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1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
«La paix soit avec vous!».
Cette salutation très ancienne, encore utilisée aujourd’hui dans de nombreuses cultures, a retrouvé toute sa vigueur le soir de Pâques sur les lèvres de Jésus ressuscité. «La paix soit avec vous» (Jn20, 19.21) est sa Parole qui non seulement souhaite, mais réalise un changement définitif en celui qui l’accueille et, ainsi, dans toute la réalité. C’est pourquoi les successeurs des Apôtres donnent de la voix, chaque jour et dans le monde entier, à la plus silencieuse révolution: «La paix soit avec vous !». Dès le soir de mon élection comme Évêque de Rome, j’ai voulu inscrire ma salutation dans cette annonce chorale. Et je tiens à le répéter: il s’agit de la paix du Christ ressuscité, une paix désarmée et une paix désarmante, humble et persévérante. Elle vient de Dieu, Dieu qui nous aime tous inconditionnellement. [1]
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
Voir la lumière et croire en elle est nécessaire pour ne pas sombrer dans les ténèbres.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
La paix existe, elle veut habiter en nous, elle a le doux pouvoir d’éclairer et de dilater l’intelligence, elle résiste à la violence et la surmonte.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
La paix a le souffle de l’éternel : tandis qu’on crie “assez” au mal, on murmure “pour toujours” à la paix.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
Saint Augustin exhortait les chrétiens à nouer une amitié indissoluble avec la paix, afin que, en la gardant au plus profond de leur esprit, ils puissent en rayonner la chaleur lumineuse tout autour d’eux.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
Que nous ayons le don de la foi ou qu’il nous semble ne pas l’avoir, ouvrons-nous à la paix !
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
Avant d’être un objectif, la paix est une présence et un cheminement. Même si elle est entravée à l’intérieur et à l’extérieur de nous, comme une petite flamme menacée par la tempête, gardons-la sans oublier ni les noms ni les histoires de ceux qui en ont témoigné.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
Tout comme le soir de Pâques, Jésus est entré dans le lieu où se trouvaient ses disciples effrayés et découragés, ainsi la paix du Christ ressuscité continue de franchir les portes et les barrières grâce aux voix et aux visages de ses témoins.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
Bien que beaucoup de personnes aujourd’hui aient un cœur disposé à la paix, un grand sentiment d’impuissance les envahit devant le cours des événements de plus en plus incertain.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
Lorsque nous traitons la paix comme un idéal lointain, nous finissons par ne plus considérer scandaleux que l’on puisse la nier et en arriver même à la guerre pour atteindre la paix. Les bonnes idées, les phrases pesées, la capacité à dire que la paix est proche semblent faire défaut. Si la paix n’est pas une réalité vécue, à préserver et à cultiver, l’agressivité se répand dans la vie domestique comme dans la vie publique. Dans les relations entre citoyens et gouvernants, on en arrive à considérer comme une faute le fait de ne pas se préparer suffisamment à la guerre, à réagir aux attaques, à répondre à la violence. Bien au-delà du principe de légitime défense, cette logique antagoniste est, sur le plan politique, la donnée la plus actuelle dans une déstabilisation planétaire qui devient chaque jour plus dramatique et imprévisible.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
Ce n’est pas un hasard si les appels répétés à l’augmentation des dépenses militaires et les choix qui en découlent sont présentés par de nombreux gouvernants avec la justification du danger représenté par les autres. En effet, la force dissuasive de la puissance, et en particulier celle de la dissuasion nucléaire, traduisent l’irrationalité d’un rapport entre les peuples, fondé non pas sur le droit, sur la justice ou sur la confiance, mais sur la peur et la domination de la force.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
A la place d’une culture de la mémoire qui préserve les prises de consciences acquises au cours du XXesiècle et n’oublie pas les millions de victimes, on promeut des campagnes de communication et des programmes éducatifs, dans les écoles et les universités comme dans les médias, diffusant la perception de menaces et transmettant une conception purement armée de défense et de sécurité.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
Tout en réitérant l’appel des Pères conciliaires et en estimant que la voie du dialogue est la plus efficace à tous les niveaux, nous constatons combien les progrès technologiques et l’application dans le domaine militaire de l’intelligence artificielle ont radicalisé la dimension tragique des conflits armés. On assiste même à un processus de déresponsabilisation des dirigeants politiques et militaires, en raison de la croissante “délégation” aux machines des décisions concernant la vie et la mort des personnes humaines. Il s’agit d’une spirale destructrice sans précédent de l’humanisme juridique et philosophique sur lequel repose toute civilisation et par lequel toute civilisation est protégée.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
La bonté est désarmante. C’est peut-être pour cela que Dieu s’est fait petit enfant.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
Malheureusement, il est de plus en plus courant dans le panorama contemporain de faire entrer des mots de la foi dans le combat politique, de bénir le nationalisme et de justifier religieusement la violence et la lutte armée. Les croyants doivent réfuter activement, avant tout par leur vie, ces formes de blasphème qui obscurcissent le Saint Nom de Dieu.
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
Comment vivre une période de déstabilisation et de conflits tout en se libérant du mal ?
1er janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 2026
Le Jubilé de l’Espérance a incité des millions d’êtres humains à se redécouvrir pèlerins et à entreprendre en eux-mêmes ce désarmement du cœur, de l’esprit et de la vie auquel Dieu ne tardera pas à répondre en accomplissant ses promesses: «Il jugera entre les nations, il sera l’arbitre de peuples nombreux. Ils briseront leurs épées pour en faire des socs et leurs lances pour en faire des serpes. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on n’apprendra plus à faire la guerre. Maison de Jacob, allons, marchons à la lumière de Yahvé» (Is2, 4-5).
1er janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de la Solennité de Marie Mère de Dieu. Basilique Saint-Pierre
Marie, par son “oui”, a contribué à donner un visage humain à la Source de toute miséricorde et de toute bienveillance : le visage de Jésus dont l’amour du Père nous touche et nous transforme, par ses yeux d’enfant, puis de jeune homme.
1er janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de la Solennité de Marie Mère de Dieu. Basilique Saint-Pierre
En ce début d’année, alors que nous nous mettons en route vers les jours nouveaux et uniques qui nous attendent, demandons au Seigneur de sentir à chaque instant, autour de nous et sur nous, la chaleur de son étreinte paternelle et la lumière de son regard bienveillant, afin de comprendre de mieux en mieux et d’avoir toujours à l’esprit qui nous sommes et vers quelle destinée merveilleuse nous avançons (cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, n. 41). Mais en même temps, rendons-Lui gloire par la prière, par la sainteté de notre vie et en devenant les uns pour les autres le reflet de sa bonté.
1er janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de la Solennité de Marie Mère de Dieu. Basilique Saint-Pierre
Le monde ne se sauve pas en aiguisant les épées, en jugeant, en opprimant ou en éliminant les frères, mais plutôt en s’efforçant inlassablement de comprendre, de pardonner, de libérer et d’accueillir chacun, sans calcul ni crainte.
1er janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de la Solennité de Marie Mère de Dieu. Basilique Saint-Pierre
Tel est le visage de Dieu que Marie a laissé se former et grandir dans son sein, changeant complètement sa vie. C’est le visage qu’elle a annoncé par la lumière joyeuse et fragile de son regard de future mère ; le visage dont elle a contemplé la beauté jour après jour, tandis que Jésus grandissait dans sa maison, enfant, adolescent et jeune homme ; et qu’elle a ensuite suivi avec son cœur d’humble disciple, alors qu’Il parcourait les sentiers de sa mission, jusqu’à la croix et à la résurrection. Pour cela, elle aussi a abaissé toutes ses défenses en renonçant à ses attentes, à ses prétentions et à ses garanties - comme savent le faire les mères -, en consacrant sans réserve sa vie à son Fils qu’elle a reçu par grâce, afin de le redonner à son tour au monde.
1er janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de la Solennité de Marie Mère de Dieu. Basilique Saint-Pierre
Repartir comme les humbles témoins de la grotte, en « glorifiant et louant Dieu » (Lc 2,20) pour tout ce que nous avons vu et entendu. Que ce soit notre engagement, notre résolution pour les mois à venir, pour notre vie chrétienne.
1er janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière de l’Angelus
Alors que le rythme des mois se répète, le Seigneur nous invite à transformer notre époque en inaugurant enfin une ère de paix et d’amitié entre tous les peuples. Sans ce désir du bien, il serait inutile de tourner les pages du calendrier et de remplir nos agendas.
1er janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière de l’Angelus
Depuis toujours, Dieu, qui est un créateur bon, connaît le cœur de Marie et notre cœur. Il nous fait connaître le sien en se faisant homme : c’est pourquoi le cœur de Jésus bat pour chaque homme et pour chaque femme. Pour ceux qui sont prêts à l’accueillir, comme les bergers, et pour ceux qui ne le veulent pas, comme Hérode. Son cœur n’est pas indifférent à ceux qui n’ont pas de cœur envers le prochain : il bat pour les justes afin qu’ils persévèrent dans leur dévouement, et pour les injustes afin qu’ils changent de vie et trouvent la paix.
1er janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière de l’Angelus
Le Sauveur vient dans le monde en naissant d’une femme : arrêtons-nous pour adorer cet événement qui resplendit en Marie Très Sainte et se reflète dans chaque enfant à naître, révélant l’image divine qui est imprimée dans notre corps.
1er janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière de l’Angelus
Prions tous ensemble pour la paix : d’abord entre les nations ensanglantées par les conflits et la misère, mais aussi dans nos foyers, dans les familles blessées par la violence et la souffrance. Certains que le Christ, notre espérance, est le soleil de justice qui ne s’éteint jamais, demandons avec confiance l’intercession de Marie, Mère de Dieu et Mère de l’Église.
2 janvier 2026 – Message vidéo du Pape Léon XIV aux jeunes, à l'occasion du SEEK26 [Columbus (Ohio), Denver (Colorado) et Fort Worth (Texas), 1-5 janvier 2026]
« Que cherchez-vous ? » Jésus adresse cette question aux disciples parce qu’il connaît leurs cœurs. Ils étaient inquiets, au bon sens du terme. Ils ne voulaient pas se contenter de la routine ordinaire de la vie. Ils étaient ouverts à Dieu et désiraient ardemment trouver un sens. Aujourd’hui, Jésus pose la même question à chacun de vous. Chers jeunes, que cherchez-vous ? Peut-être que vos cœurs aussi sont inquiets, en quête de sens et d’accomplissement, d’une orientation pour votre vie. La réponse se trouve dans une personne. Seul le Seigneur Jésus nous apporte la vraie paix et la vraie joie, et comble chacun de nos désirs les plus profonds.
2 janvier 2026 – Message vidéo du Pape Léon XIV aux jeunes, à l'occasion du SEEK26 [Columbus (Ohio), Denver (Colorado) et Fort Worth (Texas), 1-5 janvier 2026]
Soyez ouverts à ce que le Seigneur a préparé pour vous !
2 janvier 2026 – Message vidéo du Pape Léon XIV aux jeunes, à l'occasion du SEEK26 [Columbus (Ohio), Denver (Colorado) et Fort Worth (Texas), 1-5 janvier 2026]
« Nous avons trouvé le Messie » (v. 41), autrement dit : « Nous avons trouvé celui que nous cherchions ! ». C’est la réponse que nous pouvons tous donner lorsque nous apprenons à connaître le Seigneur.
2 janvier 2026 – Message vidéo du Pape Léon XIV aux jeunes, à l'occasion du SEEK26 [Columbus (Ohio), Denver (Colorado) et Fort Worth (Texas), 1-5 janvier 2026]
Le zèle missionnaire naît d’une rencontre avec le Christ.
2 janvier 2026 – Message vidéo du Pape Léon XIV aux jeunes, à l'occasion du SEEK26 [Columbus (Ohio), Denver (Colorado) et Fort Worth (Texas), 1-5 janvier 2026]
Si vous sentez que le Seigneur vous appelle, n’ayez pas peur. Permettez-moi de souligner une fois encore que lui seul connaît les désirs les plus profonds, peut-être cachés, de votre cœur, et le chemin qui vous conduira à la vraie plénitude. Laissez-vous conduire et guider par lui !
2 janvier 2026 – Message vidéo du Pape Léon XIV aux jeunes, à l'occasion du SEEK26 [Columbus (Ohio), Denver (Colorado) et Fort Worth (Texas), 1-5 janvier 2026]
Demandons à Marie, Mère de Dieu de nous conduire vers Jésus Christ, son Fils, afin que nous puissions vraiment le connaître, connaître son amour pour nous et le merveilleux dessein qu’il a pour chacune de nos vies. Ainsi, nos cœurs trouveront véritablement la paix en celui que nous cherchons.
4 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus
L'espérance chrétienne, en effet, ne repose pas sur des prévisions optimistes ou des calculs humains, mais sur le choix de Dieu de partager notre chemin, afin que nous ne soyons jamais seuls dans la traversée de la vie. Telle est l'œuvre de Dieu : en Jésus, il est devenu l'un de nous, il a choisi d'être avec nous, il a voulu être pour toujours Dieu-avec-nous.
4 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus
Si la venue de Jésus dans la faiblesse de la chair humaine, d'une part ravive en nous l'espérance, elle nous confie d'autre part un double engagement, l'un envers Dieu et l'autre envers l'homme.
4 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus
Nous devons toujours vérifier notre spiritualité et les manières d’exprimer notre foi, afin qu'elles soient vraiment incarnées, c'est-à-dire capables de penser, de prier et d'annoncer le Dieu qui vient à notre rencontre en Jésus : non pas un Dieu lointain qui habite un ciel parfait au-dessus de nous, mais un Dieu proche qui habite notre terre fragile, se rend présent dans le visage de nos frères, et qui se révèle dans les situations quotidiennes.
4 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus
Envers l'homme, notre engagement doit être cohérent. Si Dieu est devenu l'un de nous, chaque créature humaine est son reflet, porte en elle son image, garde une étincelle de sa lumière. Et cela nous appelle à reconnaître en toute personne sa dignité inviolable et à nous exercer à l'amour mutuel les uns envers les autres.
6 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de l’Epiphanie, clôture de l’Année Sainte de l’Incarnation 2025
l’Évangile (cf. Mt 2, 1-12) nous a décrit la grande joie des Mages lorsqu’ils ont revu l’étoile (cf. v. 10), mais aussi le trouble ressenti par Hérode et tout Jérusalem en présence de leur recherche (cf. v. 3). Chaque fois qu’il s’agit des manifestations de Dieu, l’Écriture Sainte ne cache pas ce genre de contrastes : joie et trouble, résistance et obéissance, peur et désir. Nous célébrons aujourd’hui l’Épiphanie du Seigneur, conscients que rien ne reste comme avant en sa présence. C’est le début de l’espérance. Dieu se révèle et rien ne peut rester immobile. Une certaine tranquillité prend fin, celle qui fait répéter aux mélancoliques : « Rien de nouveau sous le soleil » (Qo 1, 9). Quelque chose dont dépendent le présent et l’avenir commence, comme l’annonce le Prophète : « Debout, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi » (Is 60, 1).
6 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de l’Epiphanie, clôture de l’Année Sainte de l’Incarnation 2025
La Porte Sainte de cette Basilique, qui est la dernière à être refermée aujourd’hui, a vu le passage d’innombrables hommes et femmes, pèlerins d’espérance, en route vers la Cité aux portes toujours ouvertes, la nouvelle Jérusalem (cf. Ap 21, 25). Qui sont-ils et qu’est-ce qui les a animés ? À la fin de l’année jubilaire, la recherche spirituelle de nos contemporains, bien plus riche que nous ne pouvons peut-être le comprendre, nous interpelle avec une gravité particulière. Des millions d’entre eux ont franchi le seuil de l’Église. Qu’ont-ils trouvé ? Quels cœurs, quelle attention, quelle correspondance ? Oui, les Mages existent encore. Ce sont des personnes qui acceptent le défi de risquer chacun son propre voyage, et qui, dans un monde tourmenté comme le nôtre, repoussant et dangereux à bien des égards, ressentent le besoin d’aller, de chercher.
6 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de l’Epiphanie, clôture de l’Année Sainte de l’Incarnation 2025
Homo viator, disaient les anciens. Nous sommes des vies en chemin. L’Évangile engage l’Église à ne pas craindre ce dynamisme, mais à bien le saisir et à l’orienter vers Dieu qui l’inspire. C’est un Dieu qui peut nous troubler, car il ne reste pas immobile entre nos mains comme les idoles d’argent et d’or : il est au contraire vivant et vivifiant, comme cet Enfant que Marie a trouvé dans ses bras et que les Mages ont adoré.
6 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de l’Epiphanie, clôture de l’Année Sainte de l’Incarnation 2025
Demandons-nous : y a-t-il de la vie dans notre Église ? Y a-t-il de la place pour ce qui naît ? Aimons-nous et annonçons-nous un Dieu qui remet en route ?
6 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de l’Epiphanie, clôture de l’Année Sainte de l’Incarnation 2025
Dans le récit, Hérode craint pour son trône, il s’agite pour ce qui échappe à son contrôle. Il tente de profiter du désir des Mages et cherche à détourner leur quête à son avantage. Il est prêt à mentir, il est prêt à tout ; la peur, en effet, aveugle. La joie de l’Évangile, en revanche, libère : elle rend prudent, certes, mais aussi audacieux, attentif et créatif ; elle suggère des voies différentes de celles déjà empruntées.
6 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de l’Epiphanie, clôture de l’Année Sainte de l’Incarnation 2025
Dieu remet en question l’ordre existant : il a des rêves qu’il inspire encore aujourd’hui à ses prophètes ; il est déterminé à nous racheter des servitudes anciennes et nouvelles ; il implique des jeunes et des personnes âgées, des pauvres et des riches, des hommes et des femmes, des saints et des pécheurs dans ses œuvres de miséricorde, dans les merveilles de sa justice. Il ne fait pas de bruit, mais son Royaume germe déjà partout dans le monde.
6 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de l’Epiphanie, clôture de l’Année Sainte de l’Incarnation 2025
Combien d’épiphanies nous sont données ou sont sur le point de nous être données ! Mais elles doivent être soustraites aux intentions d’Hérode, aux peurs toujours prêtes à se transformer en agressivité. « Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer » (Mt 11,12). Cette expression mystérieuse de Jésus, rapportée dans l’Évangile de Matthieu, ne peut pas ne pas nous faire penser aux nombreux conflits par lesquels les hommes peuvent résister et même agresser la Nouveauté que Dieu réserve à tous. Aimer la paix, rechercher la paix, c’est protéger ce qui est saint et, précisément pour cette raison, en train de naître : petit, délicat, fragile comme un enfant. Autour de nous, une économie faussée tente de tirer profit de tout.
6 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de l’Epiphanie, clôture de l’Année Sainte de l’Incarnation 2025
Nous le voyons : le marché transforme en affaires même la soif humaine de chercher, de voyager, de recommencer. Demandons-nous : le Jubilé nous a-t-il appris à fuir ce type d’efficacité qui réduit toute chose à un produit, et l’être humain à un consommateur
6 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de l’Epiphanie, clôture de l’Année Sainte de l’Incarnation 2025
La manière dont Jésus a rencontré chacun et s’est laissé approcher par tous nous enseigne à estimer le secret des cœurs que Lui seul sait lire. Avec lui, nous apprenons à saisir les signes des temps (cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium et spes, 4). Personne ne peut nous vendre cela. L’Enfant que les Mages adorent est un bien sans prix et sans mesure. Il est l’Épiphanie de la gratuité. Il ne nous attend pas dans des lieux prestigieux, mais dans des réalités humbles. « Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi les chefs-lieux de Juda » (Mt 2, 6). Combien de villes, combien de communautés ont besoin d’entendre : « Tu n’es certes pas le dernier ». Oui, le Seigneur nous surprend encore ! Il se laisse trouver. Ses voies ne sont pas nos voies, les violents ne parviennent pas à les dominer, et les puissants de ce monde ne peuvent les bloquer. D’où la grande joie des Mages qui laissent derrière eux le palais et le temple et partent vers Bethléem : c’est alors qu’ils revoient l’étoile !
6 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière Mariale de l’Angelus
Nous avons célébré ces temps-ci plusieurs jours festifs ainsi que la solennité de l’Épiphanie qui, déjà par son nom, nous suggère ce qui rend la joie possible même dans les moments difficiles. Comme vous le savez, en effet, le mot “épiphanie” signifie “manifestation”, et notre joie naît d’un Mystère qui n’est plus caché. La vie de Dieu s’est révélée : à plusieurs reprises et de différentes manières, mais avec une clarté définitive en Jésus, de sorte que nous savons maintenant, même au milieu de nombreuses tribulations, que nous pouvons espérer. “Dieu sauve” : il n’a pas d’autres intentions, il n’a pas d’autre nom. Seul ce qui libère et sauve vient de Dieu et est épiphanie de Dieu.
6 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière Mariale de l’Angelus
S’agenouiller comme les Mages devant l’Enfant de Bethléem c’est, pour nous aussi, confesser que nous avons trouvé la véritable humanité, dans laquelle resplendit la gloire de Dieu.
6 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière Mariale de l’Angelus
La vraie vie est apparue en Jésus, l’homme vivant, celui qui n’existe pas pour lui-même mais qui est ouvert et en communion, ce qui nous fait dire : « Sur la terre comme au ciel » (Mt 6, 10). Oui, la vie divine est à notre portée. Elle s’est manifestée pour nous impliquer dans son dynamisme libérateur qui détruit les peurs et nous permet de nous rencontrer dans la paix. C’est une possibilité, une invitation : la communion ne peut être une contrainte, mais que peut-on désirer de plus ?
6 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière Mariale de l’Angelus
Nous ne savons pas ce que possédaient les Mages venus d’Orient, mais leur départ, leur prise de risque, leurs dons eux-mêmes nous suggèrent que tout, absolument tout ce que nous sommes et possédons, demande à être offert à Jésus, trésor inestimable.
6 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière Mariale de l’Angelus
Et le Jubilé nous a rappelé cette justice fondée sur la gratuité : en soi il appelle à réorganiser la coexistence, à redistribuer la terre et les ressources, à rendre “ce que l’on a” et “ce que l’on est” aux rêves de Dieu, plus grands que les nôtres.
6 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière Mariale de l’Angelus
L’espérance que nous annonçons doit être les pieds sur terre : elle vient du ciel, mais pour engendrer ici-bas une histoire nouvelle. Alors, voyons dans les dons des Mages ce que chacun de nous peut mettre en commun, ce qu’il ne peut plus garder pour lui mais partager, afin que Jésus grandisse parmi nous. Que son Royaume grandisse, que ses paroles s’accomplissent en nous…
6 janvier 2026 – Paroles du Pape Léon XIV au terme de la prière de l’Angelus
Je souhaite à chacun le meilleur pour la nouvelle année, dans la lumière du Christ ressuscité.
7 janvier 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Tout en ressentant l’appel à ne pas en éteindre la portée prophétique et à chercher encore des voies et des moyens pour en mettre en œuvre les intuitions, il sera important de le connaître à nouveau de près, non pas à travers le « on-dit » ou les interprétations qui en ont été données, mais en relisant ses Documents et en réfléchissant à leur contenu.
7 janvier 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Le Concile Vatican II a redécouvert le visage de Dieu comme Père qui, en Christ, nous appelle à être ses enfants.
7 janvier 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Ce que saint Paul VI a dit aux Pères conciliaires (vatican II) à la fin des travaux demeure aussi pour nous aujourd’hui un critère d’orientation.
7 janvier 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
En nous approchant des Documents du Concile Vatican II et en en redécouvrant la prophétie et l’actualité, nous accueillons la riche tradition de la vie de l’Église et, en même temps, nous interrogeons le présent et renouvelons la joie d’aller à la rencontre du monde pour y porter l’Évangile du Royaume de Dieu, Royaume d’amour, de justice et de paix.
7 janvier 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux fidèles présents sur le parvis de la Salle Paul VI
Que Dieu bénisse tous ceux qui le cherchent avec un cœur ouvert.
7 janvier 2026 – Discours du Pape Léon XIV pour l’ouverture du Consistoire Extraordinaire
Saint Paul écrit : « Caritas Christi urget nos » ( 2 Co 5, 14). Le verbe sunechei dit que l’amour du Christ nous pousse parce qu’Il nous possède, nous enveloppe, nous captive. Voilà la force qui attire tout le monde vers le Christ, comme Il l’a Lui-même prophétisé : « Et moi, quand j’aurai été élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes » ( Jn 12, 32). Dans la mesure où nous nous aimons les uns les autres comme le Christ nous a aimés, nous sommes siens, nous sommes sa communauté et Il peut continuer à attirer à travers nous. En effet, seul l’amour est crédible, seul l’amour est digne de foi. [1]
L’unité attire, la division disperse. Il me semble que la physique le confirme également, tant dans le microcosme que dans le macrocosme.
7 janvier 2026 – Discours du Pape Léon XIV pour l’ouverture du Consistoire Extraordinaire
Pour être une Église véritablement missionnaire, c’est-à-dire capable de témoigner de la force d’attraction de la charité du Christ, nous devons avant tout mettre en pratique son commandement, le seul qu’Il nous ait donné après avoir lavé les pieds de ses disciples : « Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres ». Et Il ajoute: « À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres » (Jn 13, 34-35). Saint Augustin commente : « C’est pour cela qu’Il nous a aimés, afin que nous nous aimions aussi les uns les autres. En nous aimant, Il nous a donné l’aide nécessaire pour que, par l’amour mutuel, nous nous unissions les uns aux autres et, liés par un lien si doux, nous formions le corps d’un seul Chef » (Homélie 65 sur l’Évangile de Jean, 2).
7 janvier 2026 – Lettre Lettre du Saint-Père Léon XIV aux ministres généraux de la Conférence de la Famille franciscaine à l’occasion de l’ouverture du VIIIe centenaire de la mort de saint François d’Assise [ publiée le 10 janvier 2026]
Au début de sa vie évangélique, il avait entendu un appel : « Le Seigneur me révéla que nous devions dire ce salut : “Que le Seigneur te donne la paix” » [1]. Par ces paroles essentielles, il confie à ses Frères et à tout croyant l’émerveillement intérieur que l’Évangile avait apporté à son existence : la paix est la somme de tous les biens de Dieu, un don qui vient d’en haut. Quelle illusion que de penser pouvoir la construire par les seules forces humaines ! Et pourtant, c’est un don actif, à accueillir et à vivre chaque jour
7 janvier 2026 – Lettre Lettre du Saint-Père Léon XIV aux ministres généraux de la Conférence de la Famille franciscaine à l’occasion de l’ouverture du VIIIe centenaire de la mort de saint François d’Assise [ publiée le 10 janvier 2026]
Le soir de Pâques, le Seigneur ressuscité adresse à ses disciples, effrayés et enfermés dans le Cénacle : « La paix soit avec vous » [3]. Ce n’est pas une formule de politesse, mais l’annonce certaine de la victoire du Christ sur la mort. Comme la voix des anges dans la nuit de Noël – « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » [4] –, ainsi la paix que le Père séraphique annonce est celle que le Christ lui-même a fait résonner entre le ciel et la terre.
7 janvier 2026 – Lettre Lettre du Saint-Père Léon XIV aux ministres généraux de la Conférence de la Famille franciscaine à l’occasion de l’ouverture du VIIIe centenaire de la mort de saint François d’Assise [ publiée le 10 janvier 2026]
En cette époque marquée par tant de guerres qui semblent interminables, par des divisions intérieures et sociales qui engendrent défiance et peur, Saint François continue de nous parler. Non parce qu’il offrirait des solutions techniques, mais parce que sa vie indique la source authentique de la paix.
7 janvier 2026 – Lettre Lettre du Saint-Père Léon XIV aux ministres généraux de la Conférence de la Famille franciscaine à l’occasion de l’ouverture du VIIIe centenaire de la mort de saint François d’Assise [ publiée le 10 janvier 2026]
La vision franciscaine de la paix ne se limite pas aux relations entre les êtres humains, mais embrasse toute la création. François, qui appelle le soleil « frère » et la lune « sœur », qui reconnaît en chaque créature un reflet de la beauté divine, nous rappelle que la paix doit s’étendre à toute la famille du Créé. Cette intuition résonne avec une urgence particulière en notre temps, lorsque la maison commune est menacée et gémit sous l’exploitation. La paix avec Dieu, la paix entre les hommes et avec la Création sont des dimensions inséparables d’un unique appel à la réconciliation universelle.
Nous ne sommes pas ici pour promouvoir des “agendas” – personnels ou collectifs –, mais pour confier nos projets et nos inspirations au discernement qui nous dépasse « autant le ciel est élevé au-dessus de la terre » (Is 55, 9) et qui ne peut venir que du Seigneur.
8 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe pour le Consistoire Extraordinaire, dans la Basilique Saint Pierre
Il est important que maintenant, dans l’Eucharistie, nous déposions nos désirs et nos pensées sur l’autel, ainsi que le don de notre vie, en les offrant au Père en union au Sacrifice du Christ, pour les retrouver purifiés, illuminés, fondus et transformés, par la grâce, en un seul Pain. Ce n’est qu’ainsi, en effet, que nous saurons vraiment écouter sa voix, en l’accueillant dans le don que nous sommes les uns pour les autres : raison pour laquelle nous sommes réunis.
8 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe pour le Consistoire Extraordinaire, dans la Basilique Saint Pierre
Notre Collège, bien que riche de nombreuses compétences et talents remarquables, n’est pas appelé à être, en premier lieu, une équipe d’experts, mais une communauté de foi, dans laquelle les dons que chacun apporte, offerts au Seigneur et rendus par Lui, produisent, selon sa Providence, le plus grand fruit.
Notre “arrêt” est alors avant tout un grand acte d’amour – envers Dieu, envers l’Église, envers les hommes et les femmes du monde entier –, par lequel nous nous laissons modeler par l’Esprit : avant tout dans la prière et le silence, mais ensuite aussi en nous regardant dans les yeux, en nous écoutant les uns les autres et en nous faisant la voix, à travers le partage, de tous ceux que le Seigneur a confiés à notre sollicitude de pasteurs, dans les parties les plus diverses du monde. Un acte à vivre le cœur humble et généreux, en sachant que c’est par grâce que nous sommes ici, et qu’il n’y a rien, de ce que nous apportons, que nous n’ayons reçu comme un don et un talent à ne pas laisser se perdre, mais à investir avec prudence et courage (cf. Mt 25, 14-30).
8 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe pour le Consistoire Extraordinaire, dans la Basilique Saint Pierre
Nous aussi, face à la “grande foule” d’une humanité affamée de bien et de paix, dans un monde où la satiété et la faim, l’abondance et la misère, la lutte pour la survie et le vide existentiel désespéré continuent de diviser et de blesser les personnes, les nations et les communautés, aux paroles du Maître, « Donnez-leur vous-mêmes à manger » (Mc 6, 37), nous pouvons nous sentir comme les disciples : inadéquats et dépourvus de moyens. Mais Jésus nous répète : « Combien de pains avez-vous ? Allez voir » (Mc 6, 38), et cela, nous pouvons le faire ensemble. Nous ne parviendrons pas toujours à trouver des solutions immédiates aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Mais toujours, en tout lieu et en toute circonstance, nous pourrons nous aider mutuellement – et en particulier aider le Pape – à trouver les “cinq pains et deux poissons” que la Providence ne manque jamais de fournir là où ses enfants demandent de l’aide ; et à les accueillir, les remettre, les recevoir et les distribuer, enrichis de la bénédiction de Dieu et de la foi et de l’amour de tous, afin que personne ne manque du nécessaire (cf. Mc 6, 42).
8 janvier 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe pour le Consistoire Extraordinaire, dans la Basilique Saint Pierre
La responsabilité que vous partagez avec le Successeur de Pierre est grave et lourde.
inspiré par les événements tragiques du sac de Rome en 410 ap. J.-C., saint Augustin a écrit l’une des œuvres les plus puissantes de sa production théologique, philosophique et littéraire : le De Civitate Dei, La Cité de Dieu. Comme l’a observé le Pape Benoît XVI, il s’agit d’une « oeuvre imposante et décisive pour le développement de la pensée politique occidentale et pour la théologie chrétienne de l’histoire ». [1] Il s’inspire d’un « récit » – dirions-nous en termes contemporains – qui se répandait : « Les païens, encore nombreux à cette époque, et même bon nombre de chrétiens pensaient que le Dieu de la nouvelle religion et les apôtres eux-mêmes avaient montré qu’ils étaient incapables de protéger la ville. À l’époque des divinités païennes, Rome était caput mundi, la grande capitale, et personne ne pouvait imaginer qu’elle serait tombée aux mains de ses ennemis. À présent, avec le Dieu des chrétiens, cette grande ville ne paraissait plus sûre ». [2]
Notre époque est certes très éloignée de ces événements. Il ne s’agit pas seulement d’une distance temporelle, mais aussi d’une sensibilité culturelle différente et d’un développement des catégories de pensée. Cependant, on ne peut ignorer le fait que notre sensibilité culturelle s’est inspirée de cette œuvre qui, comme tous les classiques, parle aux hommes de tous les temps.
Augustin interprète les événements et la réalité historique selon le modèle des deux cités : la cité de Dieu, qui est éternelle et caractérisée par l’amour inconditionnel de Dieu (amor Dei), auquel est lié l’amour du prochain, en particulier des pauvres ; et la cité terrestre, qui est un lieu de séjour temporaire où les êtres humains vivent jusqu’à leur mort. De nos jours, elle comprend toutes les institutions sociales et politiques, de la famille à l’État national et aux organisations internationales. Pour Augustin, cette cité était incarnée par l’Empire romain. La cité terrestre est centrée sur l’amour orgueilleux de soi (amor sui), sur la soif de pouvoir et de gloire mondains qui mènent à la destruction. Il ne s’agit toutefois pas d’une lecture de l’histoire qui vise à opposer l’au-delà à l’ici-bas, l’Église à l’État, ni d’une dialectique sur le rôle de la religion dans la société civile.
Dans la perspective augustinienne, les deux cités coexistent jusqu’à la fin des temps et possèdent une dimension à la fois extérieure et intérieure, car elles ne se mesurent pas seulement à l’aune des attitudes extérieures avec lesquelles elles sont construites dans l’histoire, mais aussi à l’aune de l’attitude intérieure de chaque être humain face aux réalités de la vie et aux événements historiques. Dans cette perspective, chacun de nous est protagoniste et donc responsable de l’histoire. Augustin souligne en particulier que les chrétiens sont appelés par Dieu à séjourner dans la cité terrestre avec le cœur et l’esprit tournés vers la cité céleste, leur véritable patrie. Cependant, le chrétien, vivant dans la cité terrestre, n’est pas étranger au monde politique et cherche à appliquer l’éthique chrétienne, inspirée des Écritures, au gouvernement civil.
La Cité de Dieu ne propose pas de programme politique, mais offre de précieuses réflexions sur des questions fondamentales de la vie sociale et politique, telles que la recherche d’une coexistence plus juste et plus pacifique entre les peuples. Augustin met également en garde contre les graves dangers pour la vie politique dérivant de fausses représentations de l’histoire, d’un nationalisme excessif et d’une distorsion de l’idéal de l’homme d’État.
Bien que le contexte dans lequel nous vivons aujourd’hui soit différent de celui du V e siècle, certaines analogies restent très actuelles. Comme à ce moment-là, nous vivons une époque de profonds mouvements migratoires ; comme à ce moment-là, nous vivons une période de profonde réorganisation des équilibres géopolitiques et des paradigmes culturels ; comme à ce moment-là, nous ne sommes pas, selon l’expression bien connue du Pape François, dans une époque de changement, mais dans un changement d’époque [3].
Ces temps-ci, la faiblesse du multilatéralisme sur le plan international est particulièrement préoccupante. Une diplomatie qui promeut le dialogue et recherche le consensus de tous est remplacée par une diplomatie de la force, des individus ou de groupes d’alliés. La guerre est revenue à la mode et une ferveur guerrière se répand. Le principe établi après la Seconde Guerre mondiale, qui interdisait aux pays d’utiliser la force pour violer les frontières d’autrui, a été enfreint. On ne recherche plus la paix comme un don et un bien désirable en soi « dans la poursuite d’un ordre voulu par Dieu, qui implique une justice plus parfaite entre les hommes », [4] mais on la recherche par les armes, comme condition pour affirmer sa propre domination. Cela menace gravement l'État de droit qui est le fondement de toute coexistence civile pacifique.
D’ailleurs, comme le note saint Augustin, « il n’y a personne qui ne veuille la paix. Même ceux qui veulent la guerre ne veulent rien d’autre que gagner, ils souhaitent donc atteindre une paix glorieuse par la guerre. La victoire, en effet, n’est rien d’autre que la soumission de ceux qui opposent une résistance et, lorsque cela se produira, la paix sera là. [...] Même ceux qui veulent que la paix dans laquelle ils vivent soit rompue ne haïssent pas la paix, mais souhaitent qu’elle soit transmise à leur libre pouvoir. Ils ne veulent donc pas qu’il n’y ait pas de paix, mais qu’il y ait celle qu’ils veulent ». [5]
C’est précisément cette attitude qui a conduit l’humanité au drame de la Seconde Guerre mondiale dont les cendres ont donné naissance aux Nations Unies, dont le 80e anniversaire a été récemment célébré. Elles ont été voulues par la détermination de 51 nations comme pivot central de la coopération multilatérale afin de prévenir de futures catastrophes mondiales, de préserver la paix, de défendre les droits humains fondamentaux et de promouvoir un développement durable.
Je tiens à rappeler en particulier l’importance du droit international humanitaire dont le respect ne peut dépendre des circonstances et des intérêts militaires et stratégiques. Le droit humanitaire, en plus de garantir un minimum d’humanité dans les fléaux de la guerre, est un engagement que les États ont pris. Il doit toujours prévaloir sur les velléités des belligérants, afin d’atténuer les effets dévastateurs de la guerre, y compris dans une perspective de reconstruction. On ne peut passer sous silence le fait que la destruction d’hôpitaux, d’infrastructures énergétiques, d’habitations et de lieux essentiels à la vie quotidienne constitue une grave violation du droit international humanitaire. Le Saint-Siège réaffirme fermement sa condamnation de toute forme d’implication des civils dans les opérations militaires et souhaite que la Communauté internationale se souvienne que la protection du principe de l’inviolabilité de la dignité humaine et du caractère sacré de la vie compte toujours plus que tout intérêt national.
Dans cette perspective, les Nations Unies ont joué un rôle médiateur dans les conflits, encouragé le développement et aidé les États à protéger les droits humains et les libertés fondamentales. Dans un monde confronté à des défis complexes tels que les tensions géopolitiques, les inégalités et les crises climatiques, l’organisation devrait jouer un rôle fondamental pour favoriser le dialogue et l’aide humanitaire, contribuant ainsi à construire un avenir plus juste. Il est donc nécessaire de faire des efforts pour que les Nations Unies reflètent non seulement la situation du monde actuel et non celle de l’après-guerre, mais aussi pour qu’elles soient plus orientées et efficaces dans la poursuite non pas d’idéologies, mais de politiques visant à l’unité de la famille des peuples.
Le but du multilatéralisme est donc d’offrir un lieu où les personnes peuvent se rencontrer et parler, sur le modèle de l’ancien forum romain ou de la place médiévale. Cependant, pour dialoguer, il faut s’entendre sur les mots et les concepts qu’ils représentent. Redécouvrir le sens des mots est peut-être l’un des premiers défis de notre époque. Lorsque les mots perdent leur rapport à la réalité et que la réalité elle-même devient sujette à opinion et, en fin de compte, incompréhensible, on devient comme ces deux personnes dont parle saint Augustin qui sont obligées de rester ensemble sans qu’aucune des deux ne connaisse la langue de l’autre. Il observe que « les animaux muets, même s’ils sont d’espèces différentes, se comprennent plus facilement qu’elles, bien que toutes les deux soient des êtres humains. En effet, puisque par la seule diversité de la langue elles ne peuvent se communiquer leurs pensées, une grande affinité de nature ne sert à rien pour établir des relations, au point qu’un homme préfère rester avec son chien plutôt qu’avec un étranger ». [6]
De nos jours, le sens des mots est de plus en plus flou et les concepts qu’ils représentent de plus en plus ambigus. Le langage n’est plus le moyen privilégié de la nature humaine pour connaître et rencontrer, mais, dans les replis de l’ambiguïté sémantique, il devient de plus en plus une arme pour tromper ou frapper et offenser ses adversaires. Nous avons besoin que les mots recommencent à exprimer sans équivoque des réalités certaines. C’est seulement ainsi qu’un dialogue authentique et sans malentendus pourra reprendre. Cela doit se produire dans nos foyers et sur nos places, en politique, dans les moyens de communication et sur les réseaux sociaux, ainsi que dans le contexte des relations internationales et du multilatéralisme, afin que ce dernier puisse retrouver la force nécessaire pour jouer son rôle de rencontre et de médiation, indispensable pour prévenir les conflits, et que personne ne soit tenté de dominer l’autre par la logique de la force, qu’elle soit verbale, physique ou militaire.
Il convient également de noter que le paradoxe de cet affaiblissement de la parole est souvent revendiqué au nom de la liberté d’expression elle-même. Mais à y regarder de plus près, c’est le contraire qui est vrai : la liberté de parole et d’expression est garantie précisément par la certitude du langage et par le fait que chaque terme est ancré dans la vérité. Il est douloureux de constater, en revanche, que, surtout en Occident, les espaces de véritable liberté d’expression se réduisent de plus en plus, tandis que se développe un nouveau langage à la saveur orwellienne qui, dans sa tentative d’être toujours plus inclusif, finit par exclure ceux qui ne se conforment pas aux idéologies qui l’animent.
Malheureusement, cette dérive en entraîne d’autres qui finissent par restreindre les droits fondamentaux de la personne, à commencer par la liberté de conscience. Dans ce contexte, l’objection de conscience autorise l’individu à refuser des obligations légales ou professionnelles qui sont en contradiction avec des principes moraux, éthiques ou religieux profondément ancrés dans sa sphère personnelle : qu’il s’agisse du refus du service militaire au nom de la non-violence ou du refus de pratiques telles que l’avortement ou l’euthanasie pour des médecins et des professionnels de santé. L’objection de conscience n’est pas une rébellion, mais un acte de fidélité à soi-même. En ce moment particulier de l’histoire, la liberté de conscience semble faire l’objet d’une remise en question accrue de la part des États, y compris ceux qui se déclarent fondés sur la démocratie et les droits de l’homme. Cette liberté établit au contraire un équilibre entre l’intérêt collectif et la dignité individuelle, soulignant qu’une société authentiquement libre n’impose pas l’uniformité, mais protège la diversité des consciences, en prévenant les dérives autoritaires et en favorisant un dialogue éthique qui enrichit le tissu social.
De même, la liberté religieuse risque d’être restreinte, alors qu’elle est, comme le rappelait Benoît XVI, le premier des droits humains puisqu’elle exprime la réalité la plus fondamentale de la personne. [7] Les données les plus récentes indiquent que les violations de la liberté religieuse sont en augmentation et que 64 % de la population mondiale subit de graves violations de ce droit.
On ne peut ignorer que la persécution des chrétiens reste l’une des crises des droits humains les plus répandues à l’heure actuelle, touchant plus de 380 millions de croyants partout dans le monde, lesquels subissent des niveaux élevés ou extrêmes de discrimination, de violence et d’oppression en raison de leur foi. Ce phénomène touche environ un chrétien sur sept dans le monde et s’est aggravé en 2025 en raison des conflits en cours, des régimes autoritaires et de l’extrémisme religieux. Toutes ces données montrent malheureusement que, dans de nombreux contextes, la liberté religieuse est davantage considérée comme un “privilège” ou une concession que comme un droit humain fondamental.
9 janvier 2026 – Discours du pape Léon XIV aux membres du Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège à l’occasion des vœux de la nouvelle année
Dans le cadre de ses relations et actions au niveau international, le Saint-Siège défend constamment une position en faveur de la dignité inaliénable de toute personne. …
… Les détenus, qui ne peuvent jamais être réduits au rang des crimes qu’ils ont commis. À cette occasion, je tiens à exprimer ma vive gratitude aux Gouvernements qui ont répondu positivement à l’appel de mon vénéré prédécesseur en faveur de gestes de clémence au cours de l’Année jubilaire, en exprimant le souhait que l’esprit du Jubilé inspire de manière permanente et structurelle l’administration de la justice, afin que les peines soient proportionnées aux délits commis, que des conditions dignes soient garanties aux détenus et, surtout, que l’on s’efforce d’abolir la peine de mort, mesure qui anéantit tout espérance de pardon et de renouveau. [9] Nous ne pouvons pas non plus oublier la souffrance de nombreux détenus pour raisons politiques présents dans de nombreux États.
9 janvier 2026 – Discours du pape Léon XIV aux membres du Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège à l’occasion des vœux de la nouvelle année
Dans la perspective chrétienne, l’être humain est créé à l’image et à la ressemblance de Dieu qui, « en l’appelant à l’existence par amour, l’a appelé en même temps à l’amour ». [10] Cette vocation se manifeste de manière privilégiée et unique au sein de la famille. C’est dans ce contexte que l’on apprend à aimer et que l’on développe la capacité de se mettre au service de la vie, contribuant ainsi au développement de la société et à la mission de l’Église.
Malgré son caractère central, l’institution familiale est aujourd’hui confrontée à deux défis cruciaux. D’une part, on assiste à une tendance inquiétante dans le système international qui consiste à négliger et à sous-estimer son rôle social fondamental, ce qui conduit à sa marginalisation institutionnelle progressive. D’autre part, on ne peut ignorer la réalité croissante et douloureuse des familles fragiles, désagrégées et souffrantes, affligées par des difficultés internes et des phénomènes inquiétants, y compris la violence domestique.
La vocation à l’amour et à la vie, qui se manifeste de manière éminente dans l’union exclusive et indissoluble entre la femme et l’homme, impose un impératif éthique fondamental : mettre les familles en mesure d’accueillir et de prendre pleinement soin de la vie naissante. Cela est plus que jamais prioritaire, en particulier dans les pays qui connaissent une baisse dramatique du taux de natalité. La vie est en effet un don inestimable qui se développe dans le cadre d’un projet relationnel fondé sur la réciprocité et le service.
C’est à la lumière de cette vision profonde de la vie comme un don à protéger et de la famille comme sa gardienne responsable qu’il faut rejeter catégoriquement les pratiques qui nient ou instrumentalisent l’origine de la vie et son développement. Parmi celles-ci, il y a l’avortement, qui interrompt une vie naissante et refuse d’accueillir le don de la vie. À cet égard, le Saint-Siège exprime sa profonde préoccupation face aux projets visant à financer la mobilité transfrontalière visant à accéder au soi-disant « droit à l’avortement sûr » et estime déplorable que des ressources publiques soient consacrées à la suppression de la vie, au lieu d’être investies dans le soutien aux mères et aux familles. L’objectif premier doit rester la protection de chaque enfant à naître et le soutien effectif et concret de chaque femme afin qu’elle puisse accueillir la vie.
De même, la maternité de substitution, qui transforme la gestation en un service négociable, viole la dignité tant de l’enfant, réduit à un “produit”, que de la mère, en instrumentalisant son corps et le processus de génération et en altérant le projet relationnel originel de la famille.
De semblables considérations peuvent être étendues aux malades et aux personnes âgées et seules, qui ont parfois du mal à trouver une raison de continuer à vivre. Il incombe également à la société civile et aux États de répondre concrètement aux situations de fragilité, en proposant des solutions à la souffrance humaine, comme les soins palliatifs, et en promouvant des politiques de solidarité authentique, plutôt que d’encourager des formes de compassion illusoires comme l’euthanasie.
Une réflexion similaire peut être faite à propos de beaucoup de jeunes confrontés à de nombreuses difficultés, parmi lesquelles la dépendance aux drogues. Un effort conjoint de tous est nécessaire pour éradiquer ce fléau de l'humanité et le trafic de drogue qui l'alimente, afin d'éviter que des millions de jeunes à travers le monde ne finissent victimes de la consommation de drogues. Conjointement à cet effort, il devra y avoir des politiques adéquates de désintoxication et des investissements plus importants dans la promotion humaine, l'éducation et la création d'emplois.
À la lumière de ces défis, il faut réaffirmer avec force que la protection du droit à la vie constitue le fondement incontournable de tout autre droit humain. Une société n'est saine et avancée que lorsqu'elle protège le caractère sacré de la vie humaine et s'efforce activement de la promouvoir.
Les considérations que j’ai présentées conduisent à penser que, dans le contexte actuel, on assiste à un véritable “court-circuit” des droits humains. Le droit à la liberté d’expression, à la liberté de conscience, à la liberté religieuse et même à la vie subissent des restrictions au nom d’autres droits dits nouveaux, avec pour conséquence que tout le système des droits humains perd de sa vigueur, laissant place à la force et à l’oppression. Cela se produit lorsque chaque droit devient autoréférentiel et surtout lorsqu’il perd son lien avec la réalité des choses, leur nature et la vérité.
L’orgueil obscurcit la réalité elle-même et l’empathie envers le prochain. Ce n’est pas un hasard si à l’origine de tout conflit se trouve toujours une racine d’orgueil.
9 janvier 2026 – Discours du pape Léon XIV aux membres du Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège à l’occasion des vœux de la nouvelle année
La guerre se contente de détruire, tandis que la paix exige un effort continu et patient de construction et une vigilance constante.
9 janvier 2026 – Discours du pape Léon XIV aux membres du Corps Diplomatique accrédité près le Saint-Siège à l’occasion des vœux de la nouvelle année
La paix reste un bien difficile mais possible. Comme le rappelle Augustin, elle « est la fin de notre bien », [15] car elle est la fin même de la cité de Dieu, à laquelle nous aspirons, même inconsciemment, et dont nous pouvons goûter l’anticipation dans la cité terrestre. Au cours de notre pèlerinage sur cette terre, elle exige humilité et courage. L’humilité de la vérité et le courage du pardon.
10 janvier 2026 – Discours du Pape Léon XIV lors de la rencontre avec les collaborateurs et aux bénévoles du Jubilé, Salle Paul VI
Je voudrais rappeler en particulier la présence à Rome, à l’occasion du Jubilé, de tant de jeunes et d’adolescents de toutes les nations. Il a été beau de toucher du doigt leur enthousiasme, d’être témoins de leur joie, de voir le sérieux avec lequel ils ont prié, médité et célébré, de les observer, si nombreux et si différents, et pourtant unis, ordonnés (aussi grâce à votre service !), désireux de se connaître et de vivre ensemble des moments de grâce, de fraternité et de paix. Réfléchissons à ce qu’ils nous ont montré. Tous, à divers niveaux, nous sommes responsables de leur avenir, dans lequel se joue l’avenir du monde. Demandons-nous donc, à la lumière de ce que nous avons vu : de quoi ont-ils réellement besoin ? Qu’est-ce qui les aide vraiment à mûrir et à donner le meilleur d’eux-mêmes ? Où peuvent-ils trouver de vraies réponses aux questions les plus profondes qu’ils portent dans leur cœur ? Les jeunes ont besoin de modèles sains, qui les orientent vers le bien, l’amour et la sainteté, comme nous l’ont montré les figures de saint Carlo Acutis et de saint Pier Giorgio Frassati, canonisés en septembre dernier. Gardons devant nous leurs regards limpides et vivants, pleins d’énergie et en même temps si fragiles : ils pourront nous être d’une grande aide pour discerner avec sagesse et prudence dans les graves responsabilités qui nous attendent à leur égard.
(Mt 3, 14). Comme une lumière dans les ténèbres, le Seigneur se trouve là où nous ne l’attendons pas : il est le Saint parmi les pécheurs, qui veut habiter parmi nous sans garder ses distances, mais en assumant pleinement tout ce qui est humain. « Laisse faire », répond Jésus à Jean, « car il convient que nous accomplissions toute justice » (v. 15). Quelle justice ? Celle de Dieu, qui dans le baptême de Jésus opère notre justification : dans son infinie miséricorde, le Père nous rend justes par son Christ, l’unique Sauveur de tous. Comment cela se produit-il ? Celui qui est baptisé par Jean dans le Jourdain fait de ce geste un signe nouveau de mort et de Résurrection, de pardon et de communion.
Les enfants que vous tenez maintenant dans vos bras sont transformés en créatures nouvelles. Tout comme ils ont reçu la vie de vous, leurs parents, ils reçoivent maintenant le sens de cette vie : la foi. Lorsque nous savons qu’un bien est essentiel, nous le recherchons immédiatement pour ceux que nous aimons. Qui d’entre nous, en effet, laisserait les nouveau-nés sans vêtements ni nourriture, en attendant qu’ils choisissent eux-mêmes, une fois grands, comment s’habiller et quoi manger ? Très chers amis, si la nourriture et les vêtements sont nécessaires pour vivre, la foi est plus que nécessaire, car avec Dieu, la vie trouve le salut.
11 janvier 2026 – homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe dans la Chapelle Sixtine en la fête du Baptême de Jésus. Le Pape y célébrant des Baptêmes
Son amour providentiel se manifeste sur terre à travers vous, mères et pères qui demandez la foi pour vos enfants. Bien sûr, le jour viendra où ils deviendront trop lourds à porter dans vos bras ; et le jour viendra aussi où ce sera eux qui vous soutiendront. Que le baptême, qui nous unit dans l’unique famille de l’Église, sanctifie à tout moment toutes vos familles, en donnant force et constance à l’affection qui vous unit.
11 janvier 2026 – homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe dans la Chapelle Sixtine en la fête du Baptême de Jésus. Le Pape y célébrant des Baptêmes
Les gestes que nous allons accomplir dans un instant en sont de magnifiques témoignages : l’eau du baptistère est le lavage dans l’Esprit, qui purifie de tout péché ; la robe blanche est le vêtement neuf que Dieu le Père nous donne pour la fête éternelle de son Royaume ; le cierge allumé à la flamme pascale est la lumière du Christ ressuscité, qui illumine notre chemin. Je vous souhaite de le poursuivre avec joie tout au long de l’année qui vient de commencer et tout au long de votre vie, certain que le Seigneur accompagnera toujours vos pas.
11 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus
Dieu ne regarde pas le monde de loin, sans toucher notre vie, nos maux et nos attentes ! Il vient parmi nous avec la sagesse de son Verbe fait chair, nous impliquant dans un projet d’amour surprenant pour toute l’humanité.
11 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus
Jean-Baptiste, émerveillé, demande à Jésus : « Toi, tu viens à moi ? » (v. 14). Oui, dans sa sainteté, le Seigneur se fait baptiser comme tous les pécheurs pour révéler l’infinie miséricorde de Dieu.
11 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus
Le Fils unique, en qui nous sommes frères et sœurs, vient en effet pour servir et non pour dominer, pour sauver et non pour condamner. Il est le Christ rédempteur : il prend sur lui ce qui est nôtre, y compris le péché, et nous donne ce qui est sien, c’est-à-dire la grâce d’une vie nouvelle et éternelle.
11 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus
Dans les heures sombres, le baptême est lumière ; dans les conflits de la vie, le baptême est réconciliation ; à l’heure de la mort, le baptême est la porte du ciel.
11 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus
Prions ensemble la Vierge Marie, en lui demandant de soutenir chaque jour notre foi et la mission de l’Église.
14 janvier 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
la Constitution dogmatique Dei Verbum sur la Révélation divine. Il s'agit de l'un des documents les plus beaux et les plus importants du concile
14 janvier 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
C'est un point fondamental de la foi chrétienne, que Dei Verbum nous rappelle : Jésus-Christ transforme radicalement la relation de l'homme avec Dieu, qui sera désormais une relation d'amitié. C'est pourquoi l’unique condition de la nouvelle alliance est l'amour.
14 janvier 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Il y a dans l'Alliance un premier moment de distance, dans la mesure où le pacte entre Dieu et l'homme reste toujours asymétrique : Dieu est Dieu et nous sommes des créatures ; mais, avec la venue du Fils dans la chair humaine, l'Alliance s'ouvre à sa fin ultime : en Jésus, Dieu fait de nous ses enfants et nous appelle à devenir semblables à Lui dans notre fragile humanité. Notre ressemblance avec Dieu ne s'obtient donc pas par la transgression et le péché, comme le suggère le serpent à Ève (cf. Gn 3, 5), mais dans la relation avec le Fils fait homme.
14 janvier 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Dans la Révélation chrétienne, lorsque Dieu, pour venir à notre rencontre, s'incarne dans son Fils, le dialogue qui avait été interrompu est définitivement rétabli : l'Alliance est nouvelle et éternelle, rien ne peut nous séparer de son amour. La Révélation de Dieu a donc le caractère dialogique de l'amitié et, comme dans l'expérience de l'amitié humaine, elle ne supporte pas le mutisme, mais se nourrit de l'échange de paroles vraies.
14 janvier 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
La Constitution Dei Verbum nous le rappelle également : Dieu nous parle. Il est important de saisir la différence entre la parole et le bavardage : ce dernier s'arrête à la surface et ne réalise pas de communion entre les personnes, tandis que dans les relations authentiques, la parole ne sert pas seulement à échanger des informations et des nouvelles, mais à révéler qui nous sommes. La parole possède une dimension révélatrice qui crée une relation avec l'autre. Ainsi, en nous parlant, Dieu se révèle à nous comme un Allié qui nous invite à l’amitié avec Lui.
14 janvier 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Dans cette perspective, la première attitude à cultiver est l'écoute, afin que la Parole divine puisse pénétrer nos esprits et nos cœurs ; en même temps, nous sommes appelés à parler avec Dieu, non pas pour lui communiquer ce qu'il sait déjà, mais pour nous révéler à nous-mêmes.
D'où la nécessité de la prière, dans laquelle nous sommes appelés à vivre et à cultiver l'amitié avec le Seigneur. Cela se réalise tout d'abord dans la prière liturgique et communautaire, où ce n'est pas nous qui décidons ce que nous voulons entendre de la Parole de Dieu, mais c'est Lui-même qui nous parle à travers l'Église ; cela se réalise également dans la prière personnelle, qui se déroule dans l'intimité du cœur et de l'esprit. Le temps consacré à la prière, à la méditation et à la réflexion ne peut manquer dans la journée et la semaine du chrétien. Ce n'est que lorsque nous parlons avec Dieu que nous pouvons aussi parler de Lui.
14 janvier 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Notre expérience nous montre que les amitiés peuvent prendre fin à cause d'un geste spectaculaire de rupture, ou d'une série de négligences quotidiennes qui effritent la relation jusqu'à la perdre. Si Jésus nous appelle à être amis, essayons de ne pas laisser cet appel sans réponse. Accueillons-le, prenons soin de cette relation et nous découvrirons que c'est précisément l'amitié avec Dieu qui est notre salut.
Je vous avoue très sincèrement que je suis très ému de vous rencontrer. Quand j’ai appris que certains d’entre vous avaient demandé cette audience, j’ai immédiatement répondu : « Oui, nous trouverons le temps ». Je voulais au moins avoir l’occasion de partager un moment qui, pour vous, au milieu de tant de douleur et de souffrance, est vraiment une mise à l’épreuve de notre foi, une mise à l’épreuve de ce en quoi nous croyons. On se demande souvent : « Pourquoi, Seigneur ? ». Quelqu’un m’a rappelé un moment similaire, précisément lors de la messe des funérailles où, au lieu de faire un sermon, le prêtre parlait comme dans un dialogue entre la personne et Dieu lui-même, avec cette question qui nous accompagne toujours : « Pourquoi, Seigneur, pourquoi ? ».
Ce sont des moments de grande peine et de grande souffrance. L’un de vos êtres le plus aimé, le plus cher, a perdu la vie dans une catastrophe d’une extrême violence, ou bien se trouve pour longtemps hospitalisé, le corps défiguré des conséquences d’un terrible incendie qui a frappé l’imagination du monde entier. Et cela au moment le plus imprévu, en un jour où tout le monde se réjouissait et faisait la fête pour s’échanger des vœux de joie et de bonheur.
Que dire en pareille circonstance ? Quel sens donner à de tels événements ? Où trouver une consolation à la hauteur de ce que vous éprouvez ?... une consolation qui ne soit pas de vaines paroles superficielles mais qui touche en profondeur et ranime l’espérance ? Il n’y a qu’une parole, frères et sœurs, qui convienne : celle du Fils de Dieu sur la Croix – dont vous êtes si proches aujourd’hui – et qui, du profond de son abandon et de sa peine cria vers le Père : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46).
La réponse du Père à la supplique de son Fils se fait attendre trois jours, dans le silence. Mais quelle réponse ! Jésus ressuscite glorieux, vivant pour toujours dans la joie et la lumière éternelle de Pâques.
Je ne peux pas vous expliquer, frères et sœurs, pourquoi il vous est demandé, à vos proches comme à vous-mêmes, de traverser une telle épreuve. L’affection et les paroles humaines de compassion que je vous adresse aujourd’hui paraissent bien limitées et impuissantes. En revanche, le Successeur de Pierre que vous êtes venus rencontrer aujourd’hui vous l’affirme avec force et conviction : votre espérance n’est pas vaine car le Christ est vraiment ressuscité ! La Sainte Église en est témoin et l’annonce avec certitude. Saint Paul, qui l’avait vu vivant, le disait au chrétiens de Corinthe : « Si nous avons mis notre espérance dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. Mais non ! le Christ est ressuscité d’entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis » (1 Co 15, 19.20).
Chers frères et sœurs, rien ne pourra jamais vous séparer de l’amour du Christ (cf. Rm 8, 35), de même vos proches qui souffrent ou que vous avez perdu. La foi qui nous habite éclaire les moments les plus sombres et les plus douloureux de nos vies d’une lumière irremplaçable, qui nous aide à continuer courageusement la route vers le but. Jésus nous précède sur ce chemin de mort et de résurrection qui demande patience et persévérance. Soyez assurés de sa proximité et de sa tendresse, Il n’est pas loin de ce que vous vivez, au contraire, Il le partage et le porte avec vous. De même l’Église tout entière le porte avec vous. Soyez assurés de sa prière – et de ma prière personnelle – pour le repos de vos défunts, pour le soulagement de ceux que vous aimez et qui souffrent, et pour vous-mêmes qui les accompagnez de votre tendresse et de votre amour.
Votre cœur est aujourd’hui transpercé, comme le fut celui de Marie au pied de la Croix, Marie qui voyait son Fils. Notre Dame des Douleurs est toute proche de vous en ces jours, et c’est à elle que je vous confie. Adressez-lui sans retenue vos larmes et cherchez auprès d’elle le réconfort maternel qu’elle pourra vous donner. Comme Marie, vous saurez attendre avec patience, dans la nuit de la souffrance mais la certitude de la foi, que se lève un jour nouveau ; et vous retrouverez la joie.
En signe de réconfort, je vous donne à chacun, ainsi qu’à tous vos proches qui souffrent, la Bénédiction Apostolique.
Le service diplomatique n’est pas une profession, mais une vocation pastorale: c’est l’art évangélique de la rencontre, qui recherche des voies de réconciliation là où les hommes élèvent des murs et des méfiances. Notre diplomatie, en effet, naît de l’Evangile: elle n’est pas tactique, mais elle est une charité réfléchie; elle ne cherche ni vainqueurs ni vaincus, ne construit pas de barrières, mais rétablit des liens authentiques.
Les diplomates du Pape sont appelés à être des ponts: des ponts invisibles pour soutenir, des ponts solides lorsque les événements semblent difficiles à contenir, et des ponts d’espérance lorsque le bien vacille.
A l’image de saint Antoine Abbé, votre patron, qui sut transformer le silence du désert en un dialogue fécond avec Dieu, soyez des prêtres à la spiritualité profonde, afin de puiser dans la prière la force de la rencontre avec les autres.
17 janvier 2026 - Message du Pape Léon XIV aux participants à la ‘‘Marche pour la vie’’ de Washington D.C. le 23 janvier 2026. Message publié sur le site du Vatican, le 22 janvier 2026
J’adresse de cordiales salutations à tous ceux d’entre vous qui participent à la March for Life 2026. J’exprime également ma profonde reconnaissance et je vous assure de ma proximité spirituelle tandis que vous vous rassemblez pour ce témoignage public éloquent, afin d’affirmer que « la protection du droit à la vie constitue le fondement indispensable de tout autre droit humain » (Discours aux membres du Corps diplomatique accrédité près le Saint-Siège, 9 janvier 2026).
En effet, « une société est saine et progresse seulement lorsqu’elle protège la sacralité de la vie humaine et s’emploie activement à la promouvoir » (ibid.). À ce propos, je voudrais vous encourager, en particulier vous les jeunes, à continuer de veiller à ce que la vie soit respectée à toutes ses étapes, par des efforts appropriés à chaque niveau de la société, y compris par le dialogue avec les responsables civils et politiques.
Que Jésus, qui a promis d’être avec nous toujours (cf. Mt 28,20), vous accompagne aujourd’hui tandis que vous marchez avec courage et pacifiquement au nom des enfants à naître. En les défendant, sachez que vous accomplissez le commandement du Seigneur de le servir dans les plus petits de nos frères et de nos sœurs (cf. Mt 25,31-46).
Dans ces sentiments, je vous confie tous, ainsi que ceux qui vous soutiennent par leurs prières et leurs sacrifices, à l’intercession de Marie Immaculée, Patronne des États-Unis d’Amérique, et je vous accorde bien volontiers ma Bénédiction apostolique, en gage d’abondantes grâces célestes.
Du Vatican, le 17 janvier 2026
Léon PP. XIV
18 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière Mariale de l’Angelus
L’approbation, le consensus et la visibilité revêtent souvent une importance excessive, au point d’influencer les idées, les comportements et les états d’esprit des personnes, de causer des souffrances et des divisions, de produire des modes de vie et des relations éphémères, décevants et emprisonnants. En réalité, nous n’avons pas besoin de ces “succédanés de bonheur”. Notre joie et notre grandeur ne reposent pas sur des illusions passagères de succès et de popularité, mais sur le fait de nous savoir aimés et désirés par notre Père qui est aux cieux.
C’est l’amour dont nous parle Jésus : celui d’un Dieu qui, aujourd’hui encore, vient parmi nous non pas pour nous émerveiller avec des effets spéciaux, mais pour partager nos peines et prendre sur lui nos fardeaux, nous révélant qui nous sommes vraiment et ce que nous valons à ses yeux.
18 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière Mariale de l’Angelus
Que le Seigneur ne nous trouve pas distraits à son passage. Ne gaspillons pas notre temps et notre énergie à courir après ce qui n’est qu’apparence. Apprenons de Jean le Baptiste à garder l’esprit vigilant, à aimer les choses simples et les paroles sincères, à vivre avec sobriété et profondeur d’esprit et de cœur, à nous contenter du nécessaire et à trouver possiblement chaque jour un moment privilégié, où nous pouvons nous arrêter en silence pour prier, réfléchir, écouter, en somme pour “faire le désert” afin de rencontrer le Seigneur et rester avec Lui
18 janvier 2026 – Paroles du Pape Léon XIV au terme de la prière Mariale de l’Angelus
Notre engagement en faveur de l’unité doit aller de pair avec celui en faveur de la paix et de la justice dans le monde
19 janvier 2026 – Discours du Pape Léon XIV à la Délégation Œcuménique Finlandaise à l’occasion de la fête de Saint Henri
A une époque où les personnes sont souvent tentées par un sentiment de désespoir, nous avons la mission essentielle, en tant que messagers chrétiens d’espérance, d’apporter la lumière du Seigneur dans les lieux les plus sombres du monde.
19 janvier 2026 – Discours du Pape Léon XIV à la Délégation Œcuménique Finlandaise à l’occasion de la fête de Saint Henri
Encouragés et renforcés par la grâce de Jésus Christ, qui est la véritable incarnation de l’espérance pour tous, nous sommes appelés et envoyés pour témoigner de cette vérité salvatrice à travers des paroles constructives et des actions charitables.
22 janvier 2026 - MESSAGE DU PAPE LÉON XIV pour la Journée Internationale de la Fraternité Humaine 2026 . Publié par le Vatican le 4 février 2026
Ce qu’il y a de plus précieux et d’universel dans notre humanité : notre fraternité, ce lien indestructible qui unit tous les êtres humains, créés à l’image de Dieu.
25 janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la 100ème Journée Mondiale des Missions 18 octobre 2026
Être chrétien n’est pas avant tout un ensemble de pratiques ou d’idées : c’est une vie en union avec le Christ, dans laquelle nous sommes rendus participants de la relation filiale qu’Il vit avec le Père dans l’Esprit Saint. Cela signifie demeurer dans le Christ comme les sarments en la vigne (cf. Jn 15, 4), immergés dans la vie trinitaire.
25 janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la 100ème Journée Mondiale des Missions 18 octobre 2026
Etre « un dans le Christ » nous appelle à toujours garder les yeux tournés vers le Seigneur, afin qu’Il soit vraiment au centre de la vie personnelle et communautaire, de toute parole, action, relation interpersonnelle, de sorte que nous puissions dire avec émerveillement : « Je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20).
25 janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la 100ème Journée Mondiale des Missions 18 octobre 2026
Plus nous serons unis dans le Christ, plus nous pourrons accomplir ensemble la mission qu’Il nous confie.
25 janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la 100ème Journée Mondiale des Missions 18 octobre 2026
L’unité des disciples n’est pas une fin en soi : elle est ordonnée à la mission.
25 janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la 100ème Journée Mondiale des Missions 18 octobre 2026
La Bonne Nouvelle que nous sommes envoyés annoncer au monde n’est pas un idéal abstrait : c’est l’Évangile de l’amour fidèle de Dieu, incarné dans le visage et la vie de Jésus-Christ.
25 janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la 100ème Journée Mondiale des Missions 18 octobre 2026
Le monde a encore besoin de ces courageux témoins du Christ, et les communautés ecclésiales ont encore besoin de nouvelles vocations missionnaires, que nous devons toujours garder à cœur et pour lesquelles nous devons sans cesse prier le Père.
25 janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la 100ème Journée Mondiale des Missions 18 octobre 2026
« l’amour n’est pas aimé », comme l’a dit saint François d’Assise, vers qui nous tournons notre regard tout particulièrement 800 ans après son entrée au ciel. Laissons-nous contaminer par son désir de vivre dans l’amour du Seigneur et de le transmettre à nos proches comme à ceux qui sont loin, car, comme il l’affirmait, « il faut beaucoup aimer l’amour de Celui qui nous a tant aimés » (Saint Bonaventure de Bagnoregio, Leggenda maggiore, chap. IX, 1 ; Fonti francescane, 1161).
25 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière des Vêpres en la solennité de la conversion de Saint Paul Apôtre, basilique Saint Paul Hors les Murs
Alors que nous sommes réunis auprès de la dépouille mortelle de l’Apôtre des Gentils, nous nous rappelons que sa mission est aussi celle de tous les chrétiens d’aujourd’hui : annoncer le Christ et inviter tout le monde à avoir confiance en lui. En effet, toute véritable rencontre avec le Seigneur est un moment qui transforme, qui donne une nouvelle vision et une nouvelle orientation pour accomplir la tâche d’édifier le Corps du Christ (cf. Ep 4, 12).
25 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière des Vêpres en la solennité de la conversion de Saint Paul Apôtre, basilique Saint Paul Hors les Murs
Il est du devoir commun de tous les chrétiens de dire au monde, avec humilité et joie : « Regardez le Christ ! Approchez-vous de Lui ! Accueillez sa Parole qui illumine et console ! » (Homélie de la messe pour le début du Pontificat, 18 mai 2025).
25 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière des Vêpres en la solennité de la conversion de Saint Paul Apôtre, basilique Saint Paul Hors les Murs
Puisse aujourd’hui encore le Saint-Esprit trouver en nous l’intelligence docile pour communiquer d’une seule voix la foi aux hommes et aux femmes de notre temps !
25 janvier 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière des Vêpres en la solennité de la conversion de Saint Paul Apôtre, basilique Saint Paul Hors les Murs
Dans le passage de la Lettre aux Éphésiens nous entendons sans cesse répéter le qualificatif “un” : un seul corps, un seul Esprit, une seule espérance, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu (cf. Ep 4, 4-6). Comment ces paroles inspirées pourraient-elles ne pas nous toucher profondément ? Comment notre cœur pourrait-il ne pas brûler sous leur impact ?
28 janvier 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
L'apôtre Paul exhorte à plusieurs reprises son disciple et collaborateur Timothée : « O Timothée, garde le dépôt qui t'a été confié » (1Tm 6, 20 ; cf. 2 Tm 1, 12.14). La constitution dogmatique Dei Verbum fait écho à ce texte paulinien lorsqu'elle dit : « La sainte Tradition et la Sainte Écriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l’Église », interprété par le « Magistère vivant de l’Église dont l’autorité s’exerce au nom de Jésus Christ » (n° 10). Le terme « dépôt » est, dans son sens originel, de nature juridique et impose au dépositaire le devoir de conserver le contenu, qui dans ce cas est la foi, et de le transmettre intact.
Le « dépôt » de la Parole de Dieu est encore aujourd'hui entre les mains de l'Église et nous tous, dans les différents ministères ecclésiaux, devons continuer à le préserver dans son intégrité, comme une étoile polaire pour notre cheminement dans la complexité de l'histoire et de l'existence.
28 janvier 2026 - Lettre du Pape Léon XIV au presbyterium de l’archidiocèse de Madrid à l’occasion de l’Assemblée presbytérale « Convivium ». Publiée sur le site du Vatican le 9 février 2026
Je sais que souvent ce ministère se déroule dans la fatigue, dans des situations complexes et dans un dévouement silencieux dont seul Dieu est témoin.
28 janvier 2026 - Lettre du Pape Léon XIV au presbyterium de l’archidiocèse de Madrid à l’occasion de l’Assemblée presbytérale « Convivium ». Publiée sur le site du Vatican le 9 février 2026
Le temps que vit l’Église nous invite à nous arrêter ensemble pour une réflexion sereine et honnête. Non pas tant pour nous en tenir à des diagnostics immédiats ou à la gestion des urgences, mais pour apprendre à lire en profondeur le moment que nous vivons, en reconnaissant, à la lumière de la foi, les défis et aussi les possibilités que le Seigneur ouvre devant nous. Sur ce chemin, il devient de plus en plus nécessaire d’éduquer notre regard et de nous exercer au discernement, afin de pouvoir percevoir plus clairement ce que Dieu est déjà en train d’accomplir, souvent de manière silencieuse et discrète, au milieu de nous et de nos communautés.
Cette lecture du présent ne peut faire abstraction du cadre culturel et social dans lequel la foi est aujourd’hui vécue et exprimée. Dans de nombreux milieux, nous constatons des processus avancés de sécularisation, une polarisation croissante du discours public et une tendance à réduire la complexité de la personne humaine, en l’interprétant à partir d’idéologies ou de catégories partielles et insuffisantes. Dans ce contexte, la foi risque d’être instrumentalisée, banalisée ou reléguée au rang de l’insignifiant, tandis que s’affirment des formes de coexistence qui font abstraction de toute référence transcendante.
À cela s’ajoute un changement culturel profond qui ne peut être ignoré : la disparition progressive des références communes. Pendant longtemps, la graine chrétienne a trouvé un terrain largement préparé, car le langage moral, les grandes questions sur le sens de la vie et certaines notions fondamentales étaient, au moins en partie, partagés. Aujourd’hui, ce substrat commun s’est considérablement affaibli. Bon nombre des présupposés conceptuels qui, pendant des siècles, ont facilité la transmission du message chrétien, ne sont plus évidents et, dans bien des cas, ne sont même plus compréhensibles. L’Évangile ne se heurte pas seulement à l’indifférence, mais aussi à un horizon culturel différent, où les mots n’ont plus le même sens et où la première annonce ne peut être considérée comme acquise.
Cependant, cette description n’épuise pas ce qui se passe réellement. Je suis convaincu – et je sais que beaucoup d’entre vous le perçoivent dans l’exercice quotidien de votre ministère – qu’au cœur de nombreuses personnes, en particulier des jeunes, s’ouvre aujourd’hui une nouvelle inquiétude. L’absolutisation du bien-être n’a pas apporté le bonheur escompté ; une liberté détachée de la vérité n’a pas généré la plénitude promise ; et le progrès matériel, à lui seul, n’a pas réussi à combler le désir profond du cœur humain.
En effet, les propositions dominantes, ainsi que certaines lectures herméneutiques et philosophiques qui ont voulu interpréter la destinée de l’homme, loin d’offrir une réponse suffisante, ont souvent laissé un sentiment accru de lassitude et de vide. C’est précisément pour cette raison que nous constatons que de nombreuses personnes commencent à s’ouvrir à une recherche plus honnête et plus authentique, une recherche qui, accompagnée de patience et de respect, les conduit à nouveau à la rencontre du Christ. Cela nous rappelle que pour le prêtre, ce n’est pas le moment de se replier sur soi-même ou de se résigner, mais d’être fidèle et généreusement disponible. Tout cela naît de la reconnaissance que l’initiative vient toujours du Seigneur, qui est déjà à l’œuvre et nous précède par sa grâce.
28 janvier 2026 - Lettre du Pape Léon XIV au presbyterium de l’archidiocèse de Madrid à l’occasion de l’Assemblée presbytérale « Convivium ». Publiée sur le site du Vatican le 9 février 2026
Se dessine le type de prêtres dont l’Église tout entière a besoin en ce moment. Certainement pas des hommes définis par la multiplication des tâches ou par la pression des résultats, mais des hommes configurés au Christ, capables de soutenir leur ministère à partir d’une relation vivante avec Lui, nourrie par l’Eucharistie et exprimée dans une charité pastorale marquée par le don sincère de soi. Il ne s’agit pas d’inventer de nouveaux modèles ni de redéfinir l’identité que nous avons reçue, mais de proposer à nouveau, avec une intensité renouvelée, le sacerdoce dans son essence la plus authentique — être alter Christus —, en laissant Dieu façonner notre vie, unifier notre cœur et donner forme à un ministère vécu dans l’intimité avec Dieu, le dévouement fidèle à l’Église et le service concret aux personnes qui nous ont été confiées.
28 janvier 2026 - Lettre du Pape Léon XIV au presbyterium de l’archidiocèse de Madrid à l’occasion de l’Assemblée presbytérale « Convivium ». Publiée sur le site du Vatican le 9 février 2026
Le prêtre ne vit pas pour s’exhiber, mais pas non plus pour se cacher. Sa vie est appelée à être visible, cohérente et reconnaissable, même si elle n’est pas toujours comprise.
28 janvier 2026 - Lettre du Pape Léon XIV au presbyterium de l’archidiocèse de Madrid à l’occasion de l’Assemblée presbytérale « Convivium ». Publiée sur le site du Vatican le 9 février 2026
Le prêtre n’est jamais une fin en soi. Toute sa vie est appelée à renvoyer à Dieu et à accompagner le passage vers le Mystère, sans usurper sa place.
28 janvier 2026 - Lettre du Pape Léon XIV au presbyterium de l’archidiocèse de Madrid à l’occasion de l’Assemblée presbytérale « Convivium ». Publiée sur le site du Vatican le 9 février 2026
En arrivant au seuil d’une cathédrale, nous comprenons qu’il ne convient pas que tout entre à l’intérieur, car c’est un espace sacré. Le seuil marque un passage, une séparation nécessaire. Avant d’entrer, quelque chose reste à l’extérieur. Le sacerdoce se vit également ainsi : être dans le monde, mais sans être du monde (cf. Jn 17, 14). C’est à ce carrefour que se situent le célibat, la pauvreté et l’obéissance ; non pas comme un renoncement à la vie, mais comme la forme concrète qui permet au prêtre d’appartenir entièrement à Dieu sans cesser de marcher parmi les hommes.
28 janvier 2026 - Lettre du Pape Léon XIV au presbyterium de l’archidiocèse de Madrid à l’occasion de l’Assemblée presbytérale « Convivium ». Publiée sur le site du Vatican le 9 février 2026
La vie sacerdotale ne se soutient pas d’elle-même, mais dans le témoignage apostolique reçu et transmis dans la Tradition vivante de l’Église, et gardé par le Magistère (cf. 1 Co 11, 2 ; 2 Tm 1, 13-14). Lorsque le prêtre reste ancré dans ce fondement, il évite de construire sur le sable des interprétations partielles ou des accents circonstanciels, et s’appuie sur le roc solide qui le précède et le dépasse (cf. Mt 7, 24-27).
28 janvier 2026 - Lettre du Pape Léon XIV au presbyterium de l’archidiocèse de Madrid à l’occasion de l’Assemblée presbytérale « Convivium ». Publiée sur le site du Vatican le 9 février 2026
Célébrez les sacrements avec dignité et foi, en étant conscients que ce qui s’y produit est la véritable force qui édifie l’Église et qu’ils sont la fin ultime à laquelle tout notre ministère est ordonné. Mais n’oubliez pas que vous n’êtes pas la source, mais le canal, et que vous avez aussi besoin de boire de cette eau. C’est pourquoi, ne cessez pas de vous confesser, de toujours revenir à la miséricorde que vous annoncez.
28 janvier 2026 - Lettre du Pape Léon XIV au presbyterium de l’archidiocèse de Madrid à l’occasion de l’Assemblée presbytérale « Convivium ». Publiée sur le site du Vatican le 9 février 2026
Sur l’autel, par vos mains, le sacrifice du Christ s’actualise dans la plus haute action confiée à des mains humaines ; dans le tabernacle, demeure Celui que vous avez offert, confié à nouveau à vos soins. Soyez des adorateurs, des hommes de prière profonde, et enseignez à votre peuple à faire de même.
29 janvier 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux participants à l'Assemblée plénière du Dicastère pour la Doctrine de la Foi
En vérité, nombreux sont les jeunes qui vivent désormais sans aucune référence à Dieu et à l’Eglise; et si, d’une part, cela provoque en nous croyants une profonde douleur, d’autre part, cela doit nous conduire à redécouvrir «la douce et réconfortante joie d’évangéliser» , qui est au cœur même de la vie et de la mission de l’Epouse du Christ.
29 janvier 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux participants à l'Assemblée plénière du Dicastère pour la Doctrine de la Foi
Le fondement de la vie du Corps du Christ est l’amour du Père, qui nous a été révélé dans le Fils fait homme, présent et œuvrant en nous par le don de l’Esprit; c’est pourquoi «ce n’est pas l’Eglise qui attire, mais le Christ, et si un chrétien ou une communauté ecclésiale attire, c’est parce qu’à travers ce “canal” passe la sève vitale de la Charité qui jaillit du Cœur du Sauveur»
29 janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de prière contre la Traite des êtres humains. Publié le 6 février 2026 sur le site du Vatican
La paix véritable commence par la reconnaissance et la protection de la dignité donnée par Dieu à chaque personne.
29 janvier 2026 – Message du Pape Léon XIV pour la Journée Mondiale de prière contre la Traite des êtres humains. Publié le 6 février 2026 sur le site du Vatican
La prière est la “petite flamme” que nous devons préserver au milieu de la tempête, car elle nous donne la force de résister à l’indifférence face à l’injustice.
31 janvier 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux participants à la Rencontre « Political Innovation Hackathon: one humanity, one planet »
Je vous invite à réfléchir au fait qu’il n’y aura pas de paix sans mettre fin à la guerre que l’humanité se fait à elle-même lorsqu’elle écarte les plus faibles, lorsqu’elle exclut les pauvres, lorsqu’elle demeure indifférente face au réfugié et à l’opprimé. Seul celui qui prend soin des plus petits peut accomplir des choses vraiment grandes. Mère Teresa de Calcutta, sainte des derniers et prix Nobel de la paix, affirmait à ce sujet que « le plus grand destructeur de la paix est l’avortement » (cf. Discours au National Prayer Breakfast, 3 février 1994). Sa voix demeure prophétique : aucune politique ne peut en effet se mettre au service des peuples si elle exclut de la vie ceux qui sont sur le point de venir au monde, si elle ne secourt pas ceux qui sont dans la misère matérielle et spirituelle.
1er février 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus.
L’illusion réside dans le manque de foi au Christ : il est le pauvre qui partage sa vie avec tous, le doux qui persévère dans la souffrance, l’artisan de paix persécuté jusqu’à la mort sur la croix.
1er février 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus.
Les Béatitudes deviennent pour nous un test du bonheur, et nous amènent à nous demander si nous le considérons comme une conquête que l’on achète ou comme un don que l’on partage ; si nous le plaçons dans des objets qui se consomment ou dans des relations qui nous accompagnent.
1er février 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus.
« A cause du Christ” (cf. v. 11) et grâce à Lui que l’amertume des épreuves se transforme en joie des rachetés : Jésus ne parle pas d’une consolation lointaine, mais d’une grâce constante qui nous soutient toujours, surtout à l’heure de l’affliction.
1er février 2026 – Paroles du Pape Léon XIV au terme de la prière mariale de l’Angelus
Chaque jour on recense des victimes civiles d’actions armées qui violent ouvertement la morale et le droit. Les morts et les blessés d’hier et d’aujourd’hui seront véritablement honorés lorsque cette injustice intolérable prendra fin.
2 février 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de la Présentation de Jésus au Temple
Du côté de Dieu, le fait que Jésus soit présenté comme le fils d’une famille pauvre dans le grand cadre de Jérusalem nous montre comment Il s’offre à nous dans le plein respect de notre liberté et dans le partage total de notre pauvreté. En effet, il n’y a rien de contraignant dans son agir, mais seulement la puissance désarmante de sa gratuité désarmée.
2 février 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de la Présentation de Jésus au Temple
Vos fondateurs et fondatrices, dociles à l’action du Saint-Esprit, vous ont laissé de merveilleux modèles pour vivre concrètement cette mission. Dans une tension constante entre la terre et le ciel, ils se sont laissés conduire avec foi et courage, de la Table eucharistique, les uns vers le silence des cloîtres, les autres vers les défis de l’apostolat, d’autres encore vers l’enseignement dans les écoles ou la misère des rues, d’autres enfin vers les fatigues de la mission. Et avec la même foi, ils sont à chaque fois retournés, humblement et avec sagesse, au pied de la Croix et devant le Tabernacle pour tout offrir, et retrouver en Dieu la source et la fin de toutes leurs actions. Avec la force de la grâce, ils se sont également lancés dans des entreprises risquées, se faisant présence priante dans des milieux hostiles et indifférents, main généreuse et épaule amicale dans des contextes de déclin et d’abandon, témoignage de paix et de réconciliation au milieu de situations de guerre et de haine, prêts même à subir les conséquences d’une action à contre-courant qui les rendait dans le Christ « signe de contradiction » (Lc 2, 34), parfois jusqu’au martyre.
2 février 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe de la Présentation de Jésus au Temple
Aujourd’hui encore, par la profession des conseils évangéliques et les multiples services de charité que vous offrez, vous êtes appelés à témoigner que Dieu est présent dans l’histoire comme salut pour tous les peuples (cf. Lc 2, 30-31), et cela dans une société où la foi et la vie semblent s’éloigner de plus en plus l’une de l’autre, au nom d’une conception fausse et réductrice de la personne. Vous êtes appelés à témoigner que le jeune, le vieillard, le pauvre, le malade, le prisonnier occupent d’abord une place sacrée sur son Autel et dans son Cœur, et qu’en même temps chacun d’eux est un sanctuaire inviolable de sa présence, devant lequel il convient de s’agenouiller pour le rencontrer, l’adorer et le glorifier.
En témoignent les nombreux “avant-postes de l’Évangile” que beaucoup de vos communautés maintiennent dans les contextes les plus divers et les plus difficiles, même au milieu des conflits. Elles ne partent pas, elles ne fuient pas. Elles restent, dépouillées de tout, pour être un rappel, plus éloquent que mille paroles, du caractère sacré et inviolable de la vie dans sa plus pure essence, se faisant l’écho, par leur présence – même là où grondent les armes et où semblent prévaloir l’arrogance, l’intérêt et la violence – des paroles de Jésus : « Gardez-vous de mépriser un seul de ces petits, car […] leurs anges dans les cieux voient sans cesse la face de mon Père » (Mt 18, 10).
4 février 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
L'origine divine de l'Écriture rappelle que l'Évangile, confié au témoignage des baptisés, tout en embrassant toutes les dimensions de la vie et de la réalité, les transcende : il ne peut être réduit à un simple message philanthropique ou social, mais c’est l'annonce joyeuse de la vie pleine et éternelle que Dieu nous a donnée en Jésus.
4 février 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Rendons grâce au Seigneur qui, dans sa bonté, ne laisse pas notre vie manquer de la nourriture essentielle de sa Parole, et prions pour que nos paroles, et plus encore notre vie, n'obscurcissent pas l'amour de Dieu qui y est raconté.
5 février 2026 – Message du Pape Léon XIV pour le Carême 2026. Publié sur le site du Vatican le 13 février 2026
Le Carême est le temps où l’Église, avec une sollicitude maternelle, nous invite à remettre le mystère de Dieu au centre de notre vie, afin que notre foi retrouve son élan et que notre cœur ne se disperse pas entre les inquiétudes et les distractions quotidiennes.
5 février 2026 – Message du Pape Léon XIV pour le Carême 2026. Publié sur le site du Vatican le 13 février 2026
Il existe un lien entre le don de la Parole de Dieu, l’espace d’hospitalité que nous lui offrons et la transformation qu’elle opère.
5 février 2026 – Message du Pape Léon XIV pour le Carême 2026. Publié sur le site du Vatican le 13 février 2026
L’abstinence de nourriture est, en effet, un exercice ascétique très ancien et irremplaçable dans le chemin de conversion. Précisément parce qu’il implique le corps, il rend plus évident ce dont nous avons “faim” et ce que nous considérons comme essentiel à notre subsistance. Il sert donc à discerner et à ordonner les “appétits”, à maintenir vigilant la faim et la soif de justice en les soustrayant à la résignation, en les éduquant pour qu’ils deviennent prière et responsabilité envers le prochain.
5 février 2026 – Message du Pape Léon XIV pour le Carême 2026. Publié sur le site du Vatican le 13 février 2026
Je voudrais vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, celle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Commençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens de communication, dans les communautés chrétiennes. Alors, nombre de paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix.
6 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux participants à l'Assemblée plénière du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie
Le désir des parents de donner la vie à leurs enfants ne naît pas du besoin d’avoir quelque chose, mais du désir de donner, de partager la surabondance d’amour et de joie qui habite en eux, et c’est là que toute œuvre de formation trouve également ses racines.
6 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux participants à l'Assemblée plénière du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie
Regardez Marie : en nous donnant le Christ, elle « a œuvré par charité pour que naissent dans l’Église des fidèles, membres de ce Chef » (saint Augustin, De sancta virginitate 6, 6). Imitez sa foi et confiez-vous toujours à son intercession.
8 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV au personnel des Services de la « Floreria » et d'entretien des bâtiments, avec leurs familles
La basilique Saint-Pierre est un lieu sacré qui demande d’être gardé avant tout comme un temple de contemplation, de recueillement et d’émerveillement spirituel.
8 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV au personnel des Services de la « Floreria » et d'entretien des bâtiments, avec leurs familles
La foi et la prière donnent leur plein sens à tout ce que nous faisons.
8 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV au personnel des Services de la « Floreria » et d'entretien des bâtiments, avec leurs familles
Dans les moments d’épreuve, rappelons-nous que nous sommes les membres d’un seul corps, dont la finalité est le témoignage de l’Évangile selon le commandement du Seigneur, Bon Pasteur et Chef de l’Église.
8 février 2026 – Paroles du Pape Léon XIV au terme de la prière mariale de l’Angelus
Continuons à prier pour la paix. Les stratégies de puissance économique et militaire – l’histoire nous l’enseigne – ne donnent pas d’avenir à l’humanité. L’avenir réside dans le respect et la fraternité entre les peuples.
11 février 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale.
L'Église est le lieu propre de l'Écriture Sainte. Sous l'inspiration du Saint-Esprit, la Bible est née du peuple de Dieu et est destinée au peuple de Dieu. Elle a pour ainsi dire son habitat dans la communauté chrétienne : c'est en effet dans la vie et dans la foi de l'Église qu'elle trouve l'espace où révéler sa signification et manifester sa force.
11 février 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale.
« L'ignorance de l'Écriture est en effet ignorance du Christ ». [1] Cette célèbre expression de saint Jérôme nous rappelle le but ultime de la lecture et de la méditation de l'Écriture : connaître le Christ et, à travers Lui, entrer en relation avec Dieu, relation qui peut être comprise comme une conversation, un dialogue.
11 février 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale.
Lorsque nous lisons la Bible dans une attitude intérieure de prière : alors Dieu vient à notre rencontre et entre en conversation avec nous.
11 février 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale.
Ce que l'Église désire ardemment, c'est que la Parole de Dieu puisse atteindre chacun de ses membres et en nourrir le cheminement de foi.
11 février 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale.
Nous vivons entourés de tant de paroles, mais combien d'entre elles sont vides ! Parfois, nous entendons aussi des paroles sages, mais qui ne touchent pas notre destin ultime. La Parole de Dieu, en revanche, répond à notre soif de sens, de vérité sur notre vie. Elle est la seule Parole toujours nouvelle : en nous révélant le mystère de Dieu, elle est inépuisable, elle ne cesse jamais d'offrir ses richesses.
11 février 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins francophones lors de l’Audience Générale
A l’école de Marie, Mère de l’Église, accueillons le Christ, Parole vivante de Dieu, qui réalise notre conversion intérieure, renouvelant notre esprit et notre cœur pour vivre selon l’Évangile.
15 février 2026 – Méditation du Pape Léon XIV lors de la prière mariale de l’Angelus
Jésus nous enseigne que la vraie justice, c’est l’amour et que, dans chaque précepte de la Loi, nous devons saisir une exigence d’amour. En effet, il ne suffit pas de ne pas tuer physiquement une personne si ensuite je la tue avec des mots, ou si je ne respecte pas sa dignité (cf. vv. 21-22). De même, il ne suffit pas d’être formellement fidèle à son conjoint et de ne pas commettre d’adultère si cette relation manque de tendresse réciproque, d’écoute, de respect, de prise en charge de l’autre et de cheminement conjoint dans un projet commun (cf. vv. 27-28.31-32). À ces exemples, que Jésus lui-même nous offre, nous pourrions en ajouter d’autres encore. L’Évangile nous donne cet enseignement précieux : une justice minimale ne suffit pas, il faut un grand amour, possible grâce à la force de Dieu.
15 février 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe célébrée dans la paroisse Sainte Marie Regina Pacis, à Ostia.
Le Seigneur dit: «Vous avez entendu qu’il a été dit aux ancêtres: Tu ne tueras point; et si quelqu’un tue, il en répondra au tribunal. Eh bien! moi je vous dis: Quiconque se fâche contre son frère en répondra au tribunal; mais s’il dit à son frère: “Crétin!”, il en répondra au Sanhédrin; et s’il lui dit: “Renégat!”, il en répondra dans la géhenne de feu» (Mt 5, 21-22). Il indique ainsi, comme voie de plénitude de l’homme, une fidélité à Dieu fondée sur le respect et sur le soin de l’autre dans son caractère sacré inviolable, qui doit être cultivé dans le cœur avant même que dans les gestes et dans les paroles. C’est là, en effet, que naissent les sentiments les plus nobles, mais aussi les profanations les plus douloureuses: les fermetures, les envies, les jalousies, de sorte que si quelqu’un pense du mal de son frère, en nourrissant de mauvais sentiments à son égard, c’est comme s’il le tuait déjà au fond de lui. Ce n’est pas un hasard si saint Jean affirme: «Quiconque hait son frère est un homicide» (Jn 3, 15).
Comme ces paroles sont vraies! Et s’il nous arrivait à nous aussi de juger les autres et de les mépriser, rappelons-nous que le mal que nous voyons dans le monde puise ses racines précisément là où le cœur devient froid, dur et pauvre de miséricorde.
15 février 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe célébrée dans la paroisse Sainte Marie Regina Pacis, à Ostia.
Saint Augustin enseignait que «la paix [il n’est pas] difficile de la posséder. […] Voulons-nous la posséder? Sans travail elle est à nous, nous la tenons» (Sermon 357, 1). Et cela parce que notre paix est le Christ, elle se conquiert en se laissant conquérir et transformer par Lui, en lui ouvrant notre cœur, et en l’ouvrant, avec sa grâce, à tous ceux qu’Il place lui-même sur notre chemin.
18 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV aux membres de l’Association « Pro Petri Sede »
L’Évêque de Rome, en effet, a reçu du Christ la charge de rassembler dans l’unité le peuple fidèle, et d’annoncer l’Évangile du Salut par toute la terre ; et le charisme de ses Successeurs implique la liberté souveraine de pouvoir le faire. Or l’annonce du Royaume est entravée en bien des lieux dans le monde, et de bien des manières. Combien il est donc important, dans les temps troublés que nous vivons, que “Pierre” garde sa totale liberté pour dire la vérité, dénoncer l’injustice, défendre les droits des plus faibles, promouvoir la paix, et surtout annoncer Jésus-Christ mort et ressuscité, seul horizon possible d’une humanité réconciliée.
18 février 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
Lorsque Dieu agit dans l'histoire, il implique dans son activité les personnes qui sont les destinataires de son action. C'est par l'Église que Dieu atteint son objectif d'unir les personnes à lui et de les réunir entre elles.
18 février 2026 – Enseignement du Pape Léon XIV lors de l’Audience Générale
L'union avec Dieu trouve son reflet dans l'union des personnes humaines.
18 février 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux pèlerins francophones, au terme de l’Audience Générale
Appartenir à l’Église est une grâce qu’il vous appartient de faire fructifier car elle est une présence sanctifiante au milieu d’une humanité encore fragmentée, mais qui aspire à l’unité.
18 février 2026 – Paroles du Pape Léon XIV aux jeunes, malades et nouveaux époux, au terme de l’Audience Générale
Au début du Carême, je vous exhorte à vivre avec un intense esprit de prière ce temps liturgique afin d’arriver, intérieurement renouvelés, à la célébration du grand Mystère de la Pâques de Jésus-Christ, révélation suprême de l’amour miséricordieux de Dieu
18 février 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe des Cendres célébrée en la Basilique Sainte Sabine, en l’Aventin
Le mal ne vient pas de prétendus ennemis, mais qu’il a atteint les cœurs, qu’il est présent dans la vie de chacun et qu’il doit être affronté en assumant courageusement ses responsabilités. Nous devons admettre qu’il s’agit d’une attitude à contre-courant mais qui, alors qu’il est si naturel de se déclarer impuissant face à un monde en feu, constitue une véritable alternative, honnête et attirante.
18 février 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe des Cendres célébrée en la Basilique Sainte Sabine, en l’Aventin
Certes, le péché est personnel, mais il prend forme dans les milieux réels et virtuels que nous fréquentons, dans les attitudes avec lesquelles nous nous conditionnons mutuellement, souvent au sein de véritables “structures de péché” d’ordre économique, culturel, politique et même religieux. Opposer le Dieu vivant à l’idolâtrie – nous enseigne l’Écriture – c’est oser la liberté et la retrouver à travers un exode, un cheminement.
18 février 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe des Cendres célébrée en la Basilique Sainte Sabine, en l’Aventin
Ce n’est pas un hasard si de nombreux jeunes, même dans des contextes sécularisés, ressentent plus que par le passé l’appel de ce jour, le Mercredi des Cendres. Ce sont eux, en effet, les jeunes, qui saisissent distinctement qu’un mode de vie plus juste est possible et qu’il existe des responsabilités quant à ce qui ne va pas dans l’Église et dans le monde.
18 février 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe des Cendres célébrée en la Basilique Sainte Sabine, en l’Aventin
Il y a soixante ans, quelques semaines après la fin du Concile Vatican II, saint Paul VI voulut célébrer publiquement le rite des cendres, rendant visible à tout le monde, lors d’une Audience générale dans la Basilique Saint-Pierre, le geste que nous sommes sur le point d’accomplir aujourd’hui. Il en parla comme d’une « cérémonie pénitentielle sévère et impressionnante » (Paul VI, Audience générale, 23 février 1966), qui heurte le sens commun et en même temps rejoint les questions de la culture. Il disait : « Nous, les modernes, nous pouvons nous demander si cette pédagogie est encore compréhensible. Nous répondons par l’affirmative. Parce qu’il s’agit d’une pédagogie réaliste. Elle est un rappel sévère à la vérité. Elle nous ramène à la vision juste de notre existence et de notre destin ».
Cette « pédagogie pénitentielle » – disait Paul VI – « surprend l’homme moderne sous deux aspects » : le premier est « celui de son immense capacité d’illusion, d’autosuggestion, de tromperie systématique de lui-même sur la réalité de la vie et ses valeurs ». Le second aspect est « le pessimisme fondamental » que le Pape Montini constatait partout : « La plupart des témoignages humains que nous offrent aujourd’hui la philosophie, la littérature, le spectacle – disait-il – concluent en proclamant la vanité inéluctable de toute chose, l’immense tristesse de la vie, la métaphysique de l’absurde et du néant. Ces témoignages sont une apologie des cendres ».
Nous pouvons aujourd’hui reconnaître la prophétie que contenaient ces paroles et sentir dans les cendres qui nous sont imposées le poids d’un monde en feu, de villes entières détruites par la guerre : les cendres du droit international et de la justice entre les peuples, les cendres d’écosystèmes entiers et de la concorde entre les personnes, les cendres de la pensée critique et des anciennes sagesses locales, les cendres de ce sens du sacré qui habite toute créature.
18 février 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe des Cendres célébrée en la Basilique Sainte Sabine, en l’Aventin
« Où donc est leur Dieu ? », se demandent les peuples. Oui, très chers amis, l’histoire nous le demande, et avant cela, notre conscience : appeler la mort par son nom, en porter les signes, mais témoigner de la résurrection. Reconnaître nos péchés pour nous convertir est déjà un présage et un témoignage de résurrection : cela signifie en effet ne pas s’arrêter dans les cendres, mais se relever et reconstruire. Alors, le Triduum pascal, que nous célébrerons au sommet du cheminement du Carême, libérera toute sa beauté et sa signification. Il le fera en nous ayant engagés, par la pénitence, dans le passage de la mort à la vie, de l’impuissance aux possibilités de Dieu.
18 février 2026 – Homélie du Pape Léon XIV lors de la Messe des Cendres célébrée en la Basilique Sainte Sabine, en l’Aventin
Les martyrs d’hier et d’aujourd’hui brillent comme des pionniers de notre chemin vers Pâques. L’ancienne tradition romaine des stations de Carême – dont celle d’aujourd’hui est la première – est instructive : elle renvoie autant au mouvement, en tant que pèlerins, qu’à la pause – statio – auprès des “mémoires” des martyrs sur lesquelles s’élèvent les basiliques de Rome. N’est-ce pas une invitation à nous mettre sur les traces des témoignages admirables dont le monde entier est désormais parsemé ? Reconnaître les lieux, les histoires et les noms de ceux qui ont choisi la voie des Béatitudes et en ont assumé les conséquences jusqu’au bout. Une myriade de semences qui, alors qu’elles semblaient perdues, ensevelies dans la terre, ont préparé la moisson abondante qu’il nous appartient de récolter. Le Carême, comme nous le suggère l’Évangile, en nous libérant du désir d’être vus à tout prix (cf. Mt 6, 2.5.16), nous apprend plutôt à voir ce qui naît, ce qui grandit, et nous pousse à le servir. C’est l’harmonie profonde qui s’établit dans le secret de celui qui jeûne, prie et aime avec le Dieu de la vie, notre Père et celui de tous. C’est vers Lui que nous réorientons, avec sobriété et joie, tout notre être, tout notre cœur.
19 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV au clergé du diocèse de Rome
Les paroles que l’apôtre Paul adresse à Timothée sont éclairantes: «Je t’invite à raviver le don spirituel que Dieu a déposé en toi» (2 Tm 1, 6). Ces paroles sont adressées non seulement à chaque personne, mais aussi à la communauté, et aujourd’hui, nous pouvons sentir qu’elles sont adressées à nous: Église de Rome, rappelle-toi de raviver le don de Dieu!
Que signifie raviver ? Paul adresse cette exhortation à une communauté qui a perdu d’une certaine manière la fraîcheur des origines et l’élan pastoral ; avec le contexte qui change et le temps qui passe, on constate une certaine lassitude, quelques déceptions ou frustrations, et une certaine déchéance spirituelle et morale. Et alors, l’apôtre dit à Timothée et à cette communauté : rappelle-toi de raviver le don que tu as reçu. Ce verbe utilisé par Paul — raviver — évoque l’image de la braise sous les cendres et, comme le disait le Pape François, «suggère l’image de celui qui souffle sur le feu pour en raviver la flamme» (Catéchèse, 30 octobre 2024).
19 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV au clergé du diocèse de Rome
Le feu allumé est le don irrévocable que le Seigneur nous a fait, c’est l’Esprit qui a tracé le chemin de notre Église, l’histoire et la tradition que nous avons reçues et ce que nous réalisons, de façon ordinaire, dans nos communautés. Dans le même temps, nous devons admettre avec humilité que la flamme de ce feu ne conserve pas toujours la même vitalité et a besoin d’être attisée à nouveau. Harcelés par les brusques changements culturels et par les contextes dans lesquels se déroule notre mission, en proie parfois à la fatigue et au poids de la routine, ou encore découragés par l’éloignement croissant à l’égard de la foi et de la pratique religieuse, nous ressentons le besoin que ce feu soit alimenté et ravivé.
Cela vaut en particulier pour certains domaines de la vie pastorale, que je voudrais brièvement évoquer.
19 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV au clergé du diocèse de Rome
Il est nécessaire que la pastorale paroissiale replace au centre l’annonce, pour chercher des voies et des façons qui aident les personnes à entrer à nouveau en contact avec la promesse de Jésus. Dans ce contexte, l’initiation chrétienne, souvent modulée sur des rythmes scolaires, a besoin d’être revue : il faut expérimenter d’autres modalités de transmission de la foi, notamment en dehors des chemins classiques, pour chercher à toucher à nouveau les enfants, les jeunes et les familles.
19 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV au clergé du diocèse de Rome
Un grand nombre de jeunes — nous le savons — «vivent désormais sans aucune référence à Dieu et à l’Église» (Discours aux participants à la session plénière du Dicastère pour la doctrine de la foi, 29 janvier 2026). Il s’agit donc de saisir et de lire le profond malaise existentiel qui les habite, leur égarement, leurs multiples difficultés, ainsi que les phénomènes qui les entraînent dans le monde virtuel et les symptômes d’une agressivité préoccupante qui débouche parfois sur la violence. Je sais que vous connaissez cette réalité et vous vous engagez à l’affronter. Nous n’avons pas de solutions faciles qui nous assurent des résultats immédiats mais, dans la mesure du possible, nous pouvons rester à l’écoute des jeunes, nous rendre présents, les accueillir, partager un peu leur vie. Dans le même temps, étant donné que les problématiques concernent diverses dimensions de la vie, efforçons-nous également, en tant que paroisses, de dialoguer et d’interagir avec les institutions présentes sur le territoire, avec l’école, avec les spécialistes dans le domaine de l’éducation et des sciences humaines et avec tous ceux qui ont à cœur le destin et l’avenir de nos jeunes.
19 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV au clergé du diocèse de Rome
Dans un contexte social et ecclésial plus difficile et moins gratifiant, on peut courir le risque d’épuiser rapidement ses énergies, d’accumuler de la frustration et de tomber dans la solitude. Je vous exhorte à la fidélité quotidienne dans la relation avec le Seigneur et à travailler avec enthousiasme même si vous ne voyez pas à présent les fruits de l’apostolat.
19 février 2026 – Discours du Pape Léon XIV au clergé du diocèse de Rome
Surtout, je vous invite à ne jamais vous renfermer sur vous-mêmes: n’ayez pas peur de vous confronter, également sur vos fatigues et sur vos crises, en particulier avec les confrères que vous jugez en mesure de vous aider. Il nous est demandé à tous, bien évidemment, une attitude d’écoute et d’attention, à travers laquelle vivre concrètement la fraternité sacerdotale. Accompagnons-nous et soutenons-nous mutuellement.