2025
28 mai 2025 - Message du Pape Léon aux Evêques de France à l'occasion du centenaire de la Canonisation de trois saints : Saint Jean Eudes, Saint Jean-Marie Vianney et Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus
Je suis heureux de pouvoir m’adresser pour la première fois à vous, pasteurs de l’Église de France et, à travers vous, à tous vos fidèles alors qu’est célébré, en ce mois de mai 2025, le 100ème anniversaire de la canonisation de trois Saints que, par la grâce de Dieu, votre pays a donnés à l’Église universelle : Saint Jean Eudes (1601-1680), Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859) et Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte Face (1873-1897). En les élevant à la gloire des autels, mon prédécesseur Pie XI souhaitait les présenter au Peuple de Dieu comme des maîtres à écouter, comme des modèles à imiter, et comme de puissants soutiens à prier et à invoquer. L’ampleur des défis qui se présentent, un siècle plus tard, à l’Église de France, et la pertinence toujours très actuelle de ses trois figures de sainteté pour y faire face, me poussent à vous inviter à donner un relief particulier à cet anniversaire.
Je ne retiendrai, dans ce bref Message, qu’un trait spirituel que Jean Eudes, Jean Marie Vianney et Thérèse ont en commun et présentent de manière très parlante et attrayante aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui : ils ont aimé sans réserve Jésus de manière simple, forte et authentique ; ils ont fait l’expérience de sa bonté et de sa tendresse dans une particulière proximité quotidienne, et ils en ont témoigné dans un admirable élan missionnaire.
Le regretté Pape François nous a laissé, un peu comme un testament, une belle Encyclique sur le Sacré-Cœur dans laquelle il affirme : « Un fleuve qui ne s’épuise pas, qui ne passe pas, qui s’offre toujours de nouveau à qui veut aimer, continue de jaillir de la blessure du côté du Christ. Seul son amour rendra possible une nouvelle humanité » (Dilexit nos, n. 219). Il ne saurait y avoir de plus beau et de plus simple programme d’évangélisation et de mission pour votre pays : faire découvrir à chacun l’amour de tendresse et de prédilection que Jésus a pour lui, au point d’en transformer la vie.
Et à ce titre, nos trois Saints sont assurément des maîtres dont je vous invite à faire sans cesse connaître et apprécier la vie et la doctrine au Peuple de Dieu. Saint Jean Eudes n’est-il pas le premier à avoir célébré le culte liturgique des Cœurs de Jésus et de Marie ; Saint Jean Marie Vianney n’est-il pas ce curé passionnément donné à son ministère qui affirmait : “Le sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus” ; et enfin, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face n’est-elle pas le grand Docteur en scientia amoris dont notre monde a besoin, ellequi “respira” à chaque instant de sa vie le Nom de Jésus, avec spontanéité et fraicheur, et qui enseigna aux plus petits une voie “toute facile” pour y accéder ?
Célébrer le centenaire de canonisation de ces trois Saints, c’est d’abord une invitation à rendre grâce au Seigneur pour les merveilles qu’il a accomplies en cette terre de France durant de longs siècles d’évangélisation et de vie chrétienne. Les Saints n’apparaissent pas spontanément mais, par la grâce, surgissent au sein de Communautés chrétiennes vivantes qui ont su leur transmettre la foi, allumer dans leur cœur l’amour de Jésus et le désir de le suivre. Cet héritage chrétien vous appartient encore, il imprègne encore profondément votre culture et demeure vivant en bien des cœurs.
C’est pourquoi je forme le vœu que ces célébrations ne se contentent pas d’évoquer avec nostalgie un passé qui pourrait sembler révolu, mais qu’elles réveillent l’espérance et suscitent un nouvel élan missionnaire. Dieu peut, moyennant le secours des saints qu’Il vous a donnés et que vous célébrez, renouveler les merveilles qu’Il a accomplies dans le passé. Sainte Thérèse ne sera-t-elle pas la Patronne des missions dans les contrées mêmes qui l’ont vu naître ? Saint Jean-Marie Vianney et Saint Jean Eudes ne sauront-ils pas parler à la conscience de nombreux jeunes de la beauté, de la grandeur et de la fécondité du sacerdoce, en susciter le désir enthousiaste, et donner le courage de répondre généreusement à l’appel, alors que le manque de vocations se fait cruellement sentir dans vos diocèses et que les prêtres sont de plus en plus lourdement éprouvés ? Je profite de l’occasion pour remercier du fond du cœur tous les prêtres de France pour leur engagement courageux et persévérant et je souhaite leur exprimer ma paternelle affection.
Chers frères Évêques, j’invoque l’intercession de Saint Jean Eudes, de Saint Jean-Marie Vianney et de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, pour votre pays et pour le Peuple de Dieu qui y pérégrine courageusement, sous les vents contraires et parfois hostiles de l’indifférentisme, du matérialisme et de l’individualisme. Qu’ils redonnent courage à ce Peuple, dans la certitude que le Christ est vraiment ressuscité, Lui, le Sauveur du monde.
Implorant sur la France la protection maternelle de sa puissante Patronne, Notre-Dame de l’Assomption, j’accorde à chacun de vous, et à toutes les personnes confiées à vos soins pastoraux, la Bénédiction Apostolique.
Du Vatican, le 28 mai 2025
LÉON XIV
4 juin 2025 – Paroles du Pape Léon XIV, aux pèlerins francophones venus à l’Audience Générale.
Notre monde peine à trouver une valeur à la vie humaine, même en sa dernière heure : que l’Esprit du Seigneur éclaire nos intelligences, pour que nous sachions défendre la dignité intrinsèque de toute personne humaine.
5 juin 2025 – Message du Pape Léon XIV aux prêtres de la Province de Paris
Je salue fraternellement S.E. Mgr Laurent Ulrich ainsi que tous les évêques de la Province de Paris. Et je vous salue tous, chers prêtres qui vous réunissez en cette Cathédrale Notre-Dame à l’occasion de votre “Jubilé des prêtres” et du 60ème anniversaire de la Constitution Presbyterorum ordinis sur laquelle vous allez réfléchir.
Je suis heureux de pouvoir vous manifester ma paternelle affection et de vous transmettre mes meilleurs encouragements pour la poursuite de votre ministère au service du Peuple de Dieu qui vous est confié. Pour y parvenir dans les conditions ecclésiales et sociales difficiles - et bien souvent éprouvantes - que vous connaissez, je vous invite à enraciner votre vie et votre ministère dans un amour toujours plus fort, personnel et authentique de Jésus qui a fait de vous ses amis et qui vous a configurés à Lui pour l’éternité ; et dans un amour généreux et sans réserve pour vos Communautés, un amour empreint de proximité, de compassion, de douceur, d’humilité et de simplicité, comme l’a si souvent rappelé le regretté Pape François. De cette manière, vous serez crédibles même si vous n’êtes pas encore des saints, et vous toucherez le cœur de personnes qui sont au plus loin, gagnerez leur confiance et leur ferez rencontrer Jésus. Je vous invite à cultiver la fraternité sacerdotale entre vous, à maintenir un étroit lien de charité avec vos évêques et à prier sans cesse pour l’unité de l’Église. Que le Saint-Esprit vous aide à renouveler chaque jour le don généreux que vous avez fait de vous-mêmes au Seigneur le jour de votre ordination.
Implorant sur chacun de vous la protection de Notre-Dame, et l’intercession de tous les saints prêtres et évêques de Paris qui vous ont précédés, je vous accorde de grand cœur la Bénédiction Apostolique.
Du Vatican, le 4 juin 2025
14 juin 2025 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience de l’Année Jubilaire.
Les audiences jubilaires spéciales, que le Pape François avait commencées au mois de janvier, en proposant chaque fois un aspect particulier de la vertu théologale de l’espérance et une figure spirituelle qui en est le témoin, reprennent ce matin. Continuons donc le chemin entrepris, comme pèlerins d’espérance !
L’espérance transmise par les apôtres depuis le début nous rassemble. Les apôtres ont vu en Jésus la terre qui se lie au ciel : avec les yeux, les oreilles, les mains, ils ont accueilli le Verbe de la vie. Le Jubilé est une porte ouverte sur ce mystère. L’année jubilaire relie plus radicalement le monde de Dieu au nôtre. Elle nous invite à prendre au sérieux ce que nous prions chaque jour : « Sur la terre comme au ciel ». Telle est notre espérance. Voici l’aspect que nous voulons approfondir aujourd’hui : espérer, c’est relier.
Un des plus grands théologiens chrétiens, l’évêque Irénée de Lyon, nous aidera à reconnaître combien cette espérance est belle et actuelle. Irénée est né en Asie mineure et s’est formé parmi ceux qui avaient connu directement les apôtres. Il est ensuite venu en Europe, car une communauté de chrétiens provenant de ses terres s’était déjà formée à Lyon. Comme cela nous fait du bien de le rappeler ici, à Rome, en Europe ! L’Evangile a été apporté sur ce continent de l’extérieur. Et aujourd’hui encore, les communautés de migrants sont des présences qui ravivent la foi dans les pays qui les accueillent. L’Evangile vient de l’extérieur. Irénée relie l’Orient et l’Occident. Cela est déjà un signe d’espérance, car cela nous rappelle que les peuples continuent de s’enrichir mutuellement.
Irénée, cependant, possède un trésor encore plus grand à nous donner. Les clivages doctrinaux qu’il rencontra au sein de la communauté chrétienne, les conflits internes et les persécutions extérieures ne l’ont pas découragé. Au contraire, dans un monde en morceaux, il a appris à mieux penser, portant toujours plus profondément son attention sur Jésus. Il est devenu un chantre de sa personne, même de sa chair. Il a reconnu, en effet, qu’en Lui, ce qui nous semble opposé se recompose en unité. Jésus n’est pas un mur qui sépare, mais une porte qui nous unit. Il faut rester en lui et distinguer la réalité des idéologies.
Chers frères et sœurs, aujourd’hui aussi les idées peuvent dégénérer et les paroles peuvent tuer. Le chair, au contraire, est ce dont nous sommes tous faits ; c’est ce qui nous lie à la terre et aux autres créatures. La chair de Jésus doit être accueillie et contemplée dans chaque frère et sœur, dans chaque créature. Ecoutons le cri de la chair, sentons-nous appelés par la douleur d’autrui. Le commandement que nous avons reçu depuis le début est celui d’un amour réciproque. Il est inscrit dans notre chair, avant d’être écrit dans les lois.
Irénée, maître d’unité, nous enseigne à ne pas opposer, mais à relier. Il y a une intelligence non pas là où l’on sépare, mais là où l’on unit. Distinguer est utile, diviser jamais. Jésus est la vie éternelle parmi nous : il rassemble les opposés et rend la communion possible.
Nous sommes pèlerins d’espérance, car parmi les personnes, les peuples et les créatures, il faut quelqu’un qui décide d’agir envers la communion. D’autres nous suivront. Comme Irénée à Lyon au IIe siècle, ainsi que dans chacune de nos villes, recommençons à construire des ponts là où aujourd’hui il y a des murs. Ouvrons des portes, relions les mondes et il y aura de l’espérance.
25 juin 2025 – Lettre du Pape Léon XIV au Cardinal Sarah, Envoyé Extraordinaire à Sainte Anne d’Auray (publiée par le Vatican le 19 juillet)
« À notre Vénérable Frère
ROBERT SARAH
Cardinal de la Sainte Église Romaine
Préfet émérite de la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements
Le Très-Haut a daigné révéler les mystères ineffables du Royaume des Cieux avant tout aux petits (cf. Mt 11,25-26). C’est ainsi que, par la grâce de Dieu, sainte Anne, très douce mère de la Bienheureuse Vierge Marie, apparut miraculeusement au paysan Yvon Nicolazic, afin que, par une flamme spirituelle renouvelée, la foi du peuple d’Armorique s’enflamme à nouveau. Une petite chapelle fut construite, qui, en raison de la fréquentation assidue des dévots, devint un sanctuaire important, dédié à sainte Anne d’Auray, et au fil du temps un lieu très cher à d’innombrables pèlerins. Enfin, par un beau jour de septembre 1996, ce lieu fut visité avec bonheur par notre prédécesseur saint Jean-Paul II, afin d’y nourrir et vivifier la foi, l’espérance et la charité des familles.
À l’occasion heureuse du 400e anniversaire, qui sera célébré le mois prochain de juillet à Sainte-Anne-d’Auray, des apparitions de sainte Anne, notre vénérable frère Raymond Centène, évêque de Vannes, a sollicité avec bonté le pape François, à présent de vénérée mémoire, afin qu’il désigne un éminent cardinal pour présider au nom du Souverain Pontife les célébrations en l’honneur de sainte Anne et prononcer une parole d’exhortation spirituelle. Désirant répondre favorablement à cette pieuse requête, et confirmant la désignation exprimée par notre prédécesseur de sainte mémoire le pape François, nous nous tournons vers vous, notre Vénérable Frère, qui vous distinguez par votre piété et votre doctrine, et qui êtes un ouvrier zélé et attentif dans la vigne du Seigneur.
Par la présente lettre, nous vous nommons notre Envoyé Extraordinaire pour les célébrations mentionnées ci-dessus, qui se tiendront les 25 et 26 juillet prochains, en mémoire de sainte Anne, à Sainte-Anne-d’Auray, selon les rites appropriés.
Vous exhorterez tous les participants à cet événement à raviver, avec des forces renouvelées et un zèle nouveau, l’espérance vivante dans les promesses de Dieu, eux qui auront reçu en abondance les bienfaits spirituels et les grâces de la bonté céleste de ce jubilé, et qui trouveront, sans aucun doute, dans leur labeur quotidien, un grand réconfort.
Vous saluerez en notre nom l’évêque du diocèse de Vannes, tous les fidèles rassemblés, les vénérables évêques, les prêtres, les religieux et religieuses, les autorités civiles et les fidèles laïcs, et leur manifesterez notre bienveillance.
Nous-mêmes, Vénérable Frère, vous accompagnerons de nos prières dans l’accomplissement de votre mission, par l’intercession de sainte Anne et de sa Fille incomparable, la Bienheureuse Vierge Marie, et nous vous accordons dès maintenant avec joie la Bénédiction apostolique, signe de notre bienveillance envers vous et gage des dons célestes, que nous souhaitons que vous transmettiez selon les formes rituelles à tous les participants aux célébrations. »
6 août 2025 – Paroles du Pape Léon XIV au terme de l’Audience Générales en différentes langues
Je salue particulièrement les pèlerins de langue française, et les groupes venus de France. Demandons à la Vierge Marie de nous enseigner la disponibilité du cœur, pour que nous puissions y préparer une demeure pour le Seigneur : sa présence en nous rendra notre monde plus beau et plus humain. Que Dieu vous bénisse.
25 août 2025 – Discours du Pape Léon XIV aux 360 Servants d’autel français venus à Rome
C’est un grand cadeau du Ciel que vous soyez ici cette année ! Je vous invite à le saisir en vivant intensément les activités qui vous sont proposées, mais surtout en prenant le temps de parler à Jésus dans le secret du cœur et de l’aimer de plus en plus. Il n’a pour seul désir que de faire partie de votre vie pour l’illuminer de l’intérieur, devenir votre meilleur ami, le plus fidèle. La vie devient belle et heureuse avec Jésus. Mais Il attend votre réponse. Il frappe à la porte et Il attend pour entrer : « Je me tiens à la porte et je frappe; si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui pour souper, moi près de lui et lui près de moi » (Ap 3, 20). Être “près” de Jésus, Lui le Fils de Dieu, entrer dans son amitié ! : quel destin inespéré ! Quel bonheur ! Quelle consolation ! Quelle espérance pour l’avenir !
L’espérance est justement le thème de cette Année Sainte. Peut-être percevez-vous à quel point nous avons besoin d’espérer. Vous entendez certainement que le monde va mal, confronté à des défis de plus en plus graves et inquiétants. Il se peut que vous soyez touchés, vous-mêmes ou dans votre entourage, par la souffrance, la maladie ou le handicap, l’échec, la perte d’un être cher ; et, face à l’épreuve, votre cœur est dans la tristesse et dans l’angoisse. Qui viendra à notre secours ? Qui aura pitié de nous ? Qui viendra nous sauver ?... Non seulement de nos peines, de nos limites et de nos fautes, mais aussi de la mort elle-même ?
La réponse est parfaitement claire et retentit dans l’Histoire depuis 2000 ans : Jésus seul vient nous sauver, et personne d’autre : parce que seul Il en a le pouvoir – Il est Dieu-tout-puissant en personne –, et parce qu’Il nous aime. Saint Pierre l’a dit avec force : « Il n’y a pas sous le ciel d’autre nom donné aux hommes par lequel nous puissions être sauvés » (Ac 4, 12). N’oubliez jamais cette parole, chers amis, gravez-la dans votre cœur ; et mettez Jésus au centre de votre vie. Je vous souhaite de repartir de Rome plus proches de Lui, plus que jamais décidés à L’aimer et à Le suivre, et ainsi mieux armés d’espérance pour parcourir la vie qui s’ouvre devant vous. Cette espérance sera toujours dans les moments difficiles de doute, de découragement et de tempête, comme une ancre solide, jetée vers le ciel (cf. He 6, 19), qui vous permettra de continuer la route.
Il y a une preuve certaine que Jésus nous aime et nous sauve : Il a donné sa vie pour nous en l’offrant sur la croix. En effet, il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime (cf. Jn 15, 13). Et voilà la chose la plus merveilleuse de notre foi catholique, une chose que personne n’aurait pu imaginer ni espérer : Dieu, le créateur du ciel et de la terre, a voulu souffrir et mourir pour les créatures que nous sommes. Dieu nous a aimés à en mourir ! Pour le réaliser, Il est descendu du ciel, Il s’est abaissé jusqu’à nous en se faisant homme, et Il s’est offert sur la croix en sacrifice, l’évènement le plus important de l’histoire du monde. Qu’avons-nous à craindre d’un tel Dieu qui nous a aimés à ce point ? Que pouvions-nous espérer de plus ? Qu’attendons-nous pour l’aimer en retour comme il le mérite ? Glorieusement ressuscité, Jésus est vivant auprès du Père, il prend désormais soin de nous et nous communique sa vie impérissable.
Et l’Église, de génération en génération, garde soigneusement mémoire de la mort et de la résurrection du Seigneur dont elle est témoin, comme son trésor le plus précieux. Elle la garde et la transmet en célébrant l’Eucharistie que vous avez la joie et l’honneur de servir. L’Eucharistie est le Trésor de l’Église, le Trésor des Trésors. Dès le premier jour de son existence, et ensuite pendant des siècles, l’Église a célébré la Messe, de dimanche en dimanche, pour se souvenir de ce que son Seigneur a fait pour elle. Entre les mains du prêtre et à ses paroles, “ceci est mon Corps, ceci est mon Sang”, Jésus donne encore sa vie sur l’Autel, Il verse encore son Sang pour nous aujourd’hui. Chers Servants d’Autel, la célébration de la Messe, nous sauve aujourd’hui ! Elle sauve le monde aujourd’hui ! Elle est l’événement le plus important de la vie du chrétien et de la vie de l’Église, car elle est le rendez-vous où Dieu se donne à nous par amour, encore et encore. Le chrétien ne va pas à la Messe par devoir, mais parce qu’il en a besoin, absolument ! ; le besoin de la vie de Dieu qui se donne sans retour !
Chers amis, je vous remercie de votre engagement : il est un très grand et généreux service que vous rendez à votre paroisse, et je vous encourage à persévérer fidèlement. Lorsque vous approchez de l’Autel, ayez toujours à l’esprit la grandeur et la sainteté de ce qui est célébré. La Messe est un moment de fête et de joie. Comment, en effet, ne pas avoir le cœur dans la joie en présence de Jésus ? Mais la Messe est, en même temps, un moment sérieux, solennel, empreint de gravité. Puissent votre attitude, votre silence, la dignité de votre service, la beauté liturgique, l’ordre et la majesté des gestes, faire entrer les fidèles dans la grandeur sacrée du Mystère.
Je forme aussi le vœu que vous soyez attentifs à l’appel que Jésus pourrait vous adresser à le suivre de plus près dans le sacerdoce. Je m’adresse à vos consciences de jeunes, enthousiastes et généreux, et je vais vous dire une chose que vous devez entendre, même si elle doit vous inquiéter un peu : le manque de prêtres en France, dans le monde, est un grand malheur ! Un malheur pour l’Église. Puissiez-vous, peu à peu, de dimanche en dimanche, découvrir la beauté, le bonheur et la nécessité d’une telle vocation. Quelle vie merveilleuse que celle du prêtre qui, au cœur de chacune de ses journées, rencontre Jésus d’une manière tellement exceptionnelle et le donne au monde !
28 août 2025 – Discours du Pape Léon XIV à des élus et membres de la Société Civile du Val de Marne
Je suis heureux de vous accueillir dans votre démarche de foi : vous retournerez à vos engagements quotidiens fortifiés dans l’espérance, mieux affermis pour œuvrer à la construction d’un monde plus juste, plus humain, plus fraternel, qui ne peut être rien d’autre qu’un monde davantage imprégné de l’Évangile. Devant les dérives de toutes sortes que connaissent nos sociétés occidentales, nous ne pouvons pas mieux faire, en tant que chrétiens, que de nous tourner vers le Christ et demander son secours dans l’exercice de nos responsabilités.
C’est pourquoi votre démarche, plus qu’un simple enrichissement personnel, est d’une grande importance et d’une grande utilité pour les hommes et les femmes que vous servez. Et elle est d’autant plus méritoire qu’il n’est pas facile en France, pour un élu, en raison d’une laïcité parfois mal comprise, d’agir et de décider en cohérence avec sa foi dans l’exercice de responsabilités publiques.
Le salut que Jésus a obtenu par sa mort et sa résurrection englobe toutes les dimensions de la vie humaine telles que la culture, l’économie et le travail, la famille et le mariage, le respect de la dignité humaine et de la vie, la santé, en passant par la communication, l’éducation et la politique. Le christianisme ne peut se réduire à une simple dévotion privée, car il implique une manière de vivre en société empreinte d’amour de Dieu et du prochain qui, dans le Christ, n’est plus un ennemi mais un frère.
Votre région, lieu de vos engagements, est affrontée à de grandes questions de société comme la violence dans certains quartiers, l’insécurité, la précarité, les réseaux de drogue, le chômage, la disparition de la convivialité… Pour y faire face, le responsable chrétien est fort de la vertu de Charité qui l’habite depuis son baptême. Celle-ci est un don de Dieu, une « force capable de susciter de nouvelles voies pour affronter les problèmes du monde d’aujourd'hui et pour renouveler profondément de l’intérieur les structures, les organisations sociales, les normes juridiques. Dans cette perspective, la charité devient charité sociale et politique : elle nous fait aimer le bien commun et conduit à chercher efficacement le bien de tous » (Compendium de la Doctrine sociale de l’Église, n. 207). Voilà pourquoi le responsable chrétien est mieux préparé pour affronter les défis du monde présent, dans la mesure, bien sûr, où il vit et témoigne de sa foi agissante en lui, de sa relation personnelle au Christ qui l’éclaire et lui donne cette force. Jésus l’a affirmé avec vigueur : « En dehors de moi vous ne pourrez rien faire ! » (Jn 15, 5) ; il ne faut donc pas s’étonner que la promotion de “valeurs”, pour évangéliques qu’elles soient, mais “vidées” du Christ qui en est l’auteur, soient impuissantes à changer le monde.
Alors, Monseigneur Blanchet me demandait des conseils à vous adresser. Le premier – et le seul – que je vous donnerai est celui de vous unir de plus en plus à Jésus, d’en vivre et d’en témoigner. Il n’y a pas de séparation dans la personnalité d’une personne publique : il n’y a pas d’un côté l’homme politique, de l’autre le chrétien. Mais il y a l’homme politique qui, sous le regard de Dieu et de sa conscience, vit chrétiennement ses engagements et ses responsabilités !
Vous êtes donc appelés à vous fortifier dans la foi, à approfondir la doctrine – en particulier la doctrine sociale – que Jésus a enseignée au monde, et à la mettre en œuvre dans l’exercice de vos charges et dans la rédaction des lois. Ses fondements sont foncièrement en accord avec la nature humaine, la loi naturelle que tous peuvent reconnaître, même les non chrétiens, même les non croyants. Il ne faut donc pas craindre de la proposer et de la défendre avec conviction : elle est une doctrine de salut qui vise le bien de tout être humain, l’édification de sociétés pacifiques, harmonieuses, prospères et réconciliées.
J’ai bien conscience que l’engagement ouvertement chrétien d’un responsable public n’est pas facile, particulièrement dans certaines sociétés occidentales où le Christ et son Église sont marginalisés, souvent ignorés, parfois ridiculisés. Je n’ignore pas non plus les pressions, les consignes de parti, les “colonisations idéologiques” – pour reprendre une heureuse expression du Pape François –, auxquelles les hommes politiques sont soumis. Il leur faut du courage : le courage de dire parfois “non, je ne peux pas !”, lorsque la vérité est en jeu. Là encore, seule l’union avec Jésus – Jésus crucifié ! – vous donnera ce courage de souffrir pour son nom. Il l’a dit à ses disciples :« Dans le monde, vous aurez à souffrir, mais gardez courage ! J’ai vaincu le monde » (Jn 16, 33).
13 septembre 2025 – Télégramme du Pape Léon XIV transmis par le Cardinal Pietro Parolin à l’occasion de la Messe célébrée à Notre-Dame de Paris, pour la canonisation des martyres de Compiègne.
https://press.vatican.va/content/salastampa/it/bollettino/pubblico/2025/09/13/0643/01131.html
À MONSEIGNEUR LAURENT ULRICH,
ARCHEVÊQUE DE PARIS
DANS L’ACTION DE GRÂCE QUI RÉSONNE AUJOURD’HUI SOUS LES VOÛTES DE NOTRE-DAME DE PARIS EN L’HONNEUR DE LA CANONISATION DES SEIZE CARMÉLITES DE COMPIÈGNE, SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV EST PROFONDÉMENT HEUREUSE DE S’ASSOCIER À LA JOIE DE TOUS LES FIDÈLES.
PLUS DE DEUX SIÈCLES SE SONT ÉCOULÉS DEPUIS LA MORT HÉROÏQUE DE CES RELIGIEUSES SUR L’ÉCHAFAUD, DURANT LA GRANDE TERREUR. PARMI LES NOMBREUX FIDÈLES, RELIGIEUX ET PRÊTRES MARTYRISÉS AU COURS DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE, LES CARMÉLITES DE COMPIÈGNE ONT PARTICULIÈREMENT FORCÉ L’ADMIRATION DE LEURS GEÔLIERS EUX-MÊMES ET ONT IMPRIMÉ DANS LES ESPRITS ET DANS LES CŒURS LES PLUS ENDURCIS UN TROUBLE BIENFAISANT LAISSANT PLACE AU DIVIN. L’ABONDANCE DES ŒUVRES LITTÉRAIRES ET ARTISTIQUES INSPIRÉES PAR LEUR MARTYRE PROUVE, S’IL EN ÉTAIT BESOIN, QUE LES ARTISTES NE S’Y SONT PAS PLUS TROMPÉS QUE LA FOULE ÉTONNEMENT SILENCIEUSE AU MOMENT DU SUPPLICE. LA PAIX DU CŒUR, QUI HABITAIT CES FILLES DE SAINTE THÉRÈSE SE RENDANT AU MARTYRE EN LOUANT DIEU PAR DES HYMNES ET DES PSAUMES CHERS À LA LITURGIE DE L’ÉGLISE, ÉTAIT BIEN RÉELLEMENT LE FRUIT D’UNE IMMENSE CHARITÉ, MAIS AUSSI DE LA FOI ET DE L’ESPÉRANCE THÉOLOGALES QUI LES ANIMAIENT.
DEVANT L’ÉCHAFAUD, LES CARMÉLITES DE COMPIÈGNE NE SONT PLUS VICTIMES D’UNE ARRESTATION, MAIS AUTEURS D’UN DON SUPRÊME QUI ACTUALISE L’OFFRANDE DE LEURS VŒUX RELIGIEUX. LÀ, DÉPOUILLÉES EN APPARENCE DE TOUT, ELLES SONT EN RÉALITÉ RESTÉES RICHES DE LEURS VŒUX ET DE L’ACTE DE CONSÉCRATION PAR LEQUEL ELLES AVAIENT OFFERT LIBREMENT LEUR VIE À DIEU « POUR QUE LA PAIX SOIT RENDUE À L’ÉGLISE ET À L’ÉTAT ».
ANIMÉES PAR L’ESPÉRANCE THÉOLOGALE, LES CARMÉLITES SONT CERTAINES DE LA FÉCONDITÉ MYSTÉRIEUSE DE LEUR VIE DONNÉE PAR AMOUR EN SUIVANT LA VOIE TRACÉE PAR LE CHRIST, CONVAINCUES QUE, MÊME AU CŒUR DE LA SOUFFRANCE LA PLUS INJUSTE, SE CACHE LA SEMENCE D’UNE VIE NOUVELLE. « COMMENT EN VOULOIR À CES PAUVRES MALHEUREUX QUI NOUS OUVRENT LES PORTES DU CIEL ? S’EXCLAMAIT LA PRIEURE GUILLOTINÉE LA DERNIÈRE, EN OFFRANT UN SOURIRE AUX BOURREAUX : JE VOUS PARDONNE DE TOUT MON CŒUR COMME JE SOUHAITE QUE DIEU ME PARDONNE ! ». OFFRANDE TOTALE, PARDON ET GRATITUDE, JOIE ET PAIX, TELS SONT LES FRUITS DE LA CHARITÉ QUI ONT ENVAHI L’ÂME DE NOS MARTYRES. PUISSIONS-NOUS APPRENDRE D’ELLES LA FORCE ET LA FÉCONDITÉ D’UNE VIE INTÉRIEURE TOUTE TOURNÉE VERS LES RÉALITÉS CÉLESTES.
EN CE JOUR D’ACTION DE GRÂCES POUR LA CANONISATION DES CARMÉLITES DE COMPIÈGNE, SA SAINTETÉ LE PAPE LÉON XIV IMPARTIT DE GRAND CŒUR SA BÉNÉDICTION APOSTOLIQUE SUR TOUS LES FIDÈLES ET PASTEURS PRÉSENTS DANS LA CATHÉDRALE NOTRE-DAME DE PARIS, SANS OUBLIER LES NOMBREUSES PERSONNES S’ASSOCIANT DE PLUS LOIN À CET ÉVÈNEMENT QUI RÉJOUIT L’ÉGLISE TOUT ENTIÈRE.
CARDINAL PIETRO PAROLIN »
1er octobre 2025 – Message du Pape Léon XIV à l’occasion du 10ème anniversaire de la canonisation de Louis et Zélie Martin
Je suis heureux de vous rejoindre par la pensée et la prière, ainsi que tout le clergé et le peuple fidèle réuni, alors que vous célébrez le 10ème anniversaire de la Canonisation de Louis et Zélie Martin, sur les lieux mêmes où ils se sont sanctifiés dans leur vie conjugale. Premier couple en tant que tel à avoir été canonisé, cet évènement revêt une particulière importance puisqu’il met en relief le mariage comme chemin de sainteté. Parmi les vocations auxquelles les hommes et les femmes sont appelés par Dieu, le mariage est des plus nobles et des plus élevées. « Louis et Zélie ont compris qu’ils pouvaient se sanctifier non pas malgré le mariage mais à travers, dans et par le mariage, et que leurs épousailles devaient être considérées comme le point de départ d’une montée à deux » (Card. Martins, Homélie de Béatification). Le Saint Couple d’Alençon est donc un lumineux et enthousiasmant modèle pour les âmes généreuses qui se sont engagées dans cette voie, ou qui ont le projet de le faire, avec le désir sincère de mener une vie belle et bonne sous le regard du Seigneur, dans la joie comme dans l’épreuve.
Je forme ainsi le vœu que cet anniversaire soit une occasion de faire mieux connaître la vie et les mérites de ces époux et parents incomparables, afin que les familles, si chères au cœur de Dieu mais aussi parfois si fragiles et éprouvées, puissent trouver auprès d’eux, en toutes circonstances, le soutien et les grâces nécessaires pour continuer la route.
Louis et Zélie n’ont pas mis en œuvre leur volonté de devenir des saints et d’éduquer leurs enfants à la sainteté en se retirant du monde. Ils ont assumé leur devoir d’état dans l’ordinaire de la vie de tous les jours ; ils font partie de cette foule immense des saints de la porte d’à côté dont a souvent parlé le Pape François. Il n’est pas difficile aux pèlerins se rendant à Alençon – qui en conserve l’émouvante mémoire – de saisir le cadre concret et quotidien dans lequel les parents Martin ont vécu, engagés qu’ils étaient dans la société normande de leur époque à travers leur paroisse, leurs activités professionnelles, leurs œuvres caritatives, leurs cercles de relations amicales et, bien sûr, leur vie en famille. Cependant il ne faut pas s’y tromper : cette vie “ordinaire” en apparence était habitée d’une présence pour le moins “extraordinaire” de Dieu qui en était le centre absolu. “Dieu premier servi” est la devise sur laquelle ils ont bâti toute leur existence.
Voici donc le modèle de couple que la Sainte Église présente aux jeunes qui souhaitent – peut-être avec hésitation – se lancer dans une si belle aventure : modèle de fidélité et d’attention à l’autre, modèle de ferveur et de persévérance dans la foi, d’éducation chrétienne des enfants, de générosité dans l’exercice de la charité et de justice sociale ; modèle aussi de confiance dans l’épreuve… Mais surtout, ce couple exemplaire témoigne du bonheur ineffable et de la joie profonde que Dieu accorde, dès ici-bas et pour l’éternité, à ceux qui s’engagent sur ce chemin de fidélité et de fécondité. En ces temps troublés et désorientés, où tant de contre-modèles d’unions, souvent passagères, individualistes et égoïstes, aux fruits amers et décevants, sont présentés aux jeunes, la famille telle que le Créateur l’a voulue pourrait sembler périmée et ennuyeuse. Louis et Zélie Martin témoignent qu’il n’en est rien : ils ont été heureux – profondément heureux ! – en donnant la vie, en rayonnant et transmettant la foi, en voyant leurs filles grandir et s’épanouir sous le regard du Seigneur. Quel bonheur que celui de se réunir le dimanche après la messe, autour de la table où Jésus est le premier invité et partage les joies, les peines, les projets et les espérances de chacun ! Quel bonheur que celui de ces moments de prières en commun, de ces jours de fête, de ces événements familiaux qui marquent le temps ! Mais aussi quel réconfort d’être ensemble dans l’épreuve, unis à la Croix du Christ lorsqu’elle se présente ; et enfin quelle espérance de se retrouver un jour réunis dans la gloire du ciel !
Chers couples, je vous invite à persévérer courageusement sur la voie, parfois difficile et laborieuse, mais lumineuse, que vous avez entreprise. Avant tout, mettez Jésus au centre de vos familles, de vos activités et de vos choix. Faites découvrir à vos enfants son amour et sa tendresse sans limites, et efforcez-vous de Le faire aimer en retour comme Il le mérite : voilà la grande leçon que Louis et Zélie nous donnent pour aujourd’hui, et dont l’Église et le monde ont tellement besoin. Comment Thérèse aurait-elle pu tant aimer Jésus et Marie – et ensuite nous transmettre une si belle doctrine – si elle ne l’avait appris de ses saints parents dès son plus jeune âge ?
Je vous confie toutes, chères familles, à la protection de Louis et Zélie Martin et de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face. Implorant pour vous l’intercession de la Vierge Marie, je vous accorde, de grand cœur, ainsi qu’à vous, Excellence, et à toutes les personnes présentes, la Bénédiction Apostolique.
Du Vatican, le 1er octobre 2025,
mémoire de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face
2026
21 février 2026 - Aux missionnaires Oblats de Marie Immaculée et aux participants au Chapitre général des Sœurs des Apôtres
Je suis très heureux de saluer le Supérieur général et la Supérieure générale présents, ainsi que vous tous. Il m’est très agréable de vous rencontrer en deux moments particuliers de la vie de vos Congrégations : les deux cents ans de l’approbation pontificale des Règles et Constitutions des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée et les cent cinquante ans de fondation des Sœurs de Notre-Dame des Apôtres.
Bien que vos histoires soient différentes, de nombreux éléments rapprochent vos Instituts religieux : l’époque de fondation, la terre d’origine, mais surtout la vocation missionnaire.
« Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres » (cf. Is 61,1 ; Lc 4,18) est la devise que saint Eugène de Mazenod a choisie pour les Oblats, qu’il fonda avec grand courage à un moment où l’Europe était bouleversée par des événements complexes et dramatiques, qui rendaient encore plus urgente l’annonce de l’Évangile aux plus démunis. Les paroles qu’il prononça et les actions qu’il entreprit pour défendre la dignité des pauvres, des ouvriers et des paysans – exploités comme de simples ressources productives et ignorés dans les besoins profonds de leur humanité – furent fortes. De même, fut audacieuse et provocante la décision par laquelle, déjà évêque de Marseille, il répondit à la demande d’aide de son confrère dans l’épiscopat, Mgr Bourget, archevêque de Montréal, en envoyant des religieux d’abord au Canada puis dans d’autres parties du monde : en Europe, en Afrique et en Asie. Cette générosité fut récompensée par un impressionnant essor missionnaire et vocationnel, montrant que la docilité aux inspirations de l’Esprit Saint et l’attention aux urgences de la charité sont, pour toute fondation, source de fécondité et ferment de croissance.
Aujourd’hui encore, avec plus de trois mille religieux répartis dans soixante-dix pays du monde, vous continuez à exercer votre ministère avec la même attention préférentielle envers les plus pauvres, enrichis par le don précieux d’une vaste famille charismatique et d’une interculturalité croissante. Accueillez cette vitalité comme un don et comme un signe qui vous stimule à garder vivant et actuel l’esprit de vos origines. Comme vous l’a indiqué le pape François il y a quelques années : « À cette Église que le Fondateur vous a appris à aimer comme une mère, offrez votre élan missionnaire et votre vie, en participant à son exode vers les périphéries du monde aimé de Dieu, et en vivant un charisme qui vous porte vers les plus éloignés, les plus pauvres, ceux que personne ne rejoint » (Discours aux participants au Chapitre général des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, 3 octobre 2022), sous la protection de Marie et avec son soutien maternel.
Et en cela, providentiellement, nous recevons aujourd’hui tous un rappel de la part des sœurs avec lesquelles nous partageons cette rencontre : les Sœurs de Notre-Dame des Apôtres, dont la devise s’inspire des paroles de saint Luc dans les Actes : « Avec Marie, la Mère de Jésus » (cf. Ac 1,14).
Cette phrase évoque la présence de la Très Sainte Vierge au milieu des Apôtres, au Cénacle et dans la première communauté chrétienne. Le père Augustin Planque vous a confiées à cette inspiration lorsqu’il fonda votre Congrégation il y a cent cinquante ans, afin d’assurer l’indispensable présence féminine dans les œuvres de la Société des Missions Africaines. De nombreuses femmes ont répondu à son appel, de France et d’autres pays, acceptant le défi de demeurer avec Marie pour être, comme elle, témoins du Christ parmi les apôtres et dans le monde. Pour beaucoup d’entre elles, ce « oui » a coûté la vie, à cause de la dureté du travail missionnaire, de l’exposition aux maladies, ou même du martyre, en des temps récents. Aujourd’hui encore, vous êtes présentes dans des contextes difficiles, où vous offrez votre service avec foi et dans le respect de tous. Je vous encourage, chères sœurs, à poursuivre cette mission, en devenant toujours davantage, là où vous êtes envoyées, témoins de fraternité et de paix (cf. saint Jean-Paul II, Homélie pour la fête de la Présentation du Seigneur, 2 février 2002, 4).
Je voudrais conclure en rappelant un dernier aspect charismatique commun à l’inspiration de vos Fondateurs : la « familiarité ». Tous deux ont recommandé à leurs fils et filles spirituels de conserver dans les communautés un esprit sincère et généreux de famille. Pour des consacrés, des consacrées et des laïcs chrétiens véritablement engagés, cet esprit naît avant tout de la rencontre avec Dieu, de l’Eucharistie, de la prière et de l’Adoration, de l’écoute de la Parole et de la célébration des Sacrements. C’est de là, de l’Autel et du Tabernacle, qu’il grandit dans les cœurs, les remplissant de sentiments de partage et d’affection, de sollicitude et de proximité patiente, qui doivent toujours nous caractériser et qui font de nous le reflet de l’amour de Dieu dans le monde.
Chers frères et sœurs, merci pour tout le bien que vous accomplissez. Je vous assure de mon soutien dans la prière et, de tout cœur, j’accorde à vous et à vos Congrégations la bénédiction apostolique.
13 mars 2026 – Discours du Pape Léon XIV, aux participants au cours annuel sur le for interne, organisé par la Pénitencerie apostolique
Très chers jeunes prêtres et ordinands, soyez toujours conscients de la très haute mission que le Christ lui-même, à travers l’Église, vous confie : reconstruire l’unité des personnes avec Dieu par la célébration du sacrement de la réconciliation. La vie entière d’un prêtre peut s’accomplir pleinement dans la célébration assidue et fidèle de ce sacrement. En effet, combien de prêtres sont devenus saints dans le confessionnal ! Pensons seulement à saint Jean-Marie Vianney, à saint Léopold Mandić et, plus récemment, à saint Pio de Pietrelcina et au bienheureux Michał Sopoćko.
18 mars 2026 – Message du Pape Léon XIV transmis par le Cad Parolin, aux Evêques de France
Chers frères,
Sa Sainteté le Pape Léon XIV me charge de vous transmettre ses vœux les meilleurs pour le bon et fructueux déroulement des travaux de votre Assemblée plénière. Il vous assure de sa prière fraternelle. Il souhaite que ce moment soit une occasion renouvelée de resserrer les liens de charité fraternelle entre vous, dans la recherche commune de la Volonté de Dieu pour l’Église qui est en France.
Le Saint-Père a pris connaissance des sujets que vous avez l’intention de traiter et plusieurs ont suscité son intérêt. En particulier vous allez aborder, en réponse à la Lettre Apostolique Dessiner de nouvelles cartes d’espérance, le thème de l’éducation, un thème qui avait particulièrement retenu l’attention du pape François en raison de son importance capitale tant pour l’avenir du monde que pour l’annonce de l’Évangile. Vos travaux se déroulent dans le contexte d’une hostilité croissante envers les établissements catholiques avec la remise en cause de leur caractère propre. Dans le respect des convictions de chacun et avec toujours le souci d’accueillir largement, le Pape vous encourage à défendre avec détermination la dimension chrétienne de l’enseignement catholique qui, sans références à Jésus-Christ, perdrait sa raison d’être.
Un point de votre réflexion portera sur la poursuite de la lutte contre les abus sur mineurs, et du processus de réparations, que vous avez entrepris avec détermination. Il convient, en effet, de persévérer à long terme dans les actions de prévention engagées et de continuer à manifester l’attention de l’Église aux victimes et la miséricorde de Dieu envers tous. Il est bon que les prêtres coupables d’abus ne soient pas exclus de cette miséricorde et fassent l’objet de vos réflexions pastorales. Par ailleurs, après plusieurs années de crises douloureuses, l’heure est venue de se tourner résolument vers l’avenir et d’adresser aux prêtres de France, durement éprouvés, un message d’encouragement et de confiance.
Vous avez enfin, chers frères, l’intention de traiter du délicat thème de la Liturgie, auquel le Saint-Père est particulièrement attentif, dans le contexte de la croissance des communautés liées au Vetus Ordo. Il est préoccupant que continue de s’ouvrir dans l’Église une douloureuse blessure concernant la célébration de la Messe, le sacrement même de l’unité. Pour la guérir, un regard nouveau de chacun porté sur l’autre, dans une plus grande compréhension de sa sensibilité, est certainement nécessaire; un regard pouvant permettre à des frères riches de leur diversité de s’accueillir mutuellement, dans la charité et l’unité de la foi. Veuille l’Esprit Saint vous suggérer des solutions concrètes permettant d’inclure généreusement les personnes sincèrement attachées au Vetus Ordo, dans le respect des orientations voulues par le ConcileVatican II en matière de Liturgie.
Chers frères, le Souverain Pontife vous assure de son attachement et de l’intérêt qu’il porte à la Fille aînée de l’Église. Il prie pour tous les catholiques de France, pour son clergé, afin qu’ils persévèrent dans la foi et la courageuse annonce de l’Évangile, en des temps certes difficiles mais où les signes d’espérance et de présence de Dieu dans les cœurs ne manquent pas. Vous renouvelant ses encouragements, et vous confiant à l’intercession de Notre Dame de l’Assomption et de tous les Saints de France, le Saint-Père vous donne bien volontiers la Bénédiction apostolique.
Cardinal Pietro Parolin
Secrétaire d’État de Sa Sainteté.
Du Vatican, le 18 mars 2026
25 mars 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins francophones, au terme de l’Audience Générale
Je salue cordialement les personnes de langue française, en particulier les pèlerins venus des établissements scolaires de France.
Frères et sœurs, prions pour les Pasteurs de l’Eglise, afin qu’œuvrant de façon collégiale et communautaire, ils puissent annoncer avec ardeur la Bonne Nouvelle, et aider les fidèles à s’engager activement dans l’édification de l’Église et la construction d’un monde de paix.
Que Dieu vous bénisse !
12 juin 2026 - Message du Pape Léon XIV aux prêtres, à l’occasion de la Journée pour la sanctification sacerdotale Solennité du Sacré-Cœur de Jésus.
Très chers prêtres, renouvelez chaque jour votre “me voici” devant le Cœur transpercé du Christ. Abandonnez-vous totalement à Lui, afin de pouvoir aimer son peuple de l’amour même dont Il l’aime. Et rappelez-vous avec joie, comme aimait à le répéter le Saint Curé d’Ars, que « le sacerdoce, c’est l’amour du Cœur de Jésus » (cf. Benoît XVI, Lettre pour la proclamation de l’Année sacerdotale [16 juin 2009], 569). Cet amour est le gage et la garantie que rien de nous ne sera perdu, si tout de nous est remis et offert. Je vous confie tous et chacun à la Vierge Marie, Mère des prêtres. Elle qui a gardé dans son cœur le mystère de son Fils, qu’elle nous enseigne à garder et à faire battre en nous le Cœur du Christ, Sauveur du monde.
22 juin 2026 – Discours du Pape Léon XIV, aux membres de la Fondation Jérôme Lejeune
Chers membres de la Fondation,
chers parents du Vénérable Professeur Jérôme Lejeune,
chers amis,
C’est une joie de marquer le centenaire de la naissance de Jérôme Lejeune avec vous, membres de la Fondation qui porte son nom et qui poursuit son œuvre.
Touché par la détresse des enfants porteurs d’handicap, le Professeur Lejeune leur a consacré sa vie de chercheur scientifique. Sa plus fameuse découverte, celle de l’anomalie chromosomique responsable de la trisomie 21, fit de lui le précurseur de la génétique moderne, reconnu dans le monde entier ; la longue liste de ses titres honorifiques en témoigne. Mais il fut aussi un médecin par vocation et n’eut de cesse de travailler pour trouver un traitement, afin de soulager la détresse de ses patients qu’il appelait « les pauvres parmi les pauvres ». Il défendit ardemment la vie et la dignité des plus fragiles, fût-ce au prix de sa carrière : « La médecine – aimait-il affirmer – c’est la haine de la maladie et l’amour du malade ».
Conscient de l’excellence académique du Professeur Lejeune et de son inlassable dévouement pour l’Église, le Pape saint Paul VI le nomma membre de l’Académie Pontificale des Sciences. Par la suite, comme vous le savez, sa profonde amitié nouée avec saint Jean-Paul II et leur vision commune en faveur de la défense de la vie ont été à l’origine de la création de l’Académie Pontificale pour la Vie, que le Professeur Lejeune voyait comme institution nécessaire face à la multiplication des menaces contre la vie.
Homme de science et de sagesse, Jérôme Lejeune a rapidement compris que sa découverte scientifique serait utilisée pour éradiquer les personnes porteuses de trisomie 21 avant leur naissance. Il n’hésita pas alors à se faire leur avocat, dénonçant la transgression du serment d’Hippocrate et ce nouvel eugénisme, qu’il qualifiait de « racisme chromosomique ». Ses prises de parole prophétiques le conduisirent à défendre la vie de toute personne humaine en référence à l’inviolable dignité qui a son origine dans l’acte créateur de Dieu. Il interpela à cet égard et conseilla des institutions et des souverains du monde entier. Ce combat lui valut d’être malmené dans certains milieux scientifiques.
Le Professeur Lejeune était conscient que si la technique peut aider la médecine, elle ne saurait en revanche la remplacer. De plus, il savait que la technique peut être utilisée contre la médecine – qui est par nature au service de la vie –, ainsi que cela se vérifie lorsque la technique échappe à tout contrôle éthique indispensable et que prévalent des calculs d’efficacité, de rentabilité ou d’utilité. Or, la valeur de la personne ne dépend pas de ce qu’elle réalise ou produit. C’est pourquoi, jamais un médecin ne devrait se permettre, sur la base d’algorithmes de laboratoire, de décider de la vie de tel embryon ou de telle personne âgée ! Jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort programmée !
Chers amis, aujourd’hui, la Fondation Lejeune, dont vous êtes des membres actifs, poursuit l’œuvre initiée par le Professeur Lejeune dans les trois dimensions de la recherche, du soin et de la défense inconditionnelle de la personne humaine. Je me réjouis de la place que vous occupez au plan mondial dans la recherche sur les déficiences intellectuelles d’origine génétique. Vous avez aussi créé et soutenez l’Institut Jérôme Lejeune, lequel reçoit en consultation des milliers de patients souffrant de différents handicaps mentaux.
Je tiens à vous exprimer mes encouragements dans votre engagement en faveur de la vie et de la dignité humaine, et notamment auprès des pouvoirs publics. Je sais que vous intervenez régulièrement dans les débats de société afin de protéger chaque personne dans toutes les circonstances de son existence. Mais je vous sais également attentifs à développer la culture de vie à travers la Chaire internationale de bioéthique, qui délivre une formation académique aux différents acteurs en ce domaine : soignants, juristes et philosophes. Soyez remerciés de cette formation que vous dispensez auprès d’hommes et de femmes, qui demain pourront ainsi contribuer à garantir une éthique médicale au service de la dignité humaine et de la vie.
À vous, chers amis porteurs de trisomie 21 et à vos parents, à vous les enfants du Vénérable Professeur Lejeune présents ce matin, à vous tous, membres des Fondations Jérôme Lejeune d’Espagne, d’Argentine et des États-Unis, et enfin à vous, membres venus du Portugal, d’Italie, de Tunisie, de Côte d’Ivoire et de Corée, je souhaite vous exprimer ma satisfaction devant l’œuvre que, en tant que laïcs, vous poursuivez dans la charité de la vérité, sur les pas du Vénérable Jérôme Lejeune. Soyez comme lui des témoins engagés dans la société, au service de la recherche constante du bien commun. Il s’agit là du premier grand principe de l’enseignement social de l’Eglise, et de la « forme sociale » de la dignité reconnue à chacun (Magnifica humanitas, n. 59). Le bien commun n’exclut aucun de ceux qui ont été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Le message et l’œuvre du Vénérable Jérôme Lejeune reposent sur l’universalité de la raison et du cœur conjugués. Puisse-t-il inspirer le courage de la vérité aux nombreux jeunes et professionnels désireux de cohérence ; puisse-t-il les aider à unir sans raideur, la raison et la foi, la parole et les actes, l’absence de jugement sur les personnes et le rejet du mensonge.
Je vous confie à l’intercession de Notre-Dame, en lui demandant de guider vos pas, de soutenir vos efforts et de répandre sa tendresse sur toutes les personnes fragiles. À vous tous ici présents, j’impartis de grand cœur ma Bénédiction apostolique, que j’étends à tous les membres de la Fondation, à leurs familles et aux « chers protégés » de Jérôme Lejeune. Merci.
26 juillet 2026 – Paroles du Pape Léon XIV au terme de la prière Mariale de l’Angelus
Face aux incendies dévastateurs qui ont touché ces derniers jours plusieurs localités en France et en Espagne, je tiens à exprimer ma solidarité et j'invite chacun à prier pour les personnes touchées et pour le travail des secouristes.
