vous dire : n’ayez pas peur de la fragilité ! Cette faiblesse cache en elle-même un nouveau potentiel qui éclaire également les autres âges de la vie. En effet, lorsqu’elle est acceptée et reconnue, la fragilité « ouvre le cœur au soutien mutuel et à l’invocation de Celui qui peut donner ce qu’aucun pouvoir humain n’est en mesure de garantir : la réconciliation profonde des cœurs et, avec elle, la paix véritable » (Rencontre avec la communauté algérienne, Basilique Notre-Dame d’Afrique, Alger, 13 avril 2026).

     C’est ainsi que nous pouvons vivre, en tant que chrétiens, le temps de la vieillesse : “fragiles” mais en même temps “appelés”. Un homme et une femme peuvent, en effet, renaître dans leur vieillesse (cf. Jn 3, 4-6) et s’écrier, avec le prophète : « Par la conversion et le calme, vous serez sauvés ; dans la tranquillité, dans la confiance sera votre force  » (Is 30, 15). Une force qui peut devenir une invitation à ne pas recourir aux voies de l’arrogance et de la puissance pour garantir la coexistence humaine, mais aux voies de la réconciliation et de la paix véritable. En cette époque, si durement marquée par la violence guerrière et sociale, beaucoup s’interrogent sur ce que sera le monde dans lequel grandiront leurs petits-enfants. Je vous exhorte, bien-aimés, à vous joindre à moi pour prier avec insistance afin que la paix vienne bientôt dans le monde entier.

     Chères sœurs et chers frères âgés, je vous remercie de me soutenir chaque jour par vos prières, en particulier lorsque vous récitez le Saint Rosaire. Je vous le rends de tout cœur et je vous laisse ce vœu : que le Seigneur nous renouvelle toujours dans la foi, l’espérance et la charité, Lui qui ne nous oublie jamais !

     Du Vatican, le 15 juin 2026

     LÉON PP. XIV

 

 

 

17 juin 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux malades, au terme de l’Audience Générale

     Chers malades, je vous exhorte à trouver confort et soulagement dans la proximité de vos familles.

 

 

17 juin 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale

     A vous, chers nouveaux époux, je vous adresse l’invitation à utiliser cette période estivale, pour approfondir toujours plus la valeur de la mission dans l’Eglise et dans la société.

 

19 juin 2026 - Message vidéo du Pape Léon XIV à l'occasion du 50e anniversaire des « Steubenville Summer Youth Conferences » (19 juin 2026)

     Si vous aviez rencontré saint François dans les rues d’Assise au XIIIe siècle, il vous aurait peut-être regardés avec un sourire serein et bienveillant en disant : « Pace e bene », c’est-à-dire « Paix et tout bien ». C’était la manière dont saint François saluait souvent les personnes, et cette expression traduisait l’un des plus profonds désirs de son cœur. Nous aussi, nous pouvons nous interroger : est-ce que je désire une véritable paix pour ceux que je rencontre ? Est-ce que je traite les autres d’une manière qui leur apporte la paix ?
     Vous pourriez répondre que cela n’est pas toujours facile. Parfois, notre comportement, même envers ceux que nous aimons le plus, engendre davantage de frustration et de conflit que de paix. Nous devons cependant nous rappeler que saint François a pu semer la paix non pas grâce à ses propres forces, mais parce qu’il portait en lui la source même de la vraie paix.
     J’ai souvent répété que la paix est un don de Dieu, un don que nous recevons lorsque nous invitons le Seigneur dans notre cœur. Nous sommes alors appelés à devenir des instruments de sa paix, en la répandant dans nos familles, nos communautés, nos pays et dans le monde entier.
     Je vous invite donc à profiter des moments de silence durant cette conférence afin de découvrir la paix du Christ qu’il a promise à ses disciples (cf. Jn 14, 27).
     Saint François était également connu pour être un homme particulièrement joyeux. Il se réjouissait de la beauté de la création, de l’infinie bonté et miséricorde de Dieu, ainsi que de la conversion des pécheurs. Pourtant, vous pourriez être surpris par la manière dont il expliquait ce qu’est la joie parfaite.
     Un soir d’hiver, alors qu’il revenait à Assise avec frère Léon, l’un des premiers membres de l’ordre franciscain, saint François commença à énumérer une longue liste de choses apparemment bonnes qui ne conduisent pourtant pas à la joie parfaite. À un moment donné, frère Léon s’écria : « Père François, je vous prie de m’enseigner ce qu’est la joie parfaite ! »
     Dans sa réponse, le saint décrivit une situation tragique faite de froid, de faim et de rejet — tout le contraire de ce que l’on pourrait attendre — puis ajouta que si de telles épreuves sont accueillies avec patience, sans plainte et par amour de Dieu, alors « voilà la joie parfaite ».
     Est-il vraiment possible d’éprouver de la joie dans de telles circonstances ? Pourrions-nous nous demander. Cela n’est possible que si notre vie est fondée sur une relation avec Dieu comme Père aimant.
     En effet, la joie de saint François — celle dont il parlait — ne peut être trouvée dans les appareils électroniques, dans les longues heures passées devant un écran ou dans le défilement incessant des réseaux sociaux. Ces activités font souvent perdre un temps précieux qui pourrait être consacré à la prière silencieuse, au développement d’amitiés authentiques, au temps partagé avec la famille, à l’approfondissement de la foi, à l’étude ou au sport.
     La joie ne doit jamais être recherchée dans la drogue, l’abus d’alcool, la promiscuité, les relations superficielles, l’obsession de son image ou toute autre conduite destructrice. Plus étonnant encore, elle ne se trouve pas non plus dans la richesse, la beauté, la célébrité ou même la santé, car un jour nous laisserons tout cela derrière nous.
     Seul l’amour de Dieu peut nous donner une joie véritable et parfaite.
     Si nous avons la conviction profonde que Dieu prend soin de nous comme de ses enfants bien-aimés, nous ne serons ni déstabilisés ni découragés, même dans les situations difficiles. Beaucoup d’entre vous entendent depuis leur enfance que Dieu les aime. Mais le croyez-vous vraiment ?

     Vous êtes précieux aux yeux de Dieu ! (cf. Is 43, 4)
     Vous êtes aimés de lui sans aucune condition. En êtes-vous convaincus ?
     Si vous cultivez une relation de confiance avec lui, par la prière régulière, par la réception des sacrements et par l’abandon confiant entre ses mains, alors l’anxiété, la tristesse et la solitude s’effaceront peu à peu tandis que sa grâce vous remplira et que son amour embrasera votre cœur.
     Voilà le secret qui permet d’affronter les épreuves avec le sourire.
     Ouvrez vos cœurs afin de découvrir cette réalité.
     Ainsi, le message de saint François, comme le mien, est simple : la paix véritable et la joie parfaite sont des dons de Dieu qui nous sont accordés lorsque nous nous ouvrons à lui et que nous faisons confiance à sa puissance de transformation.
     Que pouvons-nous lui offrir en retour d’un si grand amour et de dons si généreux ?
     Rien d’autre que nous-mêmes.
     Aujourd’hui, le Seigneur a besoin de missionnaires pour annoncer son nom à ceux qui ne le connaissent pas ; d’hommes et de femmes saints pour fonder des familles catholiques aimantes ; de prêtres pour être des pères spirituels et des ministres des sacrements ; de religieux et religieuses pour témoigner de la véritable joie de son Royaume.
     Si vous avez le sentiment que le Seigneur vous appelle à l’une de ces vocations, ne vous fermez pas à cet appel et ne détournez pas le regard par peur. Faites un pas en avant et dites au Seigneur :
     « Me voici, envoie-moi ! » (Is 6, 8 )
     N’ayez pas peur non plus d’en parler à quelqu’un : un ami de confiance, un prêtre ou une religieuse.
     Je souhaite à chacun d’être remplis de l’amour du Christ et que vous rencontriez d’autres jeunes désireux de lui donner entièrement leur vie, découvrant ainsi le véritable bonheur.
    

 

 

 

22 juin 2026 – Discours du Pape Léon XIV, aux membres de la Fondation Jérôme Lejeune

     La valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit. C’est pourquoi, jamais un médecin ne devrait se permettre, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée !

 

 

 

22 juin 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux participants au Centre d'été du Vatican « Estate Ragazzi in Vaticano »

     Federico :
     Cher pape Léon, ici, à l’Été des Enfants, nous nous amusons énormément sans téléphone et nous savons que tout cela est possible grâce à vous. Mais nous devons reconnaître que, pendant le reste de l’année, lorsque nous rentrons chez nous, il est presque impossible de se détacher des écrans.
     Nous nous sentons souvent un peu prisonniers du numérique et nous craignons de perdre de vue nos véritables amis ou de nous enfermer dans notre propre monde.
     Comment pouvons-nous devenir des champions de la technologie, en l’utilisant pour faire de belles choses sans oublier les amis qui nous entourent ?
     Merci.

Pape Léon XIV :
     Tout d’abord, bonjour à tous ! Bonjour aux grands et aux petits.
     Je suis très heureux d’être ici avec vous ce matin.
     Alors, comment se détacher un peu des écrans ? Voilà la question.
     En ce moment, si je vois bien, il n’y a qu’une seule personne qui tient un écran dans ses mains, et c’est parce qu’elle prend une photo. Sinon, personne n’en a, n’est-ce pas ?
     C’est déjà une chose importante : la technologie peut être très utile et très bonne pour beaucoup de choses, mais lorsque nous sommes ensemble, il n’est pas nécessaire d’avoir constamment un téléphone portable ou une tablette à la main.
     D’ailleurs, nous sommes heureux lorsque, de temps en temps, nous ne sommes pas attachés à une tablette ou à un téléphone.
     C’est donc un premier point.
     Il est très important de construire des amitiés, de se rencontrer, de jouer ensemble, peut-être même d’étudier ensemble comme des personnes, et non comme des ordinateurs, des machines ou des robots technologiques.
     Nous sommes des êtres humains, des personnes, et le contact avec les autres est très important.
     Voilà donc une première réponse.

     Il en va de même dans la famille. Une famille réunie ne peut pas simplement être composée de personnes assises ensemble, chacune regardant son propre téléphone.
     Il est très important d’apprendre à dialoguer, à converser, à être bien avec les autres, à jouer ensemble et aussi à prier ensemble.
     Car même si nous pouvons avoir la Bible ou des prières dans notre téléphone, Dieu ne veut pas regarder notre téléphone : Dieu veut regarder notre cœur et notre vie.
     Il est donc important d’être libres face à ces choses qui peuvent certes être amusantes, utiles et belles, mais il est encore plus important de développer notre humanité à travers l’amitié, la conversation et toutes les activités que vous vivez ici pendant ces semaines.
     Je pense que c’est vraiment essentiel.
     Il y a aussi un autre aspect, surtout pour les plus grands : il faut être attentifs au mécanisme d’une certaine forme de dépendance que les programmes et les applications installent volontairement dans les téléphones.
     Ils cherchent à nous rendre dépendants de cette technologie.
     C’est pourquoi il est souvent utile de fixer des limites, par exemple :
     « Après une certaine heure, je ne regarde plus mon téléphone »,
     ou encore :
     « À certains moments, je préfère discuter avec ma famille et passer du temps avec elle. »
     Je pense que cela nous aide à prendre un peu de distance.
     Nous ne sommes pas tous reliés à un câble, n’est-ce pas ?
     Nous sommes des êtres humains.
     Il faut vivre et développer cette dimension humaine.
     Et aussi la dimension spirituelle de notre vie : chercher Dieu dans la prière, chercher Dieu ensemble, en famille, et vivre un peu plus libres de cette dépendance à la technologie.
     Merci.

Michela :
     Cher pape Léon,
     Le thème de cette année à l’Été des Enfants est « Le Tour du monde en 80 jours ».
     Il nous fait voyager avec notre imagination et découvrir de nombreux univers différents.
     Vous qui avez beaucoup voyagé au cours de votre vie, visité tant de lieux lointains et rencontré tant de personnes différentes, pourriez-vous nous révéler un secret de vos voyages ?

Pape Léon XIV :
     Je vais raconter une petite histoire qui rejoint la première question.
     Quand nous étions enfants, nous avons tous appris à lire les cartes routières.
     Si nous devions aller de Rome à Naples ou de Rome à Tivoli, nous étudiions d’abord le trajet : nous cherchions une carte et nous regardions quel chemin était le meilleur.
      Aujourd’hui, tout le monde utilise un GPS dans sa voiture ou sur son téléphone.
     Or, plusieurs fois dans ma vie — cela m’est arrivé en Italie, dans d’autres pays d’Europe, au Pérou et même une fois aux États-Unis — j’ai suivi le GPS, qui m’a conduit sur une mauvaise route. Je me suis retrouvé bloqué et incapable d’atteindre ma destination.
     C’est pourquoi je dis, en lien avec la première question, qu’il est important de ne pas devenir trop dépendant de la technologie.
     Il vaut mieux apprendre à réfléchir par soi-même et développer un esprit critique pour savoir où nous allons dans la vie, dans nos voyages et dans tout ce que nous entreprenons.

     Il faut bien étudier et utiliser les capacités que Dieu nous a données.
     Je n’ai pas besoin du téléphone lorsque mon cerveau fonctionne !
     Bien sûr, il peut m’aider et me fournir des informations, mais il est aussi important de bien se préparer avant de voyager.
     Voilà ce que j’ai appris :
     une personne bien préparée peut toujours trouver une solution lorsqu’un imprévu survient.
     Car Dieu nous a donné une capacité merveilleuse à travers notre intelligence et notre cerveau.
     Je pense que c’est une leçon utile pour tout le monde.


 

  

24 juin 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins de langue française au terme de  l’Audience Générale 

     Puissions-nous trouver dans l’Eucharistie, source de l’unité du peuple chrétien, les forces nécessaires pour susciter la concorde et la charité dans nos familles et nos communautés souvent marquées par des conflits et des divisions.

 

24 juin 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de  l’Audience Générale 

     Aujourd’hui nous célébrons la Solennité de la nativité de Saint Jean-Baptiste, qui a préparé la route au Christ : qu’il nous aide à redécouvrir la vocation baptismale pour être partout annonciateurs joyeux du Règne de Dieu.

 

 

 

 27 juin 2026 – Discours du Pape Léon XIV lors de la clôture du Consistoire Extraordinaire

    J’ai été frappé en particulier, par la façon dont vous avez parlé des jeunes. Dans leurs interrogations, mais aussi dans la souffrance qui les conduit parfois jusqu’au désespoir — et parfois même jusqu’au désespoir extrême de mettre fin à leurs jours — vous avez reconnu l’une des blessures les plus profondes de notre époque. Mais vous avez également su y discerner l’action de l’Esprit. Leur recherche d’authenticité, de relations vraies et de sens nous rappelle que l’Évangile continue de répondre aux aspirations les plus profondes du cœur humain. Les écouter, ainsi que leurs familles, avec humilité, est également un chemin à travers lequel le Seigneur continue de convertir son Église.

     Beaucoup d’entre vous ont également évoqué la famille. Là où elle est soutenue et accompagnée, mûrit une école de relations, de solidarité et d’espérance ; là où elle est blessée ou isolée, c’est toute la société qui en subit les conséquences. Au mois d’octobre, nous aurons une rencontre avec les chefs des Églises orientales et les présidents des Conférences épiscopales afin d’évaluer le chemin parcouru depuis Amoris laetitia. Des familles qui partageront leur expérience y prendront également part. Leur présence est essentielle, mais j’espère que tous ceux qui viendront s’y prépareront en écoutant de près et en apportant l’expérience des familles de leurs Églises.

 

28 juin 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière Mariale de l’Angelus

     Encore dans l’Évangile d’aujourd’hui (Mt 10, 37-42) nous entendons quelques exhortations de Jésus afin de marcher à sa suite et d’être témoins de son Royaume. Il ne s'agit pas d'un simple geste extérieur, mais de nous engager pleinement dans une relation d'amour avec Lui. Et pour porter du fruit, l’amour exige au moins trois choses : le détachement, la perte et l’accueil.

     Tout d’abord, le détachement. Jésus dit : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi » (v. 37). Au moment où il commence à envoyer ses apôtres en mission, le Seigneur veut qu’ils soient libres de tout lien. Mais cela vaut pour chacun, même les liens affectifs les plus importants trouvent leur plénitude grâce à l’amour que le Christ nous offre. Pensons, par exemple, à la vie conjugale : on ne peut la vivre pleinement qu’en « quittant » la maison de ses parents (cf. Mt 19, 6) pour s’engager dans la relation conjugale. Pensons aussi à l’éducation des enfants : on les aide à s’épanouir et à être heureux en les apprenant à « marcher par eux-mêmes » et à faire leurs propres choix. Saint Augustin dit : « La séparation d’avec ce que l’on aime est douloureuse. Mais même le laboureur perd temporairement ce qu’il sème » (Discours 330, 2). Ce n’est qu’en « perdant » cette graine, semée dans la terre, qu’il pourra la voir fleurir.

     En ce sens, l’amour est aussi une perte. Nous avons du mal à le comprendre, surtout dans un monde où perdre semble être une faiblesse et où l’on est obsédé par le fait d’avoir et de posséder. Cependant l’amour ne porte du fruit que dans le don de soi : lorsque nous sommes prêts à perdre un peu de nous pour faire de la place à l’autre, à perdre un peu de temps pour écouter un ami, à perdre un peu de confort pour partager une situation de détresse. Celui qui garde la vie seulement pour lui – dit l’Évangile – la perd en réalité (cf. v. 39), car elle ne s’ouvre pas à la joie de l’amour et devient stérile. C’est pourquoi Jésus nous invite à embrasser la Croix : Il s’est offert, Il s’est perdu lui-même et, c’est précisément ainsi, que nous avons pu recevoir sa vie en abondance. De la même manière, si nous vivons dans la logique du don, nous serons nous aussi capables de faire naître une vie nouvelle dans nos relations.

     Enfin, l’accueil. L’amour, en effet, s’exprime à travers des choix et des actions concrètes, dans un engagement fait de petits gestes quotidiens, comme celui d’offrir un verre d’eau à celui qui a soif (cf. v. 42). Jésus, en envoyant ses disciples au-devant de lui, leur demande d’y aller sans provisions, c’est-à-dire d’être dans le besoin, car c’est ainsi qu’ils pourront susciter l’accueil chez ceux qu’ils rencontreront. Et ainsi, en accueillant ceux qui viennent au nom de Jésus, on accueille Jésus lui-même et le Père céleste qui l’a envoyé. L’amour pour le Seigneur passe toujours par l’accueil des frères.

     Chers amis, prions la Vierge Marie, qui a aimé son Fils tout en sachant aussi le perdre : qu’elle nous aide à être des témoins humbles et joyeux de l’amour du Christ.

 

 

25 juillet 2026 - Message vidéo du Saint-Père à l'occasion de la IIe Rencontre « Rejoice » - Journée nationale de la Jeunesse [Lamego (Portugal), 24-26 juillet 2026]

     Je vous encourage à demander : Seigneur, que veux-tu que je fasse dans l’Église et dans le monde ? Quelle est ma vocation ? Est-ce que tu m’appelles à fonder une famille dans le mariage ? Ou bien est-ce que tu m’appelles à la vie sacerdotale ? Ou à la vie religieuse ? Ce sont des questions qu’il est important de se poser, sans oublier une certitude qui donne de l’unité à notre vie intérieure.

 

26 juillet 2026 – Paroles du Pape Léon XIV au terme de la prière Mariale de l’Angelus

     Aujourd’hui, nous célébrons la VIe Journée Mondiale des Grands-parents et des Personnes âgées, dont le thème s’inspire des paroles du prophète Isaïe : « Je ne t'oublierai jamais » (Is 49, 15). Remercions ensemble le Seigneur pour le don que représentent les personnes âgées pour l’Église et pour la société, et engageons-nous à respecter et à valoriser leur rôle précieux, ainsi qu’à leur garantir, en toutes circonstances, l’attention et l’aide qui leur sont dues.

 

 

 

2 août 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière Mariale de l’Angelus

     Lorsque nous écoutons l’Évangile, nous entendons souvent parler des signes accomplis par Jésus : ce sont des gestes qui manifestent son attention particulière à notre égard, à savoir le salut qu’Il apporte au monde. On se souvient du Seigneur comme de Celui qui donne sens à la vie, en la libérant du mal et du péché.

     En rendant la vue aux aveugles et l’ouïe aux sourds, le Christ n’accomplit pas seulement des actions spectaculaires, mais il annonce à tous que le Royaume de Dieu est proche. C’est pourquoi l’Évangile d’aujourd’hui (Mt 14, 13-21) témoigne que Jésus ne se contente pas de redonner leurs sens à ceux qui en sont privés, mais qu’il donne du goût à nos sens. Au sourd qui retrouve l’ouïe, le Seigneur adresse la Bonne Nouvelle qu’il faut écouter ; à l’aveugle qui retrouve la vue, il montre la splendide œuvre de la rédemption qui s’accomplit pour lui. De même, Jésus donne à ceux qui ont faim de quoi se nourrir : l’épisode de la multiplication des pains signifie que la rencontre avec le Seigneur est une expérience nourrissante. Dans le désert, c’est-à-dire là où l’on se trouve dans le besoin, le Christ est le pain de vie. Avec Lui, l’essentiel est surabondant : « Tous mangèrent à leur faim » et il en resta « douze paniers pleins » (v. 20). Ce chiffre souligne que le don du Seigneur est universel, et que sa providence à notre égard ne manque jamais.

     Chers amis, le Christ comble véritablement la faim de l’humanité, notre faim de vérité et de vie. En même temps, son geste nous enseigne que rien ne se perd lorsqu’on le partage. L’accumulation et le gaspillage, en revanche, sont les deux faces d’un même mal : la cupidité. Cette maladie de l’âme nous fait perdre la raison, car elle nous enivre de richesses, au point d’oublier ceux qui pleurent de faim et crient de soif. Et ainsi, face à l’opulence des choses qui pourrissent, se dressent les mains tendues de ceux qui n’ont pas de quoi manger, les maisons incendiées de ceux qui n’ont pas la paix.

     Dans le désert de la guerre et de l’arrogance, nous voyons avec quelle bienveillance le Seigneur « leva les yeux vers le ciel », « prononça la bénédiction », « rompit les pains et les donna » à ses disciples, afin qu’ils les distribuent à la foule (cf. v. 19). Dans ce miracle de la charité, nous reconnaissons les gestes caractéristiques de Jésus, qui trouvent leur point culminant dans la Cène. C’est alors, en effet, que le Fils de Dieu nous donne sa propre vie en tant qu’Il est notre frère en humanité. Tandis que nous savourons la grâce de l’Eucharistie, engageons-nous à témoigner de sa beauté dans nos gestes quotidiens, à commencer par la bénédiction de la table lorsque nous partageons le pain en famille et entre amis. En compagnie de Jésus, même les vacances peuvent devenir un temps de sérénité fraternelle, en incluant ceux qui, à nos côtés, sont dans le besoin.

     Demandons donc à la Vierge Marie, mère attentionnée, de nous faire grandir dans la charité, afin que personne ne manque de pain quotidien.

 

 

5 août 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale

     À notre époque, dans des contextes dominés par une mentalité axée sur l’efficacité et la consommation, la prière peut sembler inutile et dérisoire. Dans un monde où la science et la technique prétendent apporter toutes les réponses, prier peut apparaître comme une forme d’évasion. De plus, même dans de nombreuses familles chrétiennes, la tradition de la prière ne se transmet plus, tandis que beaucoup de personnes risquent de la confondre avec une technique parmi d’autres, de nature psychologique et visant le bien-être personnel. La prière, en revanche, en tant que dimension fondamentale de notre humanité, mérite d’être redécouverte dans sa vérité.

 

 

5 août 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale

      Je vous exhorte tous à demeurer forts dans l’espérance, vous abandonnant dans les mains de Jésus qui, par son sacrifice d’amour irrévocable, nous a sauvés.     

 

 

6 août 2026 – Discours du Pape Léon XIV lors de la Visite pastorale à Assise avec les jeunes participant au « Go! Franciscan Youth Meeting 2026 »

     Décider pour toujours ne nous enferme pas dans une cage, mais nous ouvre à un dynamisme plus grand. Aimer, c’est un exode, une route à découvrir, un chemin que Dieu parcourt avec nous, et c’est là le vrai sens de toute vocation. La Bible nous inspire à vivre ainsi : comme ceux qui sont appelés à se lever, à parcourir leur propre histoire en recevant du Seigneur, comme un don, une direction et un sens, pour aimer selon ses desseins (cf. 1 Co 13 et 1 Jn 4). La foi, la confiance, la fiabilité révèlent ici leur lien indissoluble. Ainsi, dans la foi, nous démasquons l’illusion selon laquelle les problèmes se résolvent en fuyant, en trahissant ou en essayant de faire quelques pas sur des chemins toujours différents, sans jamais aller loin. On peut en effet multiplier les expériences, les contacts, les consommations, tout en restant toujours au même point. Le coût humain est élevé et le vide intérieur est profond. Il n’est pas rare d’en arriver à utiliser les autres et à être utilisé soi-même. Le « pour toujours », alors, est une grâce à laquelle Dieu lui-même nous aide à répondre par notre fidélité, pour une plénitude de vie (cf. Jn 10, 10).

 

 

 

6 août 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la fête de la Transfiguration, en la  basilique papale Sainte-Marie-des-Anges à Assise,  pour les participants à la rencontre « Go! Franciscan Youth Meeting »

     Chers jeunes : aujourd’hui, l’Europe et le monde entier cherchent en vous de nouveaux saints : osez croire en la parole de l’Évangile, devenez des êtres humains dotés de la liberté de Jésus-Christ, embrassez la sœur pauvreté ! Le titre de votre rencontre – Go! – est une mission, un envoi sur des chemins dont nous n’avons pas de carte, car ils s’ouvrent en écoutant le cœur, en obéissant à l’Esprit, en suivant le Ressuscité là où il a voulu nous précéder. Go! Allez ! Ou mieux encore : allons-y ! Let’s go ! Aux marges, là où l’injustice et l’arrogance de quelques-uns bafouent la dignité et les rêves de beaucoup, de trop nombreux fils et filles de Dieu.

      Il est possible de ne pas être compris, même par ses proches, comme ce fut le cas pour saint François. Pourtant, se soustraire à la culture du pouvoir et abattre les murs qui séparent les êtres humains les uns des autres, ce n’est jamais trahir la famille, la cité, la tradition, mais les libérer de leurs fantasmes, des ennemis inventés par la peur et l’ignorance, de la violence avec laquelle on voudrait imposer son petit ordre à une réalité qui nous dépasse de toutes parts. Faire confiance à Dieu, c’est retrouver, comme François et Claire, un monde de frères et de sœurs à apprécier et à servir, et non à exploiter et à dominer. Non pas un monde à défendre, mais à embrasser.

 

 

 

 

12 août 2026 – Salutation du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, lors de l’Audience Générale

     Dans quelques jours nous célébrerons la Solennité de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie. Je tiens à vous exhorter à vous adresser avec constance dans votre prière à la Mère de Dieu, en suivant l’exemple en embrassant pleinement la vocation à la « familiarité avec le Seigneur et à la l’attention envers le prochain.

 

 

15 août 2026 - Assomption de la bienheureuse Vierge Marie

      Avec l’âge notre corps devient moins agile et plus lourd ; notre peau devient moins fraîche et montre les signes de la vieillesse ; nos cheveux ne prennent ni couleur ni éclat, mais deviennent gris puis blancs.

     C’est la pureté de l’âme qui, en Marie – comme en nous –, par la grâce de Dieu, illumine et transfigure toute la personne, la conduisant à la gloire du Ciel.

     La glorification de Marie, corps et âme, nous enseigne que notre véritable beauté ne consiste pas à dissimuler les signes du temps qui passe, mais à montrer, même gravés dans notre chair, les signes de l’amour qui ne passe jamais (cf. 1 Co 13, 8).

     Elle nous invite ainsi à remettre en question bon nombre de canons esthétiques, principalement de nature hédoniste et consumériste, que le monde nous impose et qui risquent de nous emprisonner dans de lourds conditionnements, nous faisant gaspiller des énergies précieuses dans ce qui n’a vraiment pas d’importance et ne dure pas éternellement.  Dans notre expérience quotidienne, nous pouvons rencontrer des personnes dont le visage est marqué par les années et les souffrances, mais qui sont pourtant capables de rayonner de sérénité, de bienveillance et de paix autour d’elles ; tout comme nous pouvons en observer d’autres, peut-être séduisantes en apparence, mais dures et froides au fond d’elles-mêmes. Il est facile de comprendre où réside la vraie beauté et où, au contraire, il y a encore besoin de conversion, de pardon et de guérison.

     Si nous voulons vraiment découvrir et cultiver la beauté divine qui nous enveloppe et pour laquelle nous sommes faits, et la diffuser autour de nous, nous devons apprendre à la lire dans le visage tendre d’un enfant comme dans les rides d’une personne âgée, dans la vivacité d’un jeune comme dans le calme d’un adulte, dans les parures de fête comme dans les vêtements et les outils de travail. Nous devons écouter les histoires d’amour uniques que chacune de ces réalités nous raconte, en y reconnaissant de petits éclats de ciel.

     C’est l’amour qui est le plus bel ornement de l’homme : l’amour qui transfigure, transforme, ennoblit, élève ; qui rend léger, libre, proche de Dieu, même à travers les aléas de la vie.

     Le miracle que Marie, la jeune fille de Nazareth, a vécu dans son cœur innocent et qui l’a conduite à la gloire du Ciel est une rencontre entre les extrêmes, comme elle-même en témoigne dans les paroles inspirées du Magnificat que nous avons entendues dans l’Évangile (cf. Lc 1, 46-55). Dans ce cantique, à travers les expressions humbles de sa foi, la Mère du Ciel nous parle simplement de mystères grandioses : de Dieu qui, en elle, se fait homme pour sauver les hommes ; de l’Éternel qui, en elle, se manifeste dans le temps pour rouvrir, à nous aussi, la voie de l’éternité, tout en nous montrant, dans sa condition d’“humble servante”, la “petite échelle” dans laquelle, comme le disait saint Paul VI, nous pouvons nous aussi rencontrer le Seigneur.

     Nous ne devons donc pas chercher loin la sublimité du Mystère que nous célébrons. Nous pouvons la rencontrer là où règne la véritable charité : dans les yeux d’un père et d’une mère qui rentrent à la maison après une journée de travail, fatigués, mais heureux d’être avec leurs enfants ; dans le visage des grands-pères et des grands-mères qui, malgré les maux de l’âge, retrouvent une énergie inattendue en s’occupant de leurs petits-enfants ; ou encore dans l’engagement de jeunes qui s’efforcent de grandir dans la droiture et l’honnêteté, prêts même à aller à contre-courant de “ce que font tous les autres” ; et enfin, dans l’œuvre de tant d’hommes et de femmes qui, chaque jour, avec foi et dévouement, contribuent à apporter un peu de Ciel sur terre et à faire tendre la terre vers le Ciel.

 

 

 

 

 

19 août 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux,au terme de l’Audience Générale.

             Je désire vous adresser l’invitation à développer toujours en vous-mêmes, une authentique conscience de la paix. Ayez particulièrement conscience que la paix est un bien précieux et grand et qu’il nous demande un engagement fort pour sa réalisation, suivant avec honnêteté et vérité les chemins qui la construisent et transforment la société.

 

 

 

21 août 2026 - Aux Participants à la rencontre de l’"International Catholic Legislators Network"

     Éminences,
Mesdames et Messieurs,
chers frères et sœurs dans le Christ,

     c’est pour moi une joie de vous saluer, membres de l’International Catholic Legislators    Network, et en particulier le cardinal Schönborn et le cardinal Bo, les présidents d’honneur de ce réseau.

    Le thème de votre rencontre annuelle, « dignité humaine et Intelligence artificielle : défis, opportunités et contrôle », vous donne l’occasion de réfléchir sur l’une des questions fondamentales de notre époque. Le progrès extraordinaire de l’intelligence artificielle ouvre des horizons que les générations précédentes auraient eu peine à imaginer. Pourtant, toute avancée technologique place l’humanité face à une question morale : pas simplement que pouvons-nous faire mais que devrions-nous faire ? En effet, notre famille humaine se trouve aujourd’hui face à un choix décisif. Comme je l’ai écrit dans la Lettre encyclique Magnifica Humanitas, nous pourrions être tentés d’élever une nouvelle tour de Babel, où le pouvoir, l’efficacité et le contrôle occultent le visage de la personne humaine ; ou nous pouvons édifier une civilisation dans laquelle la technologie sert le développement intégral de chaque personne (cf. nn. 7-10). La question décisive demeure la même : est-ce que la technologie aide les personnes à devenir plus fraternelles et responsables envers elles-mêmes et les uns envers les autres? À cet égard, les principes de la doctrine sociale de l’Église — la dignité inviolable de toute personne, le bien commun, la destination universelle des biens, la subsidiarité et la solidarité — fournissent des critères sûrs de discernement.   

     Chers législateurs, votre vocation vous place au cœur de ce défi. Étant responsables de concevoir des politiques pour gérer la technologie en vue du bien commun, votre tâche ne consiste pas à empêcher l’innovation, mais à la guider avec sagesse (cf. François, Discours aux participants à la rencontre annuelle promue par le International Catholic Legislators Network, 27 août 2021). Une bonne législation devrait encourager la créativité scientifique et technologique, tout en préservant les droits humains et les libertés  fondamentales. Elle devrait protéger les utilisateurs de l’exploitation, préserver la vie privée, garantir la transparence dans l’utilisation des nouvelles technologies et assurer qu’elles renforcent les institutions démocratiques.

      À cet égard, «il faut des cadres juridiques adéquats, une surveillance indépendante, l’éducation des utilisateurs, une politique qui n’abdique pas son devoir » (Magnifica humanitas, n. 106). Cette surveillance peut s’opérer à de multiples niveaux — local, national et international — en facilitant le débat public « du code éthique à utiliser, en le soumettant à des critères de justice sociale partagés » (n. 107), et en assurant qu’aucune idéologie ou intérêt ne dicte les valeurs contenues dans les systèmes d’intelligence artificielle.

      Dans le même temps, le rapide développement de l’intelligence artificielle risque de créer de nouvelles formes de dépendance technologique, où les pays les plus pauvres dépendent de plus en plus des pays les plus riches. Nous devons être vigilants à cet égard, pour éviter que l’innovation ne devienne un autre vecteur de colonialisme idéologique ou économique (cf. nn. 178-179). Malheureusement, nous assistons à une forme subtile de domination où les algorithmes décident qui est vu, qui demeure invisible, et où les plateformes numériques façonnent le discours public sans devoir rendre de comptes, et où la dignité des travailleurs est soumise à l’optimisation des systèmes (nn. 95, 150, 171). Ces développements révèlent un nouveau visage de l’antique tentation de domination et de pouvoir sans service.

     À cette culture du pouvoir, l’Église oppose «la civilisation de l’amour» (Paul VI, Regina Caeli, 17 mai 1970; cf. Magnifica humanitas, n. 186) — une civilisation qui sache  gouverner l’intelligence artificielle avec sagesse en cultivant des cœurs capables de charité, de compassion et de responsabilité.  Dans une telle société, la première école d’humanité serait la famille. Car c’est au sein de la famille que nous apprenons en premier la confiance avant le calcul, la générosité avant la compétition, le dialogue avant la division et l’amour avant le pouvoir. Il ne faut jamais permettre à l’intelligence artificielle de miner cette cellule fondamentale de la société — que ce soit en réduisant les personnes et les relations à des données et des simulations, en inondant de cerveaux jeunes de contenus qui déforment le désir, ou à travers des modèles économiques qui rendent la vie de famille    économiquement précaire. Pour cette raison, je vous encourage à promouvoir des politiques qui renforcent le mariage et les familles, soutiennent les parents dans leur mission éducative et permettent aux jeunes de se tourner vers l’avenir avec confiance.

     Chers amis, le monde n’a pas besoin d’une intelligence artificielle qui diminue l’humanité ; au contraire, il a besoin d’une intelligence artificielle illuminée par la sagesse, l’autorité politique guidée par la conscience et l’innovation technologique guidée par la charité. Ce n’est qu’alors que l’intelligence artificielle deviendra non pas le rival de l’humanité, mais le serviteur du bien commun.

     Avec ces pensées, je prie pour que vos débats apportent des fruits abondants pour vos pays et pour toute la famille humaine. Puisse la bienheureuse Vierge Marie, Mère du Bon Conseil, vous accompagner toujours. Sur vous, vos familles et tous ceux qui sont confiés à votre service, j’invoque une abondance de bénédictions. Merci.

 

 

 

22 août 2026 – Discours du Pape Léon XIV à la Communauté Ecclésiale, lors de sa Visite à Saint Marin

     Je m’adresse aux jeunes, en repartant de ce que leur disait le pape Benoît XVI, lors de sa visite ici il y a quinze ans :
     « Ne vous arrêtez pas aux réponses partielles, immédiates […], plus faciles sur le moment et plus commodes, qui peuvent procurer quelques instants de bonheur, d’exaltation, d’ivresse, mais qui ne vous conduisent pas à la vraie joie de vivre » (Rencontre avec les jeunes, 19 juin 2011).
     Et il ajoutait : « Votre cœur est une fenêtre ouverte sur l’infini ! »
     Eh bien, très chers jeunes : gardez cette fenêtre ouverte !
     Suivez, avec le regard de l’âme, les chemins tracés en vous par les grands désirs de beauté, de bonté et de vie que vous portez dans votre cœur.
     Si vous en observez attentivement les chemins et si vous en écoutez la voix, ils vous conduiront en hauteur, à la rencontre de Dieu, là où Il vous cherche et vous attend ; et avec son aide, vos rêves auront la force d’avoir un impact sur l’histoire et de l’améliorer.
     Voici donc la deuxième invitation que je vous adresse : embrassez avec enthousiasme votre mission dans le monde !
     Faites-le tout d’abord en cherchant à comprendre quel est l’appel qui vous est adressé, unique pour chacun, et à en apprécier la grandeur (cf. Ep 1,18).
     Puis engagez-vous pleinement dans cet appel, en investissant sans compter toute la richesse des dons que Dieu vous a accordés.
     N’ayez pas peur de faire des choix exigeants, comme le mariage, la consécration, le ministère ordonné, la vie professionnelle, l’engagement social et politique ; préparez-vous le mieux possible aux responsabilités qui vous attendent.
     Laissez-vous entraîner dans des initiatives et des projets de charité et de justice.
     Ainsi, vous aussi, vous contribuerez à donner « un témoignage de paix qui parle au monde », comme le dit la devise de cette visite.
     Je voudrais exprimer, à ce propos, une profonde reconnaissance également aux prêtres, aux catéchistes et à tous les éducateurs qui, à travers différents parcours et différentes propositions, œuvrent pour la croissance humaine et chrétienne des jeunes.
     Votre travail, très chers amis, est un travail caché mais très important. C’est un service humble et précieux, car il vient en aide aux parents, premiers responsables de l’éducation à la foi de leurs enfants.
     La famille, en effet, est le premier lieu de formation à la foi, le sein naturel où, dès l’enfance, l’Évangile s’apprend et se respire quotidiennement.
     C’est pourquoi une pastorale avisée veillera à nourrir une forte synergie éducative entre les familles et les communautés ecclésiales, un véritable pacte éducatif, afin que les parents se sentent impliqués, redécouvrent eux-mêmes la foi d’une manière nouvelle et aient la joie de transmettre à leurs enfants les valeurs chrétiennes dont ils sont dépositaires.

 

 

22 août 2026 – Discours du Pape Léon XIV à la Communauté Ecclésiale, lors de sa Visite à Saint Marin

     Je m’adresse aux jeunes, en repartant de ce que leur disait le pape Benoît XVI, lors de sa visite ici il y a quinze ans :
     « Ne vous arrêtez pas aux réponses partielles, immédiates […], plus faciles sur le moment et plus commodes, qui peuvent procurer quelques instants de bonheur, d’exaltation, d’ivresse, mais qui ne vous conduisent pas à la vraie joie de vivre » (Rencontre avec les jeunes, 19 juin 2011).
     Et il ajoutait : « Votre cœur est une fenêtre ouverte sur l’infini ! »
     Eh bien, très chers jeunes : gardez cette fenêtre ouverte !
     Suivez, avec le regard de l’âme, les chemins tracés en vous par les grands désirs de beauté, de bonté et de vie que vous portez dans votre cœur.
     Si vous en observez attentivement les chemins et si vous en écoutez la voix, ils vous conduiront en hauteur, à la rencontre de Dieu, là où Il vous cherche et vous attend ; et avec son aide, vos rêves auront la force d’avoir un impact sur l’histoire et de l’améliorer.
     Voici donc la deuxième invitation que je vous adresse : embrassez avec enthousiasme votre mission dans le monde !
     Faites-le tout d’abord en cherchant à comprendre quel est l’appel qui vous est adressé, unique pour chacun, et à en apprécier la grandeur (cf. Ep 1,18).
     Puis engagez-vous pleinement dans cet appel, en investissant sans compter toute la richesse des dons que Dieu vous a accordés.
     N’ayez pas peur de faire des choix exigeants, comme le mariage, la consécration, le ministère ordonné, la vie professionnelle, l’engagement social et politique ; préparez-vous le mieux possible aux responsabilités qui vous attendent.
     Laissez-vous entraîner dans des initiatives et des projets de charité et de justice.
     Ainsi, vous aussi, vous contribuerez à donner « un témoignage de paix qui parle au monde »,
     La famille, en effet, est le premier lieu de formation à la foi, le sein naturel où, dès l’enfance, l’Évangile s’apprend et se respire quotidiennement.

 

 

 

 

 

 

26 août 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins polonais, au terme de l’Audience Générale

     Je m’unis spirituellement à ceux qui se trouvent à Czestochowa où aujourd’hui, où vous renouvelez 70 ans après, les Vœux de Jasna Gora de la Nation Polonaise, rédigés par le Cardinal Stefan Wyszynski depuis sa prison. Le programme de renouvellement moral de la société contenu dans ces Vœux, c’est-à-dire la protection de la vie humaine, le soin du mariage et de la famille et l’éducation des enfants et des jeunes, continue à inspirer l’engagement pour la justice et la fraternité.

 

 

 

 

26 août 2026 – Paroles du Pape Léon XIV  aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale

     Sainte Monique et Saint Augustin , sont unis sur terre par les liens familials et au ciel par le même destin de gloire. Que leur exemple suscite en chacun de vous une vraie et passionnante recherche de la Vérité évangélique, pour en témoigner avec joie dans votre vie de chaque jour.

 

 

27 août 2026 – Discours du Pape Léon XIV lors aux participants à la rencontre organisée par la Commission pontificale pour l'Amérique latine sur les situations d'addiction en Amérique latine

     Le thème qui nous rassemble est celui d’une réflexion, à partir de la foi, sur le problème de la drogue et son impact sur nos jeunes. Les addictions constituent un phénomène complexe qui met en évidence l’échec d’un monde déshumanisé. La souffrance des jeunes exige de nous des réponses globales : prévention communautaire, prise en charge scientifique, justice au visage humain et accompagnement pastoral de proximité. Notre contribution doit être orientée vers la prise en charge, la présence et la reconstruction du tissu communautaire.

     Je me réjouis de constater comment, lors de cette rencontre, convergent quatre ponts qui représentent autant de voies de collaboration dans ce domaine.

      Le premier pont relie l’Église aux organismes internationaux, car personne ne peut affronter seul le problème de la drogue. C’est pourquoi la collaboration en cours entre l’Organisation des États américains et le Conseil épiscopal latino-américain et des Caraïbes mérite une mention particulière : ils coordonnent des formations destinées aux organisations communautaires confessionnelles, tissent des réseaux d’accompagnement et ont même permis au CELAM de présenter le Manuel de la pastorale latino-américaine d’accompagnement et de prévention des addictions.

     Mais permettez-moi de m’arrêter un instant sur une institution qui traverse notre travail de manière transversale : la famille. La famille, que le Concile Vatican II a justement appelée « Église domestique » (cf. Lumen gentium, 11), est le lieu où la vie est cultivée, où elle est préservée et projetée vers l’avenir. Il n’y a pas de meilleure prévention contre la drogue qu’une bonne famille.

     Aujourd’hui, nous sommes témoins de la souffrance de nombreuses familles brisées, que ce soit à cause de la consommation de drogues, de la violence, du recrutement d’un enfant par des organisations criminelles, de la pauvreté ou du manque d’opportunités qui les poussent à la marge de la société. Saint Jean-Paul II nous a demandé de faire de l’Église « la maison et l’école de la communion » (Lettre apostolique Novo millennio ineunte, 43). Et le pape François nous a rappelé que Jésus veut que « nous touchions la misère humaine, que nous touchions la chair souffrante des autres » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, 270). C’est là que s’exprime le cœur de la mission que vous menez : que l’Église soit une famille, en accueillant tout particulièrement les personnes qui souffrent.

     Enfin, je voudrais vous exprimer un souhait : que l’Église soit la famille de toutes les personnes qui sont restées en marge du chemin. À l’instar du Samaritain, qui s’est fait le prochain de l’homme tombé, ne passons pas notre chemin ; construisons une Église qui s’arrête, s’approche, s’émeut, panse les blessures, nourrit et devient un foyer.

 

 

 

3 septembre 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux Membres de la Conférence épiscopale latine des régions arabes (CELRA)

     Prenez soin en particulier des familles et des jeunes. Puissent les familles, bien qu’accablées par les difficultés et les incertitudes, rester, avec l’aide de la communauté, le premier lieu dans lequel la foi est reçue et transmise.   Que les jeunes, souvent partagés entre de grandes aspirations et un avenir incertain, trouvent dans l’Église un foyer qui les accueille, les écoute et les aide à reconnaître la valeur de leur vie. Que la catéchèse accompagne les enfants, les jeunes et les adultes vers une rencontre vivante avec le Christ, afin que la foi soit connue, vécue et transmise de génération en génération

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