Extraits du livre sur la Servante de Dieu soeur Clare, paru aux Editions Trois Coeurs
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Je médite en ce moment la parabole du fils prodigue et cela m’aide beaucoup. Regarder le tableau de Rembrandt me fait beaucoup de bien, car je m’identifie totalement au fils qui était perdu, vide et brisé, non seulement dans ma vie passée, mais parfois aussi dans l’actuelle. J’ai besoin de m’agenouiller souvent devant le Père. La vérité est que je ne trouve la paix que lorsque je m’appuie sur Lui, lorsque je me présente à Lui avec toutes mes misères et que je laisse Dieu être Dieu, qui m’aime et me pardonne inconditionnellement. Je ne comprends pas toujours son amour et sa miséricorde, car la mienne est tellement faible et tachée… Parfois, j’ai l’impression de vouloir démontrer à Dieu que mes ténèbres sont trop grandes pour être vaincues. Mais j’expérimente que Dieu me demande de lui faire confiance, et quand je le fais, alors je trouve la paix et la liberté.
Courrier au Père Rafael, 14 octobre 2009.
Page 221
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Penser à la Croix et à la Passion me donne la force de faire ce que Dieu me demande. Dans la prière, il m’arrive de ne rien dire au Seigneur, mais je me place au pied de la croix et je laisse son sang me nettoyer, me fortifier et me purifier… Courrier au Père Rafael, 14 octobre 2009.
Page 221
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En ce début d’année 2010, sa grande épreuve approchait. Le Seigneur prépara Soeur Clare en insuflant dans son âme de grands désirs de croix. Pendant l’une de nos retraites mensuelles, elle écrit : “Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai une grande faim et une grande soif
de la croix. Penser à elle me donne de la paix. C’est comme un aimant qui attire toujours mon âme” 19.
Cahier n°3, 25 décembre 2009
Page 225
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Sept mois avant ses vœux perpétuels Une semaine après la retraite mensuelle, elle écrivit un courrier au Père Rafael et à la Mère Ana, dans lequel elle exprime à quel point elle se voit “pauvre et misérable”. Elle écrit comment cette découverte est à la fois une humiliation et une grâce : « Ce que je vis, et je ne sais peut-être pas bien l’expliquer, c’est que Dieu me laisse dans ma propre saleté et mon obscurité jusqu’à ce que je les accepte et les reconnaisse et que je réponde avec amour et générosité.
Lorsque je suis humiliée, je vois qu’Il me relève, m’encourage, me soutient, me donne de la force. Ce ne sont pas des sentiments que j’ai, sinon comme une poussée spirituelle à me donner totalement, pour me concentrer sur Dieu et non pas sur moi-même »
« Mon âme a vraiment faim et soif de la Croix du Christ. Quand je rentre en moi-même, c’est là que je trouve ma paix, au pied de la Croix. J’y dépose ma vie, ma mauvaise tête, mon impatience, mes vanités, mes bêtises et mon enfantillage, mon orgueil, tout ce qui est mauvais en moi, et je demande pardon et miséricorde. Je demande que le sang du Seigneur sur la Croix me touche et me purifie 21. Je crois fermement que la Croix est la victoire sur le péché et, comme le dit Sainte Edith Stein (elle m’aide beaucoup) : “Celui qui prend le chemin de la Croix commence par expier son propre péché”. Elle sait que seule la Croix peut l’en libérer, car elle est l’arme nécessaire dans la lutte contre le mal. Je rigole parce qu’après, quand le Seigneur me donne, pour de vrai, un peu de la croix, je fais une de ces têtes, mais ça sert aussi à m’humilier ».
Courrier de Soeur Clare Crockett au Père Rafael Alonso et la Mère Ana Campo,
Page 226 -
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« Au purgatoire, l’âme souffre. En me purifiant, en me mortifiant, il est normal que se livre une guerre en moi, que ça fasse mal et que je souffre. Je ne parviens pas à ce que mon coeur désire (Dieu seul), je ne peux pas atteindre le but si je ne lutte pas contre mes penchants égoïstes et désordonnés. Seigneur, Mère, ne permettez pas au diable de me vaincre ! Vous
m’avez choisie! Soutenez moi »
Après une journée très difficile, elle écrit : « Je suis allée à la chapelle et me suis prosternée devant le tabernacle, en signe de ma misère et de la poussière que je suis. J’ai demandé pardon au Seigneur et lui ai dit : “Seigneur, si Tu n’aimes pas en moi, cela, je ne
peux pas le faire”. Il m’a remerciée d’être ainsi venue lui parler ; “Mais non, Seigneur, MERCI À TOI de me supporter !” » 17.
4 janvier 2011 – Pages 280 - 281
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Le Seigneur apprit à Sœur Clare qu’elle devait accepter sa propre misère et ne pas succomber à la vanité dans son désir d’être parfaite. Elle écrit au Père Rafael :
« Pendant longtemps, j’ai pensé que, pour que le Seigneur puisse me regarder, je devais être parfaite. Mais je tombais souvent et me voyais terriblement imparfaite, alors je ne comprenais pas pourquoi le Seigneur permettait cela. Je croyais que, si j’étais tellement souillée par le péché, il allait être difficile pour le Seigneur de me regarder, et inversement. Je sentais (et je sens parfois) que je Le décevais, et j’avais honte de mon pauvre et misérable amour pour Lui. Un jour, j’ai senti que le Seigneur, avec douleur, me disait : “Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, je suis venu sauver les malades”.
Dans la parabole du fils prodigue, il est dit que lorsque le père vit son fils, “il courut à sa rencontre, il se jeta à son cou et le couvrit de baisers.... Le fils commença à lui dire...”. Il “commença”, il ne put continuer, car les baisers du père l’en empêchaient. Le Seigneur agit
de la même manière avec moi, il m’enseigne toujours avec une délicate tendresse et une inépuisable patience, que sa miséricorde est bien plus grande que ma misère et mon péché ; que le Seigneur regarde moins mes fautes que le bien que j’en retire, si je m’en sers pour m’humilier devant Lui et me faire petite et pleine de bonté »
Courrier au Père Rafael, 27 janvier 2012 – page 303
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« Jésus, possède-moi ; Mère, conduis-moi à ton Fils sur la croix. J’ai imaginé qu’à côté de la croix, il y avait une échelle. Je l’ai grimpée et j’ai atteint le visage de Jésus. Je lui ai murmuré à l’oreille : “Jésus, tu es en train de me sauver, merci, je T’aime. Tu sais ce que je suis, Tu sais tout de moi, mais en m’appuyant sur ta grâce, sur ton Esprit, sur ton regard, je veux Te donner ma vie ; je veux T’aider à sauver le monde ; je veux, avec toutes mes limitations, être avec Toi sur la croix ; je veux vivre avec Toi pour toujours au Ciel ; je veux, comme Toi, faire la
Volonté de notre Père. Courage Jésus, tu es en train de sauver le monde”. Alors que je le fixais, Il m’a regardée. Il était heureux. Ne me laisse pas oublier cette grâce de ton regard.
Je sais que ce que je lui ai dit n’est ni une plaisanterie ni rien de superficiel. Je ne peux rien faire de ce que j’ai écrit si Lui et la Vierge ne viennent pas à mon secours »
Cahier 4 - 1er septembre 2012, page 311
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Nous voici arrivés à une autre épreuve que le Seigneur permit qu’elle vécût. Elle écrit au Père Rafael : « Une autre tentation dont je souffre beaucoup, enfin, la vérité est que je ne sais même pas si c’est une tentation ou une purification – vous pourrez m’aider à y voir clair - c’est la tristesse. Père, qu’il est curieux de voir combien les gens et les Soeurs m’associent presque toujours à la joie : “Elles vont bien s’amuser avec Soeur Clare”; “Soeur, tu nous fais toujours tellement rire !” ; “Allez, fais Carlitos” (ou n’importe quelle autre de mes âneries) ; “Soeur, tu transmets beaucoup de joie !”; alors qu’en toute sincérité, Père, et Dieu seul le sait, je me sens si loin de tout cela. C’est vraiment une lutte d’être joyeuse et de transmettre cette joie. C’est une chose que Dieu me demande TOUJOURS…
Je sais que le diable est tristesse éternelle, que le propre de l’esprit mauvais est d’affliger, de produire l’obscurité de l’âme, de la troubler, de la porter aux choses basses et terrestres, de la secouer de diverses agitations et tentations, de la porter à l’infidélité, sans espérance,
sans amour, de la trouver toute paresseuse, tiède, chagrinée et comme séparée de son Créateur et Seigneur, etc... Cependant, je suis en paix, je n’ai pas la conscience agitée, je me confesse fréquemment, j’essaie d’obéir et de faire confiance à Dieu, j’ai une bonne relation avec les Soeurs de la communauté. Alors pourquoi cette mélancolie ? Est-ce un test du Seigneur ? Est-ce une purification ? Et cela n’est pas récent, je porte ce fardeau intérieur depuis des années. Quand ces moments se présentent, agir dans la joie me demande un immense effort. Cela vous est-il déjà arrivé ? Mais, bien que je dise tout cela, je dois aussi reconnaître que le Seigneur ne cesse de me consoler et de m’encourager. Je ne veux pas
que vous pensiez que je languis ici dans une profonde dépression. Je ris beaucoup et je plaisante toujours autant ; d’ailleurs, quand il s’agit d’enseigner aux enfants, il faut s’oublier, être dynamique et faire des choses amusantes qui captent leur attention, pour qu’ils apprennent et se passionnent pour le Bien et la Vérité”
Courrier au P. Rafael, 11 janvier 2013.
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Page 382
« Que le ciel est beau ! » s’exclama Soeur Clare. « Mais ce n’est rien comparé à ce que le Seigneur nous réserve au paradis. Comment est-ce que ça se passera lorsque toutes les servantes s’y trouveront ? »
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En 2011, quand elle était à Valence et qu’elle travaillait dans les hôpitaux, elle avait noté dans son cahier : « Hier, nous sommes allées voir Ana, une jeune fille de l’Hôpital Clinique, qui a un cancer en phase terminale et vit ses derniers jours. J’ai été très touchée par cette visite et cela m’a fait penser à la mort, à ma propre mort. Sainte Agnès a dit, avant de mourir : “Je viens vers toi, Père très Saint, Toi que j’ai aimé, cherché et désiré”. Aurai-je la même attitude à l’heure de ma mort ? Puis-je prononcer ces paroles de sainte Agnès, maintenant, dans ma vie ? Si j’ai peur de la mort, c’est que je ne vis pas bien ma vie. Seigneur, Tu dois être TOUT pour moi, sinon, ce que je suis et fais n’a aucun sens. Remplis-moi, Seigneur, sois mon tout »
Cahier n°4, 14 janvier 2011
Page 383
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Soeur Calre avait l’intuition qu’elle ne vivrait pas longtemps, et même qu’elle pourrait mourir au même âge que le Christ. Lorsque Sœur Merly, qui avait presque un an de plus qu’elle, eut 33 ans en janvier 2015, les deux Soeurs se dirent que 33 ans était la plénitude de la vie, l’âge où notre Seigneur est mort. « Ce serait très beau de mourir à 33 ans », dit Soeur Clare. Puis elle ajouta avec un clin d’œil : « Mais toi, tu vas en avoir 34 ». Après les 33 ans de Soeur Clare en novembre, Sœur Merly lui fit remarquer en plaisantant : « Soeur, prépare-toi, car ça va maintenant être ton tour d’avoir 34 ans ». Soeur Clare lui répondit : « Je n’aurai jamais 34 ans.
Page 384
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Comme toujours, les méditations sur la Passion la touchèrent profondément. Après celle sur la prière de Jésus à Gethsémani, elle écrit: « J’ai pensé au regard de Jésus sur l’âme de Judas lorsqu’il l’a trahi. De la même manière, Jésus m’a regardée : “Combien je souhaite
te laver !” Il avait une grande soif. Pleurait-il ? Moi oui, je pleurais.
Nous étions là tous les deux. J’ai baissé la tête, parce que Dieu était là. “Sors-moi...” Et j’ai nommé le mal qui est en moi. Je l’ai supplié avec des larmes. Jésus m’a écouté. Il m’a fait un exorcisme : Renonces-tu à Satan, à ses imaginations, à ses tromperies, à ses échappatoires ? Renonces-tu à toi-même, à tes pensées, à tes affections, à tes péchés ?
Crois-tu en moi ? Crois-tu en mon amour pour toi ? (...) Crois-tu que tu as ma Mère pour Mère ? Comme je le disais à ma fille Catherine5, je te le dis maintenant à toi : “Tu n’es rien et le rien dans le Tout est tout”. Compte tenu de tes misères et de tes péchés, je t’interdis de désespérer. (...)
En méditant sur Gethsémani, voulant être une consolation pour Jésus, je voyais ma propre réalité et sur quels écueils j’allais trébucher dans le futur. Le Seigneur m’a dit : “Le futur n’existe que dans ta tête, en pensant au futur tu ne vis pas la réalité. Seul le moment présent existe. Aime-moi maintenant. Ma grâce te suffit”».
Pages 384-385 Cahier n°6, 13 octobre 2015
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« Il est très important de dire que nous ne devons pas nous contenter d’être sauvés et d’aller au Purgatoire, mais que nous devons nous efforcer d’aller directement au Ciel ! Nous ne pouvons pas nous satisfaire du minimum, nous devons viser le maximum, la sainteté :
tout donner à Dieu ». Elle leur fit comprendre qu’il ne faut pas voir le Purgatoire comme une excuse pour être médiocre, en se disant qu’on « finira de polir ses imperfections au Purgatoire…». Soeur Clare elle-même souhaitait aller directement au Ciel pour voir Dieu sans passer par le Purgatoire. L’enthousiasme avec lequel elle leur en parla insuffla aux filles (présentes à la retraite spirituelle) le désir du Ciel et de la sainteté.
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« Je vis une très, très haute échelle que je devais gravir... La Vierge me tendait sa main et m’aidait à monter. Plus je montais, plus je ressentais de la joie. La Vierge était gigantesque ! Elle remplissait tout le Ciel ! La joie et le bonheur étaient immenses page 428
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Peu avant la mort de Soeur Clare, une jeune fille lui avait confié son combat pour vivre dans la grâce et suivre le Christ. Soeur Clare avait alors partagé avec elle les paroles que le Seigneur lui avait adressées dans un moment de difficulté : « Si tu ne peux pas marcher, je te porterai sur mes épaules, mais ne me quitte pas ». Elle avait regardé cette jeune et s’était exclamée: « Si tu ne peux pas marcher, moi, Soeur Clare, je te porterai sur mes épaules, mais ne Le quitte pas !». page 437
