15 août 2026 - Assomption de la bienheureuse Vierge Marie (extraits)
Avec l’âge notre corps devient moins agile et plus lourd ; notre peau devient moins fraîche et montre les signes de la vieillesse ; nos cheveux ne prennent ni couleur ni éclat, mais deviennent gris puis blancs.
C’est la pureté de l’âme qui, en Marie – comme en nous –, par la grâce de Dieu, illumine et transfigure toute la personne, la conduisant à la gloire du Ciel.
La glorification de Marie, corps et âme, nous enseigne que notre véritable beauté ne consiste pas à dissimuler les signes du temps qui passe, mais à montrer, même gravés dans notre chair, les signes de l’amour qui ne passe jamais (cf. 1 Co 13, 8).
Elle nous invite ainsi à remettre en question bon nombre de canons esthétiques, principalement de nature hédoniste et consumériste, que le monde nous impose et qui risquent de nous emprisonner dans de lourds conditionnements, nous faisant gaspiller des énergies précieuses dans ce qui n’a vraiment pas d’importance et ne dure pas éternellement. Dans notre expérience quotidienne, nous pouvons rencontrer des personnes dont le visage est marqué par les années et les souffrances, mais qui sont pourtant capables de rayonner de sérénité, de bienveillance et de paix autour d’elles ; tout comme nous pouvons en observer d’autres, peut-être séduisantes en apparence, mais dures et froides au fond d’elles-mêmes. Il est facile de comprendre où réside la vraie beauté et où, au contraire, il y a encore besoin de conversion, de pardon et de guérison.
Si nous voulons vraiment découvrir et cultiver la beauté divine qui nous enveloppe et pour laquelle nous sommes faits, et la diffuser autour de nous, nous devons apprendre à la lire dans le visage tendre d’un enfant comme dans les rides d’une personne âgée, dans la vivacité d’un jeune comme dans le calme d’un adulte, dans les parures de fête comme dans les vêtements et les outils de travail. Nous devons écouter les histoires d’amour uniques que chacune de ces réalités nous raconte, en y reconnaissant de petits éclats de ciel.
C’est l’amour qui est le plus bel ornement de l’homme : l’amour qui transfigure, transforme, ennoblit, élève ; qui rend léger, libre, proche de Dieu, même à travers les aléas de la vie.
Le miracle que Marie, la jeune fille de Nazareth, a vécu dans son cœur innocent et qui l’a conduite à la gloire du Ciel est une rencontre entre les extrêmes, comme elle-même en témoigne dans les paroles inspirées du Magnificat que nous avons entendues dans l’Évangile (cf. Lc 1, 46-55). Dans ce cantique, à travers les expressions humbles de sa foi, la Mère du Ciel nous parle simplement de mystères grandioses : de Dieu qui, en elle, se fait homme pour sauver les hommes ; de l’Éternel qui, en elle, se manifeste dans le temps pour rouvrir, à nous aussi, la voie de l’éternité, tout en nous montrant, dans sa condition d’“humble servante”, la “petite échelle” dans laquelle, comme le disait saint Paul VI, nous pouvons nous aussi rencontrer le Seigneur.
Nous ne devons donc pas chercher loin la sublimité du Mystère que nous célébrons. Nous pouvons la rencontrer là où règne la véritable charité : dans les yeux d’un père et d’une mère qui rentrent à la maison après une journée de travail, fatigués, mais heureux d’être avec leurs enfants ; dans le visage des grands-pères et des grands-mères qui, malgré les maux de l’âge, retrouvent une énergie inattendue en s’occupant de leurs petits-enfants ; ou encore dans l’engagement de jeunes qui s’efforcent de grandir dans la droiture et l’honnêteté, prêts même à aller à contre-courant de “ce que font tous les autres” ; et enfin, dans l’œuvre de tant d’hommes et de femmes qui, chaque jour, avec foi et dévouement, contribuent à apporter un peu de Ciel sur terre et à faire tendre la terre vers le Ciel.
